I. : 4. Gippon
984. Gippon
Dans l’énumération des habits fournis à Jeanne d’Arc par les habitants de Vaucouleurs, l’acte d’accusation mentionne un gippon. Il est également question de ce vêtement de la Pucelle dans la déposition de Jean de Metz. Enfin la Chronique de Cousinot et le Journal d’un bourgeois de Paris n’ont garde d’omettre cette partie importante de l’accoutrement masculin au moyen âge lorsqu’ils détaillent le costume de notre héroïne.
Le gippon, appelé aussi jupe, jupel, jupon, se nommait encore doublet parce qu’il se faisait d’étoffes mises en double586, ou bien pourpoint, qualificatif qui signifiait piqué587, pour la raison qu’il était rembourré d’un capiton de coton et de bourre de soie588, maintenu par des pointures589. Il se trouvait être le premier vêtement qu’on mettait sur la chemise, correspondant ainsi à notre gilet, avec cette différence qu’il devint, à partir du quatorzième siècle, beaucoup plus nécessaire, puisque, tenant lieu de bretelles, il soutint les chausses qui s’attachèrent, d’abord au moyen de cordons cousus intérieurement à sa doublure590, et plus tard à l’aide de cordelettes de soie ou de minces lanières de cuir indépendantes, ferrées d’aiguillettes591, passées dans les œillets des chausses en même temps que dans d’autres œillets pratiqués dans le gippon.
99Il y eut cependant des pourpoints qu’on revêtait par dessus le harnais de guerre, On appela ces cottes d’armes jupeaus d’armer, ou doublés à armer, par opposition aux gippons du costume civil, qu’on nomma jupeaus de vestir, ou doublés à vestir592.
Le gambeson, porté sous le haubert de mailles dont il était le complément indispensable, rentrait dans la catégorie des gippons593.
Lorsque, vers 1340, apparut la mode des habits courts, le doublet à vestir, qui jusque-là s’était toujours trouvé caché sous le surcot, ne tarda pas à prendre parfois la place de celui-ci594. Dès lors, devenant visible, il fut souvent confectionné en de riches étoffes595. Il alla même, à partir de la fin du siècle, jusqu’à s’agrémenter des manches extravagantes d’ampleur qu’on donnait alors aux houppelandes596. En même temps, l’ancienne appellation de pourpoint597 et celles plus récentes de jaque et de jaquette598 prévalurent pour le désigner sur les dénominations de doublet et de gippon qui nous semblent avoir été plutôt réservées aux pourpoints de dessous. Mais, comme l’a fait judicieusement remarquer Léon de Laborde599, le moyen âge n’était pas celui de la précision dans les termes et l’on nomma quelquefois gippon le pourpoint de velours ou de satin porté à découvert600, tandis qu’on appelait pourpoint et même jaquette601 le simple gippon de dessous en drap, en futaine ou en toile. Quant à l’expression de doublet, elle ne fut plus guère employée au quinzième siècle que pour dénommer une couverture de lit rembourrée et contrepointée.
100Du temps de Jeanne d’Arc, le pourpoint ne se porte pas en évidence. Comme plus anciennement, il est redevenu vêtement de dessous, recouvert par la robe602, qui n’en laisse apercevoir que le collet droit et montant dont il se trouve presque toujours muni depuis 1415.
À partir de cette date, en effet, le pourpoint de parement, revêtu en guise de robe603, devient extrêmement rare. Seuls quelques élégants semblent en avoir parfois usé dans le but de se distinguer par l’originalité de leur mise604. Il arriva cependant que de riches pourpoints furent recouverts, à la mode italienne, par des sortes de chasubles, appelées huques, qui en laissaient voir les manches dans leur entier605. Après 1450, des pourpoints également luxueux furent masqués en partie par un court mantel606.
Revenons au gippon revêtu sous la robe, le seul couramment usité au temps de notre héroïne. Façon de gilet à manches descendant jusqu’aux cuisses, serré à la taille, collant aux hanches et accusant la poitrine que faisait bomber un copieux capitonnage, il moulait exactement le buste et le bassin, et un simple patron607 de ce vêtement suffisait à un armurier pour confectionner une cotte de plates à la mesure de son possesseur608.
La figure 1, provenant d’un manuscrit enluminé vers 1440609, représente un personnage que des malfaiteurs sont en train de dépouiller de ses habits. La robe enlevée laisse apparaître le gippon ou pourpoint. Un morceau de chemise sort des chausses incomplètement attachées par derrière.
Le corps du gippon était ordinairement à quatre quartiers, c’est-à-dire taillé en quatre pièces longitudinales, deux pour le devant, autant pour le dos, assemblées par trois coutures, une postérieure et deux latérales, ces dernières interrompues par les entournures des manches, comme le montre la figure 2610. Au quinzième siècle, chacun de ces quartiers se trouvait lui-même formé de deux parties réunies à la taille par une couture. Le vêtement était dit alors fait à deux fois611. Le gippon se laçait 101par devant du haut en bas, soit d’une façon continue612 (fig. 1), soit partiellement (fig. 2 et 9). Il avait été d’abord boutonné613, quelquefois agrafé614, ensuite tantôt lacé615, tantôt boutonné, et finalement beaucoup plus souvent lacé que boutonné. À l’époque de Jeanne d’Arc notamment, les boutons semblent avoir été presque complètement abandonnés pour la fermeture des corps de pourpoints. Ils reprendront quelque faveur dans la suite616.
L’homme engipponné que nous met sous les yeux le fragment de miniature représenté dans la figure 2 est un exécuteur des hautes œuvres dans l’exercice de ses fonctions. Comme la plupart des personnages en action de travail physique, rencontrés dans l’iconographie, ou cités dans les textes des quinzième et seizième siècles617, les bourreaux s’y montrent le plus ordinairement en gippon, ayant enlevé leur robe, autant pour lui éviter de sanglantes maculatures qu’afin d’être plus à l’aise dans leur sinistre besogne.
Les anciens pourpoints du quatorzième siècle s’étaient trouvés pourvus d’étroites manches assez collantes pour nécessiter le long de l’avant-bras une ouverture boutonnée allant parfois jusqu’au delà du coude618. Les manches 102étaient devenues ensuite d’une certaine largeur à l’arrière-bras, tout en restant justes à l’avant-bras619. Il y avait eu aussi des gippons dont les manches, amples de l’épaule au-dessous du coude, se fronçaient sur de longs poignets collants et boutonnés620. Mais du temps de Jeanne d’Arc, toutes ces manches avaient été successivement abandonnées pour celles du type représenté dans notre figure 2, qu’on rencontre d’ailleurs dès les premières années du quinzième siècle621. Modérément larges à l’arrière-bras, plus étroites à l’avant-bras, les manches de ce genre n’étaient plus fermées aux poignets qu’au moyen de quelques boutons, comme l’indique la figure 3, fragment d’un tableau du Musée du Louvre d’environ 1430622, ou encore d’un lacet, ainsi qu’on peut le voir dans le portrait d’homme de van Eyck que possède le Musée de Leipzig.
Seuls, la plupart des pourpoints italiens continuèrent pendant longtemps à être munis de manches composées de deux parties bien distinctes, l’arrière-bras, large et froncé du haut en bas, s’arrêtant au-dessus et près du coude sur un avant-bras collant, boutonné ou lacé623. Ces gippons italiens apparurent en France vers 1450624.
Ajoutons enfin, pour compléter cet aperçu des manches de pourpoints aux quatorzième et quinzième siècles, que, vers 1431, quelques-unes d’entre elles redevinrent étroites dans toute leur longueur. Des références de 1432 et des années ultérieures en témoignent625. Ce fut seulement après 1450 qu’on inventa les mahoîtres, rembourrages sphériques dont on imagina de garnir les épaules des manches collantes de certains gippons626. Les deux lutteurs représentés par la 103figure 4, sont revêtus de pourpoints à mahoîtres627.
Ces appendices, inconnus en 1430, quoi qu’on en ait dit628, avaient pour conséquence d’exagérer la largeur des épaules outre mesure lorsqu’ils étaient recouverts des manches de la robe, déjà plus ou moins froncées en saillie dans le haut de leurs entournures depuis 1445629.
Après 1415, l’encolure de la plupart des gippons se trouva pourvue d’un col montant, rendu rigide par sa doublure et ses piqûres, appelé collet par les textes contemporains.
À l’encontre de beaucoup de particularités du costume qui peuvent faire remonter leur origine dans la nuit des temps, le col est d’invention relativement récente. L’antiquité et les premiers siècles du moyen âge630 ont ignoré ce détail de l’habillement. Les tuniques, les bliauds, les anciens doublets, si l’on en excepte quelques gambesons portés sous le haubert, ne l’ont pas connu. Une image d’environ 1285 nous montre trois personnages dont les cous sont entourés de cols montants et rigides qui paraissent adaptés aux surcots plutôt qu’aux cottes de dessous631. C’est croyons-nous, la plus ancienne manifestation du col dans l’iconographie médiévale. Elle semble avoir été exceptionnelle et de courte durée, car ensuite les miniatures ne nous font plus voir de cols adaptés aux vêtements civils avant les dernières années du règne de Charles V. Ce que les statuts des doubletiers de 1323632 désignent du nom de collet n’était sans doute que l’encolure du doublet, puisque, en dehors du document de la fin du treizième siècle précité, les images nous montrent cottes et surcots constamment décolletés avant 1370. À cette dernière date, des pourpoints se trouvent surmontés d’une sorte de col de hauteur modérée633. Vingt ans plus tard, de vrais cols montants, dénommés collets ou gorgerettes, brodés d’argent de Chypre634, en manière de mailles de 104haubergeon635, ou encore garnis de véritables mailles d’acier636, sont adaptés à certains gippons637. Parfois même tout un haubergeon, intercalé dans la matelassure du pourpoint en renforce singulièrement le capiton638, et c’est, à notre avis, la coutume, prudente alors, de porter la cotte de mailles sous l’habit civil qui donna l’idée d’en adopter simplement la gorgerette. La maille dont le collet, seule partie visible du pourpoint recouvert de la robe, était revêtu, pouvait faire croire à la présence d’un haubergeon dans le corps du vêtement et déconcerter des adversaires animés d’intentions homicides.
Alors qu’un motif de défense fut peut-être l’origine des premiers cols apparus aux encolures de quelques gippons, il nous semble probable que l’existence de ces appendices sur la plupart des robes à la même époque résulta d’une raison de confort nécessitée par une importante évolution de la mode.
Le long règne du chaperon porté en gorge par toutes les classes de la société dès le temps de Philippe de Valois, en accoutumant les cous à une chaude enveloppe, les avait rendus sensibles aux rigueurs de la température, et lorsque, vers 1380, les élégants renoncèrent à s’engoncer dans la visagière du chaperon, l’hygiène leur prescrivit de remplacer cette sorte d’épais faux-col par des collets montants plus ou moins fermés, afin de protéger des organes depuis longtemps déshabitués du contact des intempéries.
Ces collets, préservateurs du froid, commencèrent par être adaptés à quelques pourpoints, comme l’étaient les gorgerettes de mailles réelles ou figurées. On en munit ensuite les robes639. Avec les houppelandes640, ils atteignirent des hauteurs excessives. Serrés au col, où ils se trouvaient lacés ou boutonnés, évasés du haut en façon de goulots de carafe, ils montaient par devant jusqu’au menton, de côté jusqu’aux oreilles, et par derrière encore davantage, encadrant les joues de la fourrure dont ils étaient le plus souvent garnis. Leur grande vogue dura de 1390 à 1410 environ, mais ils subsistèrent exceptionnellement longtemps après cette dernière date. On en vit des exemples vers 1420641, 1430642, 1440643, et même plus tard644.
Après 1420, la plupart des collets, dociles aux caprices de la mode, ont passé de l’encolure des robes à celle des gippons jusque-là ordinairement 105décolletés645, et, à l’époque de la mission de Jeanne d’Arc, la généralité des pourpoints se trouvent surmontés de collets montants, alors que les robes en sont rarement pourvues646.
Nous croyons donc pouvoir affirmer que le gippon de Vaucouleurs se complétait du col montant et rigide que possédaient en France647, en Angleterre648 et en pays bourguignon649, tous les gippons contemporains. Il n’en était pas de même en Flandre allemande650, en Allemagne651 et en Italie652, où beaucoup de pourpoints restèrent encore longtemps décolletés, ainsi d’ailleurs que les robes en usage dans les mêmes régions.
