A. Harmand  : Jeanne d’Arc, ses costumes, son armure (1929)

III. : 2. Le supplice

3902.
Le supplice

Le matin du 30 mai, les abords du château de Rouen présentaient un spectacle inaccoutumé. Une multitude de bonnes gens des deux sexes, de tout âge et de toutes conditions, à genoux et tenant des cierges allumés, se pressaient de chaque côté de l’entrée de la forteresse. De cette foule s’échappait un murmure rythmé. Un prêtre récitait les litanies et, à chaque invocation, voix d’hommes, de femmes et d’enfants répondaient à l’unisson :

— Orate pro ea2101 !

Dans la tour vers les champs2102, Jeanne recevait la communion2103.

Huit heures ont sonné, quand de la grande porte débouchent sur le pont-levis quatre chevaux attelés d’une charrette2104 et dans la charrette apparaît la Pucelle, assise entre messire Jean Massieu et le dominicain frère Martin Ladvenu2105. Un chaperon embronché lui cache la figure2106. Ses épaules sont secouées par des sanglots2107. Une centaine d’Anglais, embâtonnés d’épées, de vouges et de guisarmes2108, escortent la charrette qui s’en va cahotante sur le pavé des rues descendant au Vieux-Marché. Les bonnes gens suivent avec leurs cierges et, tout en marchant, continuent à psalmodier les litanies. Beaucoup ont, eux aussi, leurs chaperons embronchés, en signe d’affliction, et tout ces capuchons baissés, masquant les visages, accentuent la tristesse du lugubre cortège.

D’après certains auteurs modernes, on aurait, ce jour-là, revêtu la Pucelle d’un vêtement spécial qu’ils appellent la chemise longue des condamnés2109. Sur la foi de ces historiens, les artistes l’ont toujours habillée d’une longue robe blanche lorsqu’ils ont voulu la représenter expirante au milieu des flammes. Or nous n’avons rencontré jusqu’ici aucun document écrit ou figuré qui autorise à croire que Jeanne d’Arc ait été ainsi vêtue le jour de son supplice.

Une quinzaine d’années auparavant, Jean Huss avait été condamné au feu, comme elle, pour crime d’hérésie par le concile de Constance. Plusieurs images 391contemporaines, ou du moins d’une époque très rapprochée de cet événement, nous montrent l’intransigeant novateur livré à la justice séculière. Aucune ne le représente avec la prétendue chemise longue des condamnés. À part la mitre de rigueur, ces documents le font voir revêtu, dans chacun d’eux, de costumes différents, mais qui n’ont rien de particulier, étant de ceux qu’on portait alors couramment2110.

La plus ancienne figuration actuellement connue du martyre de notre sainte date de 14842111.

Jeanne d’Arc en cotte simple sur le bûcher (d’après une miniature de 1484)
1. — Jeanne d’Arc en cotte simple sur le bûcher (d’après une miniature de 1484).

Comme on le voit sur la figure 1 qui en donne la reproduction, Jeanne, loin d’y paraître habillée de la longue chemise, chère aux auteurs modernes, est tout bonnement revêtue de la cotte, appelée cotte simple, que toutes les femmes portaient sous leur robe depuis plus de deux cents ans. Les miniatures du quinzième siècle, qui représentent des femmes, juridiquement condamnées, subissant le supplice du feu, nous les montrent invariablement habillées de cette façon2112. La cotte simple semble donc bien avoir été la tenue réglementaire des femmes condamnées à être brûlées vives et il est permis dès lors de se demander pourquoi Jeanne d’Arc aurait été l’objet d’une exception à cette règle.

C’est sans doute une fausse interprétation du passage suivant de l’interrogatoire du 17 mars qui a induit les auteurs modernes à croire que la Pucelle fut menée au bûcher revêtue d’une longue chemise.

L’interrogateur. — Que dites-vous au sujet de l’habit de femme qui vous est offert pour que vous puissiez aller ouïr la messe ?

Jeanne. — Quant à l’habit de femme, je ne le prendrai pas encore jusqu’à ce qu’il plaira à Dieu. Si ainsi est qu’il me faille être amenée jusqu’en jugement et y être dévêtue, je requiers les seigneurs de l’Église qu’ils me fassent la grâce d’avoir une chemise de femme et un couvre-chef en ma tête. Mais je crois fermement que notre Seigneur ne laissera point arriver que je sois mise si bas sans que j’aie bientôt secours et par miracle.

L’interrogateur. — Vous dites que vous portez l’habit d’homme par le commandement de Dieu ; pourquoi demandez-vous une chemise de femme en article de mort ?

Jeanne. — Il me suffit qu’elle soit longue2113.

Deux miniatures, dues au pinceau de Jean Fouquet, représentent, l’une, un autodafé d’hérétiques du temps de Philippe Auguste2114, l’autre, le même supplice infligé à des lépreux sous Philippe le Long2115. Hérétiques et lépreux y sont habillés d’amples et longues robes blanches ceintes à la taille. Il nous paraît difficile 392d’admettre que Jeanne d’Arc ait subi son martyre dans une tenue semblable, du moment que, d’après d’autres images, les femmes brûlées individuellement l’étaient toujours en cotte simple.

