I. : 3. Chemise et braies
733. Chemise et braies
Très anciennement on nomma chemise celle des robes qu’on mettait immédiatement sur la peau404. La laine405, le lin406, le chanvre407 et quelquefois la soie408, comme encore de nos jours, étaient employés à la confection des chemises. On en faisait en drap au quinzième siècle409, mais la chemise de drap semble n’avoir été alors qu’un vêtement supplémentaire et exceptionnel, intercalé entre la chemise et le pourpoint.
Les chemises de toile prirent d’abord le nom de chemises de cainsil410. Au treizième siècle, on les appela chemises cottes-linges411, au siècle suivant robes-linges412, et enfin simplement chemises. Elles étaient devenues d’un usage à peu près général au quinzième siècle.
L’acte d’accusation de la Pucelle nous apprend que celle-ci ne dérogeait pas à la règle commune413, car il semble évident que c’est d’une chemise de linge dont il est question dans l’énumération des habits d’homme qu’on reprochait à Jeanne d’avoir portés, puisque déjà de son temps le mot chemise, sans qualificatif, impliquait que ce vêtement était de toile.
La chemise masculine n’allait jamais sans être accompagnée des braies. Si en effet quelques miniatures nous représentent des personnages tout habillés dont les attitudes permettent d’apercevoir les braies sous la robe et de constater l’absence de 74la chemise414 en revanche, d’innombrables documents iconographiques ne nous montrent jamais la chemise portée sans les braies. L’ensemble de la chemise et des braies se dénommait une paire de robes linges415, ou simplement une robe linge416. Il est donc rationnel de réunir dans un même chapitre tout ce que nous avons à dire de ces deux vêtements intimes, généralement taillés dans le même tissu, et que les anciens textes ne séparent presque jamais l’un de l’autre417.
L’article douze de l’acte d’accusation et l’article cinq du sommaire de cet acte, corroborés par le Registre delphinal de Mathieu Thomassin, nous apprennent que l’héroïne portait, indépendamment de la chemise, les braies, dont tout homme faisait usage depuis un temps immémorial418.
Proportionnée aux vêtements dont elle était recouverte, la chemise masculine resta d’une certaine longueur jusque dans le premier tiers du quatorzième siècle419. À partir de l’avènement des Valois, elle suivit la tendance qu’eut alors le costume 75à s’écourter plus ou moins420, et, du temps de Jeanne d’Arc, bien que le bas des robes courtes eut été, depuis un certain nombre d’ans, ramené à la hauteur des genoux, la longueur des chemises n’en resta pas moins aussi réduite qu’elle l’avait été au cours du siècle précédent.
En général, elles s’arrêtaient à mi-cuisses421. Quelques-unes même cachaient à peine le bas du ventre, comme le montre la figure 1, tirée du Missel de Bedford422. Un tel raccourcissement se généralisa dans la suite avec les robes étriquées de la fin du règne de Charles VII et de la majeure partie de celui de Louis XI423.
Si les chemises masculines du quinzième siècle étaient moins longues que les nôtres, elles possédaient en revanche une plus grande ampleur de jupe (fig. 2.)424. On sait que les dos et les devants de nos chemises d’hommes sont toujours taillés rectangulaires et maintenus ensuite froncés dans le haut par des pièces d’épaules de façon à réduire leur largeur à la mesure de celle du buste. La chemise du temps de Jeanne d’Arc, au contraire, au lieu d’être coupée rectangulaire, s’évasait progressivement de haut en bas, à l’instar des robes de l’époque425. C’est ainsi que nous les montrent la plupart des documents contemporains.
Exceptionnellement, quelques miniatures nous mettent en présence de chemises froncées à l’encolure comme les surplis de nos prêtres426.
Un rochet427 du treizième siècle, conservé au Musée bavarois de Munich, possède des fronces maintenues sous un galon placé sur chaque épaule. Le principe de cette disposition très ancienne ne dut jamais tomber en désuétude, puisqu’il s’est perpétué jusqu’à nos jours, et il y eut probablement du temps de Charles VII des chemises froncées sous des empiècements ou des pattes d’épaules, comme le sont nos chemises modernes.
La plupart des chemises cependant sont dépourvues de fronces dans l’imagerie de l’époque qui nous intéresse. Ces vêtements plaquent sur le dos, et les plis, occasionnés par la plus grande largeur de leur partie inférieure, prennent naissance au 76niveau des omoplates pour s’amplifier progressivement jusqu’en bas, ainsi qu’on peut le constater sur notre figure 2. La figure 3, tirée d’un Décaméron très peu postérieur au manuscrit d’où provient le dessin précédent, nous montre une chemise du même genre428. Ces sortes de chemises étaient nécessairement privées de pièces d’épaules. Comme dans les robes contemporaines, une simple couture réunissait les dos aux devants sur chaque épaule.
Un essai de reconstitution du patron d’une chemise de ce type et de sa manche est donné par la figure 4.
Quelquefois les chemises sont fendues de côté de façon à former deux pans invariablement d’égale longueur. Il semble que, dans certains cas, les fentes de ces vêtements, au lieu d’être situées, comme pour nos chemises dans le prolongement des coutures latérales, aient été pratiquées un peu en avant de ces coutures de manière à rétrécir le pan antérieur et à élargir celui de derrière (fig. 5429 et fig. 6430).
Les chemises non fendues et les chemises à fentes latérales coexistèrent avec une égale vogue pendant toute la durée du quinzième siècle431.
Ainsi que l’indique le patron de la figure 4, les manches étaient taillées droites, 77comme celles de nos chemises, mais sans poignets. Elles semblent avoir été parfois d’une assez grande largeur432, et, dans ce cas, peut-être coudées et montées en façon de manches de robes433. Le genre kimono, avec ou sans goussets, devait être également employé, puisqu’on rencontre ce mode, très primitif434, dans des documents postérieurs435.
La plupart des chemises du quinzième siècle s’ouvraient par devant436. Elles se fermaient à l’encolure au moyen d’un bouton blanc, sphérique, probablement du genre de ceux que nous appelons aujourd’hui boutons d’Irlande437. Un cordon de fil remplace ce mode d’attache dans un portrait du Musée de Besançon, exécuté vers 1450 par Roger van der Weyden.
Il y eut aussi des chemises s’ouvrant par derrière438.
Dans l’iconographie du temps de Jeanne d’Arc, la chemise apparaît le plus souvent décolletée, comme l’ont fait voir nos figures 1, 2 et 3. Une fois recouverte du gippon439, hermétiquement lacé, elle devenait alors invisible440.
Les chemises à cols, rares avant 1430, disparaîtront dans la seconde moitié du siècle. On ne les rencontre guère que de 1430 à 1450441, période pendant laquelle les chemises décolletées n’en continuent pas moins à être très usitées.
Lorsque la chemise était munie d’un col, celui-ci se portait relevé, doublant le collet droit du gippon et parfois le dépassant un peu, sinon tout autour, au moins 78par devant, ainsi qu’on le voit sur l’intéressant portrait de René d’Anjou, roi de Sicile, donné par la figure 7442. C’est accidentellement que le col de l’homme en chemise de notre figure 6, représentant un prisonnier, se trouve rabattu. Les trois sergents du prévôt de Paris qui firent amende honorable à l’Université, en 1440, dans la même tenue sommaire, sont colletés de cols droits sur un bas-relief conservé dans la cour de l’École des Beaux-Arts (fig. 5).
La chemise se trouvant toujours accompagnée des braies, la bienséance n’exigeait pas absolument qu’elle ne fût fendue que sur les côtés. Aussi quelques monuments443 nous apprennent-ils l’existence de chemises fendues, non seulement latéralement mais encore par devant, comme le fait voir notre dessin de la figure 8, provenant de l’un d’eux et représentant le bon larron hissé au gibet. Ce genre de chemises était peut-être taillé à quatre quartiers, c’est-à-dire en quatre morceaux réunis par des coutures donnant naissance aux fentes. Il est d’ailleurs possible que la chemise dont nous avons tenté de reconstituer le patron (fig. 4) fût également couturée devant et derrière, évitant ainsi l’adjonction sur les côtés de pointes nécessitées par une insuffisante largeur de toile.
Enfin le Glossaire archéologique de Victor Gay nous montre deux chemises du quinzième siècle, fendues par derrière depuis la taille jusqu’en bas444.
Nous concluons de tout ce qui précède que la chemise fournie à Jeanne d’Arc par les habitants de Vaucouleurs devait être décolletée, suivant l’usage le plus répandu de son temps et en conséquence complètement cachée par les vêtements qui la recouvraient.
On a pu pressentir que le caleçon écourté accompagnant la chemise dans trois de nos précédents dessins (fig. 1, 5, 6) n’était autre que les braies. L’agencement du costume se trouvait tel, pendant toute la durée du moyen âge que cette partie de l’habillement constituait le vêtement indispensable par excellence. Et en effet voyons-nous, dans maints tableaux, miniatures et sculptures de cette époque, des personnages, dépouillés de leurs chemises, mais, sauf d’infimes exceptions, toujours pourvus de leurs braies. Par contre, nous y trouvons les hommes en chemises constamment revêtus de braies qu’on aperçoit par les fentes de ce vêtement, comme nous l’ont montré les figures précitées. C’est dans ce simple appareil que comparurent, en 1347, devant le roi Édouard III d’Angleterre, les six bourgeois tout nu, en pur leur braies et leurs chemises, en le hale de 79Calais445. Les Très Riches Heures du duc de Berry, conservées à Chantilly, nous font voir faneurs, moissonneurs et vendangeurs, cuisses nues, ayant avalé leurs chausses446, c’est-à-dire les ayant roulées au-dessous des genoux, mais décemment munis de braies que recouvrent en partie les pans volants de la chemise. Et non seulement les paysans sont invariablement pourvus de ce vêtement intime aussi bien que les plus grands seigneurs, mais encore les plus misérables mendiants. Les nombreuses miniatures qui représentent saint Martin partageant son manteau avec un pauvre, nous montrent ce dernier privé de chemise, mais toujours correctement vêtu de braies447. Celles-ci pouvaient donc exister sans la chemise, et jamais la chemise sans les braies.
Comme nous l’avons déjà dit, l’ensemble de ces deux vêtements constituait ce que l’on appelait une paire de robes linges. Au quinzième siècle, on nomma quelquefois les braies petits draps linges448, ou simplement petits drap449, à cause de l’exiguïté à laquelle fut réduite cette partie du costume, à dater de la seconde moitié du siècle précédent. En 1396, après la bataille de Nicopolis, le maréchal Boucicaut fut amené devant le sultan Bajazet tout nud fors de ses petits draps450. Cinquante-sept ans plus tard, une révolte des Gantois ayant été réprimée, on vit leurs hoofmans et conseillers tous nudz en leurs chemises et petits draps faire leur soumission au duc Philippe le Bon451. Mathieu Thomassin spécifie que Jeanne portoit petits draps comme les hommes452, voulant indiquer par là que les dessous de notre héroïne, ainsi que le reste de son costume, se trouvaient complètement masculinisés, fait d’ailleurs authentiqué par les pièces du procès de condamnation.
80Il était d’usage chaque soir de se dépouiller de sa chemise et de ses braies, qu’on plaçait sous son traversin, tandis que les autres vêtements se posaient sur une barre de bois, appelée la perche, installée horizontalement non loin du lit453. L’habitude était de coucher entièrement nu454, sauf la tête généralement affublée du chaperon ou aumusse de nuit455.
Les braies des anciens temps ayant parfois présenté l’apparence qu’eurent les chausses à des époques plus récentes, il est arrivé que les historiens du costume n’ont pas su distinguer nettement ces deux sortes de vêtements456. Il importe donc de les définir avec exactitude, en restituant à chacune d’elles le rôle qui lui fut dévolu à l’origine, et que, malgré des modifications toutes spécieuses, on ne cessa de lui confier dans la suite.
Les braies étaient essentiellement l’habit indispensable destiné à couvrir certaines parties du corps. Suivant les temps, elles furent apparentes, cachées, longues, courtes, larges ou étroites ; mais toujours les braies ont voilé le bas du ventre et des reins.