Les textes mentionnent dès 1393, et principalement vers 1415, des collet assis653. Il nous semble reconnaître ces collets assis dans ceux que les miniatures représentent prolongeant en pointe leur base postérieure de manière à rappeler les capuchons plaqués sur le dos des chaperons mis en gorge, couramment portés au quatorzième siècle. Ce genre de col n’est d’abord adapté qu’aux houppelandes. En 1416, on en garnit également quelques pourpoints654. Au temps de Jeanne d’Arc, tous les gippons en sont munis, et cette mode qui persista jusqu’au siècle suivant est devenue tellement générale, d’après les documents iconographiques, que la mention de collet assis a disparu des comptes et des inventaires. Le col à base postérieure horizontale, comme sont les nôtres, très usité avant 1415, semble ne plus subsister ensuite qu’exceptionnellement pour les pourpoints. Nous pouvons en conclure que le collet du gippon fourni à la Pucelle par les habitants de Vaucouleurs devait être le collet assis, c’est-à-dire à empiècement postérieur angulaire venant s’amortir dans la couture médiane réunissant les deux quartiers du dos, ainsi que le font comprendre la figure 4 du présent chapitre et les figures 1 et 7 du suivant.
Les cols de pourpoints n’étaient pas sans analogie avec nos faux-cols droits modernes. Saillant comme ceux-ci hors de l’encolure plus basse du vêtement extérieur, ils se trouvaient comme eux influencés par les variations de la mode. De même que pour nos cols de chemise, différentes formes coexistaient. Dans l’imagerie contemporaine de la Pucelle, ces collets sont toujours représentés montants et maintenus plus ou moins rigides selon l’épaisseur de leur doublure et la consistance de l’étoffe dont ils étaient confectionnés. Un système de piqûres, souvent apparentes, en augmentait 106la rigidité. Leur ouverture, fermée à la base par le lacet du pourpoint, allait en s’évasant plus ou moins vers le haut, de telle sorte que leurs coins supérieurs, à angles légèrement obtus, se trouvaient écartés l’un de l’autre d’un à quelques centimètres, laissant apercevoir le col dont parfois la chemise était pourvue. Suivant le goût et la conformation de chacun, ils étaient de hauteurs variées. Tantôt d’une élévation outrée, comme le montre la figure 5655, tantôt très bas, au point d’être cachés par la fourrure qui garnissait l’encolure de la plupart des robes, comme dans certains portraits de van Eyck656, on les rencontre le plus souvent de hauteur moyenne dans d’autres œuvres du même peintre657, ainsi que sur les enluminures des manuscrits de la même époque.
Le col, d’une très grande élévation, représenté par la figure 5, se trouve garni du haut en bas de plusieurs lignes de piqûres horizontales et parallèles qu’on retrouve assez fréquemment dans des cols contemporains de dimension moins exagérée. Plus tard, des pourpoints se verront surmontés de hauts cols à piqûres verticales recouvertes de galons, ordinairement noirs, d’un effet très caractéristique658.
Un portrait d’inconnu, dû au pinceau de van Eyck, que possède le Musée de Berlin, (fig. 6) nous fait voir un collet de pourpoint dont la hauteur très réduite, contraste avec celle du col montré dans l’exemple précédent. Quelques cols bas se trouvaient complètement clos par devant en façon de carcans659. D’autres cols, se laçaient (fig. 7)660, ou se boutonnaient661.
107Tous ces collets de pourpoints, bien que de dimensions différentes, étaient sensiblement de même coupe. Tous présentaient des coins taillés à angles légèrement obtus. D’autres cols cependant qui n’eurent leur pleine vogue qu’aux environs de 1450, commençaient à faire leur apparition. Les coins de ces derniers étaient, non plus angulaires, mais arrondis au point de devenir inexistants, comme le montre la figure 8, provenant du Bréviaire de Salisbury662. Le duc de Bedford qui estoit sanghin, cras et remplet663
, semble avoir affectionné, sans doute en raison de son double menton, cette mode toute nouvelle au temps de Jeanne d’Arc664.
On peut donc classer les cols de gippons de cette époque en deux catégories.
La première, celle des cols à coins angulaires, représentée par nos figures 5, 6 et 7, se trouvait la plus répandue. La plupart des personnages du Bréviaire de Salisbury sont revêtus de pourpoints munis de collets ainsi façonnés. Semblable particularité se rencontre dans l’œuvre de Jean van Eyck, comme d’ailleurs dans toute l’imagerie contemporaine. C’est un de ces cols à coins angulaires qui garnit le pourpoint du duc Philippe le Bon dans le tableau de la chasse au vol du Musée de Versailles, vers 1443. Cette manière de collet dura jusqu’en 1450665. On en découvre encore exceptionnellement quelques exemples en 1456666, et même plus tard667.
La seconde catégorie, celle des cols à coins amortis (fig. 8), peu usitée en 1430, sera au contraire d’un emploi presque exclusif à partir de 1450, où beaucoup de robes auront repris les cols dont elles avaient été généralement privées depuis trente ans668. Après 1455, les collets à coins amortis se porteront durant vingt années très ouverts, laissant voir largement l’encolure de la chemise.
Les miniatures ne nous montrent que fort rarement les gippons dépourvus de collets dans le second quart du quinzième siècle. En dehors de l’Italie et des pays de langue germanique, ces pourpoints décolletés, à l’ancienne mode, ne semblent plus avoir été en usage que dans la basse classe et chez les gens de petit état669.
Un titre de la Chambre des comptes, cité par du Cange670, nous apprend qu’il existait en 1448 des pourpoints à la fois sans col et sans manches que les francs-archers 108revêtaient sous un jaque épais de vingt-cinq à trente toiles renforcées d’un cuir de cerf. Ces pourpoints, sans doute peu étoffés, n’avaient que deux toiles d’épaisseur et servaient simplement à attacher les chausses. Il est probable que leur invention n’était pas récente et nous croyons bien les reconnaître dans les 12 petiz jupons de fustenne à atachier, délivrés aux douze pages du comte de Nevers en 1390, d’après un texte des Archives de la Côte d’Or671.
La toile672, le drap673, et surtout la futaine674, étaient employés à la confection des pourpoints de qualité ordinaire. Il y eut de ces vêtements en cuir675. Les pourpoints de damas676, de satin677, de velours678, furent réservés au costume habillé. Analogues à certains de nos gilets modernes, d’étoffe plus fantaisiste que celle de l’habit ou de la jaquette qui les accompagne, de riches pourpoints se trouvaient souvent recouverts par des robes de simple drap de laine679.
Une ouverture pratiquée sur le devant de quelques manches de robes permettait aux bras d’en sortir et de montrer ainsi les manches du gippon, le corps seul de ce dernier vêtement demeurant caché par la robe. C’est pourquoi l’on fit des gippons de toile ou de futaine dont le collet et les manches se taillaient dans des tissus plus recherchés680. Ces manches n’étaient souvent rapportées que du poignet au-dessus du coude, d’après des miniatures d’environ 1430 (fig. 9)681 et 1460682.
Il est bon de faire remarquer ici que les manches des pourpoints, lorsqu’elles étaient étroites dans toute leur longueur, ne se trouvaient pas faites alors au moyen de deux coutures longitudinales, à la façon de nos manches modernes. La couture postérieure seule existait. On taillait séparément l’arrière-bras et l’avant-bras, réunis ensuite par une couture horizontale un peu au-dessus du coude, comme le montrera le patron de la manche du pourpoint de Charles de Blois, représenté plus loin (fig. 14). 109Cette disposition favorisait la confection de la manche en deux étoffes différentes.
Des statuts, rédigés en 1400 pour les tailleurs de la ville de Troyes, établissent que les jaques de futaine, faits à une fois, c’est-à-dire sans couture à la taille, se doubleront de deux toiles, tandis que trois toiles seront exigées pour les mêmes jaques, lorsqu’ils seront faits à deux fois683. En 1416, trois fines toiles constituent la doublure de pourpoints de futaine684 et de satin685, destinés au comte de Charolais. En 1432, ce prince, duc de Bourgogne depuis 1419, porte ce genre de vêtement, doublé de trois, cinq686 et six toiles687. La doublure de six toiles d’un de ses pourpoints est même renforcée d’un cuir entre deux688. On employait en général d’autant plus de toiles dans la garniture des pourpoints que leur étoffe extérieure était plus mince. Alors que trois toiles suffisaient pour la futaine, il en fallait quatre pour le boucassin et cinq pour la soie689. La toile qui se trouvait immédiatement en contact avec l’étoffe extérieure s’appelait contre-endroit. Celle qui recouvrait toutes les autres et restait visible à l’intérieur du vêtement se nommait contre-envers. Un minimum de deux toiles, contre-envers et contre-endroit, était exigé pour la matelassure. Du faux du corps en aval, c’est-à-dire depuis la taille jusqu’en bas, le pourpoint n’était jamais doublé que de deux toiles690. Le drap était parfois employé à doubler, sans doute par dessus la toile, les pourpoints des gens de qualité691.
En 1323, à Paris, le doublet de bourre ne pouvait avoir au delà de cinq huitièmes d’aune de long692, soit environ 72 centimètres, dimension qu’il n’atteignit même plus, en tant que vêtement de dessous, après l’invention des habits courts vers 1340.
Ne dépassant guère la naissance des cuisses, le gippon du quinzième siècle était percé dans son pourtour inférieur, à quelques centimètres du bord, de plusieurs paires d’œillets destinés à recevoir les aiguillettes des chausses. Ses coutures latérales et postérieure s’arrêtaient souvent au-dessus ou au niveau de la ligne des œillets, comme on le voit sur nos figures 2 et 9, ce qui faisait finir le gippon en courtes basques qu’on soulevait pour introduire les aiguillettes des chausses plus aisément dans les œillets du gippon. Les aiguillettes se trouvaient d’autant plus nombreuses qu’on tenait à avoir des chausses collantes et bien tirées. Par contre, les chausses 110des gens du peuple n’étaient attachés à leurs pourpoints que par un nombre d’aiguillettes réduit au strict nécessaire. Quantité de monuments, miniatures et tapisseries, représentant des ouvriers en action de travail, nous les montrent avec des chausses ainsi retenues au moyen d’une seule aiguillette par devant pour chaque jambe. Les œillets latéraux et postérieurs du pourpoint restent vides, et les aiguillettes qui y correspondent pendent après les chausses dont l’arrière retombe sur les cuisses au point de découvrir la chemise et parfois les braies. Sans cette précaution, les cordons des aiguillettes, n’étant pas élastiques comme nos bretelles, n’auraient permis certains mouvements de flexion qu’à la condition, soit de déchirer les chausses, soit de rompre leurs attaches. Aussi arrivait-il souvent que les gippons d’hommes du peuple étaient dépourvus d’œillets par derrière, les chausses ne s’y trouvant jamais attachées que par devant. L’absence assez fréquente du gippon chez les classes pauvres obligeait à avaler les chausses, c’est-à-dire à les rouler au-dessous des genoux, comme le fait voir la figure 6 du chapitre précédent consacré à la chemise.
La tension opérée par les chausses sur le gippon à l’endroit des aiguillettes explique la présence, à l’extérieur de quelques pourpoints, de bandes de renfort destinées à soulager cette tension. D’une première bande cousue à la taille en manière de ceinture, d’autres bandes descendaient verticalement jusqu’en bas du gippon, chacune d’elles aboutissant à une paire d’œillets, comme le montre la figure 10, tirée du Missel de Bedford et représentant un charpentier693.
Une miniature d’un manuscrit de la Bibliothèque royale de Bruxelles694 nous apprend que cet agencement, très rare d’ailleurs, se trouvait encore usité chez des bûcherons, du temps de Louis XI. Dans ces deux exemples, les bandes de renfort, rouges, sont cousues sur des gippons blancs ou de couleurs claires. Il est possible que cette sorte de vêtement ait été à l’usage exclusif d’ouvriers dont le travail exigeait de violents efforts.
La figure 11 donne le patron d’une reconstitution du pourpoint le plus communément employé au quinzième siècle. Nous voulons parler du pourpoint de quatre quartiers, le seul dont nous nous soyons occupé jusqu’à présent et dont nos figures 1, 2, 4, 9 et 10 ont montré différents modes.
Les deux côtés du vêtement étant inversement identiques, ce dessin ne reproduit que les six pièces du côté gauche.
On voit en haut la moitié gauche du collet qui est un collet assis, c’est-à-dire formant empiècement en pointe par derrière. La pointe A de cet empiècement se placera en A’ de façon que la couture joignant les deux moitiés du collet se trouve dans le prolongement de celle réunissant les deux moitiés du dos.