Les hommes condamnés à être pendus ou brûlés vifs étaient ordinairement exécutés en pourpoint2116, vêtement qui correspondait à la cotte simple des femmes.

Bien qu’aucun costume spécial ne fût imposé aux personnages condamnés à avoir la tête tranchée, on rencontre cependant, parmi les scènes de décollations qu’offrent les anciennes miniatures, nombre d’entre eux livrés au bourreau n’ayant pour tout vêtement que la très courte chemise de l’époque recouvrant l’étroit brayer obligatoire2117. C’était la tenue des hommes condamnés à faire amende honorable, à genoux, un cierge à la main2118, devant le porche de la principale église du lieu, pénalité infamante qui précédait souvent le châtiment suprême.

Jeanne, ne pouvant quitter l’habit d’homme puisque Dieu lui a ordonné de le garder, entrevoit avec appréhension qu’il se peut qu’on la condamne à faire amende honorable et qu’elle se trouve alors obligée de paraître dans la tenue sommaire des hommes ayant à subir la même peine. N’est-elle pas fondée à craindre en effet qu’on ne veuille la punir de son obstination à conserver son habit masculin en lui infligeant le traitement réservé aux hommes ? C’est pourquoi, dans la préoccupation de cette odieuse éventualité, elle demande qu’on lui accorde la grâce de revêtir, soit une chemise de femme2119, soit une chemise d’homme suffisamment longue.

On sait que cette crainte de la Pucelle ne fut pas justifiée et qu’elle fut conduite au supplice habillée en femme. Nous croyons pouvoir préciser qu’elle était en cotte simple puisque les femmes représentées dans les manuscrits subissant la peine du feu sont toutes ainsi vêtues.

La cotte simple, qui recouvrait une chemise décolletée et à manches longues jusqu’aux poignets, s’ajustait sur le buste au moyen de pinces de façon à mouler les formes depuis l’encolure jusqu’au dessous des hanches. Cette partie ajustée s’ouvrait et se laçait dans toute sa longueur, généralement par devant, quelquefois sur le côté ou par derrière. À partir du dessous des hanches, la cotte s’évasait de manière à tomber en plis jusqu’aux pieds.

Pendant tout le quinzième siècle, les manches de la cotte simple, étroites et presque collantes, furent le plus souvent très écourtées, ne couvrant que le haut du bras2120, comme le montre la figure 1. Quelques-unes cependant descendaient jusqu’aux poignets, cachant les manches de la chemise.

Sur la cotte simple, toujours plus ou moins décolletée, on passait la robe. Les femmes de la campagne ne portaient guère la robe que les dimanches et 393jours de fêtes. Le reste du temps, elles étaient en cotte simple et ce fut souvent en cette tenue que Jeanne à Domrémy dut entendre ses Voix.

Dans un de ses interrogatoires, la Pucelle nous fournit sur les robes féminines en usage à son époque deux indications intéressantes. On lui demande ce qu’elle aimerait mieux, prendre l’habit de femme et entendre la messe, ou rester en habit d’homme et ne pas entendre la messe.

Jeanne. — Faites-moi certaine d’ouïr la messe si je suis en habit de femme, et sur ce, je vous répondrai.

L’interrogateur. — Eh bien, je vous certifie que vous ouïrez la messe si vous êtes en habit de femme.

Jeanne. — Et qu’avez-vous à dire, si j’ai promis à notre roi2121 et juré de ne pas quitter cet habit ? Pourtant, je vous réponds : Faites-moi faire une robe longue jusqu’à terre, sans queue, et me la donnez pour aller à la messe. Après mon retour je reprendrai l’habit que j’ai.

L’interrogateur. — Encore une fois voulez-vous (sans condition) prendre l’habit de femme pour aller entendre la messe ?

Jeanne. — J’aurai conseil là-dessus2122 et puis vous répondrai. Toutefois, je vous requiers, en l’honneur de Dieu et de Notre-Dame, que je puisse ouïr la messe en cette bonne ville.

L’interrogateur. — Pour cela, prenez l’habit de femme simplement et absolument.

Jeanne. — Donnez-moi habit comme à une fille de bourgeois, à savoir une houppelande longue ; et moi je le prendrai et même le chaperon de femme pour aller ouïr la messe2123.

Ainsi, d’après une des phrases de Jeanne que nous venons de citer, il y avait alors des robes à queue, c’est-à-dire plus longues par derrière que par devant, ce qui est d’ailleurs confirmé par les images contemporaines. Jeanne demande modestement une robe sans queue. Sa dernière réponse nous apprend ensuite que les robes portées par les bourgeoises de son temps étaient des houppelandes, robes amples formant des plis, dont l’agencement se trouvait maintenu par une ceinture à la taille. C’est en effet vêtues de cette façon qu’apparaissent la plupart des femmes appartenant aux classes aisées dans les documents figurés de l’époque.

Il est à remarquer que les anciens termes de cotte et de houppelande, abandonnés depuis une trentaine d’années dans les textes faisant mention de costumes d’hommes, continuaient à désigner les deux vêtements que portaient les femmes l’un sur l’autre.

