A. Harmand  : Jeanne d’Arc, ses costumes, son armure (1929)

II. : 5. Habits de chevalier

3105.
Habits de chevalier

Xénophon rapporte que, chez les Athéniens, on ne distinguait point un citoyen d’un esclave par l’habillement1710. Cette observation du guerrier philosophe n’a rien qui doive surprendre quand nous constatons de nos jours qu’il n’existe bien souvent aucune différence entre la mise de l’ouvrier endimanché et la tenue courante du bourgeois. On sait d’ailleurs que, du temps de Louis XV, la plupart des artisans s’habillaient pour faire les messieurs, lorsqu’ils ne travaillaient pas, et qu’on rencontrait dans les rues des petits-maîtres bien vêtus, bien coiffés, bien chaussés, l’épée au côté, qui n’étaient autres que des perruquiers, des imprimeurs, des tailleurs et des courtauds de boutiques1711. À toutes les époques en effet, il y eut, dans les pays policés, une propension des petites gens à se donner l’apparence de personnes d’un rang plus élevé. Cette tendance n’épargna pas le quinzième siècle et l’habit qu’y revêtait l’homme du commun, aux jours de fêtes, ne se distinguait guère de celui du seigneur que par l’étoffe plus ordinaire dont il était confectionné. La soie, le satin, le velours, les draps d’or et d’argent étaient réservés à la noblesse, qui en outre partageait avec la bourgeoisie l’usage des fins draps de laine de Flandre et d’Angleterre. Le peuple se contentait de tissus moins dispendieux.

Nous avons montré Jeanne d’Arc bien simplement mise alors qu’elle attendait de Charles VII qu’il acceptât de la reconnaître comme envoyée du Roi du ciel et de lui confier le soin de sauver son héritage. Elle va maintenant nous apparaître revêtue des robes de prix d’un chevalier.

Le plus ancien texte se rapportant aux costumes dont l’héroïne eut l’occasion de se parer pendant les interruptions de son existence de guerrière, consiste dans la note suivante, extraite d’un mandement de paiement de dépenses de la commune d’Orléans, en date du 16 juin 1429 :

A Jaquet Compaing, pour demie aulne de deux vers achattée pour faire les orties des robes à la Pucelle, XXXVJ s. p.1712.

Ce fut certainement lors du court séjour qu’elle fit à Orléans, du douze au quatorze juin, après la prise de Jargeau et avant l’attaque de Beaugency, que les magistrats de la ville gratifièrent Jeanne de ces robes semées des feuilles d’orties de la devise ducale. Les orties avaient figuré, dès 1400, au temps du duc Louis, sur des vêtements de ce prince et de son entourage1713. En 1402, on le vit habillé d’une houppelande de satin noir agrémentée de feuilles d’orties et autres découpures1714. 311Cinq ans plus tard, le duc Charles héritait de l’emblème paternel. En 1413, une de ses robes s’en trouvait ornée1715, et il faisait broder la même devise sur quarante et une autres robes destinées à ses commensaux1716. Ces feuilles d’orties se découpaient dans des tissus d’espèces et de couleurs variées. Il y en eut de velours blanc et de velours noir1717. Des feuilles de drap d’argent furent cousues sur des huques violettes, portées par les Armagnacs1718. On tailla les orties de la Pucelle dans du drap vert et, comme il s’agissait, ainsi que nous l’allons voir, d’en décorer une robe rouge et une huque verte, on eut recours à deux nuances différentes de vert.

Une cédule, datée du 30 septembre 1429, porte l’ordonnancement de la somme nécessaire à la confection de deux vêtements qui semblent bien devoir être identifiés avec les robes sur lesquelles furent assises les orties citées dans le texte précédent. Elle est ainsi conçue :

Charles, duc d’Orléans et de Valois, comte de Blois et de Beaumont et seigneur de Coucy, à nos amez et féaulx les gens de noz comptes, salut et dilection. Nous vous mandons que la somme de treize escuz d’or viez du poiz de soixante et quatre au marc, qui par nostre amé et féal trésorier général Jacques Boucher a esté paiée et délivrée ou mois de juing derrenier passé à Jehan Luillier, marchant, et Jehan Bourgois, taillendier, demourans à Orléans, pour une robe et une huque que les gens de nostre conseil firent lors faire et délivrer à Jehanne la Pucelle estant en nostre dicte ville d’Orléans ; ayans consideracion aux bons et agreables services que, ladicte Pucelle nous a faiz à l’encontre des Anglois, anciens ennemis de monseigneur le Roy et de nous : c’est assavoir audit Jehan Luillier, pour deux aulnes de fine Brucelle vermeille1719 dont fut faicte ladicte robe, au pris de quatre escuz d’or l’aulne, huit escuz d’or ; pour la doublure d’icelle, deux escuz d’or ; et pour une aulne de vert perdu pour faire la dicte huque, deux escuz d’or, et audit Jehan Bourgois, pour la façon desdictes robe et huque, et pour satin blanc, sandal et autres étoffes, pour tout, ung escu d’or : vous, icelle somme allouez ès comptes de nostre dit trésorier et rabatez de sa recepte, sans aucun contredit ou difficulté, par rapportant ces présentes et quittance sur ce des dessusdiz tant seulement, non obstant ordonnances, restrinccions, mandemens ou deffenses quelzconques à ce contraires. Donné audit lieu d’Orléans, le dernier jour de septembre, l’an de grâce mil CCCC vingt et neuf1720.

Nous avons cru devoir reproduire intégralement ce texte, qui nous fournit, sur deux vêtements que Jeanne d’Arc a certainement portés, d’intéressantes précisions pour notre étude.

On y constate d’abord que deux aunes, c’est-à-dire une pièce de drap de 2,376 m de longueur sur 1,485 m de largeur1721, suffisait pour confectionner à notre héroïne une robe arrivant aux genoux, comme étaient les robes courtes des hommes de son temps. Rappelons à ce propos que les juges de Jeanne lui reprochèrent, entre autres griefs, d’avoir usé de ces robes masculines s’arrêtant au genou ou environ, usque ad 312genu vel circiter1722. Connaissant d’autre part la coupe des robes de l’époque, coupe reconstituée dans la figure 1 de notre chapitre de la Robe, les deux aunes employées pour la robe de fine Brucelle vermeille nous donneront la taille de notre libératrice.

Coupe d’une robe de 1429 dans deux aunes d’étoffe
1. — Coupe d’une robe de 1429 dans deux aunes d’étoffe.

La figure ci-contre montre l’envers de deux aunes de drap sur lequel sont tracés les quatre quartiers et les deux manches de la robe susdite. Ces différentes pièces s’y trouvent disposées ainsi qu’elles doivent l’être obligatoirement par rapport au fil de l’étoffe et comme dut les placer, en prenant soin d’éviter toute perte inutile d’un tissu précieux, le tailleur Jean Bourgeois dans les deux aunes de fine Bruxelles, fournies par le drapier Luillier, avant d’y mettre les ciseaux1723. On peut constater, au moyen de l’échelle qui accompagne notre figure, que les devants de la robe en question mesurent quatre-vingt-cinq 313centimètres, de l’encolure à leur bord inférieur. Il est aisé de voir qu’en tenant compte des coutures, dont nous croyons devoir évaluer raisonnablement la largeur à un centimètre, nos deux aunes de drap ne permettent pas d’augmenter d’une ligne les dimensions des six pièces qui s’y trouvent tracées. Sachant d’autre part que les robes courtes masculines s’arrêtaient aux genoux, on doit en conclure qu’une robe à homme, taillée dans deux aunes de drap, ne pouvait convenir qu’à une personne mesurant quatre-vingt-cinq centimètres, de la base du cou au niveau des rotules. Or cette particularité ne se rencontre, dans les femmes normalement conformées, que chez celles d’entre elles dont la taille, supérieure à un mètre cinquante sept, n’excède pas un mètre cinquante-neuf. Il en résulte que Jeanne d’Arc, bien compassée de membres et forte1724, belle et bien formée1725, devait atteindre approximativement un mètre cinquante-huit, puisque la longueur de sa robe de fine Bruxelles mesurait quatre-vingt-cinq centimètres. Ce qui suit va corroborer cette assertion.

On a vu, dans la première partie de cet ouvrage1726, que tous les corps de robes se taillaient suivant une coupe sensiblement uniforme et ne différaient entre eux que par leurs encolures, alors que les manches présentaient une assez grande variété. Le type de manche, adopté dans notre figure 1, est celui que nous avons déjà préconisé pour la robe de gros gris noir de Vaucouleurs, non seulement parce qu’il se trouvait plus particulièrement usité que tout autre à l’époque de Jeanne d’Arc, mais encore parce qu’il est matériellement impossible de tailler dans deux aunes de drap, pour une personne dépassant un mètre cinquante-cinq, une robe comportant l’un quelconque de la plupart des autres genres de manches dont nous avons donné les coupes au chapitre de la Robe. De minutieuses expériences nous ont amené en effet aux constatations suivantes.

Une robe, possédant des manches à poignets froncés (figure 21 du chapitre de la Robe), taillée dans deux aunes de drap, ne pourrait revêtir qu’une personne d’un mètre cinquante-cinq au plus, pour la raison que les manches froncées aux poignets exigent plus d’étoffe que celles que nous avons adoptées et mettent dans l’obligation de diminuer d’autant le corps de la robe. Or il nous semble difficile d’admettre que Jeanne d’Arc n’ait pas été d’une stature plus avantageuse.

Avec des manches froncées aux épaules (Ibid., fig. 24), la taille maxima serait encore amoindrie, car il resterait des deux aunes seulement de quoi couvrir le corps d’une femme d’un mètre cinquante.

Si l’on adoptait les manches froncées à la fois aux épaules et aux poignets (Ibid., fig. 23), la taille admissible, de plus en plus réduite, ne dépasserait pas un mètre quarante.

Enfin les grandes manches (Ibid., fig. 19) ne laisseraient plus, sur les deux aunes, que juste assez de drap pour habiller une fillette mesurant un mètre trente-trois.

Ces quatre types de manches doivent donc être bannis de toute reconstitution de la robe vermeille d’Orléans.

Il en sera de même de la petite manche (Ibid., fig. 33), non plus cette fois 314pour insuffisance d’aunage, mais à cause de la rareté de cette fantaisie, du vivant de notre héroïne.

Quant aux manches à épaules froncées de façon à produire des saillies plus ou moins accentuées (Ibid., figures 26 et 28), il serait imprudent d’y avoir recours, car si l’on en rencontre quelques exemples vers 1433, leur existence ne paraît pas prouvée antérieurement à cette date.

Seul, le type de manche représenté dans la figure 31 du même chapitre de la Robe pourrait remplacer celui que nous avons adopté. Se trouvant plus étroit que ce dernier, il semble au premier abord que sa présence dans les deux aunes de drap permettrait d’agrandir d’autant le corps de la robe, lequel alors conviendrait à une personne dépassant un mètre cinquante-neuf. On va voir qu’il n’en est rien.

Notre figure 2 donne la disposition, sur deux aunes d’étoffe, des quatre quartiers du corps de robe et des deux manches diminuées de largeur.

Variante du tracé précédent
2. — Variante du tracé précédent.

On y constatera que, malgré cette modification des manches, les quartiers du corps de la robe ne 315peuvent d’aucune manière être agrandis et qu’ils restent identiques à ceux de la figure 1.

Nous devons aussi faire remarquer qu’une encolure échancrée en pointe par derrière comme celle que nous avons tracée dans nos deux aunes de drap (figures 1 et 2) est la seule qui convienne à notre reconstitution, car l’absence d’échancrure postérieure agrandirait trop les quartiers du dos pour qu’on puisse tailler les six pièces de la robe dans deux aunes d’étoffe.