Tandis que cette dernière couture se continuera jusqu’en B, les coutures latérales 111rattachant les dos aux devants s’arrêteront en C pour donner naissance aux échancrures de côté, représentées sur nos figures 2 et 9. On remarquera que la laçure se termine à la même hauteur pour produire par devant une échancrure semblable qu’on peut observer sur les figures 1, 2 et 9.
La lettre D désigne le point de l’entournure où doit aboutir la couture de la manche695.
Tout le vêtement, manches comprises, est garni d’une épaisseur de bourre de soie ou de coton, maintenue entre deux toiles par des piqûres. Pour la partie supérieure des quartiers de devant, cette garniture s’augmente de plusieurs épaisseurs de bourre superposées, allant en diminuant de surface, de manière à procurer le bombage de poitrine qu’il est facile de constater sur tous les monuments iconographiques représentant des pourpoints, de 1350 à 1480.
Comme il est impossible, dans une pareille matelassure, de pratiquer les œillets destinés au lacet qui sanglera le vêtement du haut en bas, ces œillets sont percés seulement dans l’étoffe extérieure, laquelle se trouve indépendante de la matelassure, tout le long du bord de l’ouverture du pourpoint, sur une largeur d’environ 2 centimètres.
Cette bande d’étoffe, renforcée d’une simple doublure de toile et garnie d’œillets 112dans toute sa longueur, recouvre ainsi une partie équivalente de la matelassure sans y adhérer. Cet agencement nous a été révélé par l’examen que nous avons pu faire d’une cotte d’armes pourpointe conservée au Musée de Chartres, provenant d’un harnais de guerre exécuté pour Charles V vers sa quinzième année, et datant vraisemblablement, au plus tôt de 1350, au plus tard de 1353696.
Bien qu’antérieure de près de quatre-vingts ans à l’époque qui nous intéresse spécialement, cette cotte pourpointe ne nous en fournit pas moins de très précieux renseignements sur le travail des pourpointiers au moyen âge. Il est d’ailleurs naturel de penser que les changements de mode atteignaient, comme de nos jours, plutôt l’aspect superficiel des vêtements que leur contexture intérieure et que par conséquent les dispositions essentielles des matelassures, piqûres, laçures et boutonnures697 des pourpoints n’ont pas dû varier du quatorzième au quinzième siècle. Par exemple, la cotte de Chartres, du temps du roi Jean, est boutonnée, tandis que les gippons de l’époque de Jeanne d’Arc sont généralement lacés ; il n’en est pas moins vrai que la façon dont la matelassure était organisée à l’endroit de la fermeture du vêtement devait se trouver la même avec une laçure qu’avec des boutons. La seule différence consistait dans le plus ou moins de largeur des bandes de fermeture, selon qu’on y pratiquait œillets ou boutonnières, celles-ci demandant plus de place que ceux-là. Alors qu’une bande de 20 millimètres de largeur est suffisante pour la laçure de notre pourpoint, celui de Chartres en exige une de cinquante pour ses boutonnières. Quant aux paires d’œillets qu’à partir d’environ 1395 on disposa sur le pourtour du bas des pourpoints à l’effet d’y recevoir les aiguillettes des chausses, elles étaient confectionnées dans toute l’épaisseur du vêtement, matelassure comprise. La faible couche de bourre ou de coton qui constituait le capitonnage des parties inférieures des gippons permettait cette opération.
Pendant tout le quinzième siècle, le nombre de ces paires d’œillets varia de deux à onze. Il paraît avoir été le plus souvent de neuf, ainsi réparties, deux paires sur le devant, trois de chaque côté, et une par derrière, au bas de la couture du dos, comme le montre la figure 11.
Quelquefois les trois paires d’œillets disposées sur chacun des côtés du gippon se trouvaient remplacées par une rangée de dix œillets, rapprochés à égale distance les uns des autres, ce qui permettait de changer à volonté la place des trois aiguillettes d’attache des chausses sur les côtés. On peut remarquer cette particularité sur le pourpoint du charpentier représenté plus haut (fig. 10) ainsi que sur celui d’un bourreau dans la tapisserie de l’empereur Trajan, d’environ 1450, conservée au Musée historique de Berne.
Il arrivait aussi que les gippons fussent privés de la paire d’œillets situés au bas de la couture du dos698.
Mentionnons enfin, d’après l’iconographie du quinzième siècle, quelques pourpoints ne portant pas trace d’œillets sur leur pourtour inférieur, soit qu’ils recouvrissent 113d’autres pourpoints sous-jacents destinés à retenir les chausses, soit qu’ils fussent garnis intérieurement de plusieurs paires de cordons d’attache cousues à leur doublure, selon l’usage du siècle précédent699.
D’après les monuments contemporains, l’espacement des piqûres parait avoir été constamment de 35 millimètres environ, mesure qu’on trouve à la fois dans le pourpoint de Chartres et dans d’autres cités plus loin. Le taffetas rouge damassé, qui constitue l’étoffe extérieure de la cotte d’armes du dauphin Charles, est piqué avec la matelassure, de sorte que les piqûres sont apparentes au dehors comme au dedans. Cette disposition semble avoir été générale pour les pourpoints à armer, c’est-à-dire ceux qu’on revêtait par dessus l’armure. Les piqûres de ces cottes pourpointes sont le plus souvent verticales700. Vers 1410, on en voit dont le corps est piqué obliquement sur chaque quartier de la poitrine et du dos, de façon à figurer des chevrons renversés, tandis que le dessous ou braconnière, que nous appellerions aujourd’hui la jupe701, est piqué soit verticalement702, soit horizontalement703. Plus rares sont les pourpoints d’armes entièrement garnis, corps et dessous, de piqûres horizontales704. Une tapisserie de la seconde moitié du quatorzième siècle, conservée dans la cathédrale d’Angers705, nous montre un gippon dont le corps et les manches sont piqués verticalement alors que la braconnière l’est horizontalement.
Les piqûres des manches de cottes d’armes paraissent avoir été, comme celles des corps, plus souvent verticales706 qu’horizontales707.
Beaucoup de pourpoints civils avaient eu également leurs piqûres apparentes, horizontales708 ou verticales709, mais il arriva fréquemment, dans le premier tiers du quinzième siècle, que la braconnière seule fût piquée de façon apparente au dehors comme au dedans, et alors horizontalement710. Toujours est-il que, du temps de Jeanne d’Arc, d’après les monuments iconographiques, non seulement les piqûres des corps des gippons civils se trouvent invisibles extérieurement, mais encore, sauf de rares exceptions, celles de leur partie inférieure. La garniture interne seule est piquée. Ce sera le cas du gippon dont nous donnons le patron (fig 11).
Il nous reste à parler de la fermeture de la manche de ce dernier vêtement. 114Cette manche711, assez large à l’arrière bras et au coude, se rétrécit vers le poignet, au point qu’une fente est nécessaire pour y passer la main. On fermait cette fente, soit avec un lacet712, soit avec deux713 ou trois boutons714. Il est bon de faire remarquer qu’anciennement les deux bords d’une fente de manche, destinée à être boutonnée, ne se superposaient pas toujours, comme dans nos vêtements modernes. Le plus souvent, ils se juxtaposaient simplement. D’un côté de la fente, les boutonnières étaient pratiquées très près du bord, de l’autre, les boutons, à queues assez longues, se trouvaient cousus sur le bord même715. Il en résultait entre les points d’attache, lorsque ceux-ci étaient suffisamment espacés les uns des autres, un écartement des deux bords qui permettait d’apercevoir la manche de la chemise716.
Tel était le genre de pourpoint le plus usité à l’époque de notre héroïne. On l’appelait, comme nous l’avons dit plus haut, le pourpoint de quatre quartiers.
Les textes et les images des quatorzième et quinzième siècles nous révèlent l’existence d’une autre sorte de pourpoint, plus rarement employé, par suite sans doute de la complication de sa coupe, mais qui n’en eut pas moins une certaine vogue en même temps qu’une très longue durée. Nous voulons parler du pourpoint à grandes assiettes, qu’on oppose, dans quelques anciens comptes, au pourpoint de quatre quartiers717.
On donnait le nom d’assiette à l’entournure de la manche. La mode des habits collants, amenée à ces dernières limites, devait provoquer la création d’un pourpoint d’où serait bannie toute couture formant ligne de démarcation entre l’épaule et le bras. On voulait obtenir du vêtement, autant qu’il se pouvait, l’aspect du corps lui-même, dont nulle particularité extérieure n’indique avec la précision d’une couture où commence le bras et où finit l’épaule. À cet effet, 115on élargit l’entournure de telle façon qu’elle arriva à dépasser un mètre de tour, tout en laissant les manches assez étroites non seulement aux avant-bras, mais encore aux arrière-bras. La figure 12, provenant d’une peinture italienne d’environ 1360718, représente la plus ancienne image de pourpoint à grandes assiettes qui existe à notre connaissance.
Le destin, toujours providentiel, ne nous a pas seulement conservé des gippons de quatre quartiers, tels que la cotte pourpointe du dauphin Charles à Chartres, ou celle du Prince Noir, à Cantorbéry719 ; il a encore heureusement permis qu’une jaquette à grandes entournures, portée en 1364 par l’infortuné Charles de Blois, traversât également près de six siècles sans trop de vicissitudes pour arriver jusqu’à nous dans un état voisin de son intégrité première. Grâce à l’aimable complaisance de M. Julien Chappée, jadis possesseur de cette insigne relique720, la coupe savante et compliquée du pourpoint à grandes assiettes nous a livré tous ses secrets.
Certes il y a loin en apparence de ce vêtement de drap d’or, diapré d’aigles et de lions, dépourvu de collet, garni aux manches et sur le devant d’une profusion de boutons selon la mode du temps de Charles V, à l’humble gippon noir, lacé, colleté, exécuté soixante-cinq ans plus tard pour la paysanne de Domrémy par un couturier de petite ville. Le premier était destiné à être porté ostensiblement, le haut seul recouvert du chaperon en gorge, tandis que le second, caché sous la robe qui n’en laissait voir que le collet, devait simplement remplir les modestes fonctions d’un vêtement de dessous. Il n’en est pas moins vrai que les pourpoints de l’époque de Jeanne d’Arc, tous réduits alors à ce dernier rôle, se trouvaient parfois façonnés à grandes assiettes, et qu’il est par conséquent raisonnable de penser que notre héroïne ait pu, à l’instar de plusieurs de ses contemporains, en porter de cette espèce.
Enfin, comme l’iconographie nous démontre que la coupe des 116grandes assiettes resta immuable dans son principe pendant toute la durée de l’existence de cette particularité, nous ne croyons pas sortir du cadre de cette étude en donnant ici le patron du pourpoint de Charles de Blois (fig. 13 et 14).
Il n’y aura qu’a faire abstraction des boutons et des boutonnières, du décolletage de l’encolure, de la coupe particulière des avants-bras avec leurs poignets rapportés, et enfin de l’absence de couture à la taille dans les devants, tous détails appartenant spécialement au quatorzième siècle, pour voir dans ce patron celui d’un pourpoint à grandes assiettes du temps de notre héroïne.
La figure 13 donne le côté gauche du devant avec ses trente-quatre boutonnières, la pointe latérale du même côté, intercalée entre le devant et le dos, puis le haut du dos, et enfin le bas du dos, cette dernière pièce formée d’une partie principale, augmentée, en raison sans doute de l’insuffisance de la largeur de l’étoffe, de deux petits morceaux supplémentaires. La couture latérale, réunissant le dos au devant, s’arrête en X, laissant ces deux parties indépendantes l’une de l’autre dans le bas à partir de ce point. Pour ces différentes pièces, la verticale est le sens du fil, à l’exception cependant de la pointe latérale joignant le dos au devant, pour laquelle le sens de l’étoffe se trouve placé horizontalement de gauche à droite.
La figure 14 représente le patron d’une manche, la gauche. Les sept pièces du haut composent l’arrière-bras, les trois du bas l’avant-bras. Le quart de cercle ACB est une pointe qui vient s’intercaler dans la fente ACB de la grande pièce d’arrière-bras tracée immédiatement en dessous. Les différentes pointes et morceaux qui constituent l’arrière-bras sont rangés dans l’ordre où on doit les coudre les uns aux autres. Pour tous, la verticale est le sens du fil, exception faite du fragment de gauche D, de la pointe F, où le sens de l’étoffe est horizontal, et du quart de cercle ABC, dont le droit-fil est indiqué par la flèche qui s’y trouve figurée. Les trois pièces d’avant-bras doivent être, comme les précédentes, cousues telles qu’elles sont disposées sur notre dessin. On joint ensuite par une couture la ligne EHE de l’arrière-bras à la ligne GIG de l’avant-bras. Il reste alors à fermer l’ensemble de la manche. À cet effet, on plie le tout suivant la ligne pointée CHIK, de manière que la ligne sinueuse DEGJ de gauche vienne s’assembler à la ligne sinueuse DEGJ de droite. En dernier lieu, on coud 117ces deux lignes seulement de D en L, les parties LEGJ de ces lignes devant rester libres pour recevoir, celle de gauche vingt boutons sphériques, celle de droite autant de boutonnières. La grande assiette est constituée par la ligne DABD du haut de l’arrière-bras. Elle forme une circonférence d’environ 1,03 mètres, qu’il s’agit d’adapter à l’entournure du corps du pourpoint représenté par la figure 13, en ayant soin que les points DAB de la manche viennent se joindre aux points DAB du corps du vêtement.