Tout en variant de manches et d’encolures, les robes féminines se ramenaient à deux sortes, l’une comprenant les robes ajustées sur le buste2124 et taillées comme les cottes simples, l’autre les robes non ajustées, dites houppelandes, dont la coupe se trouvait semblable à celle des robes masculines. Les houppelandes étaient les plus usitées.

394La robe, toujours plus longue que la cotte, descendait au ras du sol et se prolongeait souvent par derrière formant une queue. À cause de sa grande longueur, on la retroussait parfois sur la cotte simple.

Les houppelandes étaient serrées à la taille par une ceinture d’étoffe ferrée de métal. Souvent décolletées, beaucoup cependant furent munies de cols montants2125 ou renversés2126. La plupart s’ouvraient par devant. Les manches en étaient tantôt étroites, tantôt larges, à couture presque droite ou plus ou moins convexe, ouvertes ou closes aux poignets. On a vu toutes ces variétés employées pour les robes masculines aux chapitres de la Robe et des Habits de chevalier.

Perceval de Cagny nous apprend que le visage de l’innocente victime que l’on menait au supplice était embronché2127, c’est-à-dire qu’on l’avait coiffée d’un chaperon disposé de manière à cacher ses traits. Ce chaperon était évidemment un chaperon de femme.

Femme à l’église en houppelande et chaperon (vers 1423)
2. — Femme à l’église en houppelande et chaperon (vers 1423).

La figure 2, qui représente une bourgeoise en houppelande, assise à même les dalles d’une église, au pied d’un pilier d’où elle écoute un prédicateur2128, montre en quoi consistait cette coiffure, telle qu’elle fut le plus généralement employée dans la première moitié du quinzième siècle. Pour embroncher le chaperon, il suffisait de rabattre sur le visage le rebras que notre dessin montre relevé au-dessus du front. Nous donnons le patron d’un chaperon de ce genre dans la figure 3.

Patron du chaperon de femme généralement employé au XVe siècle
3. — Patron du chaperon de femme généralement employé au XVe siècle.

Deux morceaux d’étoffe ainsi taillés étaient cousus l’un à l’autre, le long des lignes ABC et CDE. La partie ABDEFG était doublée. Une coulisse BD, représentée sur notre patron par des lignes pointillées et dans laquelle passait un cordon, resserrait plus ou moins la têtière de façon à lui faire prendre la forme de la tête.

Ordinairement longue et mince, la cornette du chaperon féminin varia quelquefois de largeur et de longueur.

Jeanne d’Arc sur la place du Vieux-Marché
4. — Jeanne d’Arc sur la place du Vieux-Marché.

La figure 4 nous met en présence de la tenue sévère que la Pucelle a revêtue dans sa prison pour être conduite au supplice. C’est ainsi habillée qu’elle apparaîtra, lorsque, sur les neuf heures, la foule, qui encombre depuis le matin la place du Vieux-Marché, la verra descendre de la charrette qui l’a amenée du château de Bouvreuil où elle vient d’être incarcérée 395pendant cinq longs mois. C’est telle encore qu’elle s’offrira ensuite aux regards sur l’estrade où elle s’entendra prêcher une dernière fois avant d’être enfin livrée au bras séculier. Notre Jeanne d’Arc est ici en femme, mais sans robe, et seulement vêtue d’une cotte simple. C’est la mise habituelle des femmes du quinzième siècle condamnées au feu, lorsqu’on les mène au bûcher2129. Nous rapportant au témoignage de Perceval de Cagny, nous avons coiffé notre modèle d’un chaperon taillé sur le patron précédemment donné et dont le rebras rabattu lui cache la figure.

Sur la place du Vieux-Marché, on a construit trois échafauds. L’un est adossé, face à l’ouest, contre le pignon de la halle de la boucherie. Un autre plus vaste, faisant équerre avec ce dernier et regardant le nord, se dresse sur le cimetière de l’église Saint-Sauveur2130. Il est occupé par les juges ecclésiastiques, les greffiers, le bailli et les officiers séculiers. Sur le troisième échafaud, vraisemblablement placé en face de celui du pignon de la halle, siègent le cardinal de Winchester et les prélats2131. Enfin, non loin du pilori2132, lieu ordinaire des exécutions, au milieu de la place, s’élève le bûcher, exhaussé d’un soubassement de plâtre, le tout d’une hauteur inusitée2133. Devant le bûcher, face au midi, un panneau, cloué sur deux montants, porte l’inscription suivante, écrite en lettres assez grosses pour pouvoir être lue de loin :

Jehanne qui s’est faict nommee la Pucelle, menteresse, pernicieuse, abuseresse du peuple, divineresse, superstitieuse, blasphemeresse de Dieu, presumptueuse, malcreant de la foy de Jhesucrist, vanteresse, ydolatre, cruelle, invocateresse de deables, apostate, scismatique et heretique2134.

