I. : 6. Robe
1466. Robe
Le terme de robe évoque de nos jours l’idée d’un long vêtement. Il en était tout autrement au moyen âge, où ce mot passa successivement par des acceptions différentes.
À l’origine, le mot robe désigne, non pas un vêtement, mais l’ensemble des meubles, effets et objets particuliers d’un individu. Il arrive ensuite à ne plus exprimer que la totalité des habits d’un même possesseur, ayant dès lors la signification qu’il a conservée jusqu’à nous dans l’expression actuelle de garde-robe. Au quatorzième siècle, il se spécialise davantage en s’appliquant presque exclusivement à un ensemble de divers vêtements, tous taillés dans une même étoffe. Ces vêtements qui composaient une robe s’appelaient des garnements. Les robes étaient dites à trois, quatre, cinq, six garnements.
La robe à trois garnements comprenait une cotte simple, nommée aussi petite cotte, un surcot clos et un manteau, housse ou cloche860.
Au surcot clos s’ajoutait le surcot ouvert dans la robe à quatre garnements861.
La robe à cinq garnements possédait en plus la garnache, sorte de manteau862.
La robe à six garnements ne figurait, d’après les textes, que dans le costume des rois863. Elle se composait de la cotte simple, du surcot clos, du surcot ouvert, de la housse864, de la garnache et du mantel à parer.
Il semble bien qu’on ne dût revêtir à la fois que deux ou trois des garnements d’une robe, la cotte simple, un des deux surcots et, à l’occasion, un des manteaux. Un ancien texte mentionne, il est vrai, qu’au sacre de Charles V, qui eut lieu le 10 mai de l’année 1364, le duc de Bourgogne était habillé d’une longue robe d’écarlate vermeille de cinq garnements865. On conviendra cependant qu’il est difficile d’admettre la superposition de deux surcots, recouverts eux-mêmes de deux amples manteaux fourrés, sur une seule personne dans la belle saison et nous croyons devoir comprendre le texte précité de la façon suivante. La présence de la garnache, partie essentielle de toute robe à cinq garnements, indiquait que cinq vêtements avaient été 147taillés pour la robe, mais ne signifiait pas que ces cinq vêtements fussent employée simultanément. Il est donc probable que, sous sa garnache, le duc Philippe n’était revêtu que d’un surcot par dessus sa cotte simple.
Les robes à garnements constituaient l’ancien costume long, usité couramment jusque vers 1340, époque à laquelle certains élégants imaginèrent de paraître en public seulement vêtus d’un doublet et sans surcot.
On appelait doublet un vêtement de dessous qui se mettait immédiatement sur la chemise. Fait de toile en double, comme son nom l’indique, il était piqué et plus ou moins rembourré de coton. D’après les statuts de 1323, sa longueur ne devait pas excéder une demi aune et un demi quartier, soit environ soixante-douze centimètres. Porté apparent et recouvert de drap de laine ou de soie, il fut l’origine du costume court.
Cette innovation n’obtint pas tout d’abord les suffrages de la majorité. Comparable à celle qui, de nos jours, consisterait à se présenter dans le monde en manches de chemise, elle scandalisa les personnes austères.
Philippe de Valois ne voulut de l’habit court ni pour lui ni pour les membres de sa famille. Ce prince, au commencement de son règne, avait été admonesté par le pape Jean XXII au sujet de sa façon de s’habiller, qui contrastait d’une manière choquante avec la tenue majestueuse observée par ses prédécesseurs. Il comprit la valeur de cette remontrance, et s’imposa dès lors le costume qu’avaient porté Philippe le Bel et ses fils866.
La mode des habits courts n’en continua pas moins à se propager de plus en plus, et, à la fin du quatorzième siècle, les robes à garnements n’étaient plus revêtues que par les princes dans les grandes cérémonies. Aussi les appela-t-on habits royaux.
Le costume court nécessita une modification des chausses qui eut sa répercussion sur le doublet.
Avec l’habit long, les anciennes chausses rondes du temps de saint Louis, véritables bas qui se reliaient à la ceinture des braies par un seul cordon867, purent continuer à être de mise868. Il en fut autrement avec l’habit court. Celui-ci découvrant la jambe, on voulut avoir des chausses mieux tirées que ne pouvaient l’être les chausses rondes à une seule attache. En outre, les chausses rondes, sous le doublet, avaient l’inconvénient, dans certains mouvements de flexion, de laisser apercevoir le séant seulement recouvert des braies869. C’est pourquoi l’on imagina des chausses plus montantes de façon à pouvoir les attacher au doublet par derrière et sur les côtés aussi bien que par devant. Ce furent les chausses à queues870.
À cet effet, le doublet fut muni intérieurement d’estaches destinées à retenir les chausses871. Rembourré et pourpointé, on l’appela indifféremment doublet, pourpoint, gippon, jaque ou jaquette, ainsi que nous l’avons vu au chapitre du Gippon. Il remplaça la cotte et le surcot de la robe à garnements.
L’adoption du costume court provoqua de sérieux conflits entre la corporation des couturiers et celle des doubletiers. Redoutant le préjudice que devait finir par 148leur causer l’abandon progressif de la robe à garnements, les couturiers s’arrogèrent le droit de faire des doublets. Or les règlements ayant réservé la confection de ces vêtements aux seuls doubletiers, ceux-ci intentèrent un procès aux couturiers et obtinrent gain de cause. Mais c’était ou temps que les Doublez estoient pou ou nieant en usage872.
Plus tard, la mode des doublets ayant pris une grande extension au détriment des robes à garnements, les couturiers s’en trouvèrent si gravement lésés qu’ils réclamèrent auprès de l’autorité royale, demandant qu’il leur fût permis de confectionner des doublets à l’instar des doubletiers. Une ordonnance de 1358 leur donna enfin satisfaction873.
Vers 1360, le surcot reparut dans le costume courant sous le nom de houppelande874. On revêtait la houppelande immédiatement par dessus le doublet, comme autrefois l’ancien surcot sur la cotte simple dans la robe à garnements.
Il y eut des houppelandes courtes, longues et bâtardes ou à mi-jambes.
Au début du quinzième siècle, le terme de robe, perdant la signification d’ensemble de vêtements qu’il avait eu généralement jusque là, commence à remplacer celui de houppelande875 pour désigner la pièce principale du costume.
À partir de 1425, sauf de rares exceptions, le mot houppelande disparaît à son tour des comptes et des inventaires. L’habit courant des hommes, qu’il soit long ou écourté, s’appellera dorénavant la robe.
Robe, sans qualificatif, désignera la robe courte. Mais lorsque la robe sera longue, les textes signaleront cette particularité en la qualifiant de robe longue876. On voit par là combien l’usage d’alors était contraire à l’idée moderne qui veut qu’une robe soit toujours un vêtement long et cachant plus ou moins les jambes. Cette dernière acception remonte au seizième siècle, époque à laquelle la robe courte prit le nom de saie, le terme de robe n’étant plus employé que pour la robe longue. C’est ce qui explique comment l’ancienne distinction entre les gens de robe longue et les gens de robe courte se changea dès lors en celle d’hommes de robe et d’hommes d’épée, ceux-ci ne portant plus de vêtement appelé robe et ayant désormais l’épée au côté.
Il résulte de ce que nous venons d’exposer qu’au temps de Jeanne d’Arc la dénomination de robe se trouvait exclusivement réservée à la partie principale du costume des deux sexes, celle qu’on revêtait en dernier, abstraction faite du manteau dont l’usage fut toujours intermittent et subordonné à l’état de la température.
L’habillement féminin se composait alors d’une chemise, d’une paire de chausses 149courtes, d’une cotte descendant jusqu’aux pieds, appelée cotte simple, et d’une robe dont le bas dépassait plus ou moins celui de la cotte simple.
Le costume des hommes comprenait la chemise, les braies, les chausses longues, le gippon, nommé aussi pourpoint, et la robe. Ce dernier vêtement, qu’il ne faut pas confondre avec celui des femmes portant le même nom, se trouvait quelquefois long jusqu’à terre, ou seulement à mi-jambes, mais le plus souvent court.
Bien qu’ordinairement le mot robe s’appliquât indifféremment au vêtement principal de l’un et l’autre sexe, il semble qu’au temps de la Pucelle, il fût plus spécialement réservé à celui des hommes et qu’on ait parfois donné de préférence, contrairement à l’usage moderne, le nom d’habit à la robe des femmes. Et fut sa robe ostée et vestue en habit de femme
, écrit le Bourgeois de Paris877, lorsqu’il raconte l’abandon par Jeanne de sa tenue masculine au soir de son abjuration. Cette robe dont se dépouille l’héroïne et qu’elle remplace par un habit de femme, n’est autre que son vêtement d’homme.
La Chronique de la Pucelle rapporte qu’a Vaucouleurs on lui avait confectionné une robe à homme878 sans spécifier la dimension de ce vêtement qui se faisait alors tantôt court, tantôt long, tantôt à mi-jambes.
Le greffier de la Rochelle qui écrivait en 1429, nous donne à ce sujet une indication importante. D’après cet auteur, Jeanne, à Chinon, se présenta devant le dauphin Charles ayant pourpoint noir, chausses estachées, robbe courte de gros gris noir879.
Un renseignement non moins précieux nous est fourni par l’acte d’accusation rédigé au mois de mars de l’année 1431880. Dans l’énumération des pièces du costume masculin reproché à l’héroïne figure à son rang une robe courte jusqu’au genou ou environ881.
L’iconographie de l’époque nous montre d’ailleurs la grande majorité des robes à hommes s’arrêtant aux genoux, les robes longues n’étant guère portées couramment que par les clercs et les gens de loi.
Cette dimension des robes de Jeanne d’Arc se trouve confirmée par l’aunage de la robe de fine Brucelle vermeille que les conseillers du duc d’Orléans lui firent confectionner au mois de septembre de l’année 1429882. Les deux aunes qui suffirent à l’exécution de ce vêtement alors que les robes courtes des hommes nécessitaient de deux aunes et demie à quatre aunes de drap883, semblent prouver que non seulement cette robe ne pouvait descendre au-delà du genou, mais encore que la Pucelle, de taille moyenne en tant que femme, était cependant moins grande que la plupart de ses compagnons.