Les chausses n’avaient pas cette destination. Leur rôle, ainsi que l’indique le mot latin calceus, dont dérive leur nom, se bornait en principe à chausser le pied et le bas de la jambe. Elles s’allongèrent, alors que les braies se raccourcirent, mais ces dernières ne désertèrent jamais le poste qui leur avait été assigné des le début, tandis que les chausses, tout en atteignant peu à peu les genoux, puis les cuisses, abandonnés successivement par les braies, continuèrent à être considérées comme des chaussures. Et quand, à la fin du quinzième siècle, leur ascension suprême les eut fait monter jusqu’à la taille, ce fut pour toujours recouvrir les braies qui persistaient à tenir l’office de vêtement intime qu’elles avaient assumé.
La confusion que tant d’auteurs ont commise entre ces deux éléments du 81costume nous oblige à une assez longue digression qui établira clairement ce qui les différenciait l’un de l’autre, en exposant la suite chronologique de leurs modifications successives depuis leur apparition sur les monuments jusqu’à l’époque de notre héroïne.
Probablement d’origine asiatique457, les anciennes braies gauloises, communes la fois aux Celtes et à certaines tribus de la Germanie458, étaient longues, modérément larges, et ceintes à la taille par une courroie maintenue de place en place par des brides. Elles s’ouvraient par devant, à la manière de nos pantalons459, et descendaient jusqu’aux chevilles ou elles se trouvaient ordinairement coulissées. Quelques documents iconographiques font supposer que les Gaulois portèrent ces longues braies plus étroites et même collantes dans le temps qui suivit la conquête romaine460, alors que les peuples du nord du Danube les avaient conservées d’une certaine largeur.
La constitution délicate de l’empereur Auguste l’avait contraint d’emprunter aux Barbares ce vêtement461 modifié suivant le goût romain, c’est-à-dire rétréci et sensiblement écourté. Dépassant de peu les genoux, ces braies diminuées prirent le nom de femoralia462. Elles furent adoptées, à l’exemple de l’empereur, principalement par les légions appelées à servir dans les froids climats du Nord.
Au quatrième siècle, on vit apparaître les longues braies dans les rangs des armées romaines463. Il fallut un édit pour les proscrire à l’intérieur de la ville de Rome464.
Bien que la vogue du costume latin semble démontrée au moins pour les classes aisées chez les Gallo-romains, l’usage des longues braies persista dans les campagnes de la Gaule. On rencontre ces dernières, absolument semblables à nos pantalons, sur un ivoire du cinquième siècle, où trois personnages en sont pourvus tandis qu’un 82quatrième s’y trouve revêtu des femoralia latines465. Nous reverrons ces braies pantalons dans des monuments du douzième siècle.
Sidoine Apollinaire dépeint les Francs de l’époque mérovingienne habillés d’un vêtement étroit qui s’arrêtait au-dessus des genoux, laissant les jambes nues466. Il est probable que ce justaucorps cachait de courtes braies. Cent ans plus tard, l’historien grec Agathias donne aux mêmes Francs les longues braies de toile ou de cuir souple des anciens Gaulois, serrées à la jambe par les courroies des chaussures467.
On retrouve les braies de toile dans le costume habituel de Charlemagne, décrit par Eginhard comme étant celui des Francs. Alors que les Gallo-romains avaient conservé les femoralia du temps de Trajan468, la plupart des Francs étaient restés fidèles aux longues braies que leurs aïeux paraissent avoir emprunté des Gaulois trois cents ans auparavant. Le grand empereur les portait en toile de lin, recouvertes, selon l’usage des chasseurs et des campagnards, par des tibiales, sorte de guêtres maintenues à la jambe au moyen des bandelettes de la chaussure.
Des peintures du mont Athos, datant du neuvième siècle, représentent des ascètes byzantins chaussés d’une manière analogue (fig. 9)469. Ces personnages, richement vêtus d’ailleurs, sont pourvus d’étroites braies dont la partie inférieure se trouve contenue dans des chaussures montant à mi-jambes, à la façon du cothurne antique, et rappelant par les bandes d’étoffe ou de cuir qui les renforcent l’ancien calceus des Romains470. Comme hauteur de tiges et agencement de bandes, ces chaussures byzantines se rapprochent beaucoup de la chausse, dite de saint Dizier, conservée dans l’église de Delémont471. Ce sont déjà des chausses.
La combinaison des longues braies avec une chaussure montante est une des caractéristiques du costume du neuvième siècle. Composée de bandes enroulées ou entrelacées sur un chausson d’étoffe qui en constituait le fond, cette sorte de bottine laissait souvent les doigts de pied à découvert (fig. 10)472. Elle entraînait alors quelquefois l’adjonction de souliers473. Les longues chausses qui en dériveront plus tard auront fréquemment cette même particularité de laisser nue une partie du pied. Généralement une bandelette, nouée en jarretière après avoir fait un ou deux tours, maintenait au genou la braie insuffisamment étroite pour être collante, contribuant ainsi à faire valoir la forme de la jambe. Dans le même temps, les braies courtes, à la romaine, persistaient dans le costume militaire. Elles étaient également agrémentées de jarretières474.
Au dixième siècle, les chausses montent, recouvrant les braies, jusqu’aux jarrets (fig. 11)475. Elles s’y rencontrent quelquefois serrées sur la jambe par des lanières entrecroisées, Mais à cette époque, les chausses ne sont pas d’un usage 83constant, et lorsqu’elles font défaut, les lanières en question se trouvent posées directement sur les braies (fig. 12)476.
Le calendrier historié d’un martyrologe chartrain, actuellement à la Bibliothèque de Saint-Étienne, nous fait voir les Beaucerons de l’an 1028, artisans, chasseurs, paysans, vaquant à leurs occupations, revêtus de longues braies recouvertes, semble-t-il, par des chausses ou tibiales477, que maintiennent des courroies enroulées d’abord au dessus du cou de pied, croisées ensuite sur le devant de la jambe et formant enfin jarretières par un dernier enroulement sous le genou (fig. 13)478. Ces mêmes Beaucerons sont encore représentés dans le manuscrit précité, en costumes de cérémonie, escortant un personnage qui peut être Eudes, deuxième du nom, comte de Chartres479. Les seigneurs et les bourgeois qui composent cette scène n’ont plus de chausses, mais ils restent pourvus de longues braies dont les plis indiquent, en même temps qu’une certaine largeur, une étoffe mince et peu consistante du genre de la toile (fig. 14)480.
D’autres documents contemporains nous montrent des braies semblables481. La tapisserie de Bayeux et les fresques de l’abbaye de Saint-Savin nous apprennent que ces mêmes braies se rétrécirent dans la seconde moitié du onzième siècle, au point de donner l’aspect qu’auront plus tard les chausses.
La figure 15, tirée de la célèbre broderie de la reine Mathilde, est un charpentier dont la robe est disposée de façon à laisser voir les braies dans toute leur longueur. Comme les anciennes braies celtiques, celles-ci sont ceintes à la taille, hauteur à laquelle avaient dû toujours parvenir les braies mais que les chausses n’atteignirent jamais au moyen âge.
On ne peut rendre compte par ce qui précède qu’anciennement le principal vêtement de jambes, le seul indispensable et constamment employé, était les braies, alors que les chausses ne se trouvaient être que des sortes de chaussures montantes dont l’usage, très intermittent, paraît avoir surtout dépendu des caprices de la mode. Les peintures de Saint-Savin, pas plus que la tapisserie de la reine Mathilde, ne nous offrent le moindre exemple de chausses et celles-ci ne réapparaîtront dans l’iconographie qu’après 1100.
Les modes successives des onze premiers siècles de l’ère chrétienne, tout en influençant différemment la coupe des tuniques, des chainses et bliauds avaient toujours laissé ces vêtements suffisamment courts pour permettre aux braies d’être plus ou moins apparentes. Aussi teignait-on cet habillement de jambes de voyantes couleurs482. Tous les manuscrits enluminés de cette longue période en témoignent. Les 84peintures du mont Athos, citées plus haut, nous apprennent qu’au moins à Byzance, on les taillait volontiers dans de riches étoffes à dessins. Les longues robes du douzième siècle amenèrent les braies, qui jusqu’alors avaient tenu le double rôle de vêtement indispensable et d’objet de parure à n’être plus qu’un modeste dessous de costume. Celles-ci se trouveront donc désormais presque invariablement confectionnées de simple toile, et, comme nous l’avons déjà dit, taillées dans le même tissu que la chemise et en même temps qu’elle. Ce ne sera plus maintenant qu’accidentellement, chez des personnages à demi vêtus, ou dans certains désordres de toilette provoqués par des attitudes mouvementées que les braies se laisseront apercevoir sur les monuments iconographiques.
Au douzième siècle, elles sont de deux sortes. Les curieuses sculptures du pilier de la porte de l’abbaye de Souillac nous en représentent de très larges, descendant seulement à mi-jambes et offrant cette singularité d’être fendues par derrière depuis le bas jusqu’aux cuisses, comme le montre notre figure 16.
L’autre sorte de braies, qui semble avoir été plus spéciale aux paysans se voit au portail de Saint-Ursin de Bourges et à celui de la cathédrale d’Autun. Ces braies campagnardes, larges et longues jusqu’aux pieds, avaient tout à fait l’apparence de nos pantalons. Nous avons appris plus haut qu’elles existaient déjà au cinquième siècle. Elles étaient parfois de longueur assez grande pour être coulissées à la cheville et retomber sur le pied à la manière des pantalons des femmes d’Orient483.
Les braies s’étaient toujours ceintes à la taille484. À en juger par l’unique spécimen que nous a si heureusement conservé la tourbe des marais de Thorsberg, six brides d’étoffe, réparties également sur le pourtour des braies celtiques à la hauteur des hanches, maintenaient une ceinture nouée ou bouclée par devant, disposition qui sans doute n’était pas exceptionnelle. En dehors de cette importante indication, il nous faut atteindre le douzième siècle avant de découvrir dans l’iconographie un mode quelconque de ceinture de braies. Quant aux textes, longtemps encore ils seront muets sur cette question.
Quelques exemples de la manière dont on ceignait les braies à l’époque de Louis le Jeune nous sont donnés avec précision par les sculptures du pilier de Souillac représentant deux groupes de lutteurs. La courroie de ceinture passe alors, non plus dans des brides, mais dans une large coulisse, par l’ouverture antérieure de laquelle sortent, après avoir été nouées, les deux extrémités de cette courroie. La coulisse qui paraît être en cuir, ou tout au moins en tissu beaucoup plus épais que l’étoffe très souple constituant le reste du vêtement, est par conséquent rapportée et cousue au bord supérieur des braies. Dans l’exemple que nous offre la figure 16, une lanière nouée à la courroie de ceinture sort de la coulisse par un œillet latéral et suspend une clef. Le second groupe de lutteurs, décorant le même pilier de la porte de l’abbaye de Souillac, montre une lanière simplement fixée dans la couture de la coulisse et à laquelle se trouve attachée une bourse.
Les longues braies paysannes de la cathédrale d’Autun sont également munies d’une coulisse assez large, mais semblant constituée par l’ourlet du bord supérieur du vêtement, au lieu d’être taillée à part et rapportée comme dans les exemples 85précédents. Une tunique descendant à mi-cuisses empêche de voir le mode d’attache de celles de Saint-Ursin de Bourges, lesquelles étaient sans doute ceintes de semblable façon.
Vers la même époque, un autre agencement, qui dut avoir été plus rarement usité, se rencontre dans une figure du manuscrit d’Herrade de Landsberg485, dont le Glossaire archéologique de Gay nous donne la reproduction486. De longues braies, du genre pantalon, s’y trouvent serrées à la taille par une écharpe d’étoffe, nouée par devant et dont les bouts pendants contribuent à masquer l’ouverture du vêtement. Un Christ de l’album de Villard de Honnecourt rappellera exceptionnellement ce dispositif au temps de saint Louis487.
Ce fut sous le couvert des longues robes inaugurées par les hommes au douzième siècle que s’opéra dans l’ombre, une modification importante de l’habillement de jambes masculin.
Jusqu’alors la plupart des braies, relativement étroites du haut, sans toutefois être collantes, ne pouvaient être revêtues qu’à la condition de s’ouvrir par devant ainsi que nos pantalons. Les braies de Thorsberg sont munies d’une ouverture antérieure analogue à nos brayettes. Il en était certainement de même pour les braies de Souillac, dont l’excès de largeur ne réside que dans les jambes, et probablement aussi pour celles d’Autun et de Bourges, bien que les sculptures représentant ces dernières ne permettent pas de constater l’évidence matérielle de cette disposition.