Lorsque la charrette et son cortège débouchent sur la place, huit cents hommes de guerre en entourent les abords2135. Derrière eux se presse la foule des curieux. Des têtes garnissent toutes les fenêtres. Il y a des spectateurs jusque sur les toits. La charrette s’arrête devant le pignon de la halle et, sur l’échafaud qui s’y trouve adossé, on fait monter Jeanne escortée de l’huissier Massieu et de frère Martin Ladvenu. Un docteur en théologie, maître Nicolas Midi, désigné pour la prêcher, y monte également et commence son sermon : Si un membre souffre, tous les membres souffrent2136. Il le termine par cette phrase : Jeanne, va en paix. L’Église ne peut plus te défendre et te livre au bras séculier2137. Alors monseigneur de Beauvais, 396en son nom et au nom du vicaire inquisiteur, prononce la sentence qui déclare Jeanne hérétique et relapse ; rejetée de l’unité de l’Église et livrée à la justice séculière.

Aussitôt la Pucelle, qui était restée jusque-là debout, patiente et silencieuse, s’agenouille dévotement recommandant son âme à Dieu, à Notre-Dame et aux saints, demandant pardon à ses ennemis, au roi de France et à tous les princes du royaume2138 et priant les prêtres présents que chacun d’eux veuille bien dire une messe pour elle2139. Ses pitoyables lamentations durent une demi-heure. Elle supplie qu’on lui donne une croix. Un Anglais lui en fait une petite de deux morceaux de bois. Jeanne la reçoit dévotement, la baise et, par l’encolure de sa cotte, la glisse en son sein, contre sa chair2140. Pressés d’en finir, les Anglais envoient deux sergents qui la font descendre de l’échafaud et l’entraînent à l’estrade du bailli. Celui-ci, sans prononcer la sentence de justice laïque exigée en pareil cas, se contente de faire un geste de la main en disant : Menez, menez2141. Et la pauvre Pucelle, toute en larmes, invoquant le nom de Jésus2142, est abandonnée au bourreau qui, sans désemparer, la mène au bûcher2143. Frère Isambard s’est joint à frère Martin Ladvenu et tous deux suivent la dolente victime2144.

Il était d’usage de coiffer les condamnés d’une mitre en papier sur laquelle se trouvait écrit le motif de leur condamnation. Jean Juvénal des Ursins rapporte qu’en 1416, Nicolas d’Orgemont, chanoine de Paris, l’un des plus riches clercs de France, convaincu du crime de lèse-majesté, fut, par sentence, privé de tous ses bénéfices et condamné :

… d’estre mené en tombereau par la ville de Paris en aucuns carrefours, mitré et mis à l’échelle, et condamné en chartre et prison perpétuelle au pain et à l’eaüe2145.

Pour les hérétiques et les invocateurs de démons, la mitre était décorée de peintures représentant des diables. Celle de Jean Huss, lors de son supplice, portait en outre les mots : Voici l’hérésiarque2146.

En 1460, on verra l’abbé de Peu de Sens et ses complices :

… mitrez d’une mitre ou estoit peinte la figure du diable en telle manière qu’ils avoient confessé luy avoir fait hommage et eulx à genoulx2147.

La même année, Jean Taquet, Pierrotin du Carrioeul et Huguet Aubry seront également coiffés d’une mitre :

… en laquelle estoit peinte l’image du diable, de telle façon qu’ils l’avoient adoré2148.

Arrivée devant le bûcher, on enlève à la Pucelle son chaperon qu’on remplace aussitôt par une mitre en papier. Sur la mitre, entre deux silhouettes de démons grimaçants, il y a de l’écriture.

À maintes reprises, au cours de son procès, Jeanne avait toujours déclaré se soumettre pleinement et absolument à l’Église triomphante, mais elle avait constamment 397refusé de se soumettre sans restrictions à l’Église militante2149. Mes révélations sont de Dieu, sans autre intermédiaire, avait-elle proclamé2150. Elle n’en avait parlé ni à son curé ni à aucun autre homme d’Église, mais seulement à Baudricourt, à son roi2151 et à d’autres personnes purement laïques2152.

À monseigneur de Beauvais, qui lui demandait pourquoi elle n’avait pas consulté des hommes d’Église avant de donner créance à ses voix, elle avait répondu : De croire à mes révélations, je n’en demande pas conseil à évêque, curé ou autre2153. L’archidiacre Marguerie lui aurait même entendu dire : Sur certaines choses, je ne donnerai créance ni à mon évêque, ni au pape, ni à quiconque, parce que je tiens cela de Dieu2154. De plus, elle avait préféré se passer de messe et de communion pascale2155, plutôt que de renoncer à son habit d’homme, ajoutant qu’il était bien au pouvoir de Notre-Seigneur de lui faire entendre la messe sans prêtres2156.

Ainsi cette fille, simple paysanne, s’élevant au-dessus de tout pouvoir ecclésiastique2157, revendiquait pour elle l’autorité que Dieu a dévolu sur terre aux successeurs des apôtres. Par là, elle se séparait de l’Église, une, sainte, catholique et apostolique et se rendait en conséquence : Coupable du crime d’hérésie2158.

Après l’abjuration qu’on lui avait arrachée sur l’échafaud du cimetière de Saint-Ouen, la Pucelle n’avait pas tardé à renier sa défaillance passagère. Elle était donc : Relapse.