Maintenant si l’on nous objecte que, deux aunes suffisant à habiller une femme d’un mètre cinquante-neuf, cet aunage aurait pu, a fortiori, revêtir une personne de moindre stature, nous répondrons qu’étant donné le prix élevé de huit écus d’or1727 qu’il atteignait pour la robe de la Pucelle, on dut songer à ne prendre d’une étoffe aussi coûteuse que juste ce qu’il en fallait pour confectionner le vêtement.

Les artistes, qui seraient tentés de représenter Jeanne d’Arc revêtue de la robe dont l’avaient gratifiée les conseillers du duc Charles, pourront choisir entre nos deux ensembles de patrons. Nous persistons toutefois à considérer la figure 1 comme donnant le tracé le plus probable des manches de la robe en question, par la raison que l’iconographie contemporaine nous fait voir les manches étroites de la figure 2 plutôt employées dans les robes du peuple que dans celles des chevaliers.

On doit conclure de tout ce qui précède que la taille de Jeanne d’Arc était bien d’un mètre cinquante-sept à un mètre cinquante-neuf environ. Cette stature, peu élevée, n’a rien de désavantageux pour une jeune fille revêtue des habits de son sexe ; mais on sait combien le costume d’homme rapetisse les femmes qui jugent à propos de l’adopter et c’est pourquoi l’Italien Guasco, qui avait vu la Pucelle en vêtements masculins à la cour de Charles VII, a pu dire au moine de Bergame qu’elle était petite : erat brevi quidem statura1728.

Toutes les robes de prix se bordaient de fourrure. Certaines robes d’hiver étaient fourrées intérieurement. Les fourrures les plus en usage avec ces riches vêtements paraissent avoir été la martre, le castor, le renard, le dos de gris, la létice, qui était blanche1729. Il y avait la martre pour fourrer1730 et la martre pour border1731. La robe de fine Bruxelles vermeille donnée à Jeanne ne pouvait faire exception à la règle. Confectionnée au mois de juin, c’était sans nul doute une robe bordée, mais non doublée, de fourrure. Il est regrettable que le compte du pelletier qui fut chargé de fournir la bordure de ce vêtement ne nous soit pas parvenu. Il nous en aurait fait connaître la nature. En l’absence de toute indication à ce sujet, les artistes auront le choix entre la martre, le renard, le castor, le gris et la létice, bien que cette dernière fourrure ait été plus spécialement employée dans les habits féminins.

Nous avons vu que le drapier d’Orléans avait fourni, indépendamment des deux aunes de fine Bruxelles, de quoi doubler la robe de Jeanne. Cette doublure, du prix de deux écus d’or et dont l’étoffe n’est pas désignée, était 316sans doute de cendal1732 ou de satin, d’une teinte assortie à la couleur de la robe.

Selon toutes probabilités, c’est sur cette robe de fine Bruxelles vermeille, donnée à l’héroïne en juin 1429, ainsi que sur la huque de vert perdu qui l’accompagnait, que furent mises et assises1733 les feuilles d’orties mentionnées dans le mandement de paiement du 16 juin de la même année, cité plus haut. Ces feuilles d’orties étaient de deux verts différents, l’un s’harmonisant avec la nuance rouge de la robe, l’autre avec le vert perdu de la huque.

Le chapitre des Cottes d’armes nous a fait voir en quoi consistait ce dernier vêtement, lorsqu’il était porté sur l’armure1734. La plupart des huques du costume civil ne différaient guère des huques de combat. La huque d’armes des cavaliers, toujours fendue par devant afin de ne pas gêner à cheval, s’arrêtait à mi-cuisses. Celle des hommes à pied atteignait parfois les genoux et n’avait pas de fente1735. On 317retrouve ces variétés de longueur dans les huques civiles. Quelques-uns de ces derniers vêtements arrivèrent à mi-jambes1736. D’autres en vinrent sous Louis XI à descendre jusqu’aux pieds, recouvrant des robes longues1737.

Le bord des huques, tant civiles que militaires, était souvent dentelé de diverses façons. Beaucoup de huques se bordaient de fourrure. Images et textes nous apprennent qu’il en existait d’entièrement fourrées.

La huque donnée à la Pucelle en juin 1429 était de vert perdu. Des comptes d’habillement mentionnent cette teinte dès 14121738. Nous ne savons au juste ce qui la distinguait des autres nuances de vert, sinon qu’elle se rangeait probablement parmi les verts foncés. En dehors du vert sans qualificatif, qui est le plus fréquemment rencontré dans les textes des quatorzième et quinzième siècles, on trouve le vert gai1739 et le vert brun1740. En 1387, il y 318avait eu le vert claret1741, le vert encre1742 et, en 1402, le vert noir1743. Le vert gai, évidemment clair et vif, devait se rapprocher du vert claret. Le vert perdu, le vert brun, le vert encre et le vert noir étaient de teintes plus ou moins sombres.

Il est question, dans la cédule du 30 septembre 1429, de satin blanc et de cendal fournis par le tailleur chargé de la confection des deux vêtements de la Pucelle. Ces fournitures se rapportent sans doute à la seule doublure de la huque, puisque l’étoffe nécessaire pour doubler la robe avait été prise chez le drapier.

On peut donc se représenter cette huque de Jeanne faite d’un drap vert foncé, semée de feuilles d’orties d’un vert plus clair et doublée de satin blanc. le cendal n’ayant servi qu’a renforcer la doublure à l’endroit des épaules. La figure 3 offre les patrons reconstitués du devant et du dos de la huque, inscrits dans une aune de drap, car nous savons, par le texte du 30 septembre1744, que telle fut la quantité d’étoffe employée pour la confection de ce vêtement.

Coupe d’une huque de 1429 dans une aune d’étoffe
3. — Coupe d’une huque de 1429 dans une aune d’étoffe.

Avec un aunage ainsi limité, il est impossible de donner aux pans plus de soixante-quinze centimètres de longueur, comme on pourra s’en assurer au moyen de l’échelle qui figure sur notre dessin. Or une huque de cette dimension ne conviendra guère qu’à une personne dont la stature ne dépassera pas un mètre cinquante-huit, taille probable de notre héroïne. Ce sera une huque courte s’arrêtant à dix centimètres au-dessus des genoux. La reconstitution que nous en avons faite (fig. 3) la montre semée de trente-six feuilles d’orties de 0,122 m de longueur sur 0,062 m de largeur. Ces feuilles se découperont dans deux douzièmes d’aunes de drap, ainsi que le fait voir la figure 4.

Tracé de 36 feuilles d’orties dans deux douzièmes d’aune
4. — Tracé de 36 feuilles d’orties dans deux douzièmes d’aune.

Pour orner semblablement la robe vermeille dont nous avons reconstitué les coupes dans la figure 1, il ne faudra pas moins de cinquante-sept feuilles pour le corps et de vingt-six pour les manches, en tout quatre-vingt-trois. La figure 5 représente le dos, le devant et la manche du côté droit décorés de cette manière.

Côté droit d’une robe décorée de 83 feuilles d’orties
5. — Côté droit d’une robe décorée de 83 feuilles d’orties.

Le découpage des quatre-vingt-trois feuilles de la robe nécessitera quatre 319douzièmes d’aune, comme le prouve la figure 6.

Tracé de 83 feuilles d’orties dans quatre douzièmes d’aune
6. — Tracé de 83 feuilles d’orties dans quatre douzièmes d’aune.

En ajoutant ces quatre douzièmes d’aune aux deux douzièmes exigés pour les orties de la huque, on obtient un total de six douzièmes d’aune, soit une demi-aune. Si l’on se rappelle que c’est justement cette mesure d’une demi-aune de drap de deux verts différents qui fut employée dans les premiers jours du mois de juin de l’année 1429 pour faire les orties des robes à la Pucelle, on conviendra de la grande probabilité d’exactitude de nos reconstitutions.

Comme la robe vermeille, la huque de vert perdu fut certainement bordée de fourrure. Sa décoration en semis exigeait cet encadrement, qui était, nous ne saurions trop le répéter, d’un usage général pour les robes de l’époque, qu’elles fussent de drap plain ou figuré.

En hiver la huque se portait par-dessus la robe, remplissant ainsi l’office de manteau. On conçoit que la triple épaisseur de drap et de doublure constituée par le pourpoint, la robe et la huque superposés, n’eût pas été de mise dans la belle saison. C’est pourquoi, lorsque le permettait la température, la robe était abandonnée et l’on se contentait de revêtir directement la huque sur des pourpoints, appelés aussi jaques ou jaquettes, qu’on munissait parfois de manches se rapprochant comme forme de celles des robes. La huque verte et la robe rouge de Jeanne lui ayant été données au mois de juin furent évidemment destinées à être portées séparément et non l’une sur l’autre.

Les deux pans de la huque furent parfois ceints à la taille1745. Des images nous montrent la ceinture maintenant seulement le pan de devant, le pan de derrière restant libre et volant1746.

La plupart des huques étaient bordées de fourrures1747. Quelques-unes furent dentelées de dents rondes1748 ou pointues1749.

La figure 7 représente trois gentilshommes de 1420, porteurs de huques1750.

Huques de 1420
7. — Huques de 1420.

Deux de ces vêtements sont sans découpures, tandis que le troisième est dentelé de larges dents arrondies, bordées de létice. On remarquera que, le long des fentes, les dents sont agencées de façon à se superposer les unes sur les autres. Ce groupe intéressant offre en outre un exemple de la huque ceinte, comme maintes robes de l’époque, au-dessous de la taille.

320Nous venons de nous étendre longuement sur la robe vermeille et la huque de vert perdu de la Pucelle en raison des précieux détails contenus dans les textes qui nous en ont révélé l’existence. De même, au chapitre des Cottes d’armes, la huque de drap d’or, que quatre témoignages1751 nous montrent revêtant l’héroïne, le jour qu’elle fut prise, a retenu notre attention. En dehors du signalement bien défini de ces trois vêtements, l’histoire ne nous fournit plus que des renseignements imprécis sur la riche élégance des costumes de Jeanne, au cours de sa mission de chef de guerre.

Selon la Chronique des Cordeliers, elle aurait porté :

… très nobles habis de draps d’or et de soie bien fourrés1752.

D’après l’archevêque de Reims :

Dieu avoit souffert prendre Jehanne la Pucelle pour ce qu’elle s’étoit constituée en orgueil et pour les riches habits qu’elle avoit pris1753.

Enfin l’article treize de l’acte d’accusation lui fait grief de s’être :

… maintes fois revêtue d’habillements somptueux et pompeux, en pannes de grand prix, en drap d’or, et aussi de fourrures1754.

Le portrait du chancelier Rolin, peint par van Eyck et actuellement conservé au Musée du Louvre, nous offre un remarquable spécimen de ces robes de luxe, dont se paraient les hauts personnages en tenue de représentation, à l’époque de notre héroïne.

Robe d’apparat du chancelier Rolin (vers 1430)
8. — Robe d’apparat du chancelier Rolin (vers 1430).

Ainsi qu’ont peut le constater sur la figure 8, qui reproduit la robe du chancelier, la coupe de ce vêtement ne semble pas tout d’abord s’éloigner de celle des robes communément représentées dans les images contemporaines. Un détail cependant, dû à la précision photographique du pinceau de van Eyck, nous apprend qu’elle en différait par une plus grande ampleur.

Dans le type de robe qui fut le plus généralement usité de 1420 à 1450, les quatre quartiers s’évasaient progressivement de haut en bas ; il en est de même pour la robe d’apparat de Nicolas Rolin. Mais alors que dans les robes d’usage courant, l’angle d’évasement était d’environ 55 degrés par rapport au droit-fil du tissu, la 321 robe du chancelier présente un biais de 67 degrés. Cette mesure est prise sur le tableau où l’on distingue nettement l’angle que forme la couture latérale des biais avec le droit-fil, dont la direction se trouve indiquée par le sens vertical de l’ornementation de l’étoffe.