Comme on peut le voir sur la figure 13, trente-quatre boutonnières sont pratiquées sur le bord du devant de gauche. Or le devant de droite ne possède que trente-deux boutons. Les deux dernières boutonnières du bas se trouvent par conséquent privées de leurs boutons, et l’état de l’étoffe permet de constater que ceux-ci n’ont jamais existé. La cause de cette anomalie provient sans doute de la large ceinture d’orfèvrerie qu’il était d’usage de placer souvent tout en bas des riches vêtements de ce genre.
Trente-deux boutons ferment donc le pourpoint de Charles de Blois. Ces boutons sont de deux sortes. Le premier bouton de l’encolure est plat, les quinze suivants sont sphériques, du modèle de ceux des manches (fig. 14), et les seize derniers redeviennent plats. Semblable disposition singulière se remarque dans la cotte pourpointe du musée de Chartres, garnie d’un premier bouton plat à l’encolure, puis de onze noyaux sphériques, et enfin de quinze boutons plats. Cette similitude est toute naturelle pour deux vêtements exécutés l’un après l’autre à dix ans seulement de distance. Quant à la raison de cette différence de boutons dans la même boutonnure, c’est en vain que nous avons cherché à l’élucider avec certitude. Nous croyons cependant qu’il eût été incommode de descendre de cheval avec une ligne de boutons saillants sur l’abdomen, et que c’est pour cette cause qu’on les remplaçait par des plats. Il nous semble également raisonnable de penser qu’un bouton sphérique aurait gêné à l’encolure pour la mise du chaperon en gorge.
Alors que la cotte d’armes du dauphin Charles est rembourrée plus fortement à la poitrine que dans ses autres parties, une seule épaisseur de bourre de soie garnit uniformément le pourpoint de Charles de Blois. Mais comme la coupe de ce dernier vêtement comporte un bombage de buste très accentué, on est obligé d’admettre qu’il ne pouvait être revêtu que sur un premier pourpoint de dessous suffisamment étoffé par devant. Ce gippon de dessous n’était certainement qu’un demi-corps, sorte de gilet, s’arrêtant à la taille. En effet, le pourpoint de Charles de Blois se trouve muni au dedans, tout autour de sa partie inférieure, de sept paires de cordons spéciaux, solidement cousues de place en place et destinées à attacher les chausses, ce qui excluait toute braconnière venant s’interposer entre celle du pourpoint et les chausses.
Tandis que les cottes de Charles V et du Prince Noir sont piquées verticalement comme la plupart des pourpoints à armer, la jaquette de Charles de Blois, vêtement civil, est piquée horizontalement. On y retrouve les 35 millimètres d’espacement, entre chaque ligne de piqûres, de la cotte de Chartres. Comme dans tout pourpoint à grandes assiettes, les manches en sont également piquées par 118lignes horizontales parallèles au contour des entournures, ainsi que le montre le pourpoint italien de notre figure 12721.
Un pourpoint fait sur mesure d’après les données de nos patrons (fig. 13 et 14) moule le torse, les manches et les épaules d’une façon irréprochable, produisant un galbe d’un grand caractère et d’une rare élégance, que nul autre genre de coupe ne saurait imiter. Devant un pareil résultat, on ne peut s’empêcher de sourire de l’outrecuidante prétention d’un costumier moderne déclarant au trop crédule auteur d’une histoire du costume :
Nous ne nous servons jamais de la coupe des vieux vêtements, il nous suffit de l’image de leur tournure, et nous obtenons cette tournure avec des coupes à nous, plus simples et partant meilleures que celles des anciens artisans agissant avec des moyens personnels et non d’école, comme le sont ceux de l’industrie des coupeurs modernes722.
C’est avec de pareils principes, monstrueux assemblages de pédantisme et d’absurdité, que nos costumiers n’ont encore pu nous donner comme vêtements du moyen âge que de ridicules oripeaux de carnaval.
Le pourpoint de Charles de Blois témoigne, de la part des couturiers du quatorzième siècle, d’un degré de science et d’habileté auquel peu de tailleurs de notre époque seraient capables d’atteindre. Nous sommes certain, dans tous les cas, qu’aucun artisan moderne ne pourrait obtenir la physionomie très particulière de ce gippon en en simplifiant la coupe, car, sur les vingt-huit morceaux qui le composent, il n’en est pas un seul qui n’ait sa raison d’être, n’en déplaise aux simplificateurs modernes de la coupe des anciens vêtements. Les grandes assiettes, mentionnées à différentes reprises dans certains textes de la première moitié du quinzième siècle723, se rencontrent naturellement dans l’imagerie de la même époque724.
119Le plus souvent le tour de l’assiette est seul visible. Parfois cependant l’artiste a scrupuleusement reproduit sur les poitrines les quarts de cercle A B C725 et sur le dos les pointes D726, dont notre figure 13 a donné les tracés. Il arrive même que, dans les élégants vêtements à corps pourpointés, à amples manches, et dont la jupe descend quelquefois jusqu’à mi-jambes, en usage de 1400 à 1415, les coutures sont soulignées par des passe-poils d’une couleur différente de celle du reste de l’habit727. Dans d’autres cas, une riche joaillerie recouvre la couture du tour de l’assiette728. On voit aussi des corps de pourpoints d’une couleur, tandis que les manches avec leurs assiettes sont d’une autre729. Les pourpoints de dessous à grandes assiettes posséderont quelquefois la même particularité, comme le montre la figure 15 datée de 1441730.
Dans ce dessin, le corps du vêtement destiné à être caché par la robe semble être en toile, alors que le collet, toujours visible, et les manches, qu’on peut apercevoir avec certaines façons de robes, paraissent avoir été taillés dans une étoffe d’aspect plus confortable. Il suffit de comparer entre elles nos figures 12 et 15 pour voir que les changements apportés dans les pourpoints à grandes assiettes par les modes successives d’une période de quatre-vingts ans ne portèrent ni sur la forme, ni sur la dimension des assiettes. Seuls quelques détails ont changé, tels que les piqûres, apparentes dans l’un de ces vêtements, invisibles dans l’autre, la profusion de boutons du plus ancien, supprimée dans celui de 1441, où elle est remplacée sur le devant par une laçure, la présence à l’encolure du plus récent d’un collet qui n’existait pas en 1360, et enfin la disparition, dans ce même pourpoint, des poignets couvrant en partie les mains du personnage de la figure 12. Ces poignets furent l’origine des bombardes de 1400, bannies de la toilette des hommes à partir de l’année 1415731.
120Le pourpoint à grandes assiettes, dont une suite presque ininterrompue de témoignages écrits ou figurés nous met à même de constater la vogue centenaire, était donc encore porté du temps de Jeanne d’Arc. Une miniature de 1427 et des textes de 1432, cités dans nos notes précédentes, auraient suffi d’ailleurs à prouver cette assertion. Mais il ne s’en suit pas forcément que notre héroïne ait usé de cette sorte de vêtement. Il est même probable qu’au moins son premier gippon, celui qu’on lui confectionna à Vaucouleurs au mois de février 1429, ne fut qu’un simple pourpoint de quatre quartiers, du modèle de celui dont nous avons donné le patron dans la figure 11. La complication des grandes assiettes pouvait dépasser les talents d’un couturier de petite ville.
Si l’on en croit le greffier de la Rochelle, ce gippon de Vaucouleurs était noir, comme le chaperon de même provenance732 ; ce qui n’est pas surprenant, étant donné, d’après les textes et les images, que cette teinte se trouvait celle de la plupart des pourpoints de cette époque.
Il fut d’usage, à la fin du quatorzième siècle, d’introduire dans le capitonnage des pourpoints une quantité notable de certaine poudre dont il est difficile aujourd’hui d’expliquer l’emploi. Il est du reste de peu d’importance de savoir si cette coutume, attestée à plusieurs reprises dans les comptes du duc Louis d’Orléans733, mais que les textes ultérieurs ne mentionnent plus, était ou non tombée en désuétude au temps de la Pucelle.
Fournie par des apothicaires, cette poudre n’était peut-être, malgré son prix très élevé, qu’un vulgaire insecticide, sa grande proportion d’une livre pour un seul pourpoint tendant à écarter l’hypothèse d’un parfum. Il est encore possible qu’elle 121se trouvât destinée à conjurer les maléfices aussi redoutés alors que fréquemment employés. Toujours est-il que si l’on poudra l’intérieur des pourpoints de notre héroïne dans l’intention de les charmer, ce fut certainement à son insu. Plusieurs de ses réponses, au procès de Rouen, nous apprennent qu’elle méprisait les sortilèges et nous devons en conclure qu’elle n’aurait pas moins dédaigné les opérations magiques ayant pour but de les rendre inoffensifs.
Le gippon conserva le nom de pourpoint jusqu’au milieu du dix-septième siècle734. À cette époque, n’étant plus depuis longtemps ni rembourré ni pourpointé, on l’appela veste. Nous le possédons encore aujourd’hui sous la dénomination, inaugurée à la fin du règne de Louis XV, de gilet735.
Les mots gipe, gipon, ou jupe et jupon qui prévalurent, s’appliquèrent aussi à une cotte de dessous, juste au corps comme le gippon masculin, mais portée par les femmes. Sous Louis XIV, la partie supérieure de ce vêtement était dite le corps de jupe. Sa partie inférieure, de la taille vers les pieds, constituait le bas de jupe. On finit peu à peu par appeler la première simplement le corps, et la seconde la jupe. Celle-ci, séparée plus tard du corps, devint le jupon. Et voilà comment un terme qui en principe désignait essentiellement un vêtement de buste, en est arrivé à dénommer une toute autre partie du costume. L’ancien gippon du moyen âge se trouve donc être l’ancêtre direct à la fois du gilet d’homme et du jupon féminin des temps modernes.
Les figures 16, 17 et 18 représentent un essai de reconstitution du pourpoint noir, confectionné à Vaucouleurs pour la Pucelle au mois de février de l’année 1429, en vue de son voyage à Chinon.
Les patrons que nous offrons de ce vêtement sont établis à la mesure d’une jeune fille de dix-sept ans, dont la stature est d’un mètre cinquante-huit. Nous aurons l’occasion, dans un chapitre ultérieur, de prouver, au moyen d’un document rigoureusement authentique, que telle devait être à peu près la taille de notre libératrice.
122La figure 16 montre les six parties de drap qui constituent l’étoffe extérieure du côté gauche du pourpoint, à savoir les quatre morceaux du corps, celui du collet et celui de la manche. Si l’on compare ces six pièces aux pièces correspondantes du pourpoint fait pour un homme reproduites dans la figure 11, on s’apercevra que la seule différence appréciable qui existe entre les deux vêtements consiste dans le nombre des paires d’œillets destinées à recevoir les aiguillettes des chausses. Alors que la braconnière du pourpoint d’homme comporte cinq paires d’œillets sur chaque moitié de son pourtour, soit dix pour la totalité de ce pourtour, la braconnière du pourpoint reconstitué de la Pucelle en possède le double. L’acte d’accusation nous apprend en effet que les chausses de la sainte étaient reliées à son gippon par vingt aiguillettes736.
Les six dessus de drap noir reproduits dans la figure 16 devront recouvrir autant de capitonnages d’ouate maintenus entre deux toiles par des piqûres. Nous savons que, de ces deux toiles, celle qui est destinée à être en contact avec le drap s’appelle contre-endroit et celle qui s’appliquera directement sur la chemise se nomme contre-envers.