Les douze articles de l’acte d’accusation ayant été soumis à l’examen de l’Université de Paris, la sacrée Faculté de théologie et la vénérable Faculté des décrets avaient donné le résultat de leurs délibérations. Toutes deux avaient conclu en déclarant Jeanne : Apostate, la première pour la raison qu’elle refusait de se soumettre à l’Église, la seconde sous le prétexte qu’elle s’était fait couper les cheveux et habillée en homme2159.

Enfin son entêtement à ne pas vouloir faire connaître à ses juges le signe par lequel, suivant ses dires, Charles de Valois et les clercs de son parti avaient reconnu qu’elle était envoyée par Dieu, autorisait à présumer que ses révélations et visions lui étaient venues des esprits menteurs et malins plutôt que des bons2160. Pour la sacrée Faculté de théologie de l’Université de Paris, il n’y avait aucun doute et cette docte compagnie, pour laquelle les choses de l’autre monde n’avaient rien de caché, était parvenue à identifier les trois démons qui s’étaient joué d’une fille trop curieuse. C’étaient : Bélial, Satan et Béhémoth2161.

S’attachant aux épaules des ailes d’or et d’azur, Bélial avait revêtu l’armure étincelante de l’archange saint Michel. Satan s’était métamorphosé en sainte Catherine et Béhémoth avait bien voulu se contenter du rôle plus effacé de sainte Marguerite.

398Et ces mauvais esprits, Jeanne les avait invoqués chaque jour et souvent plusieurs fois dans la même journée. Elle avait fléchi le genou devant eux, les embrassant, baisant la terre aux endroits où ils lui étaient apparus. Il y avait là un culte, une vénération qui paraissait bien tenir de l’idolâtrie et d’un pacte avec les démons2162. Elle fut donc déclarée : Idolâtre.

Et c’est pour toutes ces judicieuses raisons qu’on avait écrit sur la mitre dont on affublait sa pauvre tête rasée : Hérétique, Relapse, Apostate, Ydolatre2163.

Loin d’avoir, comme son nom pourrait le faire supposer, la forme bien connue de la mitre épiscopale, dite vulgairement bonnet d’évêque, la mitre d’infamie consistait simplement en une large bande de papier fort, taillée en courbe. Une fois ses deux extrémités réunies l’une à l’autre au moyen de colle ou d’épingles, cette bande devenait une sorte de haut cylindre, lequel, coiffant la tête du patient, prenait l’aspect d’un tronc de cône renversé, c’est-à-dire allant en s’évasant de bas en haut. Telle se montre constamment la mitre de Jean Huss dans les différentes images du quinzième siècle qui représentent l’hérésiarque, soit marchant au supplice, soit lié à l’estache de son bûcher. Seule sa hauteur varie. Dans le fragment de miniature dont notre figure 4 donne la reproduction, elle ne semble pas dépasser vingt centimètres2164. Une autre image double cette mesure2165, ce qui concorde avec l’assertion de Lea, s’appuyant sur certains textes pour dire qu’au moment de son supplice, on coiffa Jean Huss d’un bonnet de papier hault d’une coudée2166.

Jeanne d’Arc sur la place du Vieux-Marché
5. — Jean Huss marchant au supplice.

Dans d’autres images, la hauteur de la mitre est beaucoup moindre, paraissant atteindre de vingt à trente centimètres au plus. Mais dans toutes, cette coiffure conserve invariablement sa forme de tronc de cône renversé. L’iconographie du quinzième siècle ne nous offrant pas un seul exemple de condamné mitré autrement, 399nous en inférons que la mitre dont on affubla Jeanne d’Arc à ses derniers moments devait ressembler à celle de Jean Huss. Nous nous sommes donc inspiré de la coiffure de l’hérésiarque, donnée par la figure 5, pour tenter une reconstitution de la mitre de la Pucelle, que nous présentons dans la figure 6.

Reconstitution de la mitre imposée à Jeanne d’Arc
6. — Reconstitution de la mitre imposée à Jeanne d’Arc.

Notre modèle s’en trouve coiffé dans la figure 7.

Jeanne mitrée, prête à monter au bûcher
7. — Jeanne mitrée, prête à monter au bûcher.

Cette dernière image est donc celle de la sainte au moment où l’on vient de lui enlever son chaperon pour le remplacer par la mitre avec laquelle elle va être brûlée. On se rappelle que, peu d’instants avant ce changement de coiffures, sur la prière de la condamnée, un soldat anglais lui avait fabriqué hâtivement, avec deux brins de bois pris à une bourrée du bûcher, une petite croix dont elle avait introduit le pied dans l’encolure de sa cotte, tout contre sa chair. On distingue cette croix sur notre dessin.

Jeanne, ainsi mitrée, est hissée sur le bûcher. À ses instances, on est allé lui chercher la grande croix de la paroisse Saint-Sauveur qu’elle tient étroitement embrassée en pleurant. Elle ne la quitte que pour être liée à l’estache qui surmonte le formidable tas de bois2167. Pendant qu’on la lie, elle continue ses louanges et lamentations envers Dieu et les saints, invoquant spécialement saint Michel2168. Le bourreau allume le bûcher. Jeanne avertit le frère Isambard et le fait descendre2169. Au crépitement du feu dans les bourrées, elle lance un cri déchirant : Jésus !2170. Ce cri, elle le répétera plus de six fois2171.