La figure 9 donne les patrons reconstitués d’un devant et d’un dos de la robe de Nicolas Rolin. Nous présentons le tracé d’une manche dans la figure 10.

Patron du corps de la robe précédente
9. — Patron du corps de la robe précédente.
Patron de la manche
10. — Patron de la manche.

La portion de ligne A B est destinée à recouvrir la portion de la ligne A’ B’ pour former le pli qu’on remarque sur la figure 8, prenant naissance, en B, au sommet de la couture de la manche. L’excès d’ampleur de l’entournure doit être réduit par des plis, de C en D.

L’étoffe de cette magnifique robe est du genre de velours, dit velours coupé, tel qu’on le fabriquait à Venise au quinzième siècle. De grandes floraisons de velours pourpre, c’est-à-dire rouge brun, tirant sur le violet, se détachent sur un fond de satin jaune d’or. L’encolure, les poignets et le bas du vêtement sont bordés de martre. C’était là une robe de grand seigneur. Le rang de chevalier auquel le duc Philippe avait promu son chancelier lui donnait le droit de la revêtir.

Il résulte des textes que nous avons eu déjà l’occasion de citer que Jeanne d’Arc fut parfois aussi somptueusement parée, et le drap d’or vermeil de la huque qu’elle portait sur son armure à sa sortie de Compiègne dut se rapprocher sensiblement du riche tissu de la robe de Nicolas Rolin.

Outre son grand évasement, ce qui distingue encore cette dernière des robes courantes c’est l’ampleur inusitée de ses manches closes, dont la figure 10 montre le développement.

D’autres robes d’apparat de la même époque avaient conservé les manches largement ouvertes et descendant presque jusqu’à terre du temps de Charles VI. La figure 11, qui représente le duc de Bedford, à genoux devant saint Georges1755, en témoigne.

Jean, duc de Bedford, en costume de cérémonie (vers 1425)
11. — Jean, duc de Bedford, en costume de cérémonie (vers 1425).

La longue robe du prince, entièrement fourrée, possède un collet renversé qui s’étale sur 322les épaules. Nous donnons dans la figure 12 le patron de la grande manche ouverte de ce vêtement.

Patron de la manche de la robe du duc de Bedford
12. — Patron de la manche de la robe du duc de Bedford.

Comme on peut le constater sur la figure 11, l’ouverture de cette manche, qui dépasse six pieds de tour, se trouve fermée en A au moyen d’une agrafe ou d’un point à demeure qui la divise en deux. N’ayant pas rencontré cette particularité dans les autres représentations de manches ouvertes que nous ont fournies les anciennes images, il est permis de supposer qu’elle fut rarement employée et qu’en général l’ouverture de ces grandes manches était libre et sans entraves dans toute leur longueur. Nous devons faire remarquer en outre que la grande manche ouverte, à cause de son ampleur, se trouvait toujours plus ou moins retroussée sur le poignet.

Très en faveur au commencement du siècle, où il s’adaptait aussi bien aux pourpoints qu’aux houppelandes de toutes grandeurs, ce genre de manches fut ensuite réservé à la plupart des robes longues de cérémonie1756.

Des robes moins habillées furent parfois munies de manches de semblable coupe, mais alors diminuées de longueur. Ces manches ouvertes, au lieu d’aller jusqu’à terre, descendaient 323seulement, soit à mi-jambes1757, soit aux genoux1758. Quelques-unes, encore plus écourtées, s’arrêtaient aux poignets1759, à la façon des manches, dites pagodes. Toutes étaient de mise avec des robes de dimensions variées et même avec de très courts vêtements1760. Leur ouverture se trouvait souvent découpée en dents rondes ou carrées de différentes proportions.

Il est à remarquer qu’à l’époque de Jeanne d’Arc, les manches dentelées accompagnent généralement des corps de robes, dont le bas reste uni et sans découpures1761, ainsi que le font voir, en France, la figure 131762 et, en Angleterre, la figure 141763.

Patron de la manche de la robe du duc de Bedford
13. — Grande manche ouverte dentelée (vers 1425).
Manche ouverte dentelée d’une robe anglaise (vers 1433)
14. — Manche ouverte dentelée d’une robe anglaise (vers 1433).

Ensuite la dentelure agrémente à la fois le bas des robes et l’ouverture de leurs manches1764, comme au temps de Charles VI. Une miniature du livre d’heures d’Anne de Kéranrais nous montre exceptionnellement une robe courte, découpée dans le bas en lambeaux feuillus et dont les manches ouvertes sont dépourvues de toute dentelure (fig. 15)1765.

Manche ouverte (vers 1430)
15. — Manche ouverte (vers 1430).

Ces lambeaux feuillus, dits à la façon d’Allemagne, parce qu’ils avaient pris naissance outre Rhin1766, commençaient à se répandre en 324France, où on les vit jusqu’à la fin du siècle, mais principalement vers 1440, orner des bas de robes1767, des pattes de chaperons et des extrémités de cornettes1768. Ils se présentent invariablement dans les images sous la forme de pendants plus ou moins longs, dont les bords sont découpés en dents arrondies. De petites fentes semi-circulaires, superposées les unes sur les autres furent ordinairement pratiquées sur chaque lambeau1769, ainsi que le fera comprendre la figure 20 qui donne le patron d’une robe agrémentée de ce genre de découpure.

C’est vers 1430, semble-t-il, qu’on vit apparaître en France les robes à la façon d’Allemagne. On lit dans les comptes de dépenses du duc de Bourgogne pour l’année 1435 :

A Jehan Aubezonne, marchand drapier, pour dix aunes de drap, dont monseigneur a fait faire pour lui une robe doublée de même, à la façon d’Allemagne, 19 l. 14 s. […] A Tassin de Barreu, marchand de draps pour trente-huit aunes de drap de Lelée dont monseigneur a fait faire plusieurs habits à la façon d’Allemagne, tant pour lui que pour le sire de Croy, le seigneur de Ternant et plusieurs autres chevaliers et écuyers de son hôtel, 76 l. 13 s. 6 d.1770.

Dans un compte du 22 février 1451 au 12 septembre 1452 se trouvent les lignes suivantes :

Pour trois aulnes et demie de drap de layne dont a esté faine une robe pour Md S, à la façon d’Almaigne, au pris de XLVIII s. l’aulne, valent VIII l. VIII s. — Pour deux aulnes et demie d’autre drap de layne pour doubler ladicte robe par bas, audit pris de XIIII s. l’aulne, XXXV s.1771.

La mention de cette doublure de drap, dont seule est garnie la partie inférieure du vêtement, nous incite à penser qu’il était découpé en lambeaux feuillus. Nous avons pu nous rendre compte en effet de la nécessité où l’on se trouve de doubler de drap ces découpures afin de leur donner une consistance suffisante.

La figure 16 représente une robe allemande de 14271772.

Robe allemande (1427)
16. — Robe allemande (1427).

On peut la comparer avec la figure 17 qui montre une robe faite à la façon d’Allemagne, portée par un seigneur de la suite de la reine Marie d’Anjou à son entrée à Toulouse en 14421773.

Gentilhomme français en robe à la façon d’Allemagne (1442)
17. — Gentilhomme français en robe à la façon d’Allemagne (1442).

On voit que ces deux robes diffèrent peu l’une de l’autre, bien qu’elles ne soient pas contemporaines et qu’elles n’aient pas été confectionnées dans le même pays.

Les lambeaux feuillus ne furent pas toujours du type reproduit dans nos figures 15, 16 et 17. L’iconographie nous en montre dont les dents, plus allongées, 325s’inclinent en pointe vers le sol1774, comme le fait comprendre la figure 181775.

Bas de robe découpé en lambeaux dentelés (vers 1440)
18. — Bas de robe découpé en lambeaux dentelés (vers 1440).

Il y eut d’ailleurs, au bas de certaines robes, d’autres découpures que des lambeaux feuillus. De simples dents, plus ou moins longues et larges, arrondies1776 ou terminées carrément1777, furent en usage. Telle dentelure figurait une bordure de feuilles de chêne1778, telle autre consistait en huit grandes saillies demi-circulaires occupant tout le pourtour du vêtement (fig. 19)1779.

Bas de robe découpé en grandes dents arrondies (vers 1433)
19. — Bas de robe découpé en grandes dents arrondies (vers 1433).

En 1432, le duc Philippe le Bon se fait faire trois robes :

… de velours sur velours noir brochié d’or, dont les deux sont courtes sans deccopure et l’autre décopée par bas1780.

[…] Item, une aultre robe de drap d’or fourrée de martres sebelines et decoppée par dessoubz1781.

Tandis que les seigneurs ne portaient ces robes découpées qu’exceptionnellement et par fantaisie, il semble, d’après certains textes, que l’usage ait été d’en revêtir couramment les domestiques.

Et audit Perrin Bossuot, que icellui S lui a ordonné estre baillié et délivré, pour la façon de vint robes et vint petiz chapperons, tous decoppez, qu’il a faiz pour les paiges, palefreniers et varlets d’estables de Md S. C’est assavoir : X robes de drap de damas brodées et décoppées de drap noir par dessoubz pour les dits paiges, et les autres X robes de drap décopées pour les varlès de pied, pallefreniers et varlès d’estable, XVII.1782.

Ce passage, qui provient d’un état de dépenses de 1432, concerne la maison du duc de Bourgogne. Le suivant nous montre des robes découpées portées en 1447 par cinq domestiques du comte de Clermont :

Item, le XVIIIe jour dudit moys de juing, pour VI aulnes et demie de drap damas noir pour faire cinq pourpoins pour Loys, Denis, Anthoine et le petit Perruchon, pages, et Jehan Rousseau, pallefarnier de mondit seigneur le conte, à IIII escus l’aulne, font XXVI 326escus, valent XXXV l. XV s. t. Item, pour X aulnes noir pour faire cinq robes décoppées pour lesdits IIII pages et pallefrenier, à LV s. t. l’aulne, XVII l. X s. t.1783.

À l’entrée solennelle du roi Charles VII dans la ville de Rouen, en 1449, les cinq pages du comte de Saint-Pol étaient :

… vestus de satin noir, leurs robes descoupetées par bas et les descoupetures couvertes d’orfavrerie1784.

Rappelons enfin cette miniature du Décaméron de l’Arsenal, dont nous avons donné le dessin à la fin de notre première partie, à propos du harnachement des chevaux de route, et dans laquelle la robe d’un voyageur est simplement bordée de fourrure alors que celle de son valet se trouve découpée en lambeaux pertuisés1785.

En considérant les robes découpées que viennent de montrer nos précédentes figures, on a pu remarquer que ces vêtements sont plissés régulièrement sur tout leur pourtour, au lieu de présenter leurs flancs unis et sans plis, comme dans la plupart des robes courantes. C’est en général de cette façon que les robes dentelées ou découpées en lambeaux étaient plissées, à l’instar des houppelandes gironnées du temps de Charles VI, dont elles provenaient manifestement. Cette disposition nécessitait la coupe spéciale donnée par la figure 20, qui reproduit le patron d’un corps de robe découpé en lambeaux feuillus à la façon d’Allemagne. Ce sont les deux quartiers du côté gauche qui sont ici représentés.

Bas de robe découpé en grandes dents arrondies (vers 1433)
20. — Patron d’un corps de robe à la façon d’Allemagne.

La robe est gironnée de vingt plis en tuyaux d’orgue, fixés sur un fond de toile qui soutient la partie inférieure du vêtement depuis la taille jusqu’à la naissance des lambeaux. Le patron de ce fond de toile est donné dans la figure 21, en A.

Disposition des plis de la robe précédente
21. — Disposition des plis de la robe précédente.