150Il paraît donc établi que la robe courte de gros gris noir dont les habitants de Vaucouleurs gratifièrent Jeanne pour aller trouver le roi s’arrêtait aux genoux.
Il s’agit maintenant de savoir sous quelles formes se présentait le costume des hommes, et en particulier la robe courte, au temps de Jeanne d’Arc.
Nous devons tout d’abord faire remarquer qu’au moyen âge, il existait deux sortes d’habillements, la robe dite de la commune et ancienne guise et la robe dite déguisée884.
La première de ces deux catégories constituait le costume habituel et couramment porté par les différentes classes de la société.
Il ne faut pas s’imaginer que les robes, dites de commune et ancienne guise, fussent des vêtements de coupe démodée. Ces habits se trouvaient au contraire parfaitement taillés au goût du jour. Mais nos ancêtres de ces temps lointains n’étaient pas, comme nous le sommes, entourés d’images évocatrices des modes du passé. Faute de pouvoir comparer leur mise du moment avec celles des époques antérieures, ils subissaient sans s’en apercevoir les changements que la mode amenait insensiblement dans la coupe de leurs habits et croyaient de bonne foi que depuis Francus, fils du preux Hector de Troie la Grande, les Français s’étaient toujours vêtus de la même façon. Voilà pourquoi les robes d’usage courant s’appelaient robes de la commune et ancienne guise par opposition à d’autres vêtements tout de fantaisie, portés extraordinairement par la noblesse dans les fêtes, tournois et assemblées chez les grands seigneurs, et qu’on nommait robes déguisées, c’est-à-dire confectionnées en dehors de la mode communément adoptée.
Les robes de la commune et ancienne guise étaient toutes de coupe sensiblement uniforme. L’étoffe seule en différait pour chaque classe de la société. En règle générale, les bourgeois les portaient en drap de laine, le satin, le damas et le velours étant réservés aux gentilshommes. Les plus grands personnages cependant ne dédaignaient pas d’en revêtir de simple drap.
Quant aux robes déguisées, elles se libéraient plus ou moins de la mode courante et leurs façons variaient à l’infini885. Georges Chastelain, parlant des luxueux habillements dont firent parade les seigneurs de Bourgogne à l’occasion du sacre de Louis XI, mentionne la richesse de leur mise, réservé la singularité de chascun886
. Évidemment il s’agissait là de robes déguisées.
Nous ne nous occuperons dans ce chapitre que de la robe couramment portée au temps de la Pucelle, car il est bien certain que ce ne fut pas un de ces vêtements, où se manifestaient les caprices d’une fantaisie souvent exagérée, que durent fournir Jeanne les habitants de Vaucouleurs à la veille de son départ pour Chinon.
Nous allons donc examiner en détail les différentes robes communément usitées à cette époque en considérant séparément d’abord le corps de ces robes, ensuite leurs encolures, puis leurs manches. En dernier lieu nous parlerons de la ceinture qui, depuis l’adoption des houppelandes, était devenue le complément obligé de toute tenue correcte.
La robe, dérivée de la houppelande, laquelle houppelande provenait elle-même de l’ancien surcot, avait conservé l’ampleur de ces deux vêtements. Étroite du haut, 151elle s’évasait progressivement jusqu’en bas de façon à atteindre une grande largeur, de telle sorte que plus elle était longue, plus elle devenait large. Comprimée par la ceinture, cette ampleur formait nécessairement des plis.
Dans les monuments contemporains, la disposition de ces plis apparaît quelquefois désordonnée, mais le plus souvent elle est régulière. Alors les plis, répartis soigneusement sous la ceinture qui les maintient, tantôt rayonnent autour du corps, tantôt n’existent que devant et derrière laissant la robe unie sur les côtés.
Nous croyons pouvoir affirmer, en vertu de nos expériences, qu’en principe les plis des robes étaient toujours établis régulièrement sous la ceinture, et que, si l’iconographie nous montre des plis paraissant livrés à eux-mêmes et en désordre, c’est que leur économie première aura été dérangée par des attitudes mouvementées. À partir de 1440, on s’avisa parfois de remédier à cet inconvénient en fixant les plis des robes au niveau de la ceinture par des points de couture.
Les nombreux essais de reconstitution auxquels nous nous sommes livré nous autorisent à conclure en toute certitude que les corps des robes en usage au temps de Charles VII se ramenaient tous, malgré leur variété apparente, au type unique que donne la figure 1.
Seules, l’encolure et la longueur du vêtement étaient susceptibles de modifications. Ces corps se trouvaient toujours composés de quatre quartiers d’égale envergure, deux devants, et deux dos. L’angle d’évasement de chacun de ces quartiers mesurait environ cinquante-cinq degrés. Notre figure 1 reproduit le devant et le dos du côté gauche d’une robe ne dépassant pas les genoux. À l’exception de l’encolure et de la longueur qui sont variables, tous les corps de robes représentés dans ce chapitre se taillent sur le patron ci-contre.
Les quatre quartiers d’une robe étaient assemblés entre eux par quatre coutures, une devant, une derrière et deux latérales. Il fallait donc revêtir ce vêtement comme une chemise, en y introduisant d’abord la tête.
Après 1440, lorsqu’on imagina de fixer à demeure les plis de certaines robes par des points de couture à l’endroit de la ceinture887, il fut nécessaire de laisser ces robes 152ouvertes par devant de haut en bas. Une fois endossées, on les fermait au moyen d’agrafes. L’arrêt des plis ayant pour effet de rétrécir la robe au point de la rendre collante à la taille, on comprend l’impossibilité d’entrer dans un pareil vêtement s’il ne peut s’ouvrir dans toute sa longueur.
Les houppelandes pourpoinctes888, faucées par le corps et à girons889 d’avant 1416 avaient déjà eu la même particularité indispensable d’être fendues de haut en bas par devant, quelquefois même par derrière890, puis lacées891, boutonnées892, ou agrafées893, mais, du temps de la Pucelle, les plis des robes ne se trouvant pas fixés à demeure, celles-ci étaient toujours closes par devant.
Les deux coutures antérieure et postérieure d’une robe ne se prolongeaient pas jusqu’en bas du vêtement. Elles s’arrêtaient en un certain point, de façon à produire une fente plus ou moins grande par devant et une autre de longueur égale à la première par derrière.
Indépendamment de son arrêt dans le bas, la couture antérieure s’interrompait au niveau du sternum pour donner naissance à une seconde fente qui se continuait jusqu’à l’encolure. Cette fente était destinée à permettre l’introduction et la sortie de la tête lorsqu’il s’agissait de revêtir la robe ou de s’en dépouiller. Elle se fermait à l’encolure à l’aide d’une agrafe, ou exceptionnellement de boutons.
Quelques documents nous font voir des robes dont la couture antérieure monte jusqu’à l’encolure. Dans ce dernier cas, qui semble avoir été rare en France, la robe s’ouvrait nécessairement par derrière. La fente d’ouverture était alors pratiquée sur le dos, en haut de la couture postérieure894.
153Quant aux coutures latérales, elles se trouvaient tantôt régner de l’aisselle jusqu’en bas de la robe, tantôt s’arrêter plus ou moins haut sur la cuisse pour produire des fentes semblables à celles de devant et de derrière.
Un corps de robe, taillé sur le patron donné par la figure 1, permet toutes les combinaisons de plis de robes que nous offre l’imagerie de la première moitié du quinzième siècle. Celle qui nous parait avoir été la plus en vogue au temps de Jeanne d’Arc est représentée dans la figure 2, extraite du Bréviaire de Salisbury895.
La miniature dont elle provient ne remonte guère, croyons-nous, au-delà de 1433, mais comme l’arrangement des plis de la robe montré par cette figure se rencontre dans de nombreux monuments dont les dates s’échelonnent de 1410 à 1440896, il était certainement très usité à l’époque de la Pucelle.
Il consiste en huit plis saillants répartis autour du corps ainsi que le fait comprendre la figure 3, qui donne la section horizontale, à la hauteur de la ceinture, du personnage revêtu de la robe en question. On remarquera que ces plis ne sont pas tous égaux entre eux. Les plis de milieu du devant et du dos sont moins larges que ceux des côtés. Dans d’autres exemples, variantes du même mode, les plis sont égaux et parfois plus nombreux, mais toujours cette disposition garde son caractère essentiel qui réside dans la mise en évidence des fentes médianes du bas de la robe par suite de la saillie des plis de milieu.
Le portrait par van Eyck de Josse de Vydt, le donateur du retable de Saint-Bavon de Gand (fig. 4)897, nous met en présence de huit plis réguliers rangés en tuyaux d’orgue et laissant les côtés de la robe unis.
Bien que, le personnage étant posé de face, on ne puisse apercevoir son dos, il 154est logique de penser que la partie postérieure de la robe est pourvue d’un nombre égal de plis semblables.
À l’exception de l’encolure dont on trouvera plus loin le détail (fig. 13), la robe de Josse de Vydt se taillera, comme la précédente, sur le patron de la figure 1 en tenant compte, bien entendu, de la différence de longueur des deux robes. La première est une robe courte, tandis que celle de Josse est une robe à mi-jambe.
La figure 5, donnant la section du personnage à la ceinture montre la manière dont les plis doivent être arrangés.
L’imagerie contemporaine nous fait voir beaucoup de robes agencées à six plis par devant et autant par derrière898, au lieu de huit. Dans ce cas les plis sont disposés ainsi que l’indique la figure 6899.
Telles nous paraissent avoir été, du temps de Jeanne d’Arc, les trois façons primordiales de répartir les plis des robes, expliquées par nos figures 3, 5, et 6. Toutes trois nécessitaient l’aide d’autrui, du moment que les plis n’étaient pas cousus, et nous avons vu qu’ils ne pouvaient l’être avec des robes ne s’ouvrant pas du haut en bas. On peut croire cependant que des gens de cette époque usaient de certains procédés leur permettant d’édifier les plis de leurs robes sans être chaque fois obligé de recourir aux offices d’un valet de chambre. Il est possible par exemple que seuls les plis du dos fussent arrêtés d’avance par des points de couture au niveau de la ceinture, ceux du devant demeurant libres. Dès lors, la robe, ne se trouvant rétrécie qu’en partie, était encore suffisamment large pour qu’on pût s’y introduire sans trop de difficultés. Une fois la robe revêtue, il ne restait plus qu’a former les plis du devant, opération qu’on pouvait faire soi-même avec un peu d’habitude.