La grande innovation, effectuée au cours du douzième siècle dans la coupe des braies, ne consiste pas dans une modification de la longueur ou de la largeur des jambes. Elle est tout entière dans la suppression de l’ouverture du devant, compensée par une certaine ampleur donnée au tour de taille.
Dès le premier quart du siècle, concurremment avec les braies ouvertes dont nous venons de parler, il en existait d’entièrement fermées par devant. Ces braies, larges du haut, étroites de jambes, paraissent avoir été généralement munies de pieds488.
Après 1200, la transformation est définitive et les braies n’auront plus jamais d’ouverture antérieure.
Au treizième siècle, la plupart des braies restent longues. Quelques-unes ne descendent qu’à mi-jambes489. Des braies courtes, s’arrêtant aux genoux490, ainsi qu’on les verra adoptées au siècle suivant, font leur apparition. Enfin, exceptionnellement, Villard de Honnecourt nous montrera des braies étroites de jambes, mais d’une longueur telle qu’elles formeront au-dessus du pied la profusion de plis que la mode imposait alors aux poignets des manches de la cotte491.
Le type de braies le plus répandu à cette époque consistait en une sorte de pantalon, large de jambes, plus ample encore de fond, et dont le grand tour de 86de taille, sans solution de continuité aucune, était ourlé en manière de large coulisse492. Cette coulisse contenait la courroie de ceinture, nommée braier493. Le braier, serré aux hanches, faisait froncer la coulisse, laquelle prenait dès lors l’apparence d’un bouillonné très visible sur les représentations contemporaines.
Avec les longues braies descendant jusqu’au bas de la jambe, on attachait au braier deux courroies ou cordons pendants, un de chaque côté, souvent munis d’anneaux à leurs extrémités. Ces cordons, d’environ un demi-pied de longueur, sortaient de la coulisse par deux œillets pratiqués un peu en dehors de l’axe des cuisses. D’autre part, ces longues braies possédaient cette particularité que nous avons déjà vu aux braies demi-longues de Souillac et qui devint générale au treizième siècle, d’être fendues par derrière, du jarret à la cheville, et rattachées seulement dans le bas au moyen de cordons qui s’y trouvaient fixés (fig. 17)494.
L’objet de ces fentes à la jambe et des courroies pendues à la ceinture était de diminuer à volonté la longueur des braies, opération qui parut si souvent nécessaire dans la plupart des circonstances de la vie courante que ce n’est que par exception qu’on rencontre sur les monuments les braies longues descendues jusqu’aux pieds.
Il y avait deux façons d’opérer cette modification. La plus simple consistait à saisir le bas de chaque braie préalablement dénoué, et, mettant la jambe à nu, à le remonter directement jusqu’à pouvoir l’attacher par un nœud à la boucle suspendue au braier (fig. 18)495.
Dans la seconde manière, beaucoup plus usitée, on ne rattachait le bas de la braie à cette boucle qu’après lui avoir fait décrire, du dedans en dehors, une spirale autour de la jambe (fig. 19)496.
C’est ce mode qu’a adopté le grand saint Christophe, placé à droite du portail de l’horloge de la cathédrale d’Amiens. L’album de Villard de 87Honnecourt497, les cathédrales de Paris498, de Chartres499 et d’Hildesheim500 attestent également la grande vogue de cette façon de porter les braies au treizième siècle.
Le raccourcissement des braies au moyen de cordons devint si habituel qu’on finit par supprimer une longueur jugée désormais inutile, et, dès le milieu du siècle, commença l’usage de revêtir des braies s’arrêtant aux genoux501. L’extrémité de ces dernières fut généralement taillée en biseau502, tantôt plus longue par derrière que par devant, de façon à découvrir le genou, ainsi que le montre la figure 20, tirée d’un manuscrit de la Bibliothèque de Carpentras503, tantôt au contraire plus longue par devant que par derrière, recouvrant le genou et dégageant le jarret504.
Le douzième siècle avait vu les chausses croître en longueur jusqu’à dépasser le genou505. L’album de Villard de Honnecourt renferme un curieux dessin représentant deux lutteurs, l’un et l’autre munis de longues braies (fig. 21)506.
Le premier est chaussé, et, selon l’usage, il a introduit ce qu’il a pu de ses braies dans des chausses de la dimension de nos bas, Le second a raccourci les siennes en spirale, montrant ses jambes nues. Mais tandis que chez ce dernier les cordons du braier servent à maintenir les braies raccourcies, chez l’autre les mêmes cordons, devenus vacants, par suite de la descente des braies dans les chausses, sont utilisés à retenir celles-ci au moyen d’un bouton d’étoffe, appelé nouet, que chacune d’elles possède solidement cousu à l’ourlet de sa partie supérieure.
D’autres monuments témoignent de la longue durée de ce moyen d’attacher les chausses, depuis le treizième siècle jusque vers le milieu du suivant. Un dessin connu 88de Villard de Honnecourt représente l’Orgueil sous la figure d’un cavalier tombant de cheval507. Cette image indique, aussi clairement que la précédente, la même façon dont les chausses recouvraient les braies. Il en est ainsi d’une sculpture de la cathédrale de Chartres508, dans laquelle on remarque un personnage nu jusqu’à la ceinture, vêtu de braies introduites dans des chausses assez longues pour arriver à joindre par devant la coulisse du braier où elles sont attachées chacune par un cordon509. Cette sculpture chartraine prouve que, dès le temps de saint Louis, les chausses, que nous avons vues de la longueur de nos bas chez les lutteurs de Villard de Honnecourt, atteignent parfois la dimension maxima qu’auront dans la suite, les chausses séparées, de l’espèce dite chausses rondes, au quinzième siècle510.
À partir de 1300, les braies resteront larges, s’arrêtant aux genoux ou les dépassant quelque peu. Elles seront taillées en biseau, ou, suivant une mode plus récente, coupées droites à la hauteur du jarret. Dans certains cas, plus écourtées encore, elles auront l’apparence des culottes de nos joueurs de football511. On comprendra que leur propension à diminuer ne sera pas contrariée par l’avènement du costume court, vers 1340512.
Dès 1348, on voit des braies ne descendant guère au-delà du milieu de la cuisse513. Ce dut être à cette époque qu’on commença à perdre l’habitude d’attacher les chausses au braier pour les relier au gippon au moyen de cordons tissés circulairement en tuyaux solidement cousus à la doublure de ce vêtement514, lesquels furent eux-mêmes remplacés à la fin du siècle par des lanières ou des tresses de soie ferrées d’aiguillettes, passées dans des œillets pratiqués en haut des chausses et au bas du gippon515.
Dans le courant du quatorzième siècle, le terme de braier qui autrefois avait seulement désigné la ceinture des braies, s’appliqua souvent à l’ensemble du vêtement. Cependant ces braies, appelées braiers d’après certains textes, sont d’un genre spécial. Elles se trouvent confectionnées, non plus en simple toile, mais en étoffes de soie, telles que le cendal516, le satanin517, ou encore en peau de 89cerf518, et paraissent avoir été à l’usage exclusif des hautes classes. Si l’on excepte des braies blanches bordées de bleu, figurant dans l’enluminure d’un livre d’heures de la Bibliothèque d’Avignon519, et rentrant peut-être dans la catégorie de ces braies fantaisistes, aucun document iconographique ne nous en a montré de cette sorte.
En 1375, les braies sont devenues plus étroites de jambes, tout en conservant un ample tour de ceinture520. Leur coulisse, appelée goulière521, a perdu peu à peu l’excessive largeur qu’on lui a vue sur les monuments du siècle précédent. Elle s’amincira désormais de plus en plus.
Une particularité que nous n’avons pas rencontrée avant 1375 consiste dans une fente pratiquée à la jambe de chaque braie, soit de côté522, soit par devant523, comme si cette jambe avait été taillée trop étroite pour le passage de la cuisse.
Nous venons de voir le terme de braier s’appliquer aux braies mêmes. Par suite, la ceinture des braies ne s’appellera plus braier comme auparavant, mais brayette, diminutif de ce premier terme524. La brayette était garnie de deux anneaux de métal525, nommés boucles à braier526, lesquels avaient servi, en principe, à recevoir les cordons destinés à retenir les chausses. Une troisième boucle sanglait souvent la brayette en son milieu. La goulière possédait alors un œillet central, placé entre deux œillets latéraux527. Ces trois œillets correspondaient aux trois boucles de la brayette.
L’argent et même l’or étaient employés parfois à la garniture des braiers des grands seigneurs528.
Le fabliau intitulé Martin Hapart529 nous apprend que la coutume de suspendre sa bourse au braier, déjà usitée au douzième siècle, comme nous l’avons vu plus haut, existait encore au début du quatorzième. Elle dut cesser avec l’avènement des habits courts, vers 1340.
90Il nous faut terminer cet aperçu des braies au quatorzième siècle par deux remarques générales importantes.
Ce vêtement ne se ceignait plus à la taille. Comme les braies celtiques, gallo-romaines et carolingiennes, celles de la période capétienne eurent bien leur ceinture placée au-dessus des hanches, mais seulement jusqu’au jour où l’on imagina d’attacher les chausses à cette ceinture. On conçoit qu’alors la traction des chausses sur le braier occasionnât fatalement un déplacement de la ceinture de haut en bas. Cette modification est très visible sur les monuments du treizième siècle, où l’on peut s’assurer que les braies s’y trouvent toujours ceintes plutôt en dessous des hanches qu’en dessus. Il en fut de même pour le siècle suivant, et la préoccupation qu’on eut, à partir de 1350, de posséder, sous le pourpoint collant, la plus fine taille qu’on put obtenir devait forcément éloigner de cette partie du corps la moindre ceinture d’un vêtement de dessous.
Nous devons faire remarquer enfin que toujours les braies paraissent en contact immédiat avec la peau. Contrairement aux assertions toutes gratuites de Viollet-le-Duc530 et d’Hottenroth531, ce vêtement, à l’encontre du caleçon moderne, ne renfermait pas la chemise. Nombreux sont les documents iconographiques prouvant cette singularité jusqu’à l’évidence532. Lorsque la chemise vint, d’une manière intermittente à ses débuts, faire partie du costume, elle tomba tout simplement sur l’habillement de jambes en façon de robe533, et pour l’introduire seulement dans les chausses, il fallut attendre l’apparition des cottes écourtées. Les chausses dès lors s’attachèrent non plus aux braiers, mais aux pourpoints.
Nous voici arrivés au siècle de Jeanne d’Arc. Les braies, déjà très réduites depuis deux cents ans, vont encore accentuer leur tendance à diminuer de longueur et de largeur par le fait d’une innovation importante du costume masculin. Nous voulons parler de la jonction des deux chausses, jusque là toujours séparées, qui désormais ne formeront le plus souvent, à l’instar des braies, qu’un seul vêtement.
D’une façon générale, les braies de la première moitié du quinzième siècle ne dépassent pas le milieu de la cuisse et se ceignent de plus en plus au-dessous de la taille, diminuant ainsi à la fois par en haut et par en bas.
La mode de pratiquer de petites fentes dans les tours de cuisse, que nous avons vu inaugurer au siècle précédent, subsiste chez quelques-uns jusque vers 1460534. Mais le fait que la plupart des braies du quinzième siècle ne descendent que de très 91peu au-dessous du ventre535, enlève tout prétexte à cette particularité qui nous paraît avoir été moins utile que fantaisiste. On ne la retrouvera même plus dans les braies démodées arrivant presque aux genoux, dont l’usage persistera assez longtemps chez les miséreux536.
La seule modification essentielle que subirent les braies au quinzième siècle consista dans la suppression de la brayette à boucles, dès lors remplacée par un simple cordon de coulisse. La goulière, de plus en plus réduite, fut percée par devant de deux œillets, distants l’un de l’autre d’un demi-pied. Les deux extrémités du cordon de ceinture se croisaient dans la goulière entre les deux œillets, ressortaient ensuite, celle de droite par l’œillet gauche, celle de gauche par l’œillet droit, et étaient enfin réunies extérieurement par un nœud. Cette dernière opération avait pour effet de rapprocher les deux œillets en fronçant la goulière et de produire ainsi une poche antérieure bien visible sur les documents iconographiques de l’époque (fig. 22 et 23).