Les lignes pointillées du corps de la robe qu’on distingue sur la figure 20 seront cousues sur les lignes pointillées correspondantes du fond de toile. Les plis ainsi arrêtés seront ensuite disposés comme l’indique la coupe transversale B du bas de la robe, au-dessus des lambeaux. Ceux-ci prendront alors l’aspect qu’offre notre figure en C et qu’on a déjà pu remarquer dans trois de nos précédents dessins (figures 15, 17 et 18). Une piqûre circulaire, qui sera cachée par la ceinture, régnera sur tous les plis et consolidera leur disposition.

La place de cette piqûre variait. À la taille pour les robes destinées à être ceintes au faux du corps, elle était plus basse pour celles qu’on ceignait au-dessous des hanches.

327À l’encontre des robes courantes, qu’on passait comme des chemises, ces robes, plissées en plis arrêtés qui les rétrécissaient sensiblement, s’ouvraient par devant de haut en bas, sans quoi on n’aurait pu les endosser. Elles se fermaient au moyen d’une agrafe au col et d’une seconde agrafe à la taille.

On doit constater que, entre autres particularités, la coupe donnée par la figure 20 diffère de celle de la robe courante par un élargissement de l’entournure. On réduisait cet élargissement en prolongeant jusqu’à l’aisselle les deux plis qui côtoyaient la couture latérale de la robe dans toute sa longueur. L’entournure ainsi réduite permettait à la manche de s’y adapter.

Les lambeaux et le bas de la robe qui leur donnait naissance étaient doublés de drap.

Les robes découpées en lambeaux à la façon d’Allemagne comportèrent une certaine variété de manches. La figure 15 a montré la manche ouverte portée avec cette sorte de vêtement, alors que les robes représentées dans les trois figures suivantes sont munies de manches closes, froncées aux poignets.

Dans la robe dont nous venons de donner le patron, les lambeaux sont au nombre de vingt et se trouvent juxtaposés. Il en exista une variante plus particulièrement usitée outre-Rhin, dans laquelle vingt-quatre lambeaux se superposaient en partie les uns sur les autres.

La figure 22 reproduit les patrons du côté gauche d’une robe de ce dernier genre.

Patron d’une robe allemande
22. — Patron d’une robe allemande.

Le fond de toile, sur lequel sont fixés les plis, leur coupe transversale et l’aspect qu’ils présentent sont donnés dans la figure 23.

Disposition des plis de la robe allemande
23. — Disposition des plis de la robe allemande.

On y remarquera que les plis se 329superposent de telle façon que, seuls, le premier lambeau du devant et celui du derrière se laissent voir dans leur entier. Cette disposition était parfois inversée. Alors les lambeaux du devant et du dos se trouvaient recouverts en partie par les suivants et ainsi de suite jusqu’à l’axe de la couture latérale, dans le prolongement de laquelle venaient se juxtaposer les deux lambeaux de flanc, seuls visibles dans leur entier.

En Allemagne, du temps de Jeanne d’Arc, les robes à lambeaux superposés se ceignirent très bas1786.

Nous offrons, dans la figure 24, le patron de la manche froncée sur l’étroit poignet agrafé qu’il était d’usage d’y adapter (fig. 16).

Patron de la manche des deux robes précédentes
24. — Patron de la manche des deux robes précédentes.

En raison de l’étroitesse de ce poignet, les gippons qu’on revêtait sous ces robes ne pouvaient être que des pourpoints sans manches. Quelquefois cependant elles étaient munies de manches pertuisées, par l’ouverture desquelles passaient des manches de pourpoint analogues aux manches de robes que représentent les figures 16 et 24, comme le fait comprendre la figure 25.

Patron de la manche des deux robes précédentes
25. — Manches-sacs d’une robe allemande (1427).

Vers 1440, dans les pays d’outre-Rhin, la robe à lambeaux feuillus sera taillée de telle manière que les flancs en seront unis et non plissés, les plis ne régnant que devant et derrière, ainsi que dans la plupart des robes alors usitées en France. Ces vêtements posséderont d’étroites manches, sans poignets1787.

Les lambeaux feuillus furent parfois pourfilés de létice1788.

Enfin nous devons faire remarquer que si la mode des robes découpées prévalut dans les pays de langue germanique, l’imagerie contemporaine n’en montre pas moins quelques Allemands revêtus de robes simplement bordées de fourrures, à l’instar des robes françaises.

Les manches des robes d’outre-Rhin étaient le plus souvent des manches closes, unies aux épaules et froncées aux poignets (figures 16 et 24), suivant un des types adoptés en France, dont la figure 21 du chapitre de la Robe a donné le patron. Les Allemands employèrent aussi la manche ouverte, la petite manche, portée retroussée, ou encore un genre de manche close très spécial, que leur empruntèrent quelquefois les Français et les Anglais. Cette manière de manche, dépourvue d’ouverture de poignet, affectait la forme d’un sac ballonné, dans lequel était pratiqué, par devant, de l’épaule un peu au-dessous de la saignée, un pertuis pour le passage du bras, ainsi que le font comprendre la figure 25, de provenance allemande1789, et la figure 26 tirée d’une miniature anglaise1790.

Manches-sacs d’un fauconnier anglais (vers 1433)
26. — Manches-sacs d’un fauconnier anglais (vers 1433).

Remarquons en passant que l’Allemand, représenté dans 330la première de ces figures, est revêtu, sous la robe, d’un pourpoint à larges manches froncées aux poignets, tandis que la figure 26 nous montre collantes les manches du pourpoint d’un fauconnier anglais.

La manche en forme de ballon pertuisé s’est portée en Allemagne avec l’armure au temps de la Pucelle1791.

Les importations étrangères dans le costume français ne se bornèrent pas aux vêtements d’outre-Rhin ; il y eut des robes à la façon de Brabant, d’autres à la façon de Hollande. C’est en vain que nous avons cherché à identifier ces deux dernières sortes sur les anciennes images. Nous savons seulement que les robes à la façon de Brabant se composaient de huit quartiers, au lieu des quatre de la robe courante, qu’elles étaient à douze plis et qu’on les confectionnait dans trois épaisseurs d’étoffe1792. Quant aux robes à la façon de Hollande, les textes nous apprennent qu’elles comportaient cinq plis, sans nous donner d’autres indications1793.

Ainsi les robes du temps de Jeanne d’Arc pouvaient se classer en deux catégories distinctes, l’une comprenant les robes couramment portées, l’autre les vêtements d’importations étrangères ou de coupes fantaisistes que se plaisaient à revêtir les seigneurs dans certaines circonstances et dont ils paraient volontiers leur domesticité. On retrouve là cette différence que le texte suivant, daté de 1350, nous fait constater dans le costume du quatorzième siècle.

Les Tailleurs et Cousturiers de robbes ne prendront et n’auront pour faire et tailler robbes de la commune et ancienne guise, de surcot, cotte et chaperon, que cinq sols et non plus, et si le chaperon est double, six sols. […] Et qui voudra avoir robbes déguisées, autres que la commune et ancienne guise, il en prendra le meilleur marché qu’il pourra1794.

La robe de la commune et ancienne guise, c’est le costume courant. Au quatorzième siècle, il consiste en une cotte, recouverte d’un surcot descendant au moins jusqu’à mi-jambes ; le chaperon, ordinairement mis en gorge, complète la tenue.

Les cottes ajustées, portées sans surcots par les élégants à partir de 1340, et plus tard les houppelandes façonnées et gironnées, les grandes manches ouvertes ou closes, les longues coudières, les bombardes1795 prolongeant les manches des pourpoints et en général toutes les nouveautés se rangeaient dans la catégorie des robes déguisées.

La robe courante du temps de Jeanne d’Arc correspondit à la robe de commune et ancienne guise du siècle précédent. Elle avait d’ailleurs conservé la coupe de 331l’ancien surcot, lequel remontait au règne de saint Louis et par conséquent méritait bien son nom de robe de commune et ancienne guise. On a vu qu’on pouvait la confectionner pour une femme dans deux aunes de drap, à la condition que sa destinataire ne dépassât pas un mètre cinquante-neuf. Nous l’avons donc forcément adoptée pour notre reconstitution de la robe, taillée dans deux aunes de fine Bruxelles vermeille, donnée à Jeanne par les conseillers du duc d’Orléans, au mois de juin de l’année 1429. La finesse de l’étoffe de ce vêtement, les orties dont il était décoré et la fourrure de prix qui le bordait certainement compensaient la simplicité de sa coupe et en faisaient une robe de chevalier. Il ne s’en suit pas cependant que notre héroïne n’ait usé que d’habits ainsi taillés. Il se peut qu’on l’ait vue parfois revêtue de robes dentelées, gironnées, à manches ouvertes plus ou moins amples, ou encore faites à la façon d’Allemagne, ornées de lambeaux feuillus, en un mot de robes déguisées. Tous ces vêtements, qui sortaient de la guise commune, justifiaient cette appellation par leur aspect étranger ou fantaisiste. N’étaient-ce pas d’ailleurs de véritables déguisements, au sens actuel de ce terme, qu’offraient certaines réunions de la noblesse au moyen âge ? Un curieux tableau du Musée de Versailles, représentant une chasse au vol à la cour de Bourgogne, que nous avons déjà eu l’occasion de citer au chapitre de la Coiffure1796 en fournit un exemple particulièrement caractéristique.

Des accoutrements dont la monochromie contraste avec une grande variété de formes, voilà ce qui frappe tout d’abord à la vue de cette peinture (fig. 27).

Une chasse au vol à la cour de Philippe le Bon (vers 1445)
27. — Une chasse au vol à la cour de Philippe le Bon (vers 1445).

C’est d’habitude le contraire que nous montrent les anciens monuments dans les scènes où figure une assistance quelque peu nombreuse ; les costumes s’y trouvent sensiblement uniformes et se distinguent entre eux plutôt par des colorations différentes que par leurs coupes. Or, à l’exception du sot du bon duc Philippe, en longue robe rouge, les quarante-neuf personnages du tableau de Versailles sont tous vêtus de blanc, quoique de mises variées. Nous sommes donc là en présence d’une assemblée d’où la fantaisie ducale a banni toute autre couleur, en même temps qu’elle enjoignait aux participants de cette réunion d’abandonner la tenue courante et de s’y rendre déguisés, convention à laquelle le duc et la duchesse se sont conformés pour eux-mêmes et leurs domestiques. La diversité et l’originalité de tous ces costumes blancs déconcertent l’observateur insuffisamment documenté, dans l’impossibilité où il se trouve de leur assigner une date ou une provenance. Cependant, si l’on remarque les lambeaux feuillus à la façon d’Allemagne, dont sont agrémentés un manteau, quatre paires de manches, douze chaperons, bourrelets ou autres coiffures, tant d’hommes que de femmes, la coupe des robes de deux dames, qu’on rencontre identique sur une carte à jouer de la Bibliothèque de Stuttgart1797, l’atour d’une troisième, tout à fait semblable à celui qui coiffe une vierge folle du retable de Tiefenbronn1798, on est obligé de reconnaître que toutes ces particularités sont empruntées aux modes qui furent en faveur, de 1425 à 1450, et principalement vers 1440, dans les pays de langue germanique1799. D’autres détails de mise, qu’on distingue sur cette peinture du Musée de Versailles ont des origines différentes. Tels 332sont deux chaperons sans découpures et à tour de tête cylindrique. Leur forme et leur couleur blanche les font ressembler aux bonnets de nos gens de cuisine. On ne rencontre guère ce type que dans les monuments italiens1800. Les chapeaux, du genre de nos canotiers, dont l’un est surmonté d’une pointe en façon d’umbo, sont français ; leur apparition dans l’imagerie remonte à l’année 14341801. Ils étaient encore en usage du temps de Louis XI1802. C’est également en 1434 que les documents figurés nous montrent pour la première fois les patins, qui servaient à protéger les chaussures de la boue et de l’humidité1803, et ne furent admis dans la tenue habillée que de 1440 à 14601804. Le duc Philippe et deux de ses courtisans en ont préservé les minces semelles de leurs chausses. Deux dames sont décolletées en carré. Ce mode apparaît aux approches de 14501805, pour atteindre sa plus grande vogue à la fin du siècle. Remarquons encore que le duc, qui préside à la fête est revêtu d’une robe dont les plis pertuisés rappellent ceux du vêtement d’un valet sur une miniature d’environ 14401806. Il ressort de cet examen que les costumes adoptés pour le divertissement champêtre auquel Philippe le Bon avait convié ses commensaux offrent des spécimens des modes allemandes, françaises et italiennes de 1440 à 1450. Le mélange de ces différentes modes avec une certaine dose de fantaisie a pour résultat de produire des accoutrements d’une originalité très particulière. Tous ces personnages s’y trouvent élégamment habillés, réservé la singularité de chascun, comme s’exprime Georges Chastelain1807 à propos des mises recherchées qui rehaussèrent l’éclat des fêtes du sacre de Louis XI. L’un d’eux a même poussé cette singularité jusqu’à paraître en pourpoint, sans robe ni huque, tenue tout à fait hors de guise depuis le règne de Charles VI, rencontrée rarement sous le suivant1808 et que nous montrera encore exceptionnellement une miniature d’environ 14701809, où l’on voit un pourpoint dont le bas est agrémenté de pendeloques, comme l’est celui du gentilhomme de la chasse au vol.