D’en bas, frère Isambard tient élevée la croix de Saint-Sauveur, comme elle l’en a prié2172. Les flammes montent. La fumée ne tarde pas à envelopper la martyre. Bientôt on ne l’entrevoit plus qu’à travers un nuage constellé d’étincelles qui finit par la cacher entièrement. On l’entend crier Jésus !, demander de l’eau bénite2173, protester que ses voix et ses révélations étaient de Dieu2174 et, dans un cri suprême : Jésus !, elle exhale son âme de sainte2175.

Ainsi mourut Jeanne la Pucelle, fille de Dieu, victime de la sottise bien plus que de la méchanceté des hommes.

Aujourd’hui délivrée de la stupidité malfaisante des clercs bourguignons et de la frayeur superstitieuse des Anglais de Bedford, il était dans sa destinée de souffrir 400encore de l’ignorance inconsciente des artistes. Elle tenait à ses cheveux rondis, nos peintres et nos sculpteurs l’en ont privée. Elle préférait l’habit masculin aux vêtements de son sexe, la plupart ont ajouté à son harnais de combat une jupe d’amazone et cet accoutrement hybride lui donne l’allure d’une ribaude qui aurait eu la fantaisie de se costumer en guerrière. Libératrice de la France, il en est qui la coiffent d’un casque allemand du temps d’Albrecht Dürer ! C’est pour la mettre désormais à l’abri de pareils errements que nous avons assumé la tâche ardue de reconstituer avec toute l’exactitude possible les vêtements et les armures en usage à son époque, les seuls qu’elle ait pu porter au cours de sa mission providentielle. Notre livre est le résultat de longues recherches et d’efforts ininterrompus. Les artistes soucieux de la vérité historique y trouveront maints renseignements qui leur permettront de représenter à l’avenir l’héroïque Pucelle sous des aspects plus conformes à la réalité qu’ils n’ont pu le faire jusqu’ici.

Mille manuscrits historiés, dont près de la moitié sont cités au cours de cet ouvrage, ont été de notre part l’objet de quinze années d’investigations patientes et quelquefois réitérées. Nos explorations se sont étendues à toutes les bibliothèques publiques de France où nous savions trouver des documents du quinzième siècle. Elles furent facilitées par la complaisance de la plupart des bibliothécaires auxquels nous renouvelons ici tous nos remerciements. Pour ce qui est de nos recherches à l’étranger, nous avons contracté de grandes obligations envers MM. Jules Cambon, Dumaine, Allizé, par l’entremise desquels, lorsqu’ils représentaient la France à Berlin, à Vienne, à Munich, nous avons pu obtenir de précieux documents des Bibliothèques d’Allemagne et d’Autriche. Nous ne saurions également garder assez de reconnaissance, pour leurs accueils particulièrement aimables et obligeants, à sir J. A. Herbert, du British Museum, ainsi qu’à M. Bacha de la Bibliothèque de Bruxelles. Enfin que de gratitude ne devons-nous pas à Mgr Ratti, préfet de la Vaticane, qui, en 1917, voulut bien condescendre à participer à nos efforts en compulsant lui-même certain manuscrit à la recherche de miniatures d’un grand intérêt pour notre étude. Il est aujourd’hui sur le trône de saint Pierre. Votre méthode, daigna-t-il nous écrire, me semble l’unique pour faire un travail consciencieux et arriver à des résultats positifs et sûrs. Un éminent paléographe, attaché à l’un de nos grands dépôts publics, était d’un avis contraire. Une telle masse de documents demandés par un inconnu, lui paraissait l’indice d’un travail peu sérieux.

Au lecteur de prononcer entre cette opinion sévère et l’appréciation indulgente du souverain Pontife.

Fin

Notes

  1. [2100]

    Fabre, Procès de condamnation, p. 374-376.

  2. [2101]

    Fabre, Procès de réhabilitation, t. II, p. 137 (déposition de Jean de Lenozoles).

  3. [2102]

    Cette tour était ainsi nommée parce que, située à l’ouest du château, elle donnait sur la campagne.

  4. [2103]

    Son obstination à ne pas vouloir quitter ses vêtements d’homme l’avait jusque-là privé de messe et de communion pendant les cinq mois que dura sa captivité au château de Rouen.

  5. [2104]

    Henri Martin, Histoire de Rouen, t. VI, p. 296. — François Bouquet, Jeanne d’Arc à Rouen, p. 98.

  6. [2105]

    Fabre, Procès de réhabilitation, t. II, p. 81 (déposition de Jean Massieu), 89 (déposition de frère Martin Ladvenu).

  7. [2106]

    Perceval de Cagny, p. 180.

  8. [2107]

    Jeanne pleurait très fort. (Fabre, Procès de réhabilitation, t. II, p. 12, déposition de Me Nicolas de Houppeville.)

  9. [2108]

    Fabre, Procès de réhabilitation, t. II, p. 12 (déposition de Me Nicolas de Houppeville), 43 (déposition du greffier Manchon). Le premier parle de cent vingt soldats anglais, le second de quatre-vingt seulement.