À une date que nous ne saurions préciser, on imagina de pincer les plis dans le bas des robes au moyen de points de couture. Une image d’environ 1465900 met en évidence cette particularité. La miniature dont il s’agit représente deux scènes de la légende du dieu Mercure et du vacher Argus. Dans la première, Mercure, debout, enchante Argus en lui jouant de la bombarde. Il est revêtu d’une robe courte bordée de fourrure dont les plis sont correctement disposés. Dans la seconde scène, le dieu terrasse Argus et s’apprête à lui trancher la tête. La violence de ses mouvements a dès lors complètement dérangé l’économie des plis de sa robe, mais la bordure de fourrure qui orne le bas de ce vêtement a conservé les amorces très régulières de ces plis. 155Nous ne saurions affirmer si cet expédient était déjà en usage au temps de la Pucelle. Toujours est-il que son absence est manifeste dans la robe à mi-jambe de Josse de Vydt.
Les robes apparaissent généralement décolletées dans l’iconographie contemporaine du règne de Charles VII. Quelques-unes cependant, en souvenir des houppelandes qu’elles avaient remplacées, se trouvaient munies de collets.
La figure 7901 représente un personnage revêtu d’une robe dont le col fourré rappelle le goulot de carafe des houppelandes de 1410.
Des cols analogues s’offrent à nous dans l’œuvre si précieuse pour notre étude, de Jean van Eyck. Nous donnons l’un d’eux (fig. 8).
Ce dessin reproduit le donateur d’un triptyque actuellement conservé au Musée de Dresde. Un autre collet à peu près semblable, mais de plus grande dimension, encadre le bas du visage de l’Homme au turban de la National Gallery.
La figure 9 donne le patron du collet et de l’encolure de la robe du donateur du Musée de Dresde.
Les collets de ce genre se rencontrent de temps autres pendant tout le cours du règne de Charles VII et même plus tard, notamment sur des images datées de 1429902, 1440903 et 1468904.
À cette catégorie de hauts collets montants et fourrés, dont nous venons de faire voir deux spécimens, se rattache celle des collets renversés, qui n’étaient en principe que les collets précédents rabattus autour du cou. La figure 10 nous montre un roi Mage905 dont la robe est parée d’un collet renversé.
Cette sorte de collet, qui sera très en faveur dans les dernières années du quinzième siècle et au commencement du suivant, paraît avoir été peu usitée à l’époque qui nous intéresse. Certaine miniature nous prouve cependant qu’elle eut quelque vogue en 1426906. C’est d’ailleurs approximativement cette date qu’on peut assigner à l’enluminure dont provient notre roi Mage. La figure 37 du présent chapitre offre un second exemple de collet renversé qui ne nous semble, 156pas plus que le précédent, remonter au-delà de 1425. Indépendamment des hauts cols montants du donateur de Dresde (fig. 9) et de l’Homme au turban de la National Gallery, l’œuvre de van Eyck nous fournit d’autres types de cols de robes. Dans le portrait d’Homme blond de la collection Warneck, que reproduit la figure 11, le collet de la robe est taillé sur celui du pourpoint qu’il recouvre, ne laissant voir de ce dernier que le bord supérieur.
On y constatera la similitude qui existe entre le collet de la robe et celui du pourpoint, tous deux à coins angulaires907.
Le Musée de Copenhague possède un volet de triptyque de Petrus Christus représentant un Donateur protégé par saint Antoine dans un paysage. Certains auteurs ont cru y voir la copie d’une œuvre d’Hubert van Eyck, mort en 1426. L’original serait donc antérieur à cette date. Nous ne pensons pas pouvoir faire remonter aussi loin l’exécution de ce tableau dont notre figure 12 reproduit le personnage principal.
Comme dans le portrait précédent, la similitude est complète entre le col de la robe et celui du pourpoint, mais ici les deux cols sont à coins amortis au lieu d’être à coins angulaires.
Bien qu’on ne puisse apercevoir la partie postérieure des collets des deux figures 11 et 12, l’aspect qu’ils présentent vers l’arrière de l’épaule nous porte à croire que ce sont là des collets assis, c’est-à-dire à base prolongée en pointe par derrière. La figure 11 du chapitre précédemment consacré au gippon908, donne le patron du collet assis, à coins angulaires, d’un pourpoint du temps de Jeanne d’Arc. Ce patron peut servir pour la reconstitution du collet de la robe de la figure 11 ci-dessus. Il sera possible de l’utiliser également pour les deux collets du pourpoint et de la robe de la figure 12, à la condition d’en abattre les angles des coins.
157Complétons cette nomenclature des collets de robes en usage vers 1430 par la mention de deux exemples dus comme les précédents au pinceau de van Eyck. L’un d’eux figure dans le portrait d’un personnage du nom de Timothée, conservé à la National Gallery. Il est daté de 1432. L’autre, peut-être un peu plus récent, se voit dans une peinture du Musée de Berlin représentant un facteur lucquois établi à Bruges, Jean Arnolfini, qui s’éleva plus tard au rang de chevalier en devenant conseiller du roi Louis XI et général de France en la duché de Normandie. Ces deux exemples nous montrent des cols de robes se rapprochant beaucoup de celui de la figure 12. On trouvera les reproductions de ces portraits au chapitre des chaperons façonnés qui aura sa place dans la seconde partie de cet ouvrage. Le collet de la robe de Timothée, très bas, ne recouvre pas le moindre col de pourpoint, ce qui s’explique par le fait qu’il existait exceptionnellement des pourpoints sans cols. Quant au portrait d’Arnolfini, il ne laisse voir également que le collet de la robe, mais comme ce collet est plus montant que celui de Timothée, il est possible qu’il recouvre un collet de pourpoint. Il se distingue en outre de tous les collets que nous venons de voir par son tour de fourrure, lequel se prolonge de chaque côté de la fente de poitrine de façon à descendre jusqu’au sternum. Tels sont, d’après les documents qui sont parvenus jusqu’à nous, les différents collets dont se trouvaient munies les robes colletées du temps de Jeanne d’Arc.
Cependant, comme nous l’avons déjà dit, ces dernières n’étaient pas les plus usitées. Dans les images de cette époque, la plupart des robes apparaissent décolletées, laissant voir dans leur entier les collets des pourpoints qu’elle recouvrent.
Ces décolletages sont assez variés, et l’on peut dire que, sauf quelques exceptions, les différences qu’ils présentent entre eux ont coexisté pendant toute la durée du quinzième siècle à partir de 1415. Un des plus anciennement adopté est donné par le portrait de Josse de Vydt (fig. 4), d’environ 1430. On le rencontre dès 1409909, et, en 1518, il n’était pas encore complètement abandonné910. Il consiste dans une encolure circonscrivant exactement la base du cou. Nous le retrouvons dans quatre autres portraits de van Eyck911. La figure 13 indique 158la coupe de ce genre d’encolure, très usité à l’époque qui nous intéresse.
Un autre mode de décolletage est donné par la figure 14, tirée du Bréviaire de Salisbury912.
Dans cet exemple, l’encolure ne circonscrit la base du cou que par devant. Derrière, elle s’échancre en pointe de façon à encadrer l’empiècement du collet assis d’un pourpoint sous-jacent. La figure 15913, provenant de la même source que la précédente, nous met en présence d’une robe vue de dos dont l’encolure est manifestement munie de l’échancrure en pointe que nous venons de mentionner et qu’on ne fait que deviner sur notre dessin de la figure 14 en raison de la pose du personnage.
On trouvera cette coupe d’encolure dans le patron de robe qu’a donné la figure 1 de ce chapitre.
Bien qu’on rencontre le décolletage en pointe par derrière dès 1306914, il nous semble n’avoir commencé à se généraliser que vers 1430. Il devint ensuite le genre d’encolure dominant jusque dans les dernières années du règne de Louis XI. Une eau-forte d’Albert Dürer d’environ 1500 nous montre encore une robe décolletée en pointe sur le dos d’un paysan. Ajoutons qu’après 1440, et surtout pendant la période qui s’étend de 1455 à 1470, la pointe de l’échancrure postérieure des encolures de robes sera souvent arrondie915.
Le portrait du chancelier Rolin916, qu’on verra plus loin au chapitre des robes de chevaliers, nous offre une variante du mode précédent. Nicolas Rolin s’y trouve revêtu d’une robe dont le décolletage est semblable à celui que nous venons de décrire, avec cette différence que la fente de poitrine de ce vêtement est garnie de fourrure comme le reste de l’encolure, tandis que cette même fente en est privée dans la robe du personnage représenté par notre figure 14. Cette sorte d’encolure à fente de poitrine bordée de fourrure se rencontre pour la première fois vers 1415917. Quoique plus rare que la précédente, on peut constater son existence dans des documents de 1434918, 1441919, 1455920, 1461921, 1467922 et 1468923. On la voit encore, en 1508, adoptée par l’évangéliste saint Marc sur une miniature des Heures d’Anne de Bretagne.
Enfin il y eut au quinzième siècle un dernier genre d’encolure de robe que nous appellerons le décolletage en pointe par devant, et que fait comprendre la figure 16924.
Les angles formés par la rencontre de la fente de poitrine avec la ligne circulaire du tour de cou, angles qu’on a pu remarquer sur les patrons et les personnages des figures précédentes, sont ici supprimés. Le contour de cette encolure prend dès lors, vu de face, l’aspect du gamma grec. Il va sans dire que, dans cet agencement, l’agrafe de fermeture se trouve placée sensiblement plus bas que dans les encolures précédemment 159mentionnées. Il est difficile d’admettre que ce décolletage fût accompagné d’une échancrure en pointe par derrière semblable à celle qu’il possédait par devant. Nous croyons plutôt qu’en raison de son échancrure de poitrine, il n’en comportait pas une seconde dans le dos. Aussi donnons-nous (fig. 17) une reconstitution de patron de cette encolure en la privant de toute échancrure postérieure.
On ne rencontre guère ce mode dans l’iconographie du quinzième siècle avant 1430. Son emploi deviendra dans la suite assez fréquent jusque vers 1465925.
N’omettons pas de signaler que ce décolletage en pointe par devant descendait parfois plus bas que celui que représente notre figure 16926.