La lecture de certain Décaméron enluminé de la Bibliothèque nationale537 eût évité bien des erreurs aux historiens du costume qui ont trop souvent confondu les braies, soit avec les chausses du moyen âge538, soit avec le haut de chausses de la Renaissance539. Le texte de ce manuscrit dont les peintures nous paraissent avoir été exécutées vers 1435, est celui de la traduction française, faite en 1414 par Laurent de Premierfait, du célèbre ouvrage de Boccace. Au folio 247 verso, une miniature540 y représente des braies qui en même temps s’y trouvent textuellement désignées. C’est bien le petit caleçon de dessous très écourté que montrent nos figures. Il n’y a donc aucun doute à avoir sur ce qu’on appelait braies au quinzième siècle.
Le plus important des exemplaires manuscrits qui nous restent assez nombreux de la traduction du Décaméron par Laurent de Premierfait constitue un des joyaux de la Bibliothèque de l’Arsenal541. Transcrit par Guillebert de Mets, ce transcripvain542 a jugé à propos de changer le mot braies, partout où il l’a rencontré dans le texte original, en celui de brayer. Nous avons vu ce dernier terme déjà synonyme de braies au siècle précédent, alors que plus anciennement il ne désignait que la ceinture des braies. La partie avait 92fini par donner son nom au tout et, après 1440, l’expression de brayer prévaudra généralement sur celle de braies, pour dénommer ce dessous du costume. Notre figure 22 montre le brayer du juge de la Marche d’Ancône, tel qu’il est représenté sur le manuscrit de l’Arsenal543. Il est identique aux brayer du Décaméron de la Bibliothèque nationale précédemment cité.
Ici, une remarque s’impose qui prouvera jusqu’à quel point les gens du moyen âge étaient, comme nous l’avons expliqué au début de ce livre, ignorants des modes du passé. Boccace fait du juge de la Marche d’Ancône un personnage ridicule et de mise démodée, et, ayant écrit son Décaméron vers 1340, il l’affuble de braies dépassant le genou, comme seuls en portaient alors quelques vieillards attardés. Cette longueur de braies inusitée est d’ailleurs un élément essentiel de sa narration. Cent ans plus tard, il n’entrait pas dans l’esprit d’un enlumineur qu’il ait jamais pu exister des braies plus longues que celles qu’il voyait chaque jour sur lui et sur d’autres. Aussi, contrairement à ce qu’exigeait le texte de la nouvelle de Boccace, l’artiste auquel fut confié le soin de l’accompagner d’une miniature, n’ayant sous les yeux que des braies très écourtées, les représenta telles dans sa composition. On peut voir par là combien l’imagerie des manuscrits du moyen âge reproduit fidèlement les modes de l’époque à laquelle ils ont été enluminés, et combien elle est utile à l’histoire du costume.
Le précieux Armorial de la Toison d’or, également conservé à la Bibliothèque de l’Arsenal544, nous donne les armes parlantes de l’ancienne famille hollandaise Abbenbroek545. Elles offrent la représentation de braies semblables à celles du juge de la Marche d’Ancône.
La figure 23 montre les braies, vues sous deux aspects différents, d’un saint Georges provenant d’une série de quatre panneaux de l’École catalane, sur lesquels sont retracées les principales scènes du martyre de ce saint. Ces peintures, actuellement au Musée du Louvre, sont d’environ 1430.
La seule image qui nous ait été conservée portant effectivement cette date, si intéressante pour notre étude, est un calvaire dessiné à la plume en tête d’un manuscrit de la Bibliothèque de Sélestat546. Les braies dont s’y trouvent revêtus les deux larrons sont identiques aux précédentes.
Il n’est pas de vêtement qui ait plus souvent figuré dans l’iconographie médiévale de tous les pays, et c’est par centaines que nous pourrions en citer des exemples. Il y a donc lieu de s’étonner que Victor Gay ait écrit à propos des braies :
Cette pièce du costume intérieur est rarement visible, et c’est par exception qu’on la découvre dans les peintures et les sculptures anciennes547.
Cet auteur, qui n’avait certainement pas lu les Décamérons dont nous avons parlé plus haut, nous semble ne pas s’être rendu compte de ce qu’était devenue cette partie de l’habillement aux quatorzième et quinzième siècles.
En dehors du Christ, généralement revêtu du périzonium traditionnel, tous les hommes représentés nus dans les tableaux, sculptures et miniatures du moyen âge, 93les deux larrons548, saint Jean Baptiste549, saint Lazare550, saint Sébastien551, saint Laurent552, saint Quentin553, saint Georges554, saint Côme, saint Damiens555 et autres saints556, sans compter les dix mille martyrs de la légion Thébaine557, sont, à part d’infimes exceptions qu’on ne rencontre guère avant 1440558, uniformément pourvus de braies jusqu’au début de la Renaissance et même après 1500559. Les enfants ressuscités par saint Nicolas sont ordinairement ainsi vêtus560. Une miniature d’environ 1440 nous montre Abel, debout entre Adam et Ève, nu et muni d’un 94brayer561. L’enfant prodigue revient au toit paternel, dépouillé de tous ses vêtements, sauf de ses braies, sur un vitrail de la cathédrale d’Auxerre. Enfin la plupart des manuscrits enluminés des Cas des nobles hommes de Boccace renferment des exemples de cette partie du costume562.
À côté des braies très écourtées, selon la mode générale du quinzième siècle, dont nos dernières figures ont donné la physionomie, l’ancien type couvrant plus ou moins les cuisses, en usage au siècle précédent, subsistait encore chez les pauvres563. C’est sans doute comme symbole d’humilité que certains peintres en ont affublé le Christ dans les cas tout à fait exceptionnels où ils ne l’ont pas revêtu de l’antique périzonium. Nous donnons un de ces très rares exemples, provenant du Bréviaire de Salisbury564, dans la figure 24.
Il nous paraît peu probable que les braies reprochées à notre héroïne aient été de ce type, démodé de son temps. Ce n’est pas sans raison, en effet, que les hommes de cheval avaient fini par abandonner un vêtement dont ils jugeaient les dimensions, pourtant déjà réduites, encore trop grandes pour ne pas gêner dans d’étroites chausses qui devaient ordinairement contenir en outre la partie inférieure d’une chemise565. Les saint Georges et les saint Sébastien, qui étaient des chevaliers, se trouvent toujours représentés, au quinzième siècle, lorsqu’ils sont dépouillés de leurs vêtements, munis du brayer exigu, collant et découvrant les cuisses qu’a montré, sous deux aspects, notre figure 23. Nous nous contenterons donc de donner, dans la figure 25, le patron de ce dernier vêtement.
Notre tracé n’en reproduit que le côté gauche, les deux côtés étant inversement identiques. La couture de devant est en A C, celle de derrière en B C’. On voit en A B la coulisse de ceinture avec son œillet gauche, placé à quelques centimètres du point A. L’entrejambes sera constitué par les lignes C D et C’ D’ réunies par une couture et fermant ainsi le tour de cuisse D D’. La coulisse, cousue en dehors566, présente en B une solution de continuité567 qu’on peut constater sur le croquis de droite de notre figure 23. Cette ouverture avait son utilité en facilitant l’introduction du cordon de ceinture dans la coulisse. Les deux extrémités 95de ce cordon se croisaient intérieurement en A, d’un œillet à l’autre, pour ressortir, celle de droite par l’œillet gauche et celle de gauche par l’œillet droit568.
Jeanne d’Arc, pendant sa mission, ne dut posséder que des braies de ce dernier genre.
Exclusivement réservé aux hommes, ce vêtement, qu’à partir de 1440 on appela plus souvent brayer, était l’emblème de la virilité. Dans un ménage, porter le brayer équivalait à notre expression populaire porter la culotte. On conçoit dès lors que le port des braies fut particulièrement reproché à une pucelle qui ne se contentait pas d’en user au figuré.
Quelques auteurs569 ont prétendu, sans donner de raisons suffisantes à l’appui de leurs assertions, que les femmes du moyen âge avaient porté des braies comme les hommes. L’un d’eux, Victor Gay, cite à ce propos un texte que nous croyons devoir interpréter autrement que ne l’a fait ce patient compilateur.
Le dictionnaire latin-français, composé par Firmin Le Ver en 1440, d’où provient le texte en question, nous apprend en effet que le terme feminalia désignait les braies des femmes alors que celui de femoralia s’appliquait aux braies des hommes570. Il est évident, d’après ce passage, que les femmes, ou tout au moins quelques-unes d’entre elles, ont revêtu, au quinzième siècle, un vêtement de dessous correspondant aux braies masculines ; mais s’ensuit-il forcément que ce vêtement ait été du même modèle que ces dernières ? Il y avait le chaperon de femme et le chaperon d’homme et ces deux coiffures se trouvaient différentes. Il en était de même, croyons-nous, pour les braies masculines et féminines.
En 1371, le chevalier de la Tour-Landry, qui comprenait à sa façon l’éducation des jeunes personnes, écrivit, pour l’édification de ses filles, un conte où une femme, par suite de circonstances délicates, se voit obligée de revêtir des braies d’homme et de faire croire à un mari qu’elle veut duper que toutes ses amies en portent également571. Cette anecdote ne tend-elle pas à prouver ce que l’usage de ce vêtement avait d’anormal pour le beau sexe à la fin du quatorzième siècle ?
Il est à peu près certain d’autre part que si les femmes avaient porté des braies semblables à celles des hommes, il en resterait quelques traces dans les nombreuses miniatures qui nous ont été conservées de ces époques lointaines, alors qu’on y rencontre tant d’exemples de braies masculines.
L’enluminure d’un manuscrit en deux volumes de la Bibliothèque nationale, d’environ 1475572, nous met en présence d’une quantité de saints et de saintes, martyrisés nus. Les hommes y sont tous revêtus du brayer obligatoire. Quant aux femmes, elles s’y trouvent uniformément pourvues d’une sorte de petit jupon, coulissé ainsi que les braies, ceint comme ces dernières au dessous des hanches et ne couvrant guère que le haut des cuisses573. Cent ans auparavant, ce même vêtement, 96identique comme forme et comme dimension, voilait déjà la nudité de deux baigneuses dans une fresque du Palais des Papes574, à Avignon. On le rencontre d’ailleurs également vers 1430575, porté, ainsi que dans le manuscrit précité, par de saintes martyres, dépouillées de leurs robes. Ce sont là peut-être les feminalia de Firmin Le Ver.
Si diminuées que furent les braies vers 1430, on trouva moyen, dans le dernier tiers du siècle, de les réduire encore au point de n’en plus faire qu’une sorte de ceinture576. Mais ces étroits bandages ne furent pas universellement adoptés et l’iconographie nous montrera jusque dans les premières années du seizième siècle des brayers se rapprochant de la dimension de nos caleçons de bains577, tels que les représentent nos figures 23 et 25.
Comme nous l’avons déjà dit, il ne fut jamais d’usage d’enfermer la chemise dans les braies. Cette opération, matériellement impossible avec les brayers réduits à l’état de ceinture, n’était guère plus praticable avec les braies collantes et écourtées dont nous avons donné le patron. Cependant des circonstances spéciales amenaient éventuellement les braies à contenir un peu de la chemise. Le Bréviaire Grimani nous fait voir un pêcheur, dans l’eau jusqu’à mi-cuisses, ayant relevé les pans de sa robe dans sa ceinture et retenu ceux de sa chemise dans son brayer pourtant très exigu578. Une enluminure des Heures d’Anne de Bretagne représente un vendangeur en pourpoint pressurant le raisin d’une cuve, et ayant également introduit dans ses braies la partie inférieure de sa chemise579. Ce sont là des cas tout à fait exceptionnels.
L’imagerie du moyen âge nous a montré hommes et femmes dans tous les costumes, depuis la toilette la plus sommaire jusqu’à la tenue la moins négligée, nous facilitant ainsi l’étude des différents dessous du vêtement. Celle de la Renaissance, en répudiant un réalisme que n’admettaient plus les idées nouvelles, nous a privés d’une source de renseignements à laquelle rien ne peut suppléer. Il nous paraît donc difficile de savoir ce que devinrent les braies au cours du seizième siècle, d’autant plus qu’à partir de 1512, les textes eux-mêmes omettent d’en faire mention pendant cette période. Il n’en est nullement question dans l’énumération détaillée des pièces composant la garde-robe que Grandgousier fit confectionner à son fils Gargantua580.