  10. [2109]

    Henri Martin, Histoire de France, t. VI, p. 296. — Marius Sepet, Jeanne d’Arc, p. 313. — Joseph Fabre, Jeanne d’Arc, libératrice de la France, p. 213. — François Bouquet, Jeanne d’Arc au château de Rouen, p. 98. — Marie Gasquet, Sainte Jeanne d’Arc, p. 202.

    Amédée Thalamas prétend que cette chemise était jaune (Jeanne d’Arc, l’Histoire et la légende, p. 38).

  11. [2110]

    Concilium Constantiense, manuscrit de la Bibl. imp. des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg, publié en 1875, pp. 21, 22. — Bibl. nat., fac-simile in-8°, 126, Ulrich von Richental, Concilium zu Konstanz, 1483, p.135. — Friedrich Hottenroth, Le Costume, t. II, planches 53, 99.

  12. [2111]

    Bibl. nat., fr. 5054 (Vigiles de Charles VII), fol. 71.

  13. [2112]

    Dans le roman de Lancelot du Lac, des chevaliers discourtois s’emparent de la sœur de Méléagant, la dépouillent de ses vêtements et, ne lui laissant que sa chemise, se disposent à lui faire subir le supplice du feu, lorsque Lancelot survient et la délivre de ses ravisseurs.

    Une miniature d’un manuscrit du XVe siècle (Bibl. nat., fr. 119, fol. 413 v°) reproduit la scène, et, comme l’exige le texte, la jeune fille y est représentée menée au bûcher en chemise.

    La même scène se rencontre dans un autre manuscrit d’environ 1470 (Bibl nat., fr. 112., fol. 31). Cette fois, en dépit du texte qu’il n’avait sans doute pas su lire, le miniaturiste nous montre la demoiselle, prête à être brûlée en cotte simple, comme l’étaient toujours les femmes qu’il avait pu voir monter au bûcher.

  14. [2113]

    Fabre, Procès de condamnation, pp. 178-179.

  15. [2114]

    Vers 1465 : Bibl. nat., fr. 6465, fol. 236.

  16. [2115]

    Bibl. nat., fr. 6465, fol. 327 v°.

  17. [2116]

    1455. — Bibl. nat., fr. 308, fol. 318.

    1456. — Miracles de Notre-Dame, t. I, planches 14 et 36.

  18. [2117]

    Vers 1415. — Bibl. de l’Arsenal, 5193, fol. 127.

    1430. — Bibl. nat., fr. 357, fol. 83.

    1441. — Ibid., fr. 541, fol. 162.

    Vers 1465. — Bruxelles, Bibl. roy., 9967, fol. 155 verso.

  19. [2118]

    1440. — Bas-relief dans la cour de l’École des Beaux-Arts, représentant des sergents du prévôt de Paris faisant amende honorable.

  20. [2119]

    Les chemises de femme descendaient jusqu’à mi-jambes.

  21. [2120]

    Vers 1415. — Chantilly, Musée Condé, Calendrier des Très riches heures, Juin.

    1456. — Miracles de Notre-Dame, t. I, pl. 56.

    Vers 1470. — Bruxelles, Bibl. roy., 6, fol. 259.

  22. [2121]

    Dieu.

  23. [2122]

    S’autorisant du chapitre XII du Deutéronome, les juges de la Pucelle voulaient lui faire abandonner son costume d’homme. Dieu, par les voix de sainte Catherine et de sainte Marguerite, lui ordonnait de le garder. Il est naturel qu’elle préférât obéir à Dieu.

  24. [2123]

    Fabre, Procès de condamnation, p. 169. — Champion, Procès de condamnation, t. I, p. 132-133 ; t. II, p. 97.

  25. [2124]

    Vers 1400. — Bibl. nat., fr. 12480, fol. 1.

    1415. — Ibid., fr. 131, fol. 142.

    1425. — Ibid., lat. 1158, fol. 34.

    1433. — Ibid., lat. 17294, fol. 27 verso.

    1435. — Ibid., fr. 239, fol. 165.

  26. [2125]

    1431. — Bruxelles, Bibl. roy., 9020-23, fol. 140 verso.

  27. [2126]

    Vers 1433. — Bibl. nat., lat. 17294, fol. 27 verso.

    1435. — Ibid., fr. 239, folios 168 verso, 170, 198 verso, 211 verso, 275 verso, etc.

  28. [2127]

    Perceval de Cagny, p. 180.

  29. [2128]

    Vers 1425. — Bibl. nat., lat. 17294 fol. 497.

  30. [2129]

    1455. — Miracles de Notre-Dame, t. I, pl. 56.

    Vers 1470. — Bibl. nat., fr. 112, fol. 31.

    1484. — Ibid., fr. 5054, fol. 71.

  31. [2130]

    Charles de Beaurepaire, Mémoire sur le lieu du supplice de Jeanne d’Arc, 1866-1867, p. 16.

  32. [2131]

    Nicolas Villiaumé, Histoire de Jeanne d’Arc, 1863, p. 297.

  33. [2132]

    Ce pilori, construit en pierres de taille, ressemblait à la base d’un énorme pilier octogone. C’est ainsi que le représentent les plans de Jacques Le Lieur (1525) et de François de Belleforest (1575). Une salle basse, contenant les instruments de supplice y était aménagée. De cette salle un escalier intérieur accédait à la plate-forme sur laquelle se dressait une potence. (Charles Richard, Le Vieux-Marché, dans Revue de Rouen, 1836, p. 82.)