Pour achever cette étude de la coupe des robes au temps de la Pucelle, il nous reste à décrire les différentes formes qu’affectaient les manches dont ces vêtements se trouvaient pourvus.
Les manches des robes couramment portées sous le nom de houppelandes dans les quinze premières années du siècle avaient été de deux sortes. Les unes s’évasaient progressivement de l’épaule jusqu’au poignet où elles atteignaient le maximum de leur largeur, souvent considérable, c’étaient les manches ouvertes. Les autres n’allaient en s’élargissant que jusqu’à un certain point de leur longueur, puis elles se rétrécissaient pour arriver à circonscrire le poignet plus ou moins étroitement. On appelait ces dernières manches closes. De 1412 à 1417, manches closes et manches ouvertes se firent une sérieuse concurrence927, et finalement les premières supplantèrent définitivement les secondes. Après 1417, les textes et les images s’accordent pour ne nous montrer guère les manches ouvertes que dans les robes déguisées, c’est-à-dire dans les tenues de fêtes ou de cérémonies.
La manche close fut universellement adoptée jusque vers 1450. Elle subsista néanmoins, quoique délaissée des élégants, pendant toute la seconde moitié du siècle. Un tableau de Quentin Metsys928 la montre encore usitée en 1518.
La grande vogue et la longue durée des manches closes s’expliquent, à notre avis, par l’avantage qu’elles avaient sur les autres manches, de remédier à l’absence de poches dans le corps du vêtement. Il était facile en effet d’y introduire par l’ouverture du poignet quantité d’objets qu’on en retirait non moins aisément en laissant tomber le bras verticalement. Le jeudi 1er décembre 1440, dans l’église de Saint-Bertin, lorsque le duc Philippe le Bon eût passé au cou de son cousin Charles 160d’Orléans le collier de la Toison d’or, celui-ci le pria en retour de bien vouloir porter son ordre du Camail. Et tantost ledit duc d’Orliens tira de sa manche uns des coliers de son ordre, et le mist autour du col dudit duc de Bourgogne929.
On a pu reconnaître la manche close dans la plupart des robes portées par les personnages qu’ont reproduits nos figures précédentes. On constatera également sa présence dans celles qui vont suivre. La manche close était donc le type de manche dominant à l’époque de Jeanne d’Arc. Mais ce type comporta, ainsi que nous l’allons voir, des coupes et des aspects différents.
La figure 18 donne le patron du genre de manche close qui fut le plus communément employé vers 1430930.
C’est en quelque sorte le type classique de la manche de robe dans la première moitié du règne de Charles VII. Le caractère spécial de cette manche, indépendamment de son assez grande largeur, consiste dans ce fait qu’elle est à épaule et poignet unis, c’est-à-dire qu’elle est suffisamment étroite du haut et du bas pour qu’on puisse la monter sans être obligé de la froncer sur l’épaule et au poignet. Comme toutes les anciennes manches de robes, elle se trouve taillée d’un seul morceau et ne possède par conséquent qu’une seule couture. On remarquera qu’ici cette couture est convexe. Nous verrons plus loin qu’il y eut des manches closes à couture droite.
La manche, dont la figure 18 présente le patron se montera au corps de robe donné par la figure 1, en ayant soin de froncer sous l’aisselle l’excès d’ampleur de son entournure931.
Une robe, exécutée d’après nos patrons (fig. 1 et 18), reproduira l’aspect de celles dont sont revêtus les personnages de nos figures 2 et 14. Il existait, du temps de Jeanne d’Arc, une autre sorte de manche close, également à épaule et poignet unis, mais d’une coupe sensiblement différente. C’est la manche que des textes de 1412 à 1417 appellent la grande manche close. Ce mode est celui qu’a adopté Josse de Vydt dans le portrait où il est représenté en donateur du retable de Saint-Bavon (fig. 4). La grande manche close, qui nous semble être d’origine allemande, remontait en France au début du 161siècle932. C’est vers 1410 qu’elle eut sa plus grande vogue. Son excentricité ne l’avait pas encore fait abandonner en 1430. On la rencontre même ça et là dans l’iconographie jusque sous le règne de Louis XI933.
La figure 19 donne le patron de la grande manche close de la robe de Josse de Vydt.
Un autre genre de manche, reproduit par la figure 20934, offre beaucoup d’analogie avec les manches de nos figures 2 et 14. Mais, dans ce nouvel exemple, l’épaule seule reste unie, alors que le bas de la manche est froncé sur un étroit poignet généralement recouvert d’un tour de fourrure.
Une grande manche close présente la même particularité dans une miniature d’environ 1425935.
Le patron de la manche de la figure 20 est donné par la figure 21.
Ces manches à épaules unies et à poignets froncés apparaissent dès 1415936. Elles furent assez usitées de 1430 à 1440. On en trouve encore vers 1500937.
Il y eut aussi des manches froncées à la fois à l’épaule et au poignet. La figure 22 reproduit un exemple de cette dernière sorte, tiré d’une miniature datant vraisemblablement d’environ 1430938. Le patron en est tracé dans la figure 23.
Ce type se rencontre de 1415939 à 1445940. Il fut très employé avec la manche pertuisée dont nous parlerons plus loin.
Nous venons de passer en revue les manches à épaules et poignets unis, celles à épaules unies et à poignets froncés, ensuite les manches à épaules et poignets froncés. Il nous faut mentionner maintenant les manches à épaules froncées et à poignets unis. On voit ce mode appliqué, dans les quinze premières années du quinzième siècle, à de 162grandes manches closes941. Il fut également employé avec des manches de dimensions modérées942. Sa grande vogue se manifesta surtout à partir de 1445.
On trouvera dans la figure 12 donnée précédemment un spécimen de manche épaule froncée et poignet uni d’environ 1440943. La figure 24 reproduit la coupe de cette manche qui, du temps de Jeanne d’Arc, nous paraît avoir été à la fois plus large à l’avant-bras et plus étroite au poignet, se rapprochant ainsi, dans sa partie inférieure, de la manche représentée par la figure 18.
Vers 1445, cette manche diminua encore de largeur, tout en augmentant de longueur, et devint saillante à l’épaule. Une intéressante miniature de 1446 nous montre l’auteur d’un manuscrit des Chroniques du Hainaut de Jacques de Guise offrant son œuvre au duc Philippe le Bon. Cet écrivain s’y trouve revêtu d’une robe à mi-jambe dont les manches sont semblables à celles de la robe du donateur de Petrus Christus (figures 12 et 24), alors que le duc et ses courtisans sont parés de robes courtes, à manches également froncées mais saillantes aux épaules et beaucoup plus étroites944. Ces dernières manches restèrent en grande faveur jusqu’à la fin du règne de Louis XI.
Pour soutenir et étoffer les fronces des épaules, on jugea utile de renforcer le haut de la manche en le doublant d’une pièce de drap, intercalée entre l’étoffe et sa doublure. On pratiqua dès lors les fronces sur deux épaisseurs de drap, ce qui leur donnait plus de consistance. La pièce de renfort diminuait de longueur avec le rang social. Elle descendait jusqu’au poignet dans les robes du duc Philippe le Bon945, s’arrêtait vers le milieu de l’avant-bras pour ses menus officiers, tant ses archiers de corps comme autres946, et n’atteignait même pas le coude pour un clerc ou un simple canonnier947.
Toutes les manches que nous avons mentionnées jusqu’ici au cours de ce chapitre sont à coutures plus ou moins convexes. Il existait aussi des manches dont la couture se trouvait taillée droite. De cette sorte sont celles de la robe portée par le 163personnage que représente la figure 25948, ainsi qu’on peut le constater sur la figure 26 qui donne le patron d’une de ces manches.
Comme les manches de la figure 22, celles-ci sont froncées la fois aux épaules et aux poignets. Mais il y a entre ces manches cette différence que celles de la figure 22, en raison de la convexité de leurs coutures, sont sensiblement plus larges que les manches de la figure 25 qui sont à coutures droites.
Ce genre de manche à couture rectiligne et dont l’épaule et le poignet sont froncés ne nous semble guère antérieur à 1430. On remarquera d’ailleurs que, contrairement à toutes les manches représentées jusqu’ici, qui sont à épaules tombantes, celles de la figure 25 sont taillées de telle façon que leurs fronces produisent aux épaules une saillie en hauteur assez accentuée. Cette particularité paraît avoir été rare avant 1445949. De toute l’imagerie antérieure à cette date, seul le Bréviaire de Salisbury nous en fournit quelques exemples, dont ceux reproduits par les figures 25 et 27.
Nous les croyons très rapprochés de l’année 1433, époque à laquelle l’enluminure de ce manuscrit était en grande partie exécutée. Due à plusieurs artistes de talents fort inégaux, l’illustration du Bréviaire de Salisbury se compose de quarante-cinq grandes miniatures soigneusement peintes et d’environ quatre mille cinq cents petites scènes d’une exécution très lâchée. Les grandes peintures datent certainement d’avant 1430. Les petites au contraire nous semblent avoir été enluminées hâtivement vers 1433 dans le but, qui d’ailleurs ne fut pas atteint950, de terminer le manuscrit pour le mariage du duc de Bedford avec Jacqueline de Luxembourg.
164En dehors des manches à coutures convexes et des manches à coutures droites, il y eut encore des manches à coutures concaves. Celles des deux personnages représentés dans la figure 27951 et dont la coupe est donnée par la figure 28 sont de ce dernier genre.
Leurs entournures forment des saillies d’épaules très accentuées952. Cette sorte de manche, ainsi que l’écourtement des robes dont sont revêtus les deux duellistes de notre dessin, est tout à fait exceptionnelle pour l’époque. Il faudra attendre la seconde moitié du siècle pour voir cette mode se généraliser. Nous sommes donc porté à croire qu’en 1433, elle constituait une nouveauté que Jeanne d’Arc n’a pu connaître. L’expérience nous a d’ailleurs démontré que le pourpoint à manches justes était le seul possible avec les manches de robes à couture concave, et cette sorte de vêtement n’apparaît pas dans les textes avant 1432953.