Il est difficile d’assigner une date précise à la scène que représente le tableau du Musée de Versailles. On ne saurait toutefois la reculer au-delà de 1440, époque à laquelle commence à se généraliser la mode des chapeaux du genre canotier, dont cette peinture nous offre plusieurs exemples, six sur des têtes masculines et un septième coiffant une dame. Si l’on considère d’autre part que la coutume de porter les cheveux rondis, adoptée par la plupart des personnages qui s’y trouvent reproduits, fut abandonnée des élégants en 1450, il est évident que la peinture en question ne peut avoir été exécutée après cette dernière date. C’est d’ailleurs parmi les documents de la période qui s’écoula de 1437 à 1450 qu’Hefner-Alteneck place, très judicieusement 333à notre avis, les curieuses cartes à jouer de la Bibliothèque de Stuttgart1810, sur l’une desquelles on retrouve identiques les particularités très spéciales de certains costumes féminins figurant sur le tableau de Versailles. Un détail héraldique va nous permettre de préciser davantage la date de cette peinture. Il s’agit du lion de Limbourg, 334de gueules, à la queue nouée, fourchée et passée en sautoir, sur champ d’argent, armes de la maison de Luxembourg, qui fut interpolé au troisième quartier de l’écusson ducal de Bourgogne, lorsqu’en 1442 Philippe le Bon eut obtenu la cession à son profit de la duché de Luxembourg. Les armoiries de ce prince, ainsi modifiées, s’aperçoivent dans notre tableau au-dessus de la porte d’un châtelet construit sur un étang au bord duquel s’ébattent les chasseurs. On les voit de même décorant la bannière d’une trompette. Elles figurent également, toujours avec le lion de Limbourg, sur des flacons de cuivre déposés auprès d’une fontaine. La peinture du Musée de Versailles nous donne donc la représentation d’un festoiement champêtre en costumes déguisés, dont la date doit se placer vers 1445. C’est la scène de ce genre la plus rapprochée de l’époque de Jeanne d’Arc que nous fournissent les documents et voilà pourquoi nous avons cru devoir en insérer l’image dans un chapitre consacré aux robes de la noblesse, taillées parfois en dehors de la commune guise. Mais en 1430 les seigneurs de France n’étaient pas aux divertissements et notre héroïne n’eut certainement jamais l’occasion d’user de parures aussi fantaisistes que celles que nous venons d’examiner.

Les draps1811 de laine ou de soie dont on confectionnait les robes des hautes classes étaient, soit plains, c’est-à-dire tout unis, soit décorés d’une ornementation appliquée en broderie ou tissée dans l’étoffe.

Les draps plains furent les plus usités.

Venaient ensuite les draps ornés de broderies. Les monuments écrits en signalent de nombreux exemples. En 1411, une robe de veloux cramoisy est brodée à ours, à la devise du duc de Berry1812. En 1413 et en 1414, des robes sont brodées à la devise de l’ortie1813, comme le seront plus tard les deux vêtements de la Pucelle mentionnés au début de ce chapitre. En 1415, les robes de livrées, données par le duc Jean sans Peur, sont brodées à sa devise du rabot1814. Les vingt-quatre archers de ce prince portent trois trousses de flèches brodées sur chacune des deux manches de leurs robes1815, tandis que des leurres1816 figurent sur celles de ses douze fauconniers1817 et que trois branches de houblon, assises également sur les manches, sont l’attribut de ses douze ménestrels et trompettes1818. En 1448, nous reverrons la devise du leurre, découpée en drap blanc, orner les manches de la robe grise d’un fauconnier du duc de Bourbon1819.

Des images viennent à l’appui des textes dont sont tirées les indications précédentes. L’une nous montre le duc de Berry revêtu d’une robe brodée à sa devise 335du cygne navré1820. Dans d’autres, on aperçoit la devise royale du loup, colleté d’une couronne, sur les houppelandes de Charles VI. Cet animal s’y trouve représenté, soit assis et répété en semis sur toute la robe1821, soit rampant et isolé, sur les manches seulement, où il est accompagné du mot du roi : Jamais1822. Des rabots sont brodés sur une houppelande de Jean sans Peur1823. Une autre robe du même prince est semée de branches de houblon1824. Ces deux devises du rabot et du houblon se mêlent de la plus heureuse façon pour en décorer une troisième1825.

Certaines robes brodées étaient de plus orfévrées1826, c’est-à-dire agrémentées d’affiquets, de cliquants, de paillettes d’argent blanc1827 ou doré1828, voire de perles1829. Deux robes du duc Philippe le Bon, l’une noire et l’autre bleue, sont brodées et orfévrées à fusilz et autrement1830. On sait qu’un fusil, accompagné de sa pierre entourée d’étincelles, était la devise favorite de ce prince.

D’après les anciens comptes se rapportant à l’habillement du premier tiers du quinzième siècle, les robes brodées furent plus usitées que celles dont la décoration se trouvait tissée dans l’étoffe.

On peut s’expliquer la durée de cette préférence en faveur de la broderie par la persistance de la mode des devises disposées en semis sur les vêtements, car les figures d’objets, de plantes, de fleurs ou d’animaux qui composaient la plupart des devises étaient découpées, puis appliquées et cousues sur les robes. On va comprendre pourquoi ces emblèmes ne pouvaient être tissés dans les étoffes destinées au costume.

Lorsqu’une robe était revêtue, son évasement retombait en plis rayonnant autour du corps. Cette disposition eut contrarié de façon fâcheuse l’ordonnance forcément régulière d’un semis tissé, dont les motifs se fussent alors trouvés malencontreusement placés dans tous les sens allant de la verticale à une oblique de cinquante-cinq degrés1831. Or il fallait, pour que la décoration du vêtement fut satisfaisante à l’œil, que les motifs se présentassent tous dans le même sens et fussent en conséquence appliqués, non pas suivant le droit fil de l’étoffe, mais conformément à la direction des plis. C’est ainsi que nous avons dû disposer les feuilles d’orties dans les reconstitutions de la huque verte et de la robe rouge de la Pucelle, données par les figures 3 et 5 du présent chapitre.

Les robes de nos rois en costume d’apparat, si souvent rencontrées dans l’iconographie du moyen âge, sont semées de fleurs de lis, mises et assises suivant ce principe. 336Il en est de même de tous les semis de motifs ayant un sens sous lequel ils devaient se présenter, la robe une fois revêtue, tels que fleurs tigées et feuillées1832, branches de laurier1833, brins de marjolaine1834, grenades1835, rais de soleil1836, etc. Seuls les semis de rosaces, étoiles, annelets et autres motifs circulaires pouvaient s’affranchir de cette règle, un cercle n’ayant pas de sens déterminable.

Cependant, à côté de tous ces vêtements brodés, les images nous montrent aussi des robes confectionnées dans des soies damassées ou dans des velours coupés à la façon de Venise. Ces deux derniers genres d’étoffe sont généralement désignés dans les textes sous les noms de soies et de velours figurés1837. Leurs décors sont d’une infinie diversité. On peut néanmoins les partager en deux catégories, l’une comprenant les semis, l’autre les dessins courants.

On vient de voir qu’en fait de semis, seuls les motifs circulaires pouvaient être tissés dans des étoffes destinées aux robes. Des rosaces de types variés, et principalement celles qui affectaient la forme d’asters ou de roues dentelées, furent les motifs les plus fréquemment employés de 1400 à 1450, dans 337les semis tissés1838. La figure 28 en fournit un exemple, provenant d’une miniature exécutée vers 14351839.

Dessin d’étoffe (vers 1435)
28. — Dessin d’étoffe (vers 1435).

Il y eut aussi des étoffes dans lesquelles étaient tissés des annelets1840, des étoiles1841, des molettes d’éperons1842. Les monuments nous font voir tous ces semis décorant soit des robes, soit des tentures, car il ne paraît guère qu’il y eût alors des tissus spéciaux pour l’ameublement et la plupart des étoffes dont on masquait les pierres ou les briques des murailles des appartements étaient les mêmes que celles qui servaient à confectionner les vêtements1843.

Un autre genre de semis consistait dans le mélange de deux motifs différents. La figure 29 en offre un exemple datant de 14291844.

Dessin d’étoffe (vers 1429)
29. — Dessin d’étoffe (vers 1429).

Des rosaces en façon de quartefeuilles y alternent avec des tiges feuillées portant chacune trois fleurs. Cette sorte de décoration présentait l’aspect d’un papelonné, plus vraisemblablement tissé que brodé. Elle se rencontre fréquemment dans la première moitié du quinzième siècle. C’est ainsi qu’on voit s’associer des fleurettes à des annelets1845, des rosaces à des molettes1846, des roues dentelées à des quartefeuilles1847, des tiges fleuries à des étoiles1848.

Quant aux étoffes à dessins courants, fabriquées du temps de Jeanne d’Arc, il en existe de remarquables spécimens dans l’œuvre de van Eyck1849. On a pu en juger par la robe du chancelier Rolin (fig. 8). Le portrait de Pandolfo Malatesta, à genoux devant la Vierge, exécuté vers 1420 par Gentile da Fabriano1850, nous fournit, dans la figure 30, un autre exemple d’un de ces tissus de velours coupé, dont se paraient alors maints personnages de haut rang.

Dessin d’étoffe (vers 1420)
30. — Dessin d’étoffe (vers 1420).

De grandes fleurs magistralement stylisées, encadrées de meneaux lancéolés, ou reliées entre elles par des tiges ondulantes côtoyées de feuilles et de fleurettes, constituent généralement le décor de ces étoffes somptueuses. Il est regrettable que l’aspect sous lequel les images nous les montrent permette rarement d’en reconstituer l’ornementation dans son entier. Lorsqu’il s’agit d’une robe notamment, son décor se trouve interrompu et caché en partie par les plis que forme nécessairement le vêtement une fois revêtu. Cet inconvénient 338n’existe pas quand les étoffes sont représentées à l’état de panneaux de tenture, le dessin s’y montrant à plat dans son intégralité.

La figure 31 donne le décor d’une de ces draperies, tiré d’un tableau de van Eyck qui peut avoir été peint du vivant de notre libératrice1851.

Dessin d’étoffe (vers 1430)
31. — Dessin d’étoffe (vers 1430).