La figure 17 montre les matelassures du côté de leur contre-endroit. On y voit comment sont disposées les piqûres sur chacune d’elles. Toutes sont entièrement en toile, à l’exception d’une bande de drap noir a b c d qui borde le devant du contre-endroit de la matelassure du corps. Cette bande de drap sera recouverte d’une bande de toile volante, en ce sens qu’elle ne tiendra à la matelassure que par une couture le long de la ligne b d. Cette dernière bande servira de doublure à la partie correspondante du dessus du pourpoint et c’est dans cette partie ainsi doublée que seront percés les œillets de laçure, ceux-ci ne pouvant être pratiqués dans l’épais capitonnage du buste. Cette ingénieuse disposition nous a été révélée par l’examen que nous avons pu faire de la cotte pourpointe de Charles V enfant, conservée au Musée de Chartres.
On remarquera que la matelassure du devant du buste est taillée sensiblement plus grande que son dessus correspondant représenté dans la figure 16. Voici la raison de cette particularité. Tandis que les autres matelassures ne renferment qu’une seule épaisseur d’ouate, le capitonnage de poitrine, dont la figure 18 donne la disposition, est composé, ainsi que le montre cette figure, d’une dizaine d’épaisseurs d’ouate superposées, allant en diminuant de grandeur et agencée de façon à ménager la place des seins. Les piqûres de ce fort capitonnage auront pour effet de la rétrécir et de l’amener à la mesure du dessus de drap correspondant (fig. 16) qui doit le recouvrir.
Ajoutons qu’une troisième toile devra s’intercaler entre les matelassures du buste et leurs dessus de drap, cette troisième toile devenant ainsi le véritable contre-endroit. Nous savons en effet que les statuts des pourpointiers exigeaient trois toiles pour le corps d’un gippon, tandis que deux seulement étaient jugées suffisantes pour ses hanches et sa braconnière.
Notes
- [586]
Les deux textes juxtaposés ci-dessous suffiront à prouver que le gippon de 1380 n’était autre que le doublet de 1323.
1323
Que nulz ne face vieux doublet de vieille toille qui soit lisiée ne apesée de nul affaitement, fors tout autel comme elel vient de la buée.
It. Quiconques fera doublet d’icelle toille qui vendra de buée, que il ne la face à moins de livre et demie de biex colon, et que il n’y mette que coton net au dessous de 3 livres, et se il poise plus de 3 livres, qu’il y ait contrepvers et contrendroit.
It. Que tous les garnements qui seront faiz d’ores en avant, chascun dud. mestier y mette une exemplaire au collet de la façon et des estoffes qui seront dedenz pourquoy les bones gens n’y puissent estre deceus.
(Stat. des métiers de Paris, fol. 75, verso, ap. Gay, Glossaire archéologique, t. I, 563.)
1380
L’on ne doit pas faire gippon de vieille toille lichée ne appesée, fors ainsi qu’elle vient de la buée. Pourpointiers ne doivent pas mettre vieil coton entre bougueran et toille neufve au dessus de 2 livres […] et se à gippon de plus de 3 livres de coton, il y fault couvertre et contre endroit.
Au collet doit avoir un exemplaire des estoffes loyaument mis sans fraude afin que les bonnes gens ne soient deceuz.
(Recueil des ordonn. relat. aux métiers de Paris, fol. 89, ap. Gay, Glossaire archéologique, t. I, 778.)
- [587]
Une couverture piquée était dite pourpoints. (Jean-Baptiste de La Curne de Sainte-Palaye, Dictionnaire historique : Pourpoint.)
- [588]
1380.
L’on ne doit pas faire neuf gippon de viels estuaves ne d’aultres choses for de pur coton bourroyé de soye ou mieux.
(Recueil des ordonn. relat. aux métiers de Paris, fol. 89.) - [589]
Les pointures désignaient ce que nous appelons aujourd’hui des piqûres.
Et tout ainssi fait est
De pointures le gambeson.
Pourquoy pourpoint l’appelle on.
(Guillaume de Deguileville, Le Pèlerinage de la vie humaine.)
- [590]
Lyon. Musée des Tissus, pourpoint de Charles de Blois, vraisemblablement de 1364.
- [591]
1380. — Douet-d’Arcq, Nouv. rec. de cptes de l’Argenterie des Rois de Fr. p. 186.
1387. — Ibid., p. 188, 189.
1392. — Arch. nat., K, reg. 23, fol. 98 verso.
1393. — Lettres roy. pour les chaussetiers de Paris. (Ordonn. des rois, t. VIII, p. 301).
- [592]
XIIIe siècle.
140… et lor jupeaus d’armer (il est question de l’habillement des chevaliers du Temple) doivent estre tuit blanc.
141. Et les jupeaus d’armer des freres sergens doivent estre tuit noir ; et la croix rouge devant et derrières (ce détail prouve que le juppel d’armer se mettait par dessus le haubert).
425. Et saichent tuit li frere dou Temple que quand il avient que un frere par son pechié ou par sa grant meschance laisse la maison et s’en vait, cel frère se doit prendre garde estudiousement que il ne porte autre chose fors ce que vos disons ci-après… il en puet porter sa chemise et ses braies, et son jupel de vestir, et sa cote, et sa garnache, et sa ceinture, et ses chauces, et ses soliers… — (De Curzon, La Regle du Temple, p. 112 et 231).
1226. —
Doblez à vestir
(Invent. du cte de Nevers, p. 194, 200, ap. Gay, Gloss. archéol., t. I, p. 565).1316. —
Un vieil jupel des armes de France à fleurs broudées
(Invent. des armures du roi Louis X, dans le ms fr. 7855 de la Bibl. nat., p. 165).1352. —
Une pièce de fine toille de Reims… pour faire doublés à vestir poins à coton entre 2 toilles.
(Douet-d’Arcq, Cptes de l’Argenterie p. 94).Led. Belhoumet, pour 3 aunes de camoquas blanc et vermeil des larges, baillées aud. armeurier pour faire led. Sgr 2 doublés à armer, 19 l. 4 s. p.
(Ibid., p. 144). - [593]
1345. — Le gambeson s’appelle juppa dans la monstre des hommes du sire de la Roche en Renier. (Arch. nat., P 1397², cote 542).
1576. — Sous Henri IV, un vêtement de chasse avait conservé le nom de juppe. (Sully, Mém., t. I, p. 24, Michaud et Poujoulat.)
- [594]
Une ordonnance royale de 1358, constatant la faveur croissante des doublets portés au détriment des cottes et des surcots, admet la réclamation des couturiers demandant à être autorisés à faire des doublets dont la confection était jusque-là réservée aux seuls doubletiers. (Ordonn. des rois, t. III, p. 262.)
- [595]
1364. — Lyon, Musée des Tissus, pourpoint de Charles de Blois.
- [596]
1396. — Bibl. nat., fr. 312, folios 235 verso, 288 verso. — Brit. Mus., Royal MS. 20 B VI. fol. 2.
Vers 1400. — Bibl. nat., fr. 9783, fol. 27 ; lat. 8886, fol. 135.
1404.
Pour la façon et estoffes d’une paire de grans manches pour le roy à rechangier en ses pourpoins, faictes de 2 a. et demie de drap de soye noir de Lucques
(Cptes de l’hostel de Charles VI, Monteil. XIVme s., ép. 82, note 303, ap. Gay, Gloss. archéol., t. I, p. 581).Vers 1404. — Bibl. nat., fr. 166, fol. 13 ; fr. 598, fol. 103.
1405. — Sceau de Jean sans Peur (G. Demay, Le cost. au Moyen Age d’après les sceaux, p. 184).
1406. — Sceau de Jean de Ligne (Ibid., p. 122).
Vers 1410. — Bibl. nat., fr. 12420, folios 34 verso, 73, 83.
Vers 1415. — Bibl. de l’Arsenal, 5193, folios 52, 78 verso, 111 verso, 349 verso.
- [597]
Il est question de cuirasses pourpointes dès 1191, et de pourpoints en 1273 et en 1298 (Du Cange, Glossar., v° Perpunctum).
- [598]
400. — Statuts des tailleurs de Troyes, art. 14 (Ordonn. des rois, t. VIII, p. 388).
- [599]
Glossaire français du Moyen Âge, p. 309, 314, 372.
- [600]
Et avoit le roy (Louis XI) vestus un gippon de rouge satin de chaulces de blanc bouquassin.
(Journal de J. Aubrion, p. 101). - [601]
1448. — Nos 1 et 131 du cpte de Gilles le Tailleur, argentier du duc de Bourbon, dans le Bullet. archéol. du Comité des trav. histor., 1891.
- [602]
Comme nous l’avons fait jusqu’à présent dans le cours de cette étude, nous donnons toujours au mot robe l’acception qu’il avait au quinzième siècle. Ce terme de robe évoque aujourd’hui l’idée d’un vêtement féminin ou tout au moins d’une certaine longueur. Il n’en était pas de même au temps de Charles VII où l’on entendait par robe la partie principale d’un costume, celle qu’on revêtait en dernier, correspondant à nos vestons, jaquettes, habits et redingotes.
- [603]
Ce qui différenciait d’aspect ce genre de pourpoint de la robe courte, c’est que la robe, plus ample, formait des plis, sous la ceinture, tandis que le pourpoint, collant au corps, n’était jamais ceint à la taille, et ne reproduisait aucun pli.
- [604]
1431. — Bruxelles, Bibl. roy., 9020-3, fol. 136 verso.
Vers 1440. — Bibl. nat., fr. 764, fol. 29.
Vers 1443. — Musée de Versailles. Une chasse au vol. à la cour de Philippe le Bon.
Vers 1460. — Bibl. nat., fr. 68, fol. 1 ; fr. 6465, folios 342 verso, 445.
Vers 1465. — Ibid., fr. 76, fol. 4 ; fr. 102, fol. 154.
Vers 1470. — Ibid., fr. 64, fol. 150 verso ; fr. nouv. acq. 21013, fol. 40 verso.
Vers 1480. — Ibid., fr. 22971, fol. 24.
- [605]
Vers 1440. — Ibid., fr. 764, folios 1, 3 verso, 11, 60, 69 ; fr. 24401, folios 68, 69 verso.
1465. — Ibid., fr. 129, fol. 1. — Bibl. de Bergues-Saint-Vinox, 63, fol. 29.
- [606]
Vers 1450. — Bibl. nat., fr. 4985, fol. 13 verso.
Vers 1458. — Ibid., fr. 9087, fol. 2.
1467. — Bruxelles, Bibl. roy., 9243, fol. 276.
1469. — Bibl. nat., 22547, fol. 1.
Vers 1470. — Ibid., fr. 257, fol. 1. — Bruxelles, Bibl. roy., 6, folios 104, 298 verso ; 7, fol. 27.
1471. — Bibl. nat., fr. 202, fol. 15 verso.
- [607]
On entendait par patron un modèle en toile du vêtement.
- [608]
1387. —
… iij aulnes de lines toille de Rains… pour faire un patron à un petit pourpoint pour monseigneur le duc de Thourainne (Louis, frere du roi, plus tard duc d’Orléans), pour envoier en Allemaigne, pour faire et forger unes plates d’acier pour son corps.
(Douet d’Arcq, Nouv. rec. de Cptes de l’Argenterie des rois de Fr., p. 152).Item, pour la façon de un petit doublet fait de 3 aulnes de Rains… pour mons. de Thouraine pour envoyer en Lombardie pour faire unes plates pareilles audit doublet pour ledit seigneur…
(Ibid., p. 290). - [609]
Bibl. de l’Arsenal, 5070, fol. 49 verso.
- [610]
1427-1438. — Ibid., 621 fol. 365.
- [611]
1400. — Ordonn. des rois, t. VIII, p. 387.
- [612]
1416. —
Item pour la façon d’un autre pourpoint de fustane blanche, à grans assietes fait de trois fines toilles blanches tout du loing lachié devant et colet assis pour MdS de Charrolois, pour ce 111 frans.
(L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n° 341).Item pour la façon et estoffes d’un pourpoint de satin noir à grans assietes fait de trois fines toilles noires et blanches, tout du long lachié devant et colet assis pour MdS de Saint-Pol, pour ce XL s. p.
(Ibid., n° 345). - [613]
1352. —
Un doublet de toille et de coton, boutonné devant.
(Arch. nat., KK, 8, fol. 145).1364. — Lyon, Musée des Tissus, pourpoint de Charles de Blois.
1371. — Bibl. nat., Est., Oa13, fol. 4.
1375. — Ibid., Ms fr. 9749, fol. 1.
1396. — Ibid., fr. 313, fol. 140 verso. — Brit. Mus., Royal MS. 20 B VI, fol. 2.
- [614]
1388. —
Pour avoir fait et forgié 84 barbacannes et 168 crochès ou crampons d’or pour ycelles barbacannes mettre et asseoir sur 2 pourpoins de broderie.