D’après la figure 27, la manche à couture concave fut d’abord étroite à l’avant-bras et au poignet comme une manche de pourpoint. Plus tard, vers 1450, elle s’allongera de façon à couvrir une partie de la main de son extrémité sensiblement élargie, modification qui la fera exclure de la catégorie des manches closes. En outre sa saillie d’épaule tendra à se manifester davantage en largeur qu’en hauteur sur les mahoîtres dont les gippons se trouveront pourvus. Ainsi modifiée, elle sera pendant longtemps en grande faveur.
L’énumération que nous avons entrepris de faire des manches closes au temps de la Pucelle serait incomplète si nous n’y ajoutions la manche pertuisée.
Ce dernier mode consistait dans une manche à travers laquelle était pratiqué un pertuis, c’est-à-dire une fente plus ou moins longue permettant au bras revêtu de la manche du pourpoint d’en sortir ou d’y rentrer à volonté (fig. 29)954.
On rencontre les manches pertuisées pendant tout le cours du quinzième siècle et même dans le premier quart du suivant 955.
Inaugurés, semble-t-il, peu après 1400956, les pertuis affectèrent d’abord exclusivement les manches closes. À partir de 1440, ils commencèrent à se pratiquer parfois dans des manches ouvertes, longues et cylindriques957. Sous Louis XI et ses successeurs, les monuments ne nous montreront plus guère les pertuis que dans des manches de cette dernière sorte.
165À en juger par la rareté et l’intermittence de leurs apparitions dans l’iconographie ancienne, les manches pertuisées furent toujours d’un usage restreint et exceptionnel. On en voit quelques exemples vers 1410958, 1415959, 1420960, 1430961, 1433962, 1435963. Il s’en trouve davantage aux environs de 1440964. En 1432, le duc Philippe le Bon fait confectionner pour lui et certains de ses chevaliers et écuyers des robes de drap gris fin toutes pertuisées parmy les manches965.
La figure 29 a montré l’aspect de la manche pertuisée telle qu’on la portait en France de 1430 à 1440. Nous donnons dans la figure 30 le patron de cette manche, laquelle, durant cette période, fut toujours à épaule et poignet froncés.
Il y eut en Allemagne, dans le premier tiers du quinzième siècle, une façon de manche close pertuisée d’une forme très particulière. Elle consistait en une sorte de ballon ne possédant aucune ouverture pour le poignet. Seul un pertuis se trouvait en son milieu pour le passage du bras. Très répandue au delà du Rhin, elle fut parfois adoptée en France et en Angleterre à la même époque. Mais comme dans ces dernières contrées elle ne fut jamais d’usage courant, nous nous réservons de la produire au chapitre des robes de chevaliers.
Estimant que depuis 1415, la manche ouverte n’était plus employée que dans les tenues de fête ou de cérémonie, nous ne nous sommes occupé jusqu’à présent que des manches closes. Il existait cependant, concurremment avec celles-ci, un type de manche intermédiaire entre la manche close et la manche ouverte. Il s’agit de la manche simple et sans caractère spécial, d’aspect uniformément large dans toute sa longueur, portée principalement par les gens du peuple et les paysans de toutes les époques, mais que nous retrouvons exceptionnellement dans les hautes classes vers 1430. Nous la qualifierons de manche cylindrique parce qu’elle a l’apparence d’un cylindre, bien qu’en réalité sa coupe (fig. 31) soit plutôt celle d’une manche à couture convexe.
La figure 32, extraite d’une miniature de 1436 conservée aux Archives du Capitole de Toulouse, nous offre un spécimen de ce genre de manche.
L’effigie funéraire de Guillaume du Bosc, datée de 1430966, montre également des manches 166de cette sorte, qui, nous le répétons, semble avoir été rarement adoptée par les classes aisées dans la première moitié du quinzième siècle.
De la manche cylindrique dériva ce qu’on appela la petite manche. C’était une manche généralement doublée de fourrure, faite pour être portée retroussée au-dessus du coude. Déployée dans toute sa longueur, cette manche arrivait seulement à la moitié de l’avant-bras, ainsi que l’indique clairement une miniature d’environ 1455967, dans laquelle on voit un seigneur de la suite du duc de Bourgogne portant la petite manche retroussée au bras droit et descendue de toute sa longueur au bras gauche. La robe du roi Mage, représenté dans notre figure 10, possède de petites manches, dont la figure 33 donne le patron.
La petite manche paraît avoir pris naissance dans les premières années du quinzième siècle. Très en faveur vers 1409968, elle devint plus rare après 1415969. On en vit cependant des exemples dans tout le cours du siècle jusqu’à la fin du règne de Louis XI970.
Ici se trouve terminé tout ce que nous avions à dire sur la coupe des robes d’usage courant à l’époque de Jeanne d’Arc.
On a pu remarquer, d’après nos dessins, que ces robes, à part quelques exceptions, sont toutes bordées de fourrure dans le bas, aussi bien qu’autour du col et des poignets. Ces bordures de fourrure sont la grande caractéristique du costume au temps de Charles VII.
La fourrure avait bien été employée aux siècles précédents, mais beaucoup plus souvent à l’intérieur qu’à l’extérieur des vêtements. On se refusa longtemps à exhiber le poil des bêtes ailleurs que sur les chapeaux, et ce ne fut guère qu’après 1400 qu’on commença à en garnir extérieurement quelques robes. Cet usage se généralisant peu à peu fut à l’apogée de sa vogue de 1420 à 1460. Il s’atténua ensuite au cours des ans et, sous le règne de Charles VIII, la fourrure, réservée aux grands revers et aux larges collets renversés des sayons et des chamarres de l’époque, ne s’emploiera plus en bordure que rarement. Cette coutume de border les robes de fourrure eut une telle vogue que les chaleurs de l’été971, pas plus que la température d’une salle de bal972, ne la faisaient abandonner.
167La fourrure la plus estimée était la martre zibeline973. Venaient ensuite l’hermine, la genette974 et la martre de Sweghe975, puis la martre de Prusse976, le castor, qu’on appelait bièvre977, le gris978, écureuil de couleur grise originaire des pays du nord, et enfin le renard979 et l’agneau980. Les gens peu fortunés se contentaient du lièvre, du conil, du chat et de l’écureuil roux.
Les textes de l’époque que nous étudions spécialement ne mentionnent plus le vair981 ni le gros vair qui avaient été très usités au quatorzième siècle pour les robes à garnements. Le menu-vair s’y rencontre exceptionnellement.
On employait aussi une fourrure blanche appelée létice. En principe elle se faisait d’hermine, mais, à en juger par le prix relativement peu élevé qu’elle atteint dans certains documents, il est probable qu’on la confectionnait parfois avec des ventres d’animaux plus communs. Quant à l’hermine semée de ses queues noires, elle était toujours réservée aux habits royaux portés par les rois et les princes du sang dans les grandes cérémonies.
Beaucoup de robes d’hiver se trouvaient doublées de fourrure. Ces robes fourrées semblent avoir été généralement privées de toute bande de fourrure extérieure. Dans ce dernier cas, elles laissaient voir un peu de leur fourrure intérieure dont les poils dépassaient forcément leur pourtour, ainsi qu’on peut le constater sur nos figures 11 et 12.
Le cuir des bandes de fourrure qui garnissaient le bas des robes mesuraient à peu près quatre centimètres de large. Le poil dépassant les deux bords du cuir d’environ un centimètre, il en résultait qu’extérieurement ces bandes de fourrure montraient six centimètres de largeur. Celles des poignets et de l’encolure n’avaient généralement que deux centimètres de cuir, donnant quatre centimètres de fourrure.
Nous avons vu que le bas des robes possédait deux fentes plus ou moins longues, une devant, une derrière, et même quelquefois deux fentes latérales. Ces fentes n’étaient pas toujours bordées de fourrure. Dans le cas contraire, les bandes dont on en garnissait les bords se taillaient parfois plus étroites que celle du bas de la robe.
Les mesures que nous venons d’indiquer paraissent avoir été rarement réduites ou dépassées du temps de Jeanne d’Arc.
La plupart des robes étaient de drap de laine. Les textes de la période qui s’étend de 1419 à 1435 nous fournissent une proportion approximative de trente robes de velours, de satin et de damas contre cent robes de drap de laine, tant dans la garde robe d’un grand seigneur que dans l’habillement de sa maison.
168On faisait les robes de toutes couleurs. Les plus simples et les plus couramment portées étaient de drap plain, c’est-à-dire tout uni. Sur d’autres, plus habillées, on appliquait des broderies, des motifs d’orfèvrerie, des devises, en drap découpé.
Empressons nous de faire remarquer à ce propos que le mot devise n’avait pas alors la signification qu’on imagina de lui donner plus tard et qu’il a encore de non jours. On appelle actuellement devise un mot ou plus souvent une suite de quelques mots formant une brève sentence, un proverbe, une courte phrase qui indique les goûts, les qualités, la profession, la résolution d’une personne, parfois une énigme ou même un simple calembour. Ces mots s’inscrivent sur un listel qui accompagne les armoiries. Au quinzième siècle, les devises s’entendaient de figures d’objets, de plantes ou d’animaux, prises comme emblèmes personnels par les grands seigneurs. C’est ainsi que le roi Charles VI avait pour devises, indépendamment du cerf ailé, déjà adopté par son père, les branches et les cosses de genêt, les plumes de paon, les annelets, son frère d’Orléans l’arbalète, le loup, le porc-épic, les feuilles d’orties, le duc de Berry l’ours et le cygne navré, Jean sans Peur le rabot, les branches et les fleurs de houblon, Philippe le Bon les fusils. Des devises paternelles, Charles VII conserva le cerf-ailé, et le duc Charles d’Orléans le porc-épic.
Ce que nous nommons aujourd’hui la devise s’appelait simplement le mot.
Le mot se brodait parfois sur les robes avec les devises. Celles-ci s’accompagnaient souvent des couleurs favorites de leurs possesseurs, Philippe le Bon affectionnait le noir et le gris, et, en dehors du costume vermeil de la Toison d’or qu’il revêtait seulement dans les cérémonies de cet Ordre, il ne portait guère que des robes noires ou grises.
Nous avons dit qu’on garnissait de fourrure intérieurement beaucoup de robes d’hiver. Pour l’été et les saisons intermédiaires, on se contentait de doubler les robes de satin982, de soie983, de tiercelin984, de drap985 ou de simple toile986. Il y avait même des robes sangles, c’est-à-dire sans doublure aucune987. Ces dernières paraissent avoir été rares.