De vénérables et précieux restes de velours coupés du quinzième siècle sont parvenus jusqu’à nous. On peut en voir dans différents musées et de savants auteurs en ont publié des reproductions1852. Parmi toutes ces reliques d’un passé lointain, il en est sans doute qui sont contemporaines de notre héroïne. Une similitude approximative, sinon absolue, avec les décors de tissus qui figurent dans l’iconographie de son époque nous eut permis de les discerner. Nos recherches à cet égard n’ont pas eu le succès que nous espérions.

La seule décoration d’étoffe que nous ayons rencontrée, pouvant remonter au temps de Jeanne d’Arc, en raison de sa grande analogie avec l’ornementation des robes de Nicolas Rolin et de Pandolfo Malatesta, se trouve dans la Suite aux Mélanges d’archéologie de Cahier et Martin1853. Elle n’y est accompagnée d’aucune mention de date ni de provenance. Nous croyons néanmoins devoir en donner la reproduction dans la figure 32.

Dessin d’étoffe (vers 1430)
32. — Dessin d’étoffe (vers 1430).

À cette exception près, il sera donc préférable, si l’on veut éviter les anachronismes, de s’en tenir aux documents fournis par les tableaux et les miniatures de l’époque, lorsqu’il s’agira de revêtir la Pucelle des riches étoffes dont l’usage lui fut reproché.

Larges d’environ cinquante-sept à soixante-quatre centimètres, les velours figurés du quinzième siècle parvenus jusqu’à nous sont le plus souvent d’une seule couleur, ton sur ton. L’ornementation de velours s’y enlève sur un fond de satin, ou bien 339au contraire le dessin est de satin et le fond de velours. Dans quelques-uns, des motifs d’or broché ou d’une couleur différente de celle du reste de l’étoffe en rehaussent de place en place la décoration. Le rouge et le bleu sont les teintes qu’on rencontre le plus fréquemment. Viennent ensuite le vert, le violet et les autres couleurs.

Il y avait aussi de ces velours coupés où la coloration du décor différait de celle du fond. Le Musée des Tissus de Lyon en fournit des exemples. Dans l’un, une ornementation de velours rouge cramoisi tranche sur un fond de satin vert mousse1854. Tel autre montre un décor de satin crème sur un fond de velours rouge vif1855. Dans un troisième, un dessin d’or se détache d’un fond de velours rouge1856. On appelait brocarts ou velours à orfèvrerie les étoffes de ce dernier genre1857.

Les variétés de combinaisons de teintes que nous venons d’indiquer se retrouvent dans des images exécutées vers 1430. Une miniature du Bréviaire de Salisbury représente un seigneur en robe courte de satin vert semée de rosaces de velours de même couleur dans un ton plus foncé. Nous avons reproduit ce personnage dans la figure 14 du chapitre de la Robe. Le vêtement du chancelier Rolin (fig. 8) offre l’exemple d’une floraison de velours pourpre sur un fond de satin jaune. Enfin la robe du duc de Bedford (fig. 1) donne celui d’un drap d’or, décoré de grandes palmes quadrillées de velours rouge, agrémentées en leur milieu de médaillons circulaires bleus, sur chacun desquels se détache une rosace formée d’un bouton d’or entouré de six perles. Le bleu de ces médaillons est bordé d’or et cette bordure d’or est elle-même cerclée d’un filet rouge. De petites feuilles vertes, semées entre les grandes palmes, complètent cette somptueuse décoration polychrome.

Malgré son étendue et le nombre de ses figures, ce chapitre sur le costume habillé des hautes classes à l’époque de notre héroïne, pourrait paraître incomplet si nous ne le terminions par des représentations de Jeanne d’Arc en robes de chevalier. Comme nous ne possédons que de vagues indications sur la plupart des riches vêtements que, d’après l’histoire, elle aurait revêtus lorsqu’elle avait dépouillé le harnais de 340guerre, nous nous contentons de la montrer dans ses robes à orties de la livrée d’Orléans, les seules sur lesquelles les documents fournissent des précisions suffisantes pour nous avoir permis d’en tenter les reconstitutions1858.

On a vu qu’au mois de juin de l’année 1429, les magistrats d’Orléans, agissant au nom de leur duc prisonnier des Anglais, gratifièrent Jeanne, en récompense de ce qu’elle avait sauvé leur ville un mois auparavant, d’une robe rouge vermeille et d’une huque de vert-perdu, toutes deux semées de feuilles d’orties. La figure 33 donne une idée de l’aspect que dut présenter la sainte avec le premier de ces deux vêtements, taillé, comme on le sait, dans deux aunes de drap.

Robe donnée à Jeanne d’Arc au nom du duc d’Orléans (essai de reconstitution)
33. — Robe donnée à Jeanne d’Arc au nom du duc d’Orléans (essai de reconstitution).

Notre Pucelle est ici coiffée d’un chapeau moins volumineux que la plupart de ceux qu’on portait alors, lequel par conséquent peut représenter le chapelet que lui attribue la Chronique des Cordeliers. Ce manuscrit nous apprend en effet que lorsque Jeanne était désarmée, elle avait :

… estat et habis de chevalier, sollers lachiés dehors piet, pourpoint et cauches justes et ung chapelet sur le tieste.

Le reste du costume de notre Jeanne d’Arc répond en tous points à celui que décrit ce texte. On y retrouve, outre le chapelet et la robe de chevalier, les chausses collantes et les souliers lacés au dehors du pied. Quant au pourpoint, on en apercevrait le collet, dépassant l’encolure de la robe, si nous n’avions jugé à propos de couvrir les épaules de notre modèle d’un chaperon mis en gorge. Ce chaperon est découpé sur ses bords comme celui dont l’acte d’accusation reproche à Jeanne d’Arc de s’être parée. Une dague, qui accompagnait souvent le costume civil, pend à la ceinture. La robe est bordée de bièvre. Sans doute fut-ce dans cette robe semée de feuilles d’orties que la Pucelle assista au banquet donné à Orléans en son honneur, le 19 janvier de l’année 1430 (nouveau style), car, en cette occasion, ne dut-elle pas tenir à montrer aux conseillers du duc d’Orléans qu’elle ne faisait pas fi de leurs cadeaux ? À ce festin, auquel étaient invités également maître Jean de Velly, maître Jean Rabateau et messire Jean de Rochechouart, seigneur de Mortemart, chambellan du roi, il fut servi six chapons, neuf perdrix, treize lapins et un faisan1859. La figure 34 nous montre Jeanne d’Arc revêtue de sa huque de vert-perdu, taillée dans une aune de drap.

Huque donnée à Jeanne d’Arc (essai de reconstitution)
34. — Huque donnée à Jeanne d’Arc (essai de reconstitution).

Cette huque, bordée de martre, recouvre une jaquette de velours rouge dont on ne voit que les manches et le collet, émergeant de l’encolure de la huque. Nous avons reconstitué cette jaquette d’après celle de Jean Arnolfini sur son portrait de la National Gallery, daté de 1434. On constatera que nous n’avons pas oublié les poignets échiquetés de noir et d’argent qui terminent les manches du facteur lucquois. Dans cette figure 34, Jeanne se trouve coiffée du même chaperon qu’elle porte en gorge sur le dessin précédent. Ici il est transformé en bonnet, coiffé par la visagière. On retrouve également les mêmes hauts souliers lacés en dehors mentionnés dans la Chronique des Cordeliers et aussi dans l’acte d’accusation (sotularibus altis deforis laqueatis).

Notes

  1. [1709]

    Deux miniatures des Heures de Turin (folios 59 v° et 77 v°) exécutées vers 1415, offrent des exemples de longues braconnières emboîtant les troussequins. Il en est de même de la panoplie G1 du Musée d’artillerie de Paris. Ce dernier exemple date d’environ 1470.

  2. [1710]

    De republica Atheniensium, p. 693, ap. Rollin, hist. anc., t. III, p. 140.

  3. [1711]

    Paul Lacroix, XVIIIe siècle, Institutions, usages et costumes, pp. 489, 490.

  4. [1712]

    Journal du siège d’Orléans, p. 219.

  5. [1713]

    Bibl. nat., fr. 10432, pp. 343, 352, 353.

  6. [1714]

    Brit. Mus., Add. chart. 2396.

  7. [1715]

    Brit. Mus., Add. chart. 2433.

  8. [1716]

    Brit. Mus., Add. chart. 2428.

  9. [1717]

    Brit. Mus., Add. chart. 2433.

  10. [1718]

    1413 : Journal d’un Bourgeois de Paris, p. 44.

  11. [1719]

    La Brucelle, (alias Bruxelle) était un drap de laine fabriqué à Bruxelles (Gay, Glossaire archéologique, p. 573). La couleur vermeille s’entendait anciennement du rouge vif appelé aujourd’hui vermillon.

  12. [1720]

    Quicherat, Procès, t. V, pp. 112, 113.

  13. [1721]

    L’aune de drap de laine mesurait 1, 188 m. Sa largeur était de cinq quarts d’aune, soit 1,485 m.

  14. [1722]

    Quicherat, Procès, t. I, p. 220.

  15. [1723]

    Les six pièces de cette robe doivent être rigoureusement placées comme elles se présentent dans la figure : d’abord, en commençant par le haut, le dos et la manche gauches, puis le devant gauche et la manche droite, enfin le devant et le dos droits. Si l’on intervertit tant soit peu cette disposition des six pièces, les deux aunes ne suffisent plus à les contenir.

  16. [1724]

    Chronique de la Pucelle, p. 271.

  17. [1725]

    Fabre, Procès de réhabilitation, t. I, p. 249 (déposition de Jean d’Aulon).

  18. [1726]

    Page 151.

  19. [1727]

    En 1429, huit écus d’or représentaient environ près de quatre cents francs de notre monnaie d’avant-guerre. [NdÉ] 400 fr. de 1914 valent environ 1500 € de 2025, d’après le convertisseur de l’Insee.

  20. [1728]

    Quicherat, Procès, t. IV, p. 523.

  21. [1729]

    1433 : L. de Laborde, Les ducs de Bourgogne, t. I, n° 1072, p. 311-315.

  22. [1730]

    L. de Laborde, Les ducs de Bourgogne, t. I, p. 313, 314.

  23. [1731]

    L. de Laborde, Les ducs de Bourgogne, t. I, p. 312-315.

  24. [1732]

    Sorte de taffetas employé principalement comme doublure.

  25. [1733]

    Telle est l’expression consacrée dans les comptes des tailleurs et des brodeurs pour les ornements en drap découpé que l’on appliquait et cousait sur les robes.

  26. [1734]

    Pages 269-270.

  27. [1735]

    Vers 1420. — Bibl. nat., fr. 2662, folios 24, 392.

    Vers 1430. — Ibid., fr. 2675, folios 74.

    Vers 1435. — Ibid., fr. 2651, fol. 274 verso.

    Vers 1445. — Cathédrale de Cologne, Stephan Lochner, Triptique de l’Adoration des Mages.

  28. [1736]

    Vers 1410. — Terence des Ducs, huque de Pamphile dans l’Hécyre.

    Vers 1433. — Brit. Mus., Harl. MS. 2278, fol. 27.

    Vers 1434. — National Gallery, Jean van Eyck, Portrait en pied d’Arnolfini.

    Vers 1440. — Bibl. nat., fr. 764, fol. 11. — Bibl. de l’Arsenal, 5070, fol. 28 verso.

    Vers 1441. — Nuremberg, Mus. german., 998, folios 8 verso, 99 verso.

    Vers 1470. — Bibl. nat., fr. 77, fol. 269.

  29. [1737]

    Ibid., fr. 18, fol. 166.

  30. [1738]

    1412. — L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n° 228.

    1418. — Archives du Nord, B, 1842-2338, p. 82.

  31. [1739]

    1398. — Bibl. nat., fr. 10432, p. 14.