(1er Cpte d’Arnoul Boucher, fol. 106 verso, ap. Gay, Gloss. archéol., t. I, p. 117).Les barbacanes étaient des brides métalliques analogues à nos portes d’agrafes modernes. Celles dont il est ici question se trouvaient faites de telle sorte qu’il fallait deux agrafes pour une seule barbacane.
- [615]
1395. —
… une piece de ruban de soye noire pour faire aiguillettes à lassier un de noz pourpoins…
(Brit. Mus., Add. Chart., 2162). - [616]
Vers 1445. — Bibl. nat., lat. 1176, fol. 52 recto et verso.
Vers 1450. — Ibid., fr. 9342, fol. 69 verso. — Semur, Eglise Notre-Dame, vitrail des drapiers. — Florence, Gal. des Off., Giuoco del Civettino.
Vers 1460. — Bibl. nat., fr. 6465, fol. 342 verso.
Vers 1465. — Ibid., fr. 9186, fol. 137.
1467. — Ibid., fr. 254, fol. 78 verso.
Vers 1480. — Ibid., fr. 22971, fol. 24.
Vers 1490. — Bibl. de Clermont-Ferrand, 59, fol. 324 verso.
- [617]
En 1452, le comte de Clermont, surpris par Talbot alors qu’il s’efforçait de regagner Bordeaux par la Gironde, fut contraint d’atterrir et d’abandonner son vaisseau. Il se mit
en pourpoint pour estre plus habille… et messire Thibaude qui estoit puissant de corps et pareillement mis en pourpoint, se laissa choir assallir hors dudit batteau.
(Mathieu d’Escouchy, t. I, p. 414, 415).Gargantua quitte sa robe et se met
en pourpoint pour mieulx festoyer les commeres.
(Rabelais Pantagruel, liv. II, chap. III.) — Sur un navire, pendant une tempête, frère Jean se meten pourpoint pour secourir les nauchiers
. (Ibid., liv. IV, chap. XIX).On se met souvent sottement en pourpoint pour ne sauter pas mieulx qu’en saye.
(Montaigne, Essais, liv. III, chap. IX).Se mettre en pourpoint équivalait à notre expression se mettre en manches de chemise.
- [618]
Vers 1360. — Assise, Eglise inferieure de Saint-François, bourreau de sainte Catherine.
1364. — Lyon, Musée des Tissus, pourpoint de Charles de Blois.
- [619]
Vers 1375. — Bibl. nat., fr. 1584, fol. D ; fr. 1728, fol. I.
Vers 1380. — Ibid., fr. 2813, folios 3 verso, 394, 473 verso.
1393. — Ibid., fr. 823, fol. 87 verso.
1396. — Ibid., fr. 312, fol. 186 ; fr. 313, folios 42, 140 verso.
- [620]
Vers 1410. — Bibl. nat., fr. 73. fol. 50.
1415. — Bruxelles, Bibl. roy., 11041, fol. 2 verso.
Vers 1415. — Bibl. de l’Arsenal, 5193, folios 22, 54 verso, 56 verso, 64, 102, 123 verso, 149, 290 verso. — Brit. Mus. Harl. MS. 2897, fol. 228 ; Harl. MS. 4431, folios 100, 144.
Vers 1420. — Bibl. nat., fr. 97, fol. 3 verso ; fr. 131, fol. 1.
Vers 1430. — Ibid., fr. 2675, fol. 32. — Florence, Gal. des Off., Fra Angelico, Adoration des Mages.
- [621]
Vers 1410. — Bibl. nat., fr. 9, fol. 169 verso.
Vers 1415. — Bibl. de l’Arsenal, 5193, folios 16 verso, 188 verso.
Vers 1425. — Brit. Mus., Add. MS. 18850, fol. 15 verso.
- [622]
École catalane, Martyre de saint Georges.
- [623]
Vers 1430. — Bibl. de Chambery, 4 folios 409 verso, 482 verso. — Florence, Gal. des Off., Fra Angelico, Adoration des Mages ; Gal. ant. et mod., id., Jésus salué roi.
Vers 1450. — National Gallery, n° 591 (Rapt d’Hélène) ; Benede.to Bonfigli, Adoration des Mages. — Musée de Berlin, Pisanello, Adoration des Mages. — Florence, Gal. des Off., Giuoco del Civettino.
Vers 1460. — Bibl. nat., lat. 9473, folios 5, 10, 98 verso. — Florence, Palais Riccardi, B. Gozzoli, Cortège des Rois Mages.
- [624]
Vers 1430. — Bibl. nat., fr. 9342, folios 105 verso, 121 verso, 167.
Vers 1460. — Ibid., lat., 13279, fol. 65 verso.
Vers 1465. — Ibid., fr. 129, fol. 1. — Bruxelles, Bibl. roy., 9029, fol. 183 ; 9967, fol. 83.
Vers 1490. — Bibl. de Clermont-Ferrand, 59, fol. 324 verso.
1508. — Bibl. nat., lat. 9474, folios 8, 64 verso, 187 verso.
- [625]
1432. —
Item, pour avoir fait à ung pourpoint pour MdS unes manches justes de velours noir Xs.
(L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n° 1052).Vers 1440. — Bibl. nat., fr. 22553, folios 4, 7, 82 ; fr. 24401, folios 68, 69 verso. — Bibl. de l’Arsenal, 5070, fol. 359. — Bibl. de Lyon, 1390, fol. 148. — Berne, Musée histor., Tapisserie de l’empereur Trajan, pourpoint d’un bourreau.
1444. — Bibl. nat., fr. 824, fol. 7 verso.
Vers 1445. — Bibl. nat., lat. 1176, fol. 52 recto et verso.
Vers 1465. — Ibid., fr. 129, fol. 1.
- [626]
1456. — Ibid., fr. 9198, (Miracles de Notre-Dame, Paris, Berthaud, t. I, planches 14, 49).
Vers 1460. — Ibid., fr. 12601, folios 55, 113 verso. — Bibl. Mazarine, 3717, folios 51, 91 verso, 97 verso. — Bibl. d’Autun, 114, folios 24, 127 verso.
Vers 1465. — Bibl. nat., fr. 102, fol. 154 ; fr. 9186, fol. 137. — Bibl. de Bergues Saint-Vinox, 63, fol. 29. — Bruxelles, Bibl. roy., 9092, folios 3, 12 verso, 16 verso, 32 verso, 44 verso, 72 verso, 76 verso.
1467. — Bruxelles, Bibl. roy., 9243, fol. 276.
Vers 1470. — Bibl. nat., fr. 64, fol. 150 verso ; fr. 2645, fol. 238 verso ; lat. 13263, fol. 97. — Bruxelles, Bibl. roy., 6, fol. 82 verso, 151 verso, 318, 342, 554 verso ; 7, folios 27, 69 ; 8, folios 408, 425 verso, 462 verso.
1471. — Bibl. nat., fr. 202, fol. 15 verso.
Vers 1480. — Ibid., fr. 22500, fol. 248.
- [627]
1456. — Miracles de Notre-Dame, Paris, Berthaud, t. I, pl. 49.
- [628]
Racinet, Le Costume historique, pl. 211.
- [629]
1445. — Bruxelles, Bibl. roy., 9015, folios 388, 412 verso.
1447. — Bibl. d’Amiens, 399, fol. 1.
Il ne faut pas confondre les mahoîtres des pourpoints avec les saillies d’épaules plus ou moins accentuées, simplement obtenues par une certaine manière de monter les manches froncées de la robe. On ne rencontre pas de mahoîtres avant 1450, tandis que les manches froncées en saillie commencent à être de mode à partir de 1415. Quelques-unes de ces dernières se voient même dans le Bréviaire de Salisbury, terminé vers 1434 ; elles s’y trouvent à l’état d’infimes exceptions parmi l’immense majorité des manches à épaules tombantes de l’époque. Cette innovation semble avoir été peu prisée et promptement abandonnée. Il fallut attendre une douzaine d’années avant de la voir réapparaître avec succès.
- [630]
On fait généralement commencer le moyen âge à la chute de l’empire d’occident, en 476.
- [631]
Bibl. de l’Arsenal, 3142, fol. 311, v°.
- [632]
Voir la note 583.
- [633]
1371. — Bibl. nat., Est., Oa12, fol. 4.
- [634]
L’argent de Chypre consistait en un fil de lin entouré d’un fil plat d’argent (L. de Laborde, Gloss. fr. du Moyen Âge, p, 136, 410).
- [635]
1393. —
… un petit pourpoint de satin noir et est la gorgerette de maille d’argent de Chippre et decoupeures d’or et de broderie, en maniere de haubergon…
(Id., Les Ducs de Bourg., t. III, n° 5578).1402. —
Item pour deux aulnes de satin noir des moiens pour faire des collès brodez en maniere de maille de haubergon pour les pourpoins que nous faisons faire pour nous chûn jour…
(Brit. Mus. Add. Chart., 2383). - [636]
1404. —
A Jehan Hymart haubergier demourant à Paris, pour 2 collès de maille d’acier fine deliée… baillés à Jehan Mauduit, tailleur et valet de chambre du roy MdS, pour faire collès à mettre au surpoint d’icellui seigneur, 72 s. p.
(2e Cpte de Charles Poupart, fol. 38, ap. Gay, Gloss. archéol., t. I, p. 411). - [637]
Des portraits de Jean sans Peur existent où l’on voit à l’encolure des robes l’apercevoir des collets de pourpoints ainsi garnis de mailles (Musées du Louvre, d’Anvers ; Collect. de Limbourg-Stirum, etc.).
- [638]
1420. —
Un gippon de satin noir, ou il y a un hauberjon dedans, frangié par embaz de soie noire.
(Invent. de Philippe le Bon, ap. Gay, Gloss. archéol., t. I, p. 775). - [639]
L’une des deux dalles gravées provenant de l’église de Sainte-Catherine du Val des Écoliers, aujourd’hui conservées dans celle de Sains-Denis, représente deux sergents d’armes, en tenue civile. La robe de l’un d’eux possède un collet montant. Si la date de 1376 qu’on attribue à ce monument est authentique, il nous offre un des plus anciens exemples de cols de robes rencontrés dans l’iconographie du quatorzième siècle. Mais nous ne croyons pas les dalles en question antérieures à 1400.
- [640]
On désignait ainsi les robes les plus usitées de 1390 à 1415. Les textes ne mentionnent les houppelandes que très exceptionnellement après 1420. Il est difficile de savoir en quoi elles différaient du vêtement dénommé robe à la même époque. Toujours est-il qu’une quittance des comptes de Louis d’Orléans, datée de 1392 (Brit. Mus., Add. Chart. 2068), donne indifféremment au même habit les noms de robe et de houppelande. Ce dernier terme nous paraît s’etre appliqué spécialement à la robe munie d’un col montant.
- [641]
Bibl. nat., Est., Oa13, fol. 82.
- [642]
Bibl. de l’Arsenal, 622, fol. 175 ; 660, folios 24, 492 verso. — Brit. Mus., Cotton MS. Domit. A XVII, folios 12, 49. — Gries (Tyrol), Bibl. du Couvent des Bénédictins Speculum humanae salvationis, daté de 1427, Les Mages à genoux devant l’Étoile.
- [643]
Bibl. nat., Est., Oa13, fol. 64.
- [644]
Vers 1465. — Ibid., Ms., fr. 9344, fol. 1.
- [645]
Dans le Boccace de Jean sans Peur (Arsenal 5193), d’environ 1415, les pourpoints colletés se trouvent, par rapport aux pourpoints sans col, dans la proportion d’un sur six.
- [646]
Les exemples de robes munies de cols se comptent dans l’imagerie de 1420 à 1450. Des miniatures de 1456 en montrent davantage.
Vers 1430. — Bibl. nat., lat. 17294, fol. 126 verso.
Vers 1440. — Bibl. de l’Arsenal, 5070, folios 28 verso, 188. Musée de Dresde, Jean van Eyck, Triptyque (Robe du donateur).
1445. — Bruxelles, Bibl. roy. 9016, fol. 329.
1450. — Ibid., 9278-80, fol. 1.
Vers 1450. — Berlin, Musée roy., Jean Fouquet, Portrait d’Etienne Chevalier. — Amsterdam, Musée de l’Etat, Statuettes du Dam exécutées par Jacques de Gérines.
1456. — Bibl. nat., fr. 9198 et 9199. Parmi les cent trente deux miniatures de ces deux manuscrits, une vingtaine environ nous offrent des exemples de robes pourvues de cols.
Vers 1460. — Bibl. nat., fr. 12601, folios 29 verso, 31 verso.
Vers 1471. — Ibid., fr. 201, fol. 9 verso.
- [647]
Vers 1430. — Ibid., lat. 17294 et 18026.