Ce n’est plus qu’au début du dix-septième siècle qu’on verra 97reparaître le terme braies, et seulement comme synonyme de caleçons581. Nous ne croyons pas que ces derniers vêtements dérivassent des anciennes braies. Vraisemblablement importés en France sous le règne de Henri II, les calzoni italiens, origine évidente de nos caleçons, n’étaient qu’un haut-de-chausses de dessous582. Ils remplirent d’ailleurs le rôle qu’avaient assumé les braies au moyen âge et c’est pourquoi, bien que la dénomination de caleçons finît par prévaloir, on put appliquer également celle de braies aux premiers calzoni dont les français firent usage583.
Toujours est-il qu’actuellement le mot brayer se trouve réservé à certains bandages hygiéniques584, comme il l’était déjà au dix-huitième siècle585, et que les Italiens appellent encore aujourd’hui brachiere une ceinture d’un genre spécial, à peu près identique à celles dont le Maître de Delft a revêtu les deux larrons dans sa Crucifixion de la National Gallery, vers 1520.
Un article de bandagiste, voilà tout ce qui nous reste, avec les bragou-braz des paysans bretons, des anciennes braies gauloises de nos aïeux.
Notes
- [404]
Le mot latin camisia se rencontre pour la première fois au quatrième siècle, dans un écrit de saint Jérôme pour désigner un vêtement de lin à l’usage des militaires (Littré, Dictionnaire de la langue française : chemise). Il est probable que la camisia était alors une sorte de cotte d’armes plutôt qu’une chemise portée sur la peau. Le poète Venance Fortunat, qui vivait au sixième siècle, mentionne la camisia comme étant une tunique d’étoffe fine et précieuse, sans qu’on puisse en conclure qu’elle servait ou non de premier vêtement (Quicherat, Histoire du costume en France, p. 96). La chemise n’apparaît avec certitude dans les textes comme robe de dessous qu’à partir du neuvième siècle (Règlement du costume des Bénédictins au concile d’Aix-la-Chapelle, en 817, ap. Id., Ibid., p. 119).
- [405]
En 1461, les Cisterciens font scandale en portant des chemises de toile, ce qui prouve que leur règle, comme celles des autres ordres monastiques n’autorisait que la chemise de laine (Quicherat, Histoire du costume en France, p. 316).
- [406]
813 : Capitulaire de Charlemagne ordonnant qu’il soit fourni aux femmes des gynécées de la toile de lin pour en faire des chemises.
- [407]
1379 :
La chemise et les bayes du berger doivent estre de grosse toille et forte que l’on appelle canevas.
(Jean de Brie, Le bon berger, ch. 8, p. 70, ap. Gay, Glossaire archéologique, t. I, p. 209). Le mot canevas venait du bas latin canevasium, chanvre (Littré, Dictionnaire : canevas). - [408]
1422 :
Une chemise de soye blanche barrée de soye rouge et bardée de lettres d’or. (Comptes royaux de Regnault Doriac, p. 206, ap. Gay, Glossaire archéologique, t. I, p. 360).
- [409]
1469 :
Une aulne escarlate (drap de laine) pour faire une chemise à mettre par dessoubz le pourpoint du roy, 9 l. 12 s. 6 d. t.
(3e compte royal d’Alexandre Sextre, fol. 17, ap. Gay, Ibid.). - [410]
Viollet-le-Duc, Dictionnaire du mobilier, t. III, p. 173.
- [411]
Vers 1300 :
Entre les autres choses nos esguardons misericordiousement que, por la grand ardour de la chalour qui est el païs d’orient, de la pasque jusqu’a la toz sains, por grace et no mie par dette, soit doné a chascun frere une chamise cotte linge a celui qui la voudra user.
(Henri de Curzon, La Règle du Temple, art. 20). Ce passage semble bien indiquer qu’en temps ordinaire, les chevaliers templiers ne revêtaient comme chemise qu’une cotte de laine. - [412]
1350 :
Les cousturiers qui feront les robbes-linges prendront et auront de la façon d’une robbe-linge à homme, d’œuvre commune huit deniers et de la chemise à femme quatre deniers et non plus.
(Ordonn. des rois, t. II, p. 372). - [413]
Voir plus haut, p. 16.
- [414]
Vers 1407. — Bibl. nat., lat. 7907 A, fol. 107.
Vers 1410. — Ibid., fr. 22531, fol. 115.
Vers 1425. — Brit. Mus., Add. MS. 18850, folios 9, 16 verso, 17 verso.
Vers 1445. — Bibl. nat., lat. 1176, fol. 120.
Vers 1460. — Ibid., lat. 9473, fol. 5.
1467. — Ibid., fr., 254, fol. 81.
Vers 1170. — Ibid., lat., 13263, fol. 9.
Vers 1485. — Ibid., fr., 218, fol. 274 verso.
- [415]
1390. —
… douze paires de robbes linges, Savoir 12 chemises et 12 brayes, qu’il (le duc Louis d’Orléans) a donné à son tres cher cousin le Sgr de Coucy…
(Bibl. nat., fr. 10431, p. 231). - [416]
Voir la note 9 de la page précédente. La grande différence qu’on y peut remarquer entre les prix de façon d’une robbe linge a homme et d’une chemise a femme provient de ce que, dans la façon de la robbe linge d’homme, était comprise celle des braies.
- [417]
Et braies et chemise
Et moulles par la bise.
(Le dict. de l’eschacier, ap. Viollet-Le Duc, Dict. du mob., t. III ; p. 75).
Cele se couche avant, et il après, més c’est en chemise et en braies,… Lanceloz entendi la voiz en son dormant, et sailli sus en braies et en chemise,… (Li contes de la charrette, ibid., p. 75, 76).
Brais, chemise et de cheinsil
Plus blanche que n’est ilur en avril
(Lai del desire, ibid., p. 174).
Cemise et braies de cainsil
Plus blances que ilur ne greisil
(Roman des aventures de Fregus, ibid.)
Cemise et braies blances a
Qu’Ydoine cousi et tailla
De blanc cainsil bien deliié
(Amadas et Ydoine, ibid., p. 175).
Vers 1260. —
Cil qui vendent braies et chemises et dras de lit nues et napes et touailles nueves, il ne doivent riens de coustume, se il ne mestent sus estal.
(Hist. gen. de Paris, Le livre des metiers d’Estienne Boileau, p. 267)1266. —
Pot 4 paire de braies et de chemises feites et por 3 paire de ganz doblez, 5 besans. Et por autres 4 paire de braies et de chemises feites, 4 besanz
(Inv. du cte de Nevers, p. 203, ap. Gay, Gloss. archeol., t. I, p. 210).Vers 1300. —
Le jor du jeudi absolu, le ou li Maistres est, il doit laver les piés a XIII povres, et doit doner a chascun des povres chemises et braies et II pains et II diniers et uns soliers.
(De Curzon, La Regle du Temple, p. 86.1336. —
Pro camisia et brayes ad opus Johannis Lamberti, valeti ortolani, 2 s. 10 den.
(Cpte de Giraud Fraissens, fol. 51 verso, ap. Gay, Gloss. archeol., t. I, p. 210). - [418]
Il est bon de faire remarquer que l’article douze de l’acte d’accusation (voir p. 16) énumère successivement les différentes parties du costume de la Pucelle rigoureusement dans l’ordre où l’usage était de les revêtir.
- [419]
Vers 1330. — Bibl. de Cambrai, 87, folios 93 verso et 95.
- [420]
Vers 1370. — Bibl. nat., fr. 313, fol. 117 verso.
1396. — Bibl. nat., fr. 313, fol. 117 verso.
Vers 1400. — Bibl. de l’Arsenal, 3141, fol. 87.
Vers 1410. — Bibl. nat., fr. 131, fol. 176 ; fr. 1023, fol. 43 ; fr. 2810 ; fol. 291 verso. — Musée du Louvre, n° 995, le martyre de saint Denis. — Bibl. de Valenciennes, 637, fol. 104 verso.
Vers 1415. — Bibl. nat., fr. 247, fol. 49. — Bibl. de Chantilly, Calendrier des Très riches Heures, Juin et Juillet. Heures de Turin, Paris, 1902, fol. 71 verso. — Brit. Mus. Harl. MS. 2897, fol. 390 verso.
Vers 1420. — Bibl. nat., fr. 97, fol. 409. — Bibl. de Rennes, 33, fol. 9.
Vers 1425. — Brit. Mus., Add. MS. 18850, folios 235, 257.
- [421]
Vers 1430. — Bibl. de Chantilly, 575, fol. 143 verso.
Vers 1433. — Bibl. nat., lat. 17294, fol. 488 verso.
- [422]
Vers 1425. — Brit. Mus., Add. MS. 18850, fol. 235, 257.
- [423]
Vers 1460. — Bibl. nat., lat. 9173, folios 5 verso, 6 verso, 179 verso.
Vers 1465. — fr. 9186, fol. 318 (chemise extraordinairement courte.) — Bibl. de Bergues-Saint-Vinox, 63 fol. 328 verso.
Vers 1470. — Bibl. nat., fr. 39, fol. 86 verso ; fr. 2643, fol. 126. — Bibl. de Genève, fr. 79, fol. 204 verso.
- [424]
Vers 1433. — Bibl. nat., lat. 17294, fol. 488 verso.
- [425]
Voir plus loin le chapitre consacré à la robe.
- [426]
Vers 1430. — Bibl. de Chantilly, 575 fol. 143 verso.
Vers 1460. — Bibl. nat., fr. 74, fol. 61 ; fr. 77, fol. 414 verso ; fr. 99, fol. 6.
Vers 1470. — Ibid., fr. 2643, fol. 126 ; fr. 2645, fol. 233 verso.
- [427]
Le rochet était une variété de la chemise.
- [428]
Vers 1435. — Bibl. nat., fr. 239, fol. 251 verso.
- [429]
1440. — Cour de l’École des Beaux Arts, Bas-relief représentant l’amende honorable faite en 1440 à l’Université par les sergents du prévôt de Paris.
- [430]
Vers 1440. — Bibl. de l’Arsenal, 5070, fol. 40 verso. Ce personnage se retrouve avec la même chemise au folio 34 verso du Décameron du Vatican (Palat. 1989), exécuté vers 1415 et dont le 5070 de l’Arsenal est une réplique dans laquelle les modes de 1440 ont remplacé celles de 1415. Ce genre de chemise, usité en 1440, existait donc déjà en 1415.
- [431]
Nous croyons devoir citer, par ordre chronologique, quelques exemples de chemises fendues et non fendues afin de démontrer qu’il est difficile d’attribuer l’un de ces deux genres à une décade plutôt qu’à une autre.
Chemises à fentes latérales.
1396. — Bibl. nat., fr. 313, fol. 117 verso.
Vers 1400. — Bibl. de l’Arsenal, 3141, fol. 87.
Vers 1410. — Bibl. nat., fr. 1023, fol. 43. — Bibl. de l’Arsenal, 3478, fol. 160 verso.
Vers 1415. — Bibl. nat., fr. 247, fol. 49. — Heures de Turin, Paris, 1902, fol. 71 verso. Musée du Louvre, peinture n° 995. — Chantilly, Très riches Heures, miniatures 6 et 7. — Bibl. du Vatican, Palat. 1989, fol. 34 verso.
Vers 1420. — Bibl. nat., fr. 97, fol. 409.
1440. — École des Beaux Arts, Bas-relief de l’amende honorable des sergents de Paris à l’Université.
Vers 1440. — Bibl. nat., fr. 235, fol. 130. — Bibl. de l’Arsenal, 5070, fol. 40 verso.
Vers 1450.— Musée d’Autun, peinture n° 50.
Vers 1460. — Bibl. nat., fr. 1230, fol. 202 verso ; lat. 9173, folios 5 verso, 6 verso ; lat. 13305, fol. 8. — Bibl. de Carpentras, 622, fol. 12.
Vers 1465. — Bibl. nat., fr. 9343, fol. 211 verso ; fr. 9344, fol. 104.
Vers 1470. — Ibid., fr. 50, fol. 231 verso ; fr. 99, fol. 6 ; fr. 234, fol. 74 ; fr. 2643, fol. 126 ; lat. 13263, fol. 110 recto et verso.
Chemises dépourvues de fentes
Vers 1410. — Bibl. nat., fr. 131, fol. 176 ; fr. 2810, fol. 291 verso. — Bibl. de l’Arsenal, 3480, fol. 239.
Vers 1415. — Brit. Mus., Harl. MS. 2897, fol. 390 verso.
Vers 1425. — Ibid., Add. MS. 18850, fol. 257.