À la doublure de drap s’ajoutait quelquefois une seconde doublure de satin988. Souvent le corps de la robe était doublé de tiercelin et les manches de satin989, ce qui permettait d’y introduire plus aisément les bras lorsqu’ils se trouvaient revêtus des manches d’un pourpoint de drap de laine. Cette précaution n’était pas indispensable avec un pourpoint de soie ou de satin.
Le costume fut toujours complété par une ceinture au quinzième siècle. Il est donc nécessaire de nous étendre un peu sur cet accessoire obligé de toute mise régulière à cette époque.
169L’antiquité considérait le port de la ceinture comme une sorte de dignité dont on privait ceux qui s’étaient rendus coupables de quelque faute. Le moyen-âge attachait également une idée dégradante à la privation de la ceinture.
C’était sans chaperon et sans ceinture que les criminels condamnés étaient tenus de faire amende honorable990.
Dans certains cas, on portait la robe déceinte en signe d’humilité. Une miniature de 1467991 nous montre un personnage suivant une procession, pieds nus, sans coiffure, revêtu d’une confortable robe de velours bordée de fourrure, mais déceinte. Plusieurs auteurs sont figurés offrant leurs manuscrits richement reliés à de hauts et puissants princes, un genou en terre et sans ceinture dans les miniatures de présentation992.
Les ceintures se faisaient de cuir ou de tissus de soie, noirs, blancs, verts, azurés, vermeils ou d’autres couleurs.
À l’une de leurs extrémités était fixée une boucle à ardillon d’or, d’argent, de fer, de cuivre ou d’étain ; à l’autre une sorte de bouterolle de même métal, appelée mordant. Un certain nombre de trous, souvent garnis d’œillets métalliques nommés fermeures, se trouvaient perforés dans la ceinture pour y recevoir l’ardillon de la boucle. Le métal de la ceinture était parfois richement travaillé.
Comme de nos jours, il existait au quinzième siècle deux genres de boucles, la boucle simple et la boucle double.
La première est un anneau affectant soit la forme ronde, soit la forme quadrangulaire. L’ardillon s’y trouve fixé d’un côté et c’est à ce côté, toujours rectiligne, même lorsque la boucle est ronde, que vient s’attacher la courroie de ceinture.
La boucle double consiste dans un anneau rond, ovale, carré ou oblong, traversé verticalement dans son milieu par une tige rectiligne. C’est alors cette tige qui porte l’ardillon et à laquelle est cousue la ceinture. Celle-ci une fois bouclée, la pointe de l’ardillon repose sur un des côtés de la boucle, l’autre côté restant libre. L’extrémité de la ceinture, garnie du mordant, est ensuite repassée sous cette branche de la boucle restée libre qui fait alors l’office de passant. La boucle double se rencontre plus rarement que la boucle simple dans l’iconographie du temps de Charles VII. Un exemple bien défini de la boucle double est donné par la figure 34993.
D’après les anciennes boucles de ceintures actuellement conservées dans différentes collections994, la boucle simple paraît avoir toujours été munie d’une chappe au moyen âge. On appelait chappe une plaque de métal rivée au bout de la ceinture et à laquelle la boucle tenait par une charnière. Un texte de 1398 fait mention de cet appendice995. Lorsque la ceinture était bouclée, la chappe se trouvait le plus souvent masquée par la partie de la courroie qui sortait de la boucle. C’est pourquoi, 170parmi les nombreux exemples de ceintures à boucles simples représentées dans les miniatures, nous n’en avons rencontré qu’un seul, datant d’environ 1470, dans lequel la chappe soit visible. Nous donnons cet exemple (fig. 35)996, bien qu’il soit de quarante années postérieur à l’époque de la Pucelle.
Beaucoup de ceintures étaient lisses, sans autres ferrures que leur boucle et leur mordant. D’autres se décoraient de clous, de rosaces, d’annelets etc… Le chancelier Rolin, dans son portrait du Musée du Louvre997, porte une riche ceinture brodée de perles.
Une certaine variété se manifestait dans la largeur des ceintures. Vers 1430, on les préférait étroites de deux, à trois centimètres. Les plus larges semblent avoir rarement dépassé six centimètres.
Leur longueur variait également. Les unes se trouvaient assez courtes pour ne laisser saillir de la boucle, la ceinture une fois bouclée, qu’une portion minime de leur extrémité, ainsi que le montrent les figures 34 et 35. Lorsqu’elle était suffisamment longue, la partie de courroie devenue libre au sortir de la boucle se nouait dans la ceinture de la façon que fait comprendre la figure 36998.
Cette sorte de nœud du pendant de ceinture se retrouve dans plusieurs images du premier tiers du quinzième siècle999.
Aux environs de 1425, la mode fut de porter d’étroites ceintures, très longues, dont le pendant descendait jusqu’à mi-jambes (fig.37)1000.
La boucle se plaçait généralement par devant, au milieu du corps. Cette position toutefois n’était pas invariable, et l’on voit souvent dans l’iconographie contemporaine des ceintures bouclées de côté1001.
Il était d’usage d’attacher à la ceinture une bourse ou même un sac de cuir ou d’étoffe. Les bourses prenaient indifféremment les noms de bourse, d’alloyère ou d’escarcelle. Les sacs s’appelaient gibecières, sacs, tasses ou taches1002. Le port de ces accessoires remédiait à 171l’absence de poches. La figure 381003 montre qu’ils atteignaient parfois une grande dimension.
En général ils étaient de moindre importance, comme l’on peut en juger par nos figures 4, 7 et 12. Un couteau ou une courte dague était parfois fiché perpendiculairement le long de l’envers du sac (fig. 7), ou horizontalement à l’extérieur. Souvent d’ailleurs les ceintures ne supportaient d’autre objet qu’une dague. Cette arme mesurait ordinairement de trente à cinquante centimètres de longueur. Elle était suspendue à la ceinture au moyen d’une mince bellière ou, plus rarement, d’une chaînette.
Lorsque la dague, se trouvait assez longue pour que le poids de la lame et du fourreau l’emportât sur celui de la poignée, elle pendait aussi verticalement que le permettait la saillie de sa rondelle de garde. Quand la dague était courte, le poids, de la poignée contrebalançait celui du reste de l’arme et elle tendait à prendre la position horizontale.
Courte ou longue, la dague suspendue à la ceinture se plaçait indifféremment par devant, par derrière, sur le flanc droit ou sur le flanc gauche, ou même dans des positions intermédiaires.
Sauf d’infimes exceptions, ces dagues étaient toujours à rouelles. On appelait ainsi deux rondelles de métal d’environ cinq à six centimètres de diamètre, dont l’une servait de garde et l’autre de pommeau. Quelquefois cependant cette dernière se trouvait remplacée par un pommeau, sphéroïdal ou autre. Les poignées à quillons, comme le sont les poignées d’épées, étaient rares dans les dagues. Celles, dites à rognons, également. Sur deux cents dagues environ, portées avec le costume civil, prises au hasard dans les documents, nous en rencontrons six à quillons1004 et quatre à rognons1005. Toutes les autres sont à rouelles.
Indépendamment des ceintures de cuir ou de soie usitées couramment et dont nous venons de parler, il exista encore, jusque vers 14601006, de larges ceintures entièrement formées de plaques de métal plus ou moins historiées, réunies entre elles par des charnières. Ces ceintures avaient pris naissance au quatorzième siècle avec l’innovation du pourpoint porté comme vêtement de dessus. Alors elles se plaçaient, non à la taille, mais autour du bassin, en bas du pourpoint. Sous Charles VII, on les 172ceignit sur la robe. Elles furent très rares, s’employant seulement dans le costume déguisé ou comme parures de fantaisie. Le roi Mage, que représente la figure 10, porte une ceinture de ce genre, à compartiments parallélépipédiques. L’enluminure dont il provient semble avoir été exécutée vers 1425. On trouve des ceintures analogues dans des documents datés de 14271007, 14291008, 14351009, et dans d’autres d’environ 14301010, 14331011, 14401012, 14501013.
Ces ceintures métalliques se ceignaient généralement autour du bassin. C’est exceptionnellement qu’on les rencontre ceintes à la taille1014.
Quant aux ceintures de cuir ou de soie, elles se plaçaient tantôt à la taille, tantôt au dessous des hanches. Ce dernier mode, très usité dans la première moitié du quinzième siècle, fut abandonné du temps de Louis XI.
On a pu remarquer en effet que beaucoup de robes représentées dans nos figures sont ceintes sensiblement au dessous de la taille. Cette particularité, qui se retrouve dans maintes images de la période que nous étudions spécialement, donne au costume de cette époque un de ses aspects les plus caractéristiques.
La ceinture portée basse se ceignait, soit immédiatement au dessus, soit au dessous de la zone des nœuds d’aiguillettes du pourpoint, dont le relief se faisait sentir à travers l’étoffe de la robe. Il est d’ailleurs à remarquer que l’apparition des ceintures basses sur les robes coïncide avec celle des aiguillettes pour attacher les chausses1015.
Beaucoup de robes étaient donc ceintes de ceintures basses dans la première moitié du quinzième siècle, principalement de 1415 à 1440. Mais cette mode ne fut jamais générale et maintes miniatures contemporaines nous montrent à la fois, dans une même scène, des personnages dont les robes sont ceintes bas, à côté d’autres sanglés par une ceinture au faux du corps1016, c’est-à-dire à la taille, ainsi que le fait voir la figure 391017.
Toutes les robes dont nos dessins ont donné la physionomie, constituaient le costume couramment porté au temps de Jeanne d’Arc. Comme nous l’avons déjà dit, le corps de ces robes, qu’il fût court, long où à mi-jambes, était taillé suivant une coupe unique, toujours la même, qu’a présentée la figure 1 de ce chapitre. Nous insistons particulièrement sur ce fait qu’un patient travail de reconstitution nous a amené à découvrir. Cette uniformité n’empêchait pas d’ailleurs une assez grande variété d’aspects dans le costume de l’époque, mais cette variété était due seulement à la diversité des manches, des encolures, des combinaisons de plis, des emplacements 173de ceintures et des longueurs plus ou moins grandes des corps de robes.