- [648]
1433. — Brit. Mus., Harl. 2278.
- [649]
1425 à 1437. — Œuvre de Jean van Eyck, Portraits de Rolin, Arnolfini, Molembais et autres familiers de la Maison de Bourgogne.
- [650]
1431. — Bruxelles, Bibl. roy., 9018-9, 9020-3.
- [651]
1427. — Gries (Tyrol), Bibl. du couvent des Bénédictins, Speculum humanae salvationis.
- [652]
1427 à 1433 environ. — Bibl. de Chambéry, 4.
1428. — Castiglione d’Olonna, Fresques de Masolino da Panicale.
- [653]
1393. — L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. III, nos 5581, 5595.
1401. — Brit. Mus., Add. Chart., 2406.
1416. — L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, nos 338, 343, 425 à 428, 430, 432, 434, 436, 437, 439, 440.
- [654]
1416. — Id., Ibid., 340, 341, 345.
- [655]
Bibl. nat., lat. 17294, fol. 27.
- [656]
Vers 1425. — Musée de Berlin, Josse de Vydt.
Vers 1430. — Ibid., Jean Arnolfini.
1432. — National Gallery, Timothée.
- [657]
Vers 1425. — Musée de Berlin, L’homme à l’œillet.
Vers 1428. — Musée du Louvre, Nicolas Rolin.
1432. — National Gallery, Arnolfini et sa femme.
1436. — Musée de Vienne, Jean de Leeuw.
Vers 1438. — Musée de Berlin, Baudoin de Lannoy.
- [658]
1458. — Boccace de Munich, miniature représentant le lit de justice tenu à Vendôme pour le procès du duc d’Alençon.
Vers 1460. — Bibl. nat., fr. 2661, fol. 5 ; fr. 16939, fol. 1. — Bibl. Mazarine, 3717, folios 26 verso, 29 verso, 37, 42 verso, 45, 51, 53 verso, 62, 84 verso, 99 verso, 102.
Vers 1465. — Bibl. nat., fr. 9186, folios 30 verso, 42 verso, 52 verso, 54, 56, 70 verso, 100 etc. ; fr. 24378, fol. 1. — Bruxelles, Bibl. roy., 9342, folios 1, 29 verso, 38 verso ; 9967, fol. 8.
1467. — Bibl. nat., fr. 254, folios 13 verso, 30 recto et verso, 40, 44 verso, 46, 51, 53, 96 verso, 101, 125, 150.
1469. — Ibid., fr. 22547, fol. 1.
1470. — Bruxelles, Bibl. roy., 6, fol. 338 ; 7 fol. 54 verso ; 8, folios 25 verso, 33 verso, 89 ; 9, fol. 462 verso.
Vers 1470. — Bibl. nat., fr. 65, fol. 279.
Vers 1475. — Ibid., lat. 8408, fol. 1.
Vers 1485. — Bibl. de Chantilly, 322, fol. 113 verso.
- [659]
Vers 1420. — Bibl. nat., fr. 2675, fol. 32.
1432. — Bibl. de Salzbourg, Missel daté, fol. 114.
Vers 1455. — Bibl. nat., fr. 259, fol. 198 verso ; lat. 1156 A, fol. 81 verso (Voir p. 79, fig. 7).
1441. — Nuremberg, Musée Germanique, 918. (La plupart des miniatures de ce manuscrit offrent des exemples de ce genre de col à coin adapté soit aux robes, soit aux pourpoints). — Bergame, Acad. Carrara, Pisanello, Portrait de Lionel d’Este.
- [660]
Vers 1430. — Bibl. nat., fr. 2661, fol. 91 ; lat. 18026, folios 22, 60.
Vers 1433. — Brit. mus., Harl. 2278, fol. 11 verso.
Vers 1460. — Bibl. nat., fr. 22497, fol. 33. — Bibl. de Carpentras, 622, fol. 136.
- [661]
Vers 1425. — Bibl. nat. fr. 15412, fol. 114.
1430. — Ibid., lat., 18026, fol. 129.
1433. — Brit. Mus., Harl. MS. 2278, fol. 4 verso.
- [662]
Vers 1430. — Bibl. nat., lat. 17294, fol. 368 verso.
- [663]
Jean Le Fèvre de Saint-Rémy, Mém., t. II. p, 266.
- [664]
Vers 1425. — Brit. Mus., Add. MS. 18850, fol. 256 verso.
Vers 1430. — Bibl. nat., fr. 602, fol. 1.
Vers 1440. — Bibl. de l’Arsenal, 5070, folios 25 verso, 28 verso, 116, 359.
1441. — Ibid., fr. 541, fol. 162.
- [665]
Vers 1450. — Bibl. nat., fr. 9342 folios 55 verso, 65 verso, 69 verso, 173, 210 verso.
- [666]
1456. — Ibid., fr. 12441, fol. 2.
- [667]
Vers 1460. — Bibl. de Carpentras, 632, fol. 136.
- [668]
Le port d’une robe à col n’empêchait pas celui du pourpoint colleté, et l’on voit dans maintes miniatures des personnages portant double col, celui du pourpoint entouré de celui de la robe, tous deux de même coupe. (Voir Bibl. nat., fr. 9198 et 9199, datés de 1455, 1456.)
- [669]
Vers 1430. — Bibl. nat., lat. 18026, fol. 1.
1445. — Ibid., lat. 1176, fol. 52 recto et verso.
- [670]
1448. —
Ainsi sera seur ledit jacques et aisé moiennant qu’il (le franc-archer) ait un pourpoint sans manches ne colet, de deux toilles seullement, qui n’aura que quatre doys de large sur l’espaulle auquel pourpoint il attachera ses chausses.
(Du Cange, Glossar., v° Jacke). - [671]
Bernard Prost, Inventaires des ducs de Bourgognes, t. II, 3510.
- [672]
1352. —
Une piece de fine toille de Reims… pour faire doublés à vestir, poins à coton entre deux toilles.
(Douet-d’Arcq, Cptes de l’Argenterie, p. 94).1387. —
Xij aulnes de fine toille de Reims… pour faire quatre petis pourpoins pour le Roy nostre sire et monseigneur le duc de Thouraine…
(Douet d’Arcq, Nouv. rec. de cptes de l’Argenterie, p. 150). - [673]
1448. — G. d’Avenel, Histoire économique de la propriété., t. IV, p. 523.
- [674]
1416. —
Item pour une piece de futaine blanche à faire pourpoins pour MdS de Charrolois, II escuz, x s.
(L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n° 423).1417. —
Un pourpoint de fustaine blanche à grans assietes lassié tout du long à annelez d’argent.
(Brit. mus., Add. Chart., 2413).1433. —
Item ung pourpoing de fustane noire à grandes assises, XLI s.
(L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n° 1071).1453. —
Et pour la façon et estoffes d’un pourpoint de fustane que icelui S. a fait donner au petit moriau, XIIII s.
(Ibid., n° 1650). - [675]
1433. —
Item ung pourpoint de cuir noir doublé six toilles, pour façon et toille, LXI s.
(Ibid., n° 1071).1453. —
Pour la façon et estoffes d’un pourpoint de chamois pour icellui S. XLVIII s.
(Ibid., n° 1664). - [676]
1416. —
Item pour la façon et estoffes d’un pourpoint à grant assiete du demourant de la dicte houppelande de drap de damasti (noir brochié de fin argent et figuré de soye vert), fait de trois fines toilles noires et blanches, fait et estoffé de soye, II escuz.
(Ibid., n° 1071).1433. —
Item pour la façon et toille d’un pourpoint de drap de damas noir, à grandes assiettes, XL s.
(Ibid., n° 1071).1446. —
Deux pourpoins de drap de damas noir, garni de bougran noir, de grosse toille et de toille fine.
(Brit. Mus. Add. Chart., 2452).1447. —
Pour 7 palmes et demie de damas noir pour ung gippon pour mond. Sgr… à raison de 15 gr. la palme, 9 flor. 4 gr. 8 d.
(Cptes et Mem. du roi Réné, art. 619, ap. Gay, Gloss. archéol., t. I, p. 778). - [677]
1416. —
Item, pour la façon et estoffes d’un pourpoint de satin noir à grans assietes, fait de trois fines toilles noires et blanches, lachié devant, colet assis, fait et estoffe de soye pour MdS. de Charrolois, pour ce III fr.
(L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n° 340). - [678]
1432. —
Item pour la façon d’un pourpoint de velours sur velours gris, X L s.
(Ibid., n° 1052).1453. —
Pour la façon et estoffes d’un pourpoint de veloux brochiet d’or, XLVIII s.
(Ibid., n° 1665). - [679]
Musée de Berlin, J. van Eyck, L’homme à l’œillet.
- [680]
1448. —
… pour demye aulne de satin noir pour faire manches à ung pourpoint de futaine noire…
(Bullet. archéol. du comité des trav. histor., 1891, Cpte de Gilles le Tailleur, n° 12). - [681]
Vers 1430. — Bibl. nat., lat. 17294, fol. 122 verso.
- [682]
Vers 1460. — Ibid., lat. 9173, fol. 15 verso.
- [683]
1400 : Ordonnance des rois, t. VIII, p. 387. Les jaques rentraient dans la catégorie des pourpoints.
- [684]
1416. — L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n° 341.
- [685]
1416. — Id. Ibid., n° 345.
- [686]
1432-1433. — L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n° 1075.
- [687]
1432-1433. — Ibid., nos 1071, 1075, 1077.
- [688]
1432-1433. — Ibid., n° 1075. — Cette épaisseur n’a rien qui doive surprendre lorsqu’on la compare à celle des jaques des francs archers de 1448, faite d’une superposition de vingt-cinq à trente toiles et d’un cuir de cerf (Du Cange, Glossar., v° Jacke).
- [689]
1400. — Ordonnance des rois, t. VIII, p. 387.
- [690]
1400. — Ibid., t. VIII, p. 387, 388.
- [691]
1391. —
… escarlatte vermeille de Bruxelles… pour doubler p. dedens deux petis pourpoins pour le dit seigneur (Louis, duc de Touraine, qui devint duc d’Orleans l’année suivante).
(Brit. Mus., Add. Chart., 2064).1416. — Pourpoint doublé d’escarlate vermeille d’Angleterre. (L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n° 418).
1433. —
Item pour une aulne de blanchet pour doubler aucuns des pourpoins d’icellui seigneur (Philippe le Bon, duc de Bourgogne) 1 fr.
(Ibid., n° 1071). - [692]
Statuts des métiers de Paris, fol. 75 verso, ap. Gay, Gloss. archéol., t. I, p. 555).
- [693]
Vers 1425 : Brit. Mus., Add. MS. 18850, fol. 15 v°.
- [694]
Vers 1445 : Bruxelles, Bibl. roy., 9242, fol. 270 v°.
- [695]
En cousant la manche au corps du pourpoint, on doit avoir soin de répartir l’excès de largeur de son entournure sous l’aisselle, de telle sorte que la manche soit froncée sous le bras et simplement soutenue dans la partie supérieure de l’entournure.
- [696]
Comme l’a savamment démontré M. Fernand de Mély (Le Trésor de Chartres, 1886, p. 81), cette inestimable relique ne peut avoir appartenu qu’à Charles de Valois, premier dauphin de Viennois de la maison de France (plus tard Charles V), alors qu’il était âgé de quinze ans.
- [697]
Qu’on nous permette de faire revivre ce vieux terme dont le français moderne n’offre aucun équivalent.
- [698]
Vers 1410 : Bibl, nat., fr. 9, fol. 169 v°. — 1455 : Miracles de Notre-Dame, Paris, Berthaud, t. 1, pl. 49. — 1467 : Bruxelles, Bibl. roy., 9243, fol. 21.
- [699]
1364. — Lyon, Musée des Tissus, Pourpoint de Charles de Blois.
- [700]
Vers 1352. — Musée de Chartres, Pourpoint du dauphin Charles.
Vers 1360. — Padoue, Baptistère, Jean et Antoine de Padoue, Crucifixion.
1375. — Cathédrale de Cantorbéry, Cotte d’armes du Prince Noir.
Vers 1410. — Bibl. nat., fr. 2642, fol. 173 ; fr. 2649, fol. 36.
Vers 1415. — Ibid., fr. 17183, fol. 5.
Vers 1430. — Ibid., fr. 2675, fol. 66 verso.
1434. — Brit. Mus., Harl. MS. 4605, fol. 41.
Vers 1465. — Bruxelles, Bibl. roy., 9242, fol. 227 verso.