    1402. — Brit. Mus., Add. Chart., 2294, 2295, 2406.

    1408. — J. Chartier, Chron. de Charles VII, t. III, pp. 264, 267.

  32. [1740]

    1386. — Douet d’Arcq, Nouv. Cptes de l’Argent., pp. 121, 124.

    1387. — Id., Ibid., pp. 130, 172, 282.

    1398. — Bibl. nat., fr. 10432, p. 216.

    1412. — L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, nos 160, 219, 224, 228-230.

    1416. — Id., Ibid., nos 326, 412, 429, 454.

    1417. — Brit. Mus., Add. Chart., 2443.

    1494. — Ibid., 2536.

  33. [1741]

    Douet d’Arcq, Nouv. cptes de l’Argent., p. 131.

  34. [1742]

    Id., Ibid., p. 244.

  35. [1743]

    1402. — Brit. Mus., Add. Chart., 2294.

  36. [1744]

    Page 311.

  37. [1745]

    1420. — Ypres, Hospice Saint-Nicolas, Tableau représentant la famille Belle (fig. 7).

    Vers 1433. — Brit. Mus., Harl. MS. 2278, fol. 44.

    1465. — Bibl. nat., Lat. 4586, fol. 1.

  38. [1746]

    Vers 1433. — Brit. Mus., Harl. MS. 2278, fol. 27.

    Vers 1440. — Bibl. nat., fr. 24401, fol. 69 verso.

    1469. — Ibid., fr. 18, fol. 166.

  39. [1747]

    Vers 1415. — Heures de Turin, fol. 59 verso.

    1430. — Ypres, Hospice de Saint-Nicolas, Tableau représentant la famille Belle.

    1431. — Bruxelles, Bibl. roy., 9020-23, fol. 3 verso.

    Vers 1433. — Brit. Mus., Harl. MS. 2278, fol. 44.

    1434. — National Gallery, Jean Van Eyck, portrait en pied d’Arnolfini.

    Vers 1440. — Bibl. nat., fr. 764, folios 3 verso, 11.

    1441. — Nuremberg, Mus. german., 998, folios 8 verso, 60, 99 verso.

    Vers 1450. — Cathédrale de Cologne, Stephan Lochner, Adoration des Mages. — Bruxelles, Bibl. roy., 9511, fol. 61.

    Vers 1465. — Bruxelles, Bibl. roy., 9242, fol. 274 verso.

  40. [1748]

    Vers 1410. — Bibl. nat., fr. 12595, fol. 10 verso. — Le Terence des Ducs, huques de Clinia dans l’Heautontimoroumenos et de Pamphile dans l’Hécyre.

    Vers 1415. — Brit. Mus., Harl. MS. 2897, fol. 184.

    Vers 1433. — Ibid., Harl. MS. 2278, fol. 27.

    1434. — Cathédrale de Nantes, portail gauche de la façade.

    Vers 1460. — Bruxelles, Bibl. roy., 9232, fol. 299.

    1469. — Bibl. nat., fr. 18, fol. 166.

  41. [1749]

    Vers 1440. — Bibl. nat., fr. 24401, fol. 69 verso.

    1467. — Bruxelles, Bibl. roy., 9241, fol. 206.

  42. [1750]

    Ypres, hospice Saint-Nicolas, Tableau représentant la famille Belle.

  43. [1751]

    Acte d’accusation, Le Fèvre de Saint-Rémy, Georges Chastelain et le greffier de la chambre des comptes de Brabant.

  44. [1752]

    Bibl. nat., fr. 23018, fol. 486.

  45. [1753]

    Quicherat, Procès, t. V, p.168.

  46. [1754]

    Fabre, Procès de condamnation, pp. 220, 221. — Pierre Champion, Procès de condamnation, t. II, pp. 133-134.

  47. [1755]

    Vers 1425 : Brit. Mus., Add. MS. 18850, fol. 256 v°.

  48. [1756]

    Vers 1425. — Bibl. nat., Lat. 1158, folios 27 verso, 84.

    1430. — Brit. Mus., Cotton MS. Domitian A. XVII, folios 12, 96, 105.

    1435. — Bibl. nat., fr. 16994, fol. 1.

    1440. — Bibl. de l’Arsenal, 5070, fol. 25 verso.

    1445. — Brit. Mus., Royal MS. 15 E. vi, fol. 2 verso.

    1450. — Bibl. nat., fr. 2643, fol. 1. — Bibl. de Valenciennes, 240, fol. 211. — Amsterdam, Musée de l’État, figurine de l’ancienne cheminée du Dam.

  49. [1757]

    Vers 1425. — Brit. Mus., Add. MS. 18850, fol. 233 verso.

    1431. — Bruxelles, Bibl. roy., 9018-19, fol. 44 verso.

    Vers 1433. — Brit. Mus., Harl. MS. 2278, folios 18 verso, 19, 23.

    1435. — Ex-Bibl. roy. de Dresde. M. 66, folios 72, 125, 226, 239, 248 verso, 280 verso, 387 verso, 423, 437 verso.

    1450. — Millin, Antiquités Nationales, t. V, pl. 6, p. 61, statuettes d’Antoine de Brabant et de Jean, duc de Clèves, qui décoraient le tombeau de Louis de Mâle. — Amsterdam, Musée de l’État, figurine de l’ancienne cheminée du Dam.

  50. [1758]

    Vers 1425. — Brit. Mus., Add. MS. 18850, fol. 100.

    1430. — Bibl. nat., lat. 18026, folios 60, 79.

    1435. — Ex-Bibl. roy. de Dresde, M. 66, fol. 541.

    1445. — Brit. Mus., Royal MS., 15 E, vi, fol. 155.

    1450. — Bibl. nat., fr. 9342, fol. 91.

    1451. — Ibid., fr. 12476, fol. 124.

    Vers 1465. — Bibl. de Bergues Saint-Vinox, 63, fol. 29.

  51. [1759]

    Vers 1430. — Bibl. de l’Arsenal, 660, fol. 492 verso.

    1431. — Bruxelles, Bibl. roy., 9018-19, folios 2, 27.

    Vers 1433. — Brit. Mus., Harl. MS. 2278, folios 13, 18 verso, 19, 29.

    1435. — Ex-Bibl. roy. de Dresde, M. 66, folios 135, 579 verso.

    1450. — Bibl. nat., lat. 848, fol. 27 verso.

    1455. — Ibid., fr. 22532, fol. 77 verso.

    1456. — Miracles de Notre-Dame, t. I, pl. 49.

  52. [1760]

    1431. — Bruxelles, Bibl. roy., 9018-19, fol. 2.

    Vers 1455. — Bibl. nat., fr. 22532, fol. 77 verso.

    1465. — Bibl. de Bergues Saint-Vinox, 63, fol. 29.

  53. [1761]

    Vers 1425. — Brit. Mus., Add. MS. 18850, folios 96, 100.

    1433. — Ibid., Harl. MS. 2278, fol. 19.

    1435. — Ex-Bibl. roy., de Dresde, M. 66, folios 72, 125, 146.

  54. [1762]

    Vers 1425. — Brit. Mus., Add. MS. 18850, fol. 96.

  55. [1763]

    Vers 1433. — Ibid., Harl. MS. 2278, fol. 19.

  56. [1764]

    Vers 1435. — Ex-Bibl. roy. de Dresde, M. 66, fol. 239.

    1450. — Bibl. nat., lat. 848, fol. 27 verso. — Millin, Antiquités nationales, t. V, pl. 6, p. 61, statuettes d’Antoine de Brabant et de Jean, duc de Clèves. — Amsterdam, Musée de l’État, figurine de l’ancienne cheminée du Dam.

  57. [1765]

    Vers 1430. — Bibl. nat., lat. 18026, fol. 79.

  58. [1766]

    1427. — Gries, Bibl. des Bénédictins, Specul. human. salvat., nombreux exemples de bas de robes et de pattes de chaperons ainsi découpés.

    Vers 1430. — Musée de Hambourg, Me Francke, retable de saint Thomas de Cantorbéry. — Ex-Bibl. roy. de Dresde, M. 60, folios 53, 141.

    1431. — Bruxelles, Bibl. roy., 9018-19, folios 2 verso, 4, 7 verso, 23, 24 verso ; 9020-23, folios 6 verso, 140.

    Vers 1435. — Ex-Bibl. roy. de Dresde, M. 66, fol. 105.

    1441. — Nuremberg, Mus. german., 998, folios 1 verso, 8 verso, 60, 95, 99 verso, 179, 264.

    Vers 1445. — Bibl. de Stuttgart, cartes à jouer (Hefner, t. IV, planches 154, 156).

  59. [1767]

    Vers 1440. — Bibl. nat., fr. 33, fol. 225 verso ; lat. 512, fol. 7 verso. — Bibl. de l’Arsenal, 5070, fol. 368.

    1442. — Toulouse, Archives du Capitole, Entrée à Toulouse de la reine Marie d’Anjou et du Dauphin.

    1444. — Bibl. nat., fr. 824, fol. 207.

    Vers 1445. — Musée de Versailles, Une chasse au vol à la cour de Philippe le Bon. — Brit. Mus., Royal MS. E, vi, fol. 22.

    1450. — Bibl. nat., fr. 166, fol. 45.

    1456. — Miracle de Notre-Dame, t. II, pl. 9.

    Vers 1465. — Bibl. d’Autun, 113, fol. 124 verso.

    Vers 1500. — Brit. Mus. Harl. MS. 4425, fol. 14 verso.

  60. [1768]

    Vers 1440. — Bibl. nat. lat. 512 fol. 7 verso.

  61. [1769]

    Vers 1430. — Musée de Hambourg, Me Francke, Retable de saint Thomas de Cantorbéry.

    1442. — Toulouse, Archives du Capitole, Entrée à Toulouse de la reine Marie d’Anjou et du dauphin.

    Vers 1445. — Musée de Versailles, Une chasse au vol à la cour de Philippe le Bon.

    1456. — Miracle de Notre-Dame, t. II, pl. 9.

    Vers 1500. — Brit. Mus., Harl. MS. 4425, fol. 14 verso.

  62. [1770]

    Louis Prosper Gachard, Rapport sur les archives de Lille, p. 277.

  63. [1771]

    L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, nos 1692, 1693.

  64. [1772]

    Gries, Bibl. des Bénédictins, Speculum humanæ salvationis. La plupart des personnages représentés dans ce manuscrit sont ainsi vêtus.

  65. [1773]

    Toulouse, Archives du Capitole.

  66. [1774]

    Vers 1430. — Hefner-Alteneck, t. IV, pl. 236.

    1431. — Bruxelles, Bibl. roy. 9018-19, fol. 65.

    Vers 1440. — Bibl. de Rouen, 336, fol. 36.

    1445. — Brit. Mus., royal MS. 15 E, vi, fol. 8 verso.

  67. [1775]

    Vers 1440. — Bibl. de Rouen, 336, fol. 36.

  68. [1776]

    Vers 1425. — Bibl. nat., lat. 1158, fol. 91.

    1431. — Bruxelles, Bibl. roy., 9018-19, fol. 23.

    Vers 1435. — Ex-Bibl. roy. de Dresde, M. 66, fol. 239.

  69. [1777]

    Vers 1430. — Florence, Galerie des Offices, Fra Angelico, Adoration des Mages.

    1435. — Bibl. de Karlsruhe, XXVII, fol. 217.

    Vers 1445. — Brit. Mus., Royal MS. 15 E. vi, fol. 212.

  70. [1778]

    Vers 1428. — Bibl. nat., lat. 1156 B, fol. 171.

    1433. — Brit. Mus., Harl. MS. 2278, folios 13, 28.

    1435. — Bibl. nat., fr. 239, folios 152 verso, 157.

    1440. — Bibl. de Chantilly, 404, folios 171, 188 verso.