Nous devons ajouter que ces mêmes robes, d’usage courant, se trouvaient portées aussi bien par les bourgeois que par la noblesse. Il en était alors comme de nos jours où il est souvent difficile de distinguer la condition des individus d’après leur mise.
Un manuscrit historié de la Bibliothèque nationale d’environ 1375 nous montre, dans six de ses miniatures, les gens d’armes, les gens de conseil, la gent sacerdotal, les cultiveurs de terre, les gens de mestier, et les marchans de l’époque1018. À l’exception des prêtres et des gens de conseil, la plupart des personnages figurant dans ces miniatures, qu’ils soient gentilshommes, paysans, marchands ou artisans, sont habillés de la même élégante façon. On les voit vêtus du pourpoint collant, fortement rembourré à la poitrine, muni de manches à bombardes1019 et paré de la ceinture basse, tel qu’on le portait dans la seconde moitié du quatorzième siècle.
Au siècle suivant, vers 1460, nous découvrons un épicier, trônant dans sa boutique, en robe à plois, le chef coiffé d’un bourrelet à longue cornette, tenue que n’eut pas désavouée un seigneur de la cour de Bourgogne1020. Plus tard, un charretier apparaît, mis à la dernière mode, et, suprême élégance, le pied gauche chaussé de la botte fauve1021.
Mais si les coupes des vêtements se trouvaient être les mêmes pour les différentes classes de la société, il en était autrement des étoffes. À la cour du duc Philippe le Bon, les chevaliers seuls avaient le droit de porter le damas. Aux écuyers était permis le satin. Les varlets et les archers devaient se contenter du simple drap de laine1022.
Cette règle cependant n’alla pas sans accommodement et nous voyons qu’en 1467 les varletz et petites gens indifféremment pourtoient les pourpoints de soye ou de velours1023
. Il dut en être ainsi jusqu’au mois de décembre 1487, époque à laquelle un édit du roi Charles VIII réserva le velours aux chevaliers et les damas et satins figurés aux écuyers.
Examinons maintenant quel pouvait être le genre de robe que les habitants de Vaucouleurs firent confectionner à la Pucelle pour son voyage de Chinon.
Le greffier de la Rochelle nous apprend que Jeanne d’Arc se présenta devant le dauphin vêtue d’une robbe courte de gros gris noir.
Il y avait du gris, du fin gris1024, du gris rouge1025 et du gris noir1026. C’étaient des fourrures. Mais on donnait aussi le nom de gris à un drap de laine de couleur grise. 174On trouve mentionnés dans les textes le gris et le gris fin de Rouen, le gris, le gris fin et le gris noir de Montiervilliers1027. Nous croyons que le gros gris noir dont il s’agit dans la narration du greffier de la Rochelle était, non pas de la fourrure, mais un drap épais et commun de teinte gris foncé.
Le corps de la robe de Jeanne d’Arc dut être taillé sur un patron semblable à celui de notre figure 1, puisque nous avons vu que tous les corps de robes de l’époque se ramenaient à ce type unique. Nous savons de plus que cette robe était courte et s’arrêtait aux genoux1028.
Nous avons appris que les robes se trouvaient alors le plus souvent décolletées, mais parfois surmontées d’un col. Le greffier de la Rochelle ayant mentionné la couleur noire du pourpoint de Jeanne, il est à présumer que la robe de notre héroïne laissait voir le collet du pourpoint et par conséquent devait être décolletée. Le patron de la figure 1, étant celui d’un corps de robe à homme, décolleté et arrivant aux genoux, sera donc, une fois réduit à la taille présumée de notre héroïne, dans les conditions requises pour servir à la confection d’une robe semblable à celle que dut revêtir Jeanne d’Arc à Vaucouleurs.
Il y eut de tout temps des habits spéciaux pour monter à cheval. Au quatorzième siècle ce furent d’abord les cottes à chevaucher1029, puis les houppelandes courtes à chevaucher1030. Au siècle suivant, le mot robe ayant supplanté ceux de cotte et de houppelande, les textes citent les robes à chevaucher1031. Ces vêtements étaient nécessairement fendus par devant et par derrière jusqu’à l’entre-jambes. Telle dut être la robe de Vaucouleurs. En dehors de ces fentes, les robes à chevaucher ne différaient en rien des robes ordinaires, ainsi qu’on peut le constater sur la figure 40, extraite du Bréviaire de Salisbury1032.
Les deux seuls auteurs1033 auxquels nous devons quelques indications sur le costume porté par la Pucelle à son entrée dans la grande salle de Chinon ne disent pas que sa robe fût fourrée, et comme l’un et l’autre s’accordent sur la simplicité de la mise de notre héroïne, il semble probable que toute fourrure en était absente.
Il nous reste à parler des manches de cette première robe masculine de Jeanne. À ce sujet nous ne pouvons faire que des hypothèses. Nous croyons cependant devoir proscrire tout d’abord les grandes manches closes (figures 4, 8, 19), en raison de leur excentricité, bien qu’on rencontre parfois dans l’iconographie 175du temps des manches closes assez volumineuses adoptées par des cavaliers1034.
Une tenue modeste ne pouvait non plus s’accommoder des petites manches (fig. 10, 33), d’une recherche trop fantaisiste, et dont l’écourtement était d’ailleurs incompatible avec le confortable qu’exigeait une longue chevauchée d’hiver. Nous en dirons autant des manches pertuisées (fig. 29, 30), trop élégantes, et, de même que les petites manches, rarement usitées à cette époque.
Nous laisserons de côté également les manches froncées dans le haut de façon à former une saillie à l’épaule (fig. 25 à 28). Ne les ayant pas rencontrées avant 1433, il nous semble que Jeanne ne dut pas les connaître.
Nous avons donc à choisir seulement parmi les autres manches dont nous avons donné les aspects (figures 2, 12, 14, 16, 20, 22, 31, 40) et les patrons (figures 18, 21, 23, 24, 32).
Entre ces cinq types de manches nous recommandons particulièrement celui que nous avons reproduit dans les figures 2, 14, 18 et 40, par la raison qu’il fut le plus communément employé vers 1430.
Ainsi la première robe de Jeanne, celle que lui firent confectionner les habitants de Vaucouleurs pour son voyage à Chinon et avec laquelle elle comparut devant le dauphin, dut être taillée en gros drap gris foncé sur des patrons semblables à ceux que nous avons donnés dans les figures 1 et 18 (voir fig. 41).
Telle sera la conclusion de ce chapitre.
En vain nous objecterait-on que ce premier costume masculin de la Pucelle, produit de l’industrie d’un village des marches de Lorraine, a pu avoir une coupe particulière trahissant son origine provinciale. N’est-il pas certain en effet que Baudricourt, Jean de Metz et Bertrand de Poulengy, en présidant à l’équipement de Jeanne, durent s’efforcer de la mettre en état de paraître décemment devant le roi Charles et veiller à exclure de sa mise tout ce qui aurait pu provoquer l’ironie des courtisans de Chinon ? Les modes locales d’ailleurs ne se manifestèrent que beaucoup plus tard. Il y avait alors des modes étrangères, souvent importées d’une nation à l’autre, ce qui tendait du reste à unifier la mode générale, mais il n’existait pas de modes localisées dans les différentes provinces d’une même nation. Le moyen âge fut une époque de circulation intense. L’état de guerre presque continuel, qui occasionnait sans cesse dans les villes et dans les campagnes des incursions d’hommes d’armes et des exodes de fugitifs, n’empêchait pas les courses des messagers, les pérégrinations des marchands, les fréquents voyages de gens de toutes conditions qui n’hésitaient pas à faire parfois de très longs parcours pour se rendre en pèlerinage au Mont Saint-Michel, à Notre-Dame-du-Puy1035, à Saint-Jacques-de-Compostelle, voire à Rome et à Jérusalem.
176Ces trajets ne s’effectuaient pas en voiture, mais seulement à pied, à cheval ou en litière. Dès lors, point n’était besoin de routes. Des chemins rudimentaires, de simples sentiers suffisaient. On prenait ceux-ci coupant au plus court. Il en résultait que le pays était sillonné d’allées et venues en tout sens et que pas un village ne se trouvait laissé en dehors de la circulation. Il en advint autrement dans les temps modernes avec l’usage des carrosses et des diligences. Ces véhicules ne purent être employés que sur des routes suffisamment entretenues. Le nombre de ces voies de communication était forcément restreint. Elles ne desservaient que des centres d’une certaine importance. Des régions entières se trouvèrent de ce fait à l’écart de toute fréquentation, et leurs habitants, ne recevant plus de visites du dehors, en furent réduits à vivre avec leurs vieilles coutumes et leurs anciennes modes. C’est ce qui explique pourquoi nos costumes provinciaux, bretons, auvergnats, alsaciens ou autres, ne remontent pas au-delà du règne de Louis XIV.
Notes
- [860]
1318. — Douet d’Arcq, Nouv. cptes de l’Argent., p. 12.
1358. — Id. Cptes de l’Argent., p. 223, 234.
1387. — Id. Nouv. cptes de l’Argent., p. 144, 145.
1389. — Prost, Invent. des ducs de Bourg., t. II, n° 3182.
- [861]
1342. — Douet-d’Arcq, Nouv. cptes de l’Argent., p. 24.
1386-87. — Id. Ibid., p. 121-286.
1389. — Prost, Invent. des ducs de Bourg., t. II, n° 3181.
- [862]
Douët d’Arcq, Nouveau recueil de comptes de l’argenterie des rois, p. 12.
- [863]
1386. — Id. Ibid., p. 123, 126.
1387. — Id. Ibid., p. 144-286. — Id., Cptes de l’Argent., p. 378.
- [864]
Au roi semble avoir été particulièrement réservé le port de la housse.
- [865]
Prost, Inventaire des ducs de Bourgogne, t. I, n° 408.
- [866]
Quicherat, Histoire du costume de France, p. 228, 229.
- [867]
Voir plus haut, p. 81, 88, 89, 124.
- [868]
1391. —
… pour Mons. le Duc de touraine…IIIj pes de chausses à chausser soubz longue robe…
(Brit. Mus., Add. Chart., 2064). Évidemment ici il s’agit des chausses rondes. - [869]
Nous ne parlons pas de la chemise, parfois absente ou du moins très courte sous le doublet.