Vers 1433. — Bibl. nat., lat. 17294, fol. 488 verso.
Vers 1435. — Ibid., fr. 239, fol. 251 verso.
Vers 1440. — Ibid., fr. 236, fol. 205 ; fr. 111, folios 106, 107, 139.
1441. — Ibid., fr. 341, fol. 162.
Vers 1450. — Ibid., fr. 232, fol. 279.
Vers 1460. — Ibid., lat., 9473, fol. 179 verso.
Vers 1470. — Ibid., fr. 50, fol. 86 verso ; fr. 50, fol. 119 verso ; fr. 233, fol. 104 verso.
Vers 1480. — Bibl. de Douate, A. 311, fol. 8 verso.
- [432]
Vers 1433. — Bibl. nat., lat. 17294, fol. 488 verso (Voir fig. 2).
1441. — Ibid., fr., 341, fol. 162.
- [433]
Voir la figure 2.
- [434]
Les chainses et les bliauds du douzième siècle se trouvaient confectionnés de cette manière. (Quicherat, Histoire du costume, p. 139, 148, 149).
- [435]
Musée d’Autun, peinture n° 50, d’environ 1450.
Église d’Orsoy (Prusse rhénane), Légende de saint Nicolas (fin du quinzième siècle).
Encyclopédie, Genève, 1778, t. 33, p. 366 à 368.
Marcel Dessault, Traité pratique et scientifique de la coupe des chemises, p. 162 à 170.
Des coussons (goussets) élargissaient les manches à l’entournure dans les chemises de Gargantua (Rabelais, Gargantua, l. 1, ch. VIII).
- [436]
Vers 1425. — Brit. Mus., Add. MS. 18850, fol. 257 (Voir fig. 1).
1433. — National Gallery, Jean van Eyck, l’Homme au turban.
Vers 1437. — Bibl. nat., lat. 1156 A, fol. 81 verso (voir fig. 7).
1440. — Cour de l’École des Beaux Arts, bas-relief représentant l’amende honorable faite en 1440 à l’Université par les sergents du prévôt de Paris (Voir fig. 5).
Vers 1440. — Bibl. de l’Arsenal, 5070, fol. 40 verso (voir fig. 6).
1449. — Bruxelles, Bibl. roy., 10958, fol. 22 verso.
Vers 1450. — Exposition des Primitifs français de 1904, Crucifixion (Voir fig. 8). — Musée de Berlin, le Maître de Flémalle, portrait d’inconnu.
Vers 1460. — Bibl. nat., fr. 12330 ; fol. 202 verso ; lat. 13305, fol. 8. — Bibl. de Clermont-Ferrand, 84, fol. 9.
- [437]
1449. — Bruxelles, Bibl. roy., 10958, fol. 22 verso.
Vers 1460. — Bibl. nat., fr. 12330, fol. 202 verso.
Exceptionnellement un manuscrit d’environ 1440 (Bibl. nat., fr. 188) nous montre une encolure de chemise close par trois de ces boutons (fol. 18 verso), et aussi des manches boutonnées aux poignets de trois boutons semblables (fol. 29).
- [438]
Vers 1430. — Arras, Recueil des dessins de Saint-Vaast, portrait de Jacques, roi d’Écosse.
1449. — Cologne, Collect. Oppenheim, Petrus Christus, Legende de saint Éloi.
Vers 1450. — Londres, Collect. G. Salting, Petrus Christus, portrait de jeune homme tenant un livre. — Musée d’Anvers, l’Homme à la flèche.
Vers 1460. — Chantilly, Musée Condé, portrait d’Antoine, grand bâtard de Bourgogne. — Arras, Recueil de Saint-Vaast, portrait de Pierre de Sayavedra, chambellan du duc Philippe le Bon.
1468. — Musée de Bruxelles, Thierry Bouts, La Sentence inique de l’Empereur Othon.
- [439]
Sorte de gilet à manches, appelé aussi pourpoint.
- [440]
Plus tard, la mode vint de poser des pourpoints lacés seulement au col et à la taille, l’intervalle restant ouvert pour laisser voir la chemise. On revêtait par dessus des robes également ouvertes, montrant par conséquent ce que les pourpoints ne cachaient pas de la chemise. Les manuscrits français de la Bibliothèque nationale 308, 1274, 9087, 9198, 9342, dont les enluminures paraissent avoir été exécutées vers 1455, fournissent de nombreux exemples de cet agencement.
- [441]
Vers 1420. — Bibl. nat., fr. 97, fol. 409.
1437. — Ibid., lat. 1156 A, fol. 81 verso (voir fig. 7).
1440. — École des Beaux Arts, bas-relief de l’amende honorable des sergents du prévôt de Paris à l’Université (Voir fig. 5).
Vers 1440. — Bibl. de l’Arsenal, 5070, fol. 40 verso (Voir fig. 6).
Vers 1450. — Musée de Besançon, Roger van der Weyden, portrait d’inconnu.
- [442]
Vers 1437. — Bibl. nat., lat. 1156 A, fol. 81 v°.
- [443]
1379 :
La façon de la chemise [du berger] doit estre fendue par devant à deux poinctes, et les deux pans de devant doivent estre amples et longs en la manière d’ung pannoncel agu, affin qu’il y puist mettre et enveloper son argent et nouer le pan au droit neu.
(Jean de Brie, Le bon berger, ch. 8, p.70). Nous n’avons pu, jusqu’à présent, rencontrer un seul exemple figuré de ces chemises fendues par devant en deux pointes aiguës, dont cette citation prouve l’existence incontestable à la fin du quatorzième siècle.Vers 1410. — Bibl. nat., lat. 10538, fol. 8.
Vers 1450. — Exposition des primitifs de 1904. Crucifixion, dont notre figure 8 donne un fragment.
- [444]
p. 360. Moissonneurs en chemise (Extrait d’un manuscrit d’une collection privée).
- [445]
Froissart, Chroniques, t. IV, p. 59.
- [446]
Calendrier, Juin, Juillet, Septembre.
- [447]
Vers 1250. — Bibl. de Carpentras, 77 fol. 176 verso.
Vers 1330. — Bibl. de Cambrai, 87, fol. 97.
1348. — Bibl. nat., fr. 241, fol. 300.
Vers 1370. — Bibl. de Tours, 185, fol. 253.
Vers 1400. — Bibl. nat., lat. 8886, fol. 458.
Vers 1410. — Ibid., lat. 10538, fol. 213.
1426. — Bibl. de l’Arsenal, 622, fol. 296 verso.
Vers 1440. — Bibl. de Lyon, 1390, fol. 280.
Vers 1450. — Bibl. nat., lat. 921, fol. 233. — Brit. Mus., Add. MS. 28785, fol. 171 verso. — Bruxelles, Bibl. roy., 9026, fol. 500.
- [448]
1459. —
Pour 6 aulnes toile de Hollande pour faire 18 petis draps linges pour led. Sgr. au pris de 10 s. t. l’a.
(1er Cpte Roy. de P. Burdelot, fol. 36, ap. Gay, Gloss. archéol., t. I, p. 318). - [449]
Vers 1150. —
Et les petits draps, qu’on appelle communement des brayes.
(Jacques du Clercq, Mem., ap. Quicherat, Procès, t. IV, p. 304, note 1). - [450]
Michaud et Poujoulat, Mémoires pour servir à l’Histoire de France, t. II ; Le Livre des faicts du mareschal de Boucicaut, ch. XXVI, p. 213.
- [451]
Mathieu d’Escouchy, Chronique, t. II, p. 102.
- [452]
Quicherat, Procès, t. IV, p. 304.
- [453]
Quicherat, Histoire du costume en France, p. 200.
- [454]
Vers 1290. — Bibl. de Saint-Étienne, 109, fol. 141 verso.
Vers 1330. — Bibl. nat., lat. 8846, fol. 106.
Vers 1380. — Ibid., fr. 800, fol. 1.
Vers 1400. — Ibid., fr. 166, fol. 22 ; fr. 9221, fol. 52. — Bibl. de l’Arsenal, 3141, fol. 345.
Vers 1405. — Bibl. nat., fr. 22887, fol. 308.
Vers 1410. — Bibl. nat., 3477, folios 261, 523 ; 3479, folios 438, 511, 550, verso ; 3480, fol. 33.
1435. — Bibl. de Carlsruhe, Bible de Reichenau, fol. 200.
Vers 1450. — Bibl. nat., fr. 9342, fol. 104.
Vers 1465. — Bibl. d’Orléans, 466, folios 61 verso, 117.
Vers 1470. — Bibl. nat., fr. 2645, fol. 74.
Vers 1480. — Ibid., fr. 2829, fol. 17 verso.
Vers 1500. — Ibid., fr. 15370, fol. 83.
- [455]
Vers 1360. — Bibl. nat., fr. 12562, folios 18 verso, 19, 24 verso, 25.
Vers 1400. — Ibid., fr. 336, fol. 252 verso.
Vers 1410. — Ibid., fr. 131, fol. 241 ; fr. 20352, fol. 9 verso. — Bibl. de l’Arsenal, 3339, fol. 1 ; 5077, fol. 22.
Vers 1430. — Bibl. nat., fr. 20065, fol. 27.
Vers 1440. — Ibid., fr. 111, folios 116 verso, 149, 169, 197 verso. — Bibl. de Chantilly, 404 folio 200.
Vers 1445. — Bibl. nat., fr. 12139, fol. 1.
Vers 1450. — Ibid., fr. 9342, fol. 26, 210 verso.
Vers 1455. — Ibid., fr. 9761, fol. 1 ; fr. 19137, fol. 46 verso.
1460. — Bruxelles, Bibl. roy., 9067, fol. 186 verso ; 9068, fol. 295.
Vers 1460. — Bibl. nat., fr. 12566, fol. 26 verso ; fr. 12574, folios 86, 162.
Vers 1465. — Ibid., fr. 85, fol. 277 ; fr. 9343, fol. 237 ; fr. 9344, folios 292, 305 verso.
Vers 1470. — Ibid., fr. 235, fol. 89.
Vers 1480. — Ibid., fr. 2829, folios 90, 96 verso, 104, 125.
Vers 1495. — Ibid., fr. 15216, fol. 125.
Vers 1500. — Venise, Bibl. de S. Marco, Bréviaire Grimani, fol. 449 verso.
- [456]
La confusion des braies et des chausses est presque continuelle dans les articles que le Dictionnaire du mobilier de Viollet-le-Duc renferme de ces deux vêtements. Léon de Laborde, Racinet et Victor Gay ont commis la même erreur au mot Chausse de leurs Glossaires, et aussi Hottenroth, dans son ouvrage : Le costume chez les peuples anciens et modernes, t. II, p. 79. Le savant Quicherat lui-même donne à tort le nom de chausses aux braies des Gallo-Romains, à la page 327 de son Histoire du costume en France.
- [457]
Les Perses sont représentés avec de longues braies sur leurs plus anciens monuments. L’arc de triomphe de Septime Sévère à Rome nous montre les Parthes munis de ce vêtement au deuxième siècle.
- [458]
L’usage des longues braies, aux premiers siècles de notre ère, est prouvé chez les Daces (colonne Trajane), les Marcomans (colonne Antonine), les Suèves (pierres tumulaires trouvées près de Mayence, ap. Hottenroth, Le costume, c. I, p. 32), et les Goths (débris de la colonne de Théodose à Constantinople).
- [459]
Quicherat, Histoire du costume, p. 11 (Braies trouvées dans les marais de Hårsbjerg, Jutland)
- [460]
Quicherat, Histoire du costume, p. 8, 9.
- [461]
Quicherat, Histoire du costume, p. 27.
- [462]
Anthony Rich, Dictionnaire des Antiquités romaines et grecques, p. 265.
- [463]
Arc de Constantin.
- [464]
Quicherat, Histoire du costume, p. 70.
- [465]
Les Arts, 1004, p. 18, Ivoire de la collection Carrand.
- [466]
Quicherat, Histoire du costume, p. 82.
- [467]
Friedrich Hottenroth, Le costume, t. II, p. 64.
- [468]
Quicherat, Histoire du costume, p. 97.
- [469]
Racinet, Le costume historique, pl. 181.
- [470]
Le calceus, chaussure fermée, montait jusqu’au dessus de la cheville, où il était fixé par des courroie dont l’enroulement se continuait plus ou moins haut. (Rich, Dictionnaire des antiquités romaines et grecques : Calceus.)