  71. [1779]

    Vers 1433. — Bibl. nat., lat. 17294, fol. 558 verso.

  72. [1780]

    L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n° 1052.

  73. [1781]

    L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n° 1056. — Les dessoubz s’entendaient du bas de la robe.

  74. [1782]

    L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n° 1282.

  75. [1783]

    Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques, 1891, pp. 64, 65.

  76. [1784]

    Jean Chartier, Chronique de Charles VII, t. II, p. 164.

  77. [1785]

    Vers 1440 : Bibl. de l’Arsenal, 5070, fol. 47.

  78. [1786]

    1427. — Bibl. de Gries, Specul. human. salvat., nombreux exemples.

  79. [1787]

    1441. — Nuremberg, Mus. german., 998, nombreux exemples.

  80. [1788]

    1431. — Bruxelles, Bibl. roy., 9018-19, folios 2 verso, 4, 7 verso, 23, 44 verso, 65 ; 9020-23, fol. 6 verso.

  81. [1789]

    1427. — Gries, Bibl. des Bénédictins, Specul. human. salvat., Lamech et ses deux femmes.

  82. [1790]

    Vers 1433. — Brit. Mus., Harl. MS. 2278, fol. 37.

  83. [1791]

    1427. — Gries, Bibl. des Bénédictins, Specul. human. salvat. Le roi David (voir la figure 8 du chapitre de l’Armure), le géant Goliath.

    Vers 1430. — Ex-Bibl. roy. de Dresde. M. 60, folios 63, 64.

    1437. — Hefner-Alteneck, t. IV, pl. 253.

  84. [1792]

    1432. — Pour la façon d’une robe noire pour MdS doublée de mesmes à VIII gerons trois doubles pour les plois à la façon de Brabant, II fr. (L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n° 1071). Pour samblable d’une robe de drap noir de Monstierviller faicte pour MS en sa ville de Bruges à VIII quartiers et double de III draps à la façon de Brabant, XX s. (Id., Ibid., n° 1075).

    On remarquera que le terme de gerons, qui, du temps de Charles VI, avait la signification de plis, désigne, dans le premier de ces textes, non plus les plis de la robe, mais les quartiers dont elle était composée, puisque dans le second texte, les VIII gerons du premier sont appelés VIII quartiers.

  85. [1793]

    1432. — Pour la façon et estoffes d’une autre robe de brunette fourrée d’aigneaux à V plois faictes pour MdS à la façon de Hollande, XX s… Pour semblable d’une robe à la façon de Hollande faicte oudit puc de Lelée à V plois, fourrée de martres, XX s. (L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n° 1075).

  86. [1794]

    1350. — Ordonn. des rois de France, t. II, pp. 371-372.

  87. [1795]

    Longues manchettes évasées, serrées aux poignets, unies ou découpées, qui recouvraient les mains ou se retroussaient sur l’avant-bras. Voir la note 7 de la p. 119 (chapitre du Gippon).

  88. [1796]

    Pp. 46, 47.

  89. [1797]

    1437-1450 : Hefner-Alteneck, t. IV, pl. 254.

  90. [1798]

    Peint par Lukas Moser en 1431.

  91. [1799]

    1427. — Gries, Bibl. des Bénédictins, Specul. human. salvat.

    1441. — Nuremberg, Mus. german., 998.

  92. [1800]

    1417. — Bibl. de Douai 1171 (ms. italien), fol. 7.

    1428. — Bibl. d’Arras, 11 (ms. italien), fol. 1 verso.

    Vers 1460. — Musée du Louvre, B. Gozzoli, Décoration d’autel.

    1490. — Bibl. nat., fr. 181, fol. 176.

  93. [1801]

    Toulouse, Archives du Capitole, Entrée des gens de guerre dans la ville d’Albi.

  94. [1802]

    Vers 1465. — Bruxelles, Bibl. roy., 9392, folios 42 verso, 79 verso ; 9242, folios 232, 274 verso ; 9243, folios 271, 276.

    1470. — Bibl. nat., fr. 257, fol. 1 ; lat. 13282, fol. 66.

    1475. — Ibid., fr. 12319, fol. 312.

  95. [1803]

    National Gallery, van Eyck, portrait en pied d’Arnolfini.

  96. [1804]

    1446 : Bruxelles, Bibl, roy., 9242, fol. 1.

  97. [1805]

    1448 : Bruxelles, Bibl, roy., fr. 9249-50, folios 16 v°, 96.

  98. [1806]

    Bibl. de l’Arsenal, 5070, fol. 47.

  99. [1807]

    Chronique des ducs de Bourgogne, t. IV, p. 46.

  100. [1808]

    1431 : Bruxelles, Bibl, roy., 9018-19, folios 2, 44 v°.

  101. [1809]

    Bibl. nat., fr. 64, fol. 150 v°.

  102. [1810]

    Hefner-Alteneck, t. IV, planches 254-260.

  103. [1811]

    D’un sens plus général autrefois que de nos jours, le mot drap était synonyme de celui d’étoffe. C’est ainsi que, dans les anciens textes, le velours, le damas, le satin, sont souvent appelés drap de velours, de damas, de satin. Nous n’avons conservé cette acception du mot drap que pour les toiles de nos lits.

  104. [1812]

    Juvénal des Ursins, ap. Michaud et Poujoulat, t. II, p. 472.

  105. [1813]

  106. [1814]

    L. de Laborde, Les ducs de Bourgogne, t. I, nos 381, 385.

  107. [1815]

    L. de Laborde, Les ducs de Bourgogne, t. I, n° 382.

  108. [1816]

    Le leurre était un morceau de cuir suspendu à une laisse et muni de deux ailes qui lui donnaient l’apparence d’un oiseau. Les fauconniers s’en servaient pour rappeler leurs faucons. C’est un leurre que fait tournoyer un fauconnier dans la figure 26 du présent chapitre.

  109. [1817]

  110. [1818]

    L. de Laborde, Les ducs de Bourgogne, t. I, n° 384.

  111. [1819]

    Comptes de Gilles le Tailleur, pp. 59-60.

  112. [1820]

    Bibl. nat., fr. 23279 fol. 53.

  113. [1821]

    Ibid., fol. 5.

  114. [1822]

    Ibid., fol. 19.

  115. [1823]

    Ibid., fol. 1 verso.

  116. [1824]

    Vers 1415. — Bibl. universit. de Genève, fr. 165, fol. 4.

  117. [1825]

    Vers 1410. — Bibl. nat., fr. 2810, fol. 226.

  118. [1826]

    1416. — L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, nos 330, 372, 373, 376, 379, 380.

    1421. — J. Chartier, t. III, pp. 307-309.

    1432-33. — L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, nos 972, 975-978.

    1439. — Id., Ibid., n° 1282.

  119. [1827]

    1449. — Mathieu d’Escouchy, t. I, p. 238. — J. Chartier, t. II, p. 163.

  120. [1828]

    1449. — J. Chartier, t. II, p. 167.

  121. [1829]

    1414. — L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n° 6241.

  122. [1830]

    1421-22. — Id., Ibid., t. I, n° 645.

  123. [1831]

    On a vu que l’évasement d’une robe était d’environ cette mesure par rapport à la verticale.

  124. [1832]

    Vers 1433. — Bibl. nat., lat. 17294, fol. 26.

  125. [1833]

    Vers 1410. — Bibl. de l’Arsenal, 5193, fol. 52.

  126. [1834]

    Vers 1440. — Bibl. d’Amiens, 483, fol. 135.

  127. [1835]

    1416. — L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n° 427.

    Vers 1450. — Musée de Berlin, Ouvater, Résurrection de Lazare.

  128. [1836]

    Vers 1430. — Bibl. nat., fr. 357, fol. 140.

  129. [1837]

    1402. — Brit. Mus., Add. Chart. 2383, 2384, 2406.

    1408. — J. Chartier, t. III, p. 265.

    1412. — L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, nos 215, 216.

    1415. — Les La Trémoille pendant cinq siècles, t. I, p. 132.

    1416. — L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, nos 424, 443, 445, 446, 449, 450.

    1432-33. — Id. Ibid., n° 1056.

    1449. — J. Chartier, t. II, p. 155.

    1454-55. — L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, nos 1648, 1651, 1652, 1699.

  130. [1838]

    Vers 1410. — Bibl. de l’Arsenal, 5193, fol. 37 verso.

    1415. — Heures de Milan, folios 1 verso, 13 verso, 80 verso, 100 verso.

    1430. — Bibl. nat., fr. 357, fol. 131.

    1433. — Ibid., lat. 17294, folios 27 verso, 47 verso.

    1435. — Ibid., fr. 239, fol. 273 verso.

    1440. — Ibid., fr. 33, fol. 225 verso ; fr. 126, fol. 153.

    1450. — Bruxelles, Bibl. roy., 9511, fol. 317.

  131. [1839]

    Bibl. nat., fr. 22553, fol. 86.

  132. [1840]

    Vers 1410. — Bibl. de l’Arsenal, 5193, fol. 63 verso.

    1440. — Bibl. nat., fr. 126, fol. 210.

  133. [1841]

    Vers 1415. — Heures de Milan, fol. 103.

    1427. — Bibl. de l’Arsenal, 621, fol. 334 verso.

  134. [1842]

    Vers 1415. — Heures de Milan, fol. 100 verso.

  135. [1843]

    Raymond Cox, Les Soieries d’Art, p. 141.

  136. [1844]

    Munich, Mus. nat. bavar., Retable de Bamberg.

  137. [1845]

    Vers 1410. — Bibl. de l’Arsenal, 5193, fol. 63 verso.

  138. [1846]

    Vers 1415. — Heures de Milan, fol. 100 verso.

  139. [1847]

    Vers 1415. — Ibid., fol. 80 verso.

    1433. — Bibl. nat., lat. 17294, fol. 368 verso.

  140. [1848]

    Vers 1440. — Bibl. nat., fr. 126, fol. 7.

  141. [1849]

    Musée du Louvre, Annonciation, chape de l’ange Gabriel. — Musée d’Anvers, La Vierge à la fontaine, tenture. — Gand, Retable de Saint-Bavon, chape d’un ange chanteur et robe de l’ange jouant de l’orgue, dans Les anges musiciens. — Louvain, collection Helleputte, La Vierge au donateur, chape du donateur. — Musée de Dresde, Vierge avec l’Enfant dans une église, tenture. — Musée de Vienne, Vierge dans une niche gothique, tenture. — Petrograd, Musée de l’Ermitage, Annonciation dans une église, chape de l’ange Gabriel. — Madrid, Musée du Prado, La Fontaine de Vie, robe de l’empereur. — New-York, Musée Métropolitain, La Vierge avec l’Enfant sous un portail, tenture.

  142. [1850]

    Musée du Louvre.

  143. [1851]

    Musée de Vienne, Vierge dans une niche gothique.

  144. [1852]

    Charles Cahier et Arthur Martin, Mélanges d’archéologie et Suite aux mélanges d’archéologie. — Auguste Dupont-Auberville, L’ornement des tissus, 1877. — Friedrich Fischbach, Ornamente der Gewebe, 1874. — Gaston Migeon, Les arts du tissu, 1909. — Julius Lesing, Die Gewebe-Sammlung des Königlichen Kunstgewerbe-Museums. Raymond Cox, Précis historique de l’art de décorer les étoffes, 1902 ; Les soieries d’art, 1904.

  145. [1853]

    T. 22, pl. 240.

  146. [1854]

    Raymond Cox, Les soieries d’art, pl. 52 I.

  147. [1855]

    Raymond Cox, Les soieries d’art, pl. 52 II.

  148. [1856]

    Raymond Cox, Les soieries d’art, pl. 50 II.

  149. [1857]

    Raymond Cox, Les soieries d’art, pl. 25.

  150. [1858]

    Voir nos figures 1, 3, 6.

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