  34. [2133]

    Fabre, Procès de réhabilitation, t. II, p. 90-91 (déposition de frère Martin Ladvenu).

  35. [2134]

    Quicherat, Procès, t. IV, p. 459.

  36. [2135]

    Fabre, Procès de réhabilitation, t. II, p. 43 (déposition du greffier Manchon), 81 (déposition de l’huissier Massieu).

  37. [2136]

    Quicherat, Procès, t. III, p. 194.

  38. [2137]

    Fabre, Procès de réhabilitation, t. II, p. 81 (déposition de l’huissier Massieu).

  39. [2138]

    Fabre, Procès de réhabilitation, t. II, p. 43 (déposition du greffier Manchon), 81-82 (déposition de l’huissier Massieu).

  40. [2139]

    Fabre, Procès de réhabilitation, t. I, p. 359 (déposition de Jean Lefèvre).

  41. [2140]

    Fabre, Procès de réhabilitation, t. II, p. 82 (déposition de l’huissier Massieu).

  42. [2141]

    Fabre, Procès de réhabilitation, t. II, p. 44 (déposition du greffier Manchon).

  43. [2142]

    Fabre, Procès de réhabilitation, t. I, p. 365 (déposition du prieur Migiet).

  44. [2143]

    Fabre, Procès de réhabilitation, t. II, p. 154 (déposition de Laurent Guesdon, ancien lieutenant du bailli).

  45. [2144]

    Fabre, Procès de réhabilitation, t. II, p. 100 (déposition de frère Martin Ladvenu).

  46. [2145]

    Jean Juvénal des Ursins, Histoire de Charles VI, ap. Michaud et Poujoulat, t. II, p. 531.

  47. [2146]

    Henry Charles Lea, Histoire de l’Inquisition au Moyen Âge, 1900-1902, t. II, p. 590. — Friedrich Hottenroth, Le Costume, t. II, pl. 53.

  48. [2147]

    Jacques du Clercq, Mémoires, ap. Michaud et Poujoulat, t. III, p. 623.

  49. [2148]

    Jacques du Clercq, Mémoires,, t. III, p. 629.

  50. [2149]

    Fabre, Procès de condamnation, pp. 167, 170, 177, 178, 212, 213, 253, 260-262, 299, 300, 310, 311, 321, 349, 350.

  51. [2150]

    Fabre, Procès de condamnation, p. 317.

  52. [2151]

    Fabre, Procès de condamnation, p. 138.

  53. [2152]

    Fabre, Procès de condamnation, p. 241.

  54. [2153]

    Fabre, Procès de condamnation, p. 242.

  55. [2154]

    Fabre, Procès de réhabilitation, t. II, p. 110.

  56. [2155]

    Fabre, Procès de condamnation, p. 198.

  57. [2156]

    Fabre, Procès de condamnation, p. 223-224.

  58. [2157]

    Fabre, Procès de condamnation, p. 253.

  59. [2158]

    Fabre, Procès de condamnation, p. 291.

  60. [2159]

    Fabre, Procès de condamnation, p. 290-291.

  61. [2160]

    Fabre, Procès de condamnation, p. 233.

  62. [2161]

    Fabre, Procès de condamnation, p. 287.

  63. [2162]

    Fabre, Procès de condamnation, p. 242, 243, 274.

  64. [2163]

    Quicherat, Procès, t. IV, p. 459.

  65. [2164]

    Friedrich Hottenroth, Le Costume, t. II, pl. 53.

  66. [2165]

    Friedrich Hottenroth, Le Costume, t. II, pl. 99.

  67. [2166]

    Lea, Histoire de l’Inquisition, t. II, p. 590.

  68. [2167]

    Fabre, Procès de réhabilitation, t. II, p. 82 (déposition de Massieu), p. 110 (de frère Isambard de La Pierre).

  69. [2168]

    Fabre, Procès de réhabilitation, t. II, p. 20 (déposition du médecin Guillaume Delachambre), p. 83 (de Massieu), p. 130 (du curé Pierre Bouchier).

  70. [2169]

    Fabre, Procès de réhabilitation, t. II, p. 100 (déposition de frère Isambard).

  71. [2170]

    Fabre, Procès de réhabilitation, t. II, p. 126 (déposition du curé Jean Riquier).

  72. [2171]

    Fabre, Procès de réhabilitation, t. II, p. 138 (déposition de frère Jean de Lenozoles), p. 141 (de Mauger Leparmentier), p. 149 (de Pierre Daron), p. 152 (Jean Fave), p. 155 (de Laurent Guesdon), p. 163 (de Jean Moreau), p. 172 (de Jean Marcel).

  73. [2172]

    Fabre, Procès de réhabilitation, t. II, p. 100 (déposition de frère Isambard).

  74. [2173]

    Fabre, Procès de réhabilitation, t. II, p. 164-165 (déposition de Jean Moreau).

  75. [2174]

    Fabre, Procès de réhabilitation, t. II, p. 91 (déposition de frère Martin Ladvenu).

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