- [471]
Cette chausse, dont l’Histoire du costume de Quicherat donne la reproduction, p. 155, serait, d’après cet auteur, du douzième siècle, ce qui n’empêche pas qu’elle soit d’un modèle plus ancien.
- [472]
Vers 900. — Bibl. nat., lat. I, fol. 423.
- [473]
Vers 850. — Bibl. nat., lat. 257, fol. 12 verso.
- [474]
Vers 900. — Bibl. nat., lat. I, fol. 215 verso.
- [475]
Quicherat, Histoire du costume, p. 135. — Gay, Glossaire archéologique, t. I, p. 351 (Exultet de la Bibliothèque du Vatican).
- [476]
Gay, Glossaire archéologique, p. 37 (Rome, Exultet de la Bibl. de la Minerve). — Jacquemin, Histoire générale du costume, p. 206. — Quicherat, Histoire du costume, p. 129.
- [477]
Il est difficile d’affirmer que ces personnages, simplement dessinés au irait, possèdent ou non des chausses.
- [478]
1028 : Bibl. de Saint-Étienne, 104, fol. 86 v°.
- [479]
René Merlet et Abbé Clerval, Un manuscrit chartrain du XIe siècle, Chartres, 1893, p. 95, note 2.
- [480]
1028 : Bibl. de Saint-Étienne, 104, fol. 30.
- [481]
Bibl. nat., lat. 8878, fol. 183. — Bibl. de Saint-Omer, 698, fol. 22 v°.
- [482]
Quicherat, Histoire du costume, p. 28, 107.
- [483]
Portail de Saint Ursin de Bourges.
- [484]
Nous verrons plus loin qu’à partir de la fin du treizième siècle, on ceignit les braies au-dessous des hanches.
- [485]
Vers 1180. — Hortus deliciarum, anéanti dans l’incendie de la Bibliothèque de Strasbourg, en 1870.
- [486]
p. 209.
- [487]
Vers 1250. — Bibl. nat., fr. 19093, fol. 2 verso.
- [488]
Vers 1130. — Avignon, Musée Calvet, chapiteau, ap. Viollet-Le Duc, Dict. du mob. t. III, p. 73, fig. 5.
- [489]
1250. — Bibl. nat., fr. nouv. acq. 1098, fol. 40.
1294. — Ibid., fr. 938, fol. 105 verso.
- [490]
Vers 1200. — Bibl. nat., lat. 8846, fol. 10.
Vers 1250. — Bibl. de Carpentras, 77, fol. 176 verso.
Vers 1270. — Cathédrale du Mans, verrière de saint Éloi. — Cathédrale d’Auxerre, vitrail de l’Enfant prodigue.
- [491]
Vers 1250. — Bibl. nat., fr. 19093, fol. 55.
- [492]
Vers 1240. — Cathédrale de Chartres, portail méridional.
Vers 1250. — Bibl. nat., fr. 19093, folios 9, 14 verso. — Brit. Mus., Sloane MS. 1977, fol. 6. — Cathédrale d’Amiens, portail occidental.
- [493]
Vers 1300. —
Nul frere ne puet avoirier (raccourcir) ses estrevieres devers les pendans, ne sa ceinture, ne la renge de l’espee, ne son braier. sans congié ; et devers la boucle le puet faire sans congié.
(H. de Curzon, La Règle du Temple, p. 114). - [494]
Vers 1250. — Cathédrale d’Amiens, portail occidental, moissonneur.
- [495]
Vers 1250. — Brit. Mus., Sloane MS. 1977, fol. 6.
Vers 1300. — Bibl. Ste Geneviève, 588, fol. 167 verso.
- [496]
Vers 1250. — Cathédrale d’Amiens, portail occidental, faucheur.
- [497]
Vers 1250. — Bibl. nat., fr. 19093, fol. 14 verso.
- [498]
Façade occidentale.
- [499]
Portail méridional, voussure de la pont de gauche et face externe du premier pilier de gauche.
- [500]
Fonts baptismaux.
- [501]
Vers 1270. — Cathédrale d’Auxerre, vitrail de l’Enfant prodigue. — Cathédrale de Clermont-Ferrand, vitrail de saint Georges. — Cathédrale du Mans, vitrail représentant un pendu que décroche saint Éloi.
- [502]
Vers 1250. — Bibl. de Carpentras, 77, fol. 176 verso.
Vers 1290. — Bibl. de Saint-Étienne, 109, fol. 24.
- [503]
Vers 1250. — Bibl. de Carpentras, 77, fol. 176 verso.
- [504]
Vers 1260. — Bibl. nat., lat. 10525, fol. 21 verso.
- [505]
Vers 1150. — Cathédrale de Chartres, portail royal, voussure de la baie de droite, La Grammaire.
Vers 1200. — Bibl. nat., lat. 8846, folios 4 verso, 20, 57, 58 verso.
- [506]
Vers 1250. — Bibl. nat., fr. 19093, fol. 14 verso.
- [507]
Vers 1250. — Bibl. nat., fr. 19093, fol. 3 verso.
- [508]
Vers 1240. — Portail méridional, premier pilier de gauche, face interne.
- [509]
C’est donc à tort que Jules Quicherat assigne la date de 1340 à l’invention de ce mode d’attache (Quicherat, Hist. du cost., p. 228).
- [510]
Voir plus loin le chapitre consacré aux chausses.
- [511]
Vers 1330. — Bibl. nat., lat. 8846, folios 113, 152, 156 verso. — Cathédrale de Clermont-Ferrand, fresque de saint Georges.
- [512]
1348. — Bibl. nat., fr. 241, fol. 87.
Vers 1330. — Bibl. de Cambrai, 87, folios 66, 97, 184 verso, 119 verso.
- [513]
1348. — Bibl. de Zwickau (Saxe), Codex statutorum, fol. 72 verso.
- [514]
Lyon, Musée des Tissus, Pourpoint de Charles de Blois, vraisemblablement de 1364. Les nobles châtelaines ne dédaignaient pas d’ouvrer elles-même ces sortes de cordons tissés circulairement d’ingénieuse façon (L. de Laborde, Gloss. fr. du Moyen Âge. p. 353.)
- [515]
1398 : Recueil des Ordonn. des rois, t. IX, p. 301.
- [516]
Un compte d’Étienne de la Fontaine, argentier du roi Jean, pour le terme de la Saint-Jean 1352 (Douët d’Arcq, Comptes de l’argenterie, p. 136 à 138) mentionne douze braiers de cendal destinés au dauphin et à ses deux frères, âgés respectivement de quinze, treize et onze ans. Pour ces douze braiers, il a été employé
4 aune de cendal de grainne et 3 onces de soye avec 4 aunes de fine toille déliée pour les doubler
. Il en résulte qu’il fallait à cette époque un tiers d’aune pour la confection des braies d’un jeune garçon. Le premier compte royal de P. Burdelot (Gay, Glossaire archéologique, t. I, p. 318) nous apprend que, cent ans plus tard, le même vêtement pour homme n’exigeait pas davantage. D’accord avec ces textes, l’iconographie nous démontrera que la dimension des braies, déjà réduite au milieu du quatorzième siècle, sera encore moindre au quinzième. - [517]
1379 : Inventaire de Charles V, n° 786 (Gay, Glossaire archéologique, t. I, p. 208).
- [518]
1352. —
Ledit Macé (le Boursier, gantier du Roy), pour 2 braiers de cerf, ouvrez, livrés au terme de Pasques, pour ledit mons. le duc d’Orliens, 50 s. p.
(Douet-d’Arcq, Cptes de l’Argenterie, p. 138). Le duc d’Orléans, dont il s’agit ici, est un prince de seize ans, Philippe, jeune frère du roi Jean.Les brayers de peau de cerf ne nous semblent avoir été de mise qu’avec l’armure.
- [519]
Vers 1405. — Bibl. d’Avignon, 208, fol. 75 verso.
- [520]
1375. — Bibl. nat., fr. 9749, fol. 168 verso.
- [521]
1399 :
Le suppliant print les braies dud. Regniault qu’il avoit laissiée au chief de son lit, en la goulière desquelles il trouva 6 fr. en or.
(Arch. JJ, 154, pièce 563). Gay s’appuie sur cette citation pour prétendre à tort que la goulière était une poche. La signification de couler, que les paysans du Perche et de l’Orléanais donnent au verbe gouleyer, employé par eux de temps immémorial, nous fait affirmer que la goulière n’était autre chose que la coulisse des braies. - [522]
1375. — Bibl. nat., fr. 9749, fol. 168 verso.
Vers 1380. — Padoue, Oratoire de saint Georges, A. Altichieri et Jacopo Avanzi, la Crucifixion.
- [523]
Vers 1405. — Bibl. de l’Arsenal, 616, fol. 110 verso.
1410. — Bibl. nat., lat. 10538, fol. 300.
- [524]
Avant de désigner, à la fin du quinzième siècle, une partie devenue indispensable des chausses jointes ensemble, le mot brayette ne s’appliquait qu’à la ceinture des braies (voir la note suivante). On conçoit que cette ceinture, nommée braier ou brayer, lorsqu’elle était large, fut appelée du diminutif brayette quand elle devint plus mince.
- [525]
1379. —
La chemise et les brayes du berger doivent estre de grosse toille et forte que l’on appelle canevas. Et la brayette doit estre de fil tissu de 2 dois de large à 2 boucles rondes de fer.
(J. de Brie, Le bon berger, ch. 8, p. 70, ap. Gay, Gloss. archéol., t. I, p. 209). - [526]
1351. —
Pour faire et forger deux paires de boucles à braier, pesans un marc ; pour déclic et façon, 32 s. p.
(Douet d’Arcq, Cptes de l’Argenterie, p. 126). - [527]
1348. — Bibl. nat., fr. 241, fol. 87. — Bibl. de Zwickau (Saxe), Codex statutorum, fol. 72 verso.
- [528]
1304. —
2 brayols à boucles d’argent…
(Tresorerie du Cte de Hainaut, Bull. de la Comm. d’Hist. de Belgique, sér. 3, t. XII, p. 453).1338. —
Un brael garni d’argent…
(Inv. d’Edouard III, n° 70).1351. —
Pour faire et forger deux paires de boucles d’argent à braier…
(Douet d’Arcq, Cptes de l’Argenterie, p. 125, 130).1379. —
2 brayers de satanin à 3 boucles et ung mordant d’or, chascun armoyez les mordans des armes Monsr le dauphin.
(Inv. de Charles V, n° 786). - [529]
Anatole de Montaiglon, Recueil de fabliaux des XIIIe et XIVe siècles, t. II, p. 175.
- [530]
Dictionnaire du mobilier, t. III, p. 75 ; t. IV p. 415.
- [531]
Le costume, t. II, p. 11, 23, 24, 39.
- [532]
Vers 1415. — Brit. Mus., Harl. MS. 4431, fol. 115 verso.
Vers 1450. — Bibl. Nat., fr. 9342, fol. 161.
Vers 1460. — Ibid., fr. 12330, fol. 202 verso.
Vers 1465. — Ibid., fr. 9186, fol. 26 verso.
1467. — Bruxelles, Bibl. roy., 9243, folios 121, 262.
Vers 1470. — Ibid., 9067, fol. 174.
Vers 1475. — Bibl. nat., fr. 12319, fol. 74 verso ; fr. 24392, folios 123, 124 verso, etc. — Bibl. de Genève, fr. 79, fol. 204 verso.
Vers 1500. — National Gallery, n° 1133, Lucas Signorelli, Nativité.
- [533]
Vers 1200. — Bibl. nat. lat. 8846, folios 2, 62 verso.
- [534]
Vers 1405. — Bibl. de l’Arsenal, 616, fol. 119 verso.
Vers 1410. — Bibl. nat., lat. 10538, fol. 300.
1431. — Bruxelles, Bibl. roy., 9018-9, fol. 215 ; 9020-3, fol. 74 verso.
1455. — Bibl. nat., fr. 309, fol. 175.
- [535]
Vers 1415 : Musée du Louvre, n° 995, Henri Bellechose, Martyre de Saint-Denis.
- [536]
1426. — Bibl. de l’Arsenal, 622, fol. 296 verso.
- [537]
Vers 1435. — Bibl. nat., fr. 239.