- [701]
Nous nous abstenons de donner à cette partie du pourpoint les noms de jupe ou de jupon qui, au moyen âge, étaient synonymes de pourpoint et désignaient tout le vêtement.
- [702]
Vers 1410. — Bibl. nat., fr. 2810, fol. 237, 240.
- [703]
Vers 1410. — Ibid., fol. 235.
- [704]
Vers 1410. — Ibid., fol. 89 verso.
- [705]
Tapisserie de l’Apocalypse.
- [706]
Vers 1352. — Musée de Chartres, Pourpoint d’armes du dauphin Charles.
1375. — Cathédrale de Cantorbéry, Cotte d’armes du prince Noir.
1434. — Brit. mus., Harl. MS. 4605, fol. 41.
- [707]
Vers 1410. — Bibl. nat., fr. 2810, folios 237, 240.
- [708]
Vers 1360. — Assise, Église inférieure de Saint-François, Martyres de sainte Catherine et de l’impératrice Faustine.
1364. — Lyon, Musée des Tissus, Pourpoint de Charles de Blois.
- [709]
Vers 1410. — Bibl. nat., fr. 2810, fol. 92.
- [710]
Vers 1405. — Ibid., fr. 598, fol. 103.
Vers 1415. — Bibl. de l’Arsenal, 5193, fol. 102.
Vers 1430. — Bibl. nat., lat. 17294, fol. 421.
- [711]
Pour la reconstitution de cette manche, nous nous sommes inspirés des miniatures suivantes :
Vers 1400. — Bibl. nat., fr. 12596, fol. 81 verso.
Vers 1410. — Ibid., fr. 9, fol. 169 verso.
Vers 1428. — Ibid., lat. 1156B, fol. 171.
Vers 1430. — Bibl. de Chambéry, 4, fol. 548. — Bibl. imp. de Vienne, 1855, fol. 1.
1427-1438. — Bibl. de l’Arsenal, 621, folios E, F verso.
1441. — Bibl. nat., fr. 541, fol. 162.
D’autres documents, et en particulier la cotte pourpointe de Chartres, nous apprennent que ces sortes de manches étaient faites d’un seul morceau et ne possédaient par conséquent qu’une seule couture.
- [712]
Vers 1415. — Musée de Leipzig, Van Eyck, Portrait d’homme.
Vers 1460. — National Gallery. Benedetto Bonfigli, Adoration des Mages.
- [713]
Vers 1450. — Bruxelles, Bibl. roy., 9511, fol. 180.
Vers 1470. — Musée de Cologne, Le Maitre de la Passion, Le Couronnement d’épines.
- [714]
Vers 1430. — Musée du Louvre, École catalane, Martyre de saint Georges.
Vers 1460. — Madrid, Gall. del Prado, van der Weyden, Le denier de César.
- [715]
Vers 1430. — Voir page 103, fig. 3.
- [716]
Vers 1470. — Musée de Cologne, Le Maitre de la Passion, Le Couronnement d’épines.
- [717]
1432.
A Perrin Bossuot, valet de chambre et tailleur de robes… pour samblable de deux pourpoins faiz pour MdS en sa ville de Bruxelles, l’un de drap de damas noir de quatre quartiers et l’autre doublé de VI toiles et un cuir entre deux à grans assietes, IIII l…
Pour la façon et estoffes de deux pourpoins que au partement de MdS de sa ville de Bruges pour aler en Hollande fist faire derrain de fustane noire, l’un de quatre quartiers et double de cinq toiles, et l’autre à grans assietes doublé de trois toiles, pour chascun XI s., font IIII l. — (L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n° 1075).
Et pour samblable de la façon et estoffes de deux pourpoins de fustane noire que icellui S. fit derrain faire en sa ville de Dijon pour vestir et porter devant Avalon, l’un de quatre quartiers doublé de cinq toiles, et l’autre à grans assietes doublé de III toilles chascun XI s., font IIII l. — (Ibid., n° 1077).
- [718]
Assise, Église inférieure de Saint-François, Martyre de sainte Catherine.
- [719]
Ce vêtement remonte au moins à l’année 1376, date de la mort du prince.
- [720]
Actuellement à Lyon, au Musée historique des Tissus.
- [721]
Il y a identité presque absolue entre le pourpoint de Charles de Blois et celui du bourreau italien de la figure 12, tous deux d’ailleurs de la même époque. Les seules différences qu’on y remarque sont les suivantes :
Premièrement, la grosseur des boutons, excessive dans le vêtement du grand seigneur français, est très modérée dans le gippon du bourreau italien.
Ensuite l’espacement des piqûres, partout d’environ 0m035 dans le premier, ne conserve cette mesure que dans les grandes assiettes et les arrière-bras du second. Dans le corps et les avant-bras de ce dernier, l’espacement des piqûres est réduit de moitié.
Enfin la braconnière de ce même pourpoint italien se termine dans le bas par des piqûres verticales simulant les lambrequins des anciennes cuirasses romaines, alors que le pourpoint de Charles de Blois conserve jusqu’en bas ses piqûres horizontales.
- [722]
Albert Racinet, Le Costume historique, t. I, p. 283.
- [723]
1416.
Item pour la façon et estoffes d’un pourpoint de satin noir à grans assietes fait de trois fines toilles noires et blanches, lachié devant, colet assis, fait et estoffé de soye pour MdS de Charrolois, pour ce III fr. — (L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n° 340).
Item pour la façon d’un autre pourpoint de fustane blanche à grans assietes fait de trois fines toilles blanches tout du loing lachié devant et colet assis pour MdS de Charrolois, pour ce III francs. — (Ibid., n° 341).
Item pour la façon et estoffes d’un pourpoint de satin noir à grans assietes fait de III fines toilles noires et blanches tout du long lachié devant et colet assis, pour MdS de Saint-Pol, pour ce XL s. p. — (Ibid., n° 345).
Itempour la façon et estoffes d’un pourpoint à grant assiete, du demourant de ladite houppelande de drap de damastz (noir brochié de fin argent et figuré de soye vert), fait de trois fines toilles noires et blanches, fait et estoffé de soye II escuz. — (Ibid., n° 1071).
1417.
… un pourpoint de fustaine blanche à grans assietes lassié tout du long à annelez d’argent… — (Brit. Mus., Add. Chart., 2413).
1452. — L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, nos 1075, 1077. (Voir p. 114, note 7).
1433.
Item ung pourpoing de fustane noire à grandes assises, XLs. — Item pour la façon et toille d’un pourpoint de damas noir à grandes assietes, XI s. Item pour la façon et toille d’un aultre pourpoint de drap de damas gris aussi à grandes assietes. XL s. — (L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n° 1071).
- [724]
Vers 1405. — Musée du Puy en Velay, tableau n° 30, La Vierge de Miséricorde.
1406. — Sceau de Jean de Ligne (G. Demay, Le Cost. au Moy. Age d’après les sceaux, p. 122.
Vers 1410. — Bibl. nat., fr. 2810, fol. 278 verso ; fr. 12420, folios 17 verso, 34 verso, 49, 58, 83, 98 verso, 134, 152 verso etc. ; fr. 12559, fol. 16 ; fr. 20352, folios 111, 274 verso. — Henry Martin, Le Terence des Ducs, miniat. nos 100, 101, 106, 111, 112, 113.
1412. — Bruxelles, Bibl. roy., 9509, fol. 115 verso.
1415. — Bibl. de l’Arsenal, 5193, folios 57 verso 52, 111 verso, 119, 349 verso. — Brit. Mus., Harl. MS. 4431, folios 115, 133 verso.
1427. — Gries (Tyrol), Bibl. du couvent des Bénédictins, Speculum humanae salvationis, Les Mages agenouillés devant l’Étoile.
Vers 1440. — Bibl. nat., fr. 764, fol. 29.
1441. — Nuremberg, Mus. german., 918, fol. 2.
Vers 1445. — Von H. F. Massmann, Die Baseler Todtentänze, Stuttgart, 1847, p. 21.
- [725]
Vers 1410. — Bibl. nat., fr. 12420, fol. 17 verso. — Bibl. de l’Arsenal, 3479, fol. 455. — Brit. Mus., Harl. MS. 4431, fol. 115. — Henry Martin, Le Terence des Ducs, miniat. n° 112.
- [726]
Vers 1405. — Musée du Puy en Velay, la Vierge de Miséricorde.
1410. — Bibl. nat., fr. 12420, folios 49, 34 verso ; fr. 20352, folios 111, 274 verso. — Henry Martin, Le Terence des Ducs, miniat. n° 100.
- [727]
Vers 1410. — Bibl. nat., fr. 12420 fol. 17 verso (assiettes rouges, passe-poils blancs), fol. 49 (assiettes vert foncé, passe-poils rouges).
- [728]
1420. —
Une très riche assiete de menche dont on feroit bien ung collier…
(Invent. de Philippe le Bon, ap. Gay, Gloss. archéol., p. 413). - [729]
Vers 1410. — Bibl. nat., fr. 12420, fol. 49 (pourpoint blanc, assiettes vert foncé) ; fr. 12559, fol. 16 (pourpoint bleu, assiettes gris clair).
Vers 1440. — Ibid., fr., 764, fol. 29 (pourpoint blanc, assiettes bleues).
- [730]
1441. — Nuremberg Mus. german., 998, fol. 2.
- [731]
On retrouve cependant les bombardes, telles qu’elles figuraient aux manches de pourpoints des élégants de 1400, chez nos paysans du Perche et du Dunois où elles ne sont plus qu’un objet d’utilité destiné à garantir les mains de la rigueur du froid. Ces longues manchettes de drap commun, évasées en forme d’entonnoir renversé, dépassant l’extrémité des doigts de plusieurs centimètres, adaptées aux poignets par le moyen de boutons, encore actuellement en usage l’hiver dans certaines de nos campagnes, sont identiques comme coupe et comme aspect aux bombardes de la fin du quatorzième siècle et du commencement du suivant et, depuis plus de cinq cents ans, les paysans de l’Orléanais, dont le langage est resté à peu de chose près, ce qu’il était au temps de Charles VI, ont toujours appelé et appellent encore aujourd’hui ces manchettes des bombardes.
Par ignorance de ce fait, les historiens du costume ont confondu à tort les bombardes avec les grandes manches ouvertes des robes des premières années du quinzième siècle.
Les pourpoints à bombardes se portaient recouverts, soit de robes à manches closes, soit de robes à manches ouvertes. Avec la manche close, recouvrant et dépassant la main, le reste de la manche du pourpoint se trouvant caché dans celle de la robe.
Le terme de bombarde, appliqué à ce détail du vêtement, ne vient pas, comme le prétendent Gay et Racinet, de la pièce d’artillerie ainsi dénommée, mais bien de la bombarde instrument de musique, à cause de son pavillon, dont les manchettes évasées des manches de pourpoint rappelaient la forme.
- [732]
Revue historique, t. IV, p. 336.
- [733]
1395.
Jehan de Saligny apoticaire demourant à Paris confesse avoir eu et receu de Jehan Poulain tresorier de monseigneur le duc d’Orléans la somme de quarante livres tournois. En quoy le dit seigneur lui estoit tenuz pour quatre livres de poudre que ycelui seigneur a fait prendre rachat de lui pour mettre en quatre pourpoins de satin, l’un de satin vermeil et les III autres de satin noir qu’il a fait faire et delivrez c’est assavoir à Mons. de Bourgoigne, au sire de la Tremoille, à messire Guill. de la Tremoille, son frere et à messire Elyan de Neilhac. — (Brit. Mus., Add. Chart., 2165).
A Jehan de Saligny apotiquaire pour 4 livres de poudre pour mettre es quat pourpoins dess. diz à X l. la livre. — (Ibid., 2171.)
Quittance par Perrin Pillot, tailleur de robes et valet de chambre du duc d’Orléans à Jean Poulain tresorier du duc d’Orléans de 18 l. tournois pour la façon de deux pourpoins de satin noir faits de capiton et de poudre, l’un pour le duc, l’autre pour Louis de Sancerre Mareschal de France ; sous son sceau le 4 mars 1395. — (Bibl. nat., fr. 10431, p. 106.)
Quittance par Jean de Saligny apothicaire demeurant à Paris à Jean Poulain tresorier du duc d’Orléans de 20 livres tournois pour 2 livres de poudre à 10 l. la livre pour mettre en 2 pourpoints de satin noir que ledit duc a fait faire ; du 24 avril 1395. (Ibid.).
- [734]
Quicherat, Histoire du costume, p. 516.
- [735]
Quicherat, Histoire du costume, p. 379.
- [736]
… caligis […] ligatis dicto gipponi cum XX aguilletis…
(Quicherat, Procès, t. I., p. 220.)