- [538]
L. de Laborde, Gloss. fr. du Moyen-Âge, p. 210. — Viollet-le-Duc, Dictionnaire du mobilier, t. III, p. 75, 77, 79, 148, 149, 153, 154. — Gay, Glossaire archéologique, t. I, p. 351. — Racinet, Le costume historique, n° 213. — Hottenroth, Le costume, t. II, p. 79.
- [539]
Viollet-le-Duc, Dictionnaire du mobilier, t. III, p. 80, 81.
- [540]
L’abesse coiffée des brayes du prestre.
- [541]
Vers 1440. — 5070.
- [542]
C’est ainsi qu’il se dénomme lui-même.
- [543]
Vers 1440 : Bibl. de l’Arsenal, 5070, fol. 28 v°.
- [544]
Vers 1435 : Bibl. de l’Arsenal, 4790, fol. 35.
- [545]
Broek signifie braies en hollandais.
- [546]
1430 : Bibl. de Sélestat, 96, Frontispice.
- [547]
Gay, Glossaire archéologique, t. I, p. 209.
- [548]
Vers 1330. — Bibl. de Cambrai, 87, folios 66, 184 verso, 119 verso.
1348. — Bibl. nat., fr. 241, fol. 87.
Vers 1380. — Padoue, Baptistère, Jean et Antoine de Padoue, Crucifixion ; Chapelle de Saint-Georges, A. Aluchieri et J. Avanzi, Calvaire.
Vers 1405. — Bibl. nat., fr. 184, fol. 97.
Vers 1410. — Ibid., fr. 2810, fol. 126 ; lat. 9471, fol. 27 ; lat. 9585, fol. 30. — Musée de Dusseldorf, tryptique, Calvaire.
Vers 1428. — Bibl. nat., lat. 1156 B, fol. 141.
1430. — Bibl. de Selestat, 69, dessin à la plume placé en face du premier feuillet.
Vers 1430. — Bibl. de Caen, Collect. Mancel, 237, fol. 73 verso.
Vers 1435. — Bibl. de l’Institut, 547, folios 21, 25, 26, 27 verso, 29 verso. — Pétrograd, Musée de l’Ermitage, Jean van Eyck, Calvaire.
Vers 1440. — Bibl. de Lyon, 1390, fol. 147 verso. — Florence, Gal. ant. et mod., Fra Angelico, Jésus en croix ; Musée de Saint-Marc, Fra Angelico, Crucifixions.
Vers 1445. — Bibl. nat., lat. 1176, fol. 119.
1447. — Pérouse, Pinacothèque Vanucci, G. Boccati, Jésus allant au calvaire et Crucifixion.
1448. — Bruxelles, Bibl. roy., 9249-9250, fol. 48 verso.
Vers 1450. — Bibl. d’Autun, 113, fol. 124 verso.
1455. — Bibl. nat., fr. 309, fol. 92 verso.
Vers 1460. — Bibl. d’Autun, 114, fol. 127 verso.
Vers 1465. — Bibl. nat., lat. 13277, fol. 93. — Bibl. de Roubaix, 6, fol. 30 verso.
Vers 1470. — Bibl. nat., lat. 13263, fol. 119. — Brit. Mus., Egerton MS. 2045, fol. 172 verso.
Vers 1480. — Bibl. de Rouen, 280, fol. 146 ; 285, fol. 13 verso ; 385, fol. 150. — Musée du Louvre, n° 1373, Mantegna, Calvaire. — Chantilly, Musée Condé, Jean Colombe, Calvaire.
Vers 1485. — Bibl. nat., fr. 181, fol. 116.
Vers 1520. — National Gallery, n° 2922, le Maitre de Delft, Crucifixion.
- [549]
Vers 1470. — Bibl. d’Arras, 625, fol. 84 verso.
- [550]
1494. — Bibl. de Saint-Calais, 1, fol. 105.
- [551]
Vers 1405. — Bibl. de l’Arsenal, 616 fol. 110 verso.
Vers 1410. — Bibl. nat., lat. 9471, fol. 221 ; lat. 10538, fol. 300.
Vers 1428. — Ibid., lat. 1156 B, fol. 170.
Vers 1430. — Ibid., lat. 18026, fol. 125.
Vers 1440. — Bibl. nat., lat. 1176, fol. 2 verso.
Vers 1445. — Bibl. nat., lat. 9173, fol. 169 verso.
Vers 1450. — Montefalco, Eglise Saint-François, B. Gozzoli.
Vers 1455. — Bibl. de Douai, 179, fol. 9 verso.
Vers 1460. — Bibl. nat., lat. 9173, fol. 169 verso.
Vers 1480. — Bibl. de Carpentras, 63, fol. 97. — Musée du Louvre, n° 2028, Memling. — Bergame, Gal. Carrara, Collect. Lochis, Antonello de Messine. — Musée de Dresde, Antonello de Messine.
Vers 1490. — Bibl. de l’Arsenal, 1180, fol. 446.
1494. — Bibl. de Leipzig, Nr CCIII, fol. 65.
- [552]
Vers 1410. — Bibl. nat., lat. 9471, fol. 219.
Vers 1428. — Ibid., lat. 1156 B, fol. 171.
- [553]
Vers 1445. — Bibl. nat., lat. 1176, fol. 11 verso.
Vers 1450. — Bibl. de Chantilly, 1456, non paginé.
Vers 1530. — Walcourt (Belgique), Eglise, Sculpture du jubé.
- [554]
Vers 1270. — Cathédrale de Clermont-Ferrand, verrière.
Vers 1330. — Ibid., peinture murale.
Vers 1380. — Padoue, Oratoire de Saint-Georges, A. Altichieri et J. Avanzi.
Vers 1430. — Musée du Louvre, Ecole catalane, Martyre de saint Georges.
- [555]
Vers 1430. — Florence, Acad. des B. Arts, Fra Angelico.
- [556]
1426. — Bibl. de l’Arsenal, 622, fol. 296 verso.
Vers 1435. — Bibl. de l’Institut, 547, fol. 71 recto et verso.
Vers 1440. — Bibl. de Lyon, 1390, fol. 280.
- [557]
1508. — Bibl. nat., lat. 9474, fol. 117 verso.
- [558]
Vers 1440. — Bibl. de Lyon, 1390, fol. 39 verso.
- [559]
1508. — Bibl. nat., lat. 9474, folios 9, 12, 175 verso, 177 verso.
Vers 1520. — National Gallery, n° 2922, le Maitre de Delft, Crucifixion.
Vers 1530. — Église de Walcourt (Belgique), panneau du jubé, Martyre de saint Quentin.
- [560]
Vers 1430. — Bibl. de l’Arsenal, 660, fol. 343.
Vers 1450. — Florence, Gal. Buanarroti, F. Pesellino.
Vers 1490. — Bibl. de Clermont-Ferrand, 59, fol. 268.
Vers 1500. — Église de Louviers, vitraux du bas coté septentrional.
- [561]
Vers 1440. — Bibl. nat., fr. 188, fol. 31.
- [562]
Vers 1415. — Bibl. de l’Arsenal, 5193, fol. 27 verso, 85.
Vers 1450. — Bibl. nat., fr. 229, folios 81 verso, 124 ; fr. 232, fol. 120.
Vers 1470. — Ibid., fr. 234, fol. 125.
- [563]
Vers 1425. — Bibl. de Tours, 520, fol. 224 verso.
1426. — Bibl. de l’Arsenal, 622, fol. 296 verso.
Vers 1430. — Musée du Louvre, École catalane, quatre peintures retraçant l’histoire du martyre de saint Georges, braies d’un des bourreaux du saint.
- [564]
Vers 1433. — Bibl. nat., lat. 17294, fol. 418 verso. On rencontre des braies de coupe semblable dans la miniature du fol. 75 verso du manuscrit 208 de la Bibl. d’Avignon, d’environ 1405, représentant le Christ au milieu des attributs de la Passion.
- [565]
Les chemises étaient parfois trop courtes (Voir fig. 1) pour pouvoir s’introduire dans les chausses.
- [566]
D’autres exemples, et notamment le saint Sébastien de Memling du Musée du Louvre, montrent la coulisse cousue en dedans.
- [567]
Cette échancrure postérieure de la coulisse existait déjà dans les grandes braies du douzième siècle du pilier de Souillac.
- [568]
Expérience faite, il nous est permis d’affirmer que les braies ainsi comprises constituaient un excellent sous-vêtement de cavalier. On s’imaginerait à tort qu’elles se trouvaient ceintes trop bas pour pouvoir tenir en place sans que leur coulisse fût exagérément serrée. La saillie des muscles du bassin suffit parfaitement à les maintenir dans les attitudes les plus mouvementées, telles qu’on les voit sur les anciens monuments, sans être obligé d’avoir recours à une tension outrée du cordon de coulisse.
- [569]
L. de Laborde, Gloss. fr. du Moyen Âge, p.348. — Viollet-le-Duc, Dictionnaire du mobilier, t. III, p.81 ; t. IV, p. 4. — V. Gay, Glossaire archéologique, t. I., p. 209, 210. — A. Franklin, Les Magasins de nouveautés, t. II, p. 231, 232. — L’Intermédiaire des chercheurs et des curieux, 30 mars 1892.
- [570]
Bibl. nat., fr. nouv. acq. 1120.
- [571]
A. de Montaiglon, Le livre du Chevalier de la Tour-Landry, pour l’enseignement de ses filles, Paris, 1854, p. 127, 128.
- [572]
Fr. 50 et 51.
- [573]
Fr. 50, fol. 326 verso, sainte Tècle — fol. 327 verso, sainte Valère — Fol. 379, sainte Sabine et sainte Séraphie ; fr. 51, fol. 10, sainte Julite — etc.
- [574]
Tour de la Garde-robe.
- [575]
Vers 1430. — Bibl. nat. lat. 18026, folios 219, 225.
- [576]
Vers 1460. — Bibl. nat., lat. 9173, folios 5, 12, 169 verso, 176 verso.
Vers 1480. — Musée du Louvre, n° 2028, Memling, Martyre de Saint-Sébastien.
Vers 1490. — Bibl. de Clermont-Ferrand, 59, fol. 268.
1494. — Bibl. de Leipzig, Nr CCIII, fol. 65.
Vers 1500. — Notre Dame de Louviers, vitraux du bas-coté septentrional.
Vers 1520. — National Gallery, N° 2922, le Maitre de Delft, Crucifixion.
- [577]
Vers 1415. — Bibl. nat., lat. 1176, folios 2 verso, 11 verso, 119, 120.
Vers 1465. — Ibid., fr. 9186, fol. 318. — Bibl. de Bergues Saint-Vinox, 63 fol. 451.
1469. — Bibl. nat., fr. 18, fol. 180 verso.
Vers 1470. — Brit. Mus., Egerton MS. 2045, fol. 172 verso.
Vers 1490. — Bibl. de Dole, 43, fol. 365.
1494. — Bibl. de Saint-Calais, 1, fol. 105.
1512. —
Voicy le tres preux chevalier Hector qui va saillir de sa tente tout nud, excepté tant seulement d’un brayer ou demy chausses qui lui couvroit le ventre, les reins et le dessus des cuisses.
(J. Le Maire, Illustrations de la Gaule Belgique, livre 1, p. 134). L’expression de demi-chausses, qu’emploie ici l’auteur, prêterait à une confusion des braies avec les chausses, si l’on ne savait par le texte même de la citation que le terme demy chausses n’était qu’une dénomination, probablement assez récente du brayer, lequel se trouvait destiné à être recouvert par le haut de chausses, généralement adopté au temps de J. Le Maire. - [578]
Vers 1500. — Venise, Bibl. S. Marco, Breviaire Grimani, fol. 7.
- [579]
1508. — Bibl. nat., lat. 9174, fol. 12.
- [580]
Rabelais, Gargantua, livre I, chap. VIII.
- [581]
Jean Nicot définit ainsi les braies en 1606 :
Chausses courtes de lin ou d’autre toile, que l’on porte sous les chausses par netteté.
(Thresor de la langue francoyse, p. 90.) - [582]
Le terme calzoni, qui désigna successivement les chausses du moyen âge et le haut-de-chausses de la Renaissance, est encore de nos jours la seule dénomination du pantalon moderne en Italie.
- [583]
Une gravure d’Hendrik Goltzius (1558-1617), le Christ devant Caïphe, offre un exemple bien caractérisé de ce genre de vêtement tel qu’on le portait vers 1600.
- [584]
Littré, Dictionnaire : Brayer.
- [585]
Encyclopédie, Genève, 1777 : Brayer.