- [870]
Voir plus haut, p. 126-129.
- [871]
Voir plus haut, p. 126, 136, 137, 138, 139.
- [872]
Ordonnance des rois, t. III, p. 292.
- [873]
Cette ordonnance débute ainsi :
Charles ainsné filz du Roy de France, Duc de Normandie et Dalphin de Vienne. Savoir faisons à tous presens et à venir, que comme les Cousteriers de nostre bonne Ville de Paris se soient traiz par devers Nous, en donnant à entendre que ce seroit profitable chose et aussi comme nécessaire pour le proufit commun que il puessent faire Doublez pour vendre ; considéré que le plus des Gens usent et se vestent de Doublez, lesquiex les diz Cousteriers scevent bien faire comme font les Doubletiers : car yceulx Cousteriers se congnoissent miex en couture et en taille que ne font les Doubletiers, et tant y auront plus de Ouvriers, tant seroient les Doublez à meilleur raison…
On voit, d’après ce texte, qu’en 1358 le plus grand nombre avait adopté le costume court et se vêtait de doublets.
- [874]
1389. — Prost, Invent. des ducs de Bourg., t. II, n° 3182.
- [875]
1402.
4 aulnes pour faire fueilles d’ortie et autres decouppeures sur une houppelande pour nous de satin noir aengoulé à fons de cuve et à girons.
1 aulne et demie pour faire decouppeures sur une autre robe pour nous de veloux noir fourrée de martres de Pruce à girons et à fons de cuve. — (Brit. Mus., Add. Chart., 2360).
Ainsi, en 1402, le même vêtement s’appelait indifféremment houppelande ou robe.
- [876]
C’est donc bien à tort que Viollet-le-Duc prétend que le terme de robe ne s’appliquait qu’a la robe longue (Dictionnaire du mobilier, t. VI. p. 214).
- [877]
Quicherat, Procès, t. IV, p. 471.
- [878]
Quicherat, Procès, t. IV, p. 272.
- [879]
Revue historique, t. IV, p. 336.
- [880]
1430, ancien style.
- [881]
…curta roba usque ad genu vel circiter…
(Quicherat, Procès, t. I, p. 220, 221.) - [882]
Quicherat, Procès, t. V, p. 239.
- [883]
En 1415, il fallut cinquante aunes trois quarts pour dix-neuf robes destinées à des chevaliers et écuyers du sire de la Trémoille, soit au moins deux aunes et demie par robe (Louis-Charles de La Trémoille, Les La Trémoille pendant cinq siècles, 1890, p. 130). — 1432-33 :
4 aunes pour la robe du capitaine des archiers à la feste de la Thoison d’or.
(L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n° 984.) — 1448 :2 aulnes 1/3 de drap gris pour faire robe à messire Loys des Barres chevalier. 2 aulnes 1/2 de fin drap gris pour une robe à Jehan de Ligonne, escuier. 3 aulne de gris pour faire robe à Me Olivier Millet, secrétaire du comte de Montpensier.
(Comptes de Gilles le Tailleur, dans Bulletin archéologique du comité des travaux historiques, 1891, p. 36.) - [884]
1350 : Ordonnance des rois, t. II, p. 372.
- [885]
La rencontre de ces robes déguisées, dans l’ancienne iconographie, déroute facilement l’observateur inexpert. Leur coupe s’inspire, tantôt de vêtements étrangers, voire exotiques, tantôt d’une fantaisie qui les rapproche de modes disparues, si bien qu’elles sont souvent difficiles à dater, en l’absence d’autres éléments d’appréciation.
- [886]
Chronique des ducs de Bourgogne, t. IV, p. 46.
- [887]
On eut soin de placer ces point de couture de telle façon qu’ils fussent masqués par la ceinture. Or il existait deux manières de ceindre la robe, la première consistant à placer la ceinture à la taille, la seconde à la descendre au dessous des hanches. Il en résultait que les couturiers cousaient les plis, tantôt à la taille, tantôt plus bas, selon le goût de leurs clients. Mais il arrivait parfois que, soit par négligence, soit par fantaisie, ceux-ci posaient basses leurs ceintures sur des plis arrêtés à la taille, ou au contraire ceignaient à la taille des robes dont les plis se trouvaient cousus au dessous des hanches. Dès lors les arrêts des plis n’étaient plus cachés par la ceinture. Ces anomalies sont très visibles sur les documents suivants :
Vers 1440 : Bibl. nat., fr. 764, fol. 29.
1441. — Nuremberg, Mus. german., 998, fol. 196 v°.
Vers 1430. — Georges Hulin de Loo (1862-1945), Heures de Milan, Paris, Gérard Van Oest (1875-1935), 1911, fol. 113.
- [888]
1387. — Douet d’Arcq, Nouv. Cptes de l’Argent., p. 283.
1389. — Prost, Invent. des ducs de Bourg., t. II, n° 3152.
1390. — Id. Ibid., n° 3579.
1399. — Brit. Mus., Add. Chart., 2361.
- [889]
1398. — Bibl. nat., fr. 10432, p. 14, 15, 95, 150.
1399. — Ibid., p. 240. — Brit. Mus., Add. Chart., 2361.
1400. — Brit. Mus., Add. Chart., 2367.
1402. — Ibid., 2393, 2396, 2402, 2406.
Faucées par le corps et a girons s’entendait des houppelandes rétrécies à la taille au moyen de plis cousus appelés girons parce qu’ils rayonnaient autour du corps a la façon du giron héraldique. Il y eut des houppelandes à seize (1402. — Brit. Mus., Add. Chart., 2402) et a vingt-quatre girons (1416. — L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n°ˢ 432, 434, 436).
- [890]
1387. — Douet-d’Arcq, Nouv. Cptes de l’Argent., p. 283, 294, 295.
1408. — J. Chartier, Chron. de Charles VII, t. III, p. 266.
1416. — L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n° 427.
- [891]
1408. — J. Chartier, t. III, p. 266.
- [892]
1387. — Douet-d’Arcq, Nouv. Cptes de l’Argent., p. 283, 294, 295.
1416. — L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n° 427.
- [893]
1392. — Brit. Mus., Add. Chart., 2077.
- [894]
1429. — Munich, Mus. nat. bav., Retable de Bamberg.
Vers 1430. — Florence, Gal. des Off., Fra Angelico, Adoration des Mages.
1431. — Bruxelles, Bibl. roy., 9018-19, fol. 27.
Vers 1440. — Bibl. nat., MS. fac-simile 126 (Concilium de Costenz), fol. 49.
Vers 1441. — Nuremberg, Mus. german., 999, fol. 170 verso.
- [895]
Bibl. nat., lat. 17294, fol. 398 verso.
- [896]
Vers 1410. — Bibl. de Genève, fr. 77, fol. 181.
1415. — Bibl. nat., fr. 9, folios 197, 237. — Bibl. de l’Arsenal, 5193 folios 41, 52.
1417. — Bibl. nat., lat. 14620, fol. 3.
Vers 1425. — Brit. Mus., Add. MS. 18850, fol. 96.
1429. — Munich, Musée national bavarois, Retable de Bamberg.
Vers 1430. — Bibl. nat., fr. 12575, fol. 53 ; fr. 20087, fol. 227 verso.
1431. — Bruxelles, Bibl. roy., 9018-19, fol. 1. — Eglise de Margate (Kent), Tombe de Nicolas Canteys.
Vers 1433. — Bibl. nat., lat. 17294, folios 66, 81 verso, 179, 395, 437.
Vers 1435. — Ibid., fr. 239, folios 212, 251 verso.
Vers 1440. — Ibid., fr. 22553, fol. 82.
- [897]
Musée de Berlin.
- [898]
Voir plus loin la figure 27 de ce chapitre.
- [899]
Cette disposition de plis est très nettement définie dans une des statuettes de la cheminée du Dam, au Musée de l’État, à Amsterdam, celle de l’homme en robe courte, coiffé d’un chapeau haut de forme. Ces figurines ont été exécutées vers 1450.
- [900]
Bruxelles, Bibl. roy., 9395, fol. 33 v°.
- [901]
Vert 1420 : Bibl. nat., fr. 9629, fol. 1.
- [902]
Munich, Musée nat. bavar., Retable de Bamberg.
- [903]
Bibl. nat., Est., Oa14, fol. 66.
- [904]
Bibl. nat., fr. 17001, fol. 100.
- [905]
Vers 1425 : Bibl. nat., lat. 1158, fol. 84.
- [906]
1426 : Londres, Lambeth Palace, 326, fol. 1. Cette miniature représente le duc de Bedford, régent de France, assisté de deux dignitaires revêtus de robes à collets renversés.
- [907]
Deux exemples de collets semblables se retrouvent dans l’enluminure du Bréviaire de Salisbury (Bibl. nat., lat. 17294, folios 179, 598 v°).
- [908]
p. 111.
- [909]
Bibl. nat., fr. 9610, folios 7, 81.
- [910]
Musée du Louvre, Quentin Metsys, Le banquier et sa femme.
- [911]
Musée de Berlin : L’homme à l’œillet ; Portrait du sire Molembaix ; Petit portrait d’homme en buste. (Voir p. 106, fig. 6.)
Gymnase d’Hermannstadt, L’homme au chaperon bleu.
- [912]
Vers 1433. — Bibl. nat., lat. 17294 fol. 27 verso.
- [913]
Vers 1433. — Ibid., fol. 30.
- [914]
Ibid., fr. 312, fol. 235 verso ; fr. 313, fol. 229.
- [915]
Vers 1440. — Ibid., MS. fac-simile 126, (Concilium de Costenz), folios 13, 48.
Vers 1470. — Bruxelles, Bibl. roy., 9967, fol. 83.
- [916]
Musée du Louvre, J. van Eyck, la Vierge au donateur.
- [917]
Bibl. nat., fr. 131, fol. 1.
- [918]
Toulouse, Archives du Capitole, Entrée des gens de guerre dans la ville d’Albi.
- [919]
Nuremberg, Mus. german., 998, fol. 264.
- [920]
Bibl. nat., fr. 308, folios 19, 322 ; fr. 309, folios 179, 282 v°.
- [921]
Église de Walbourg, (Basse Alsace), vitrail représentant le sire de Müllenheim.
- [922]
Bibl. nat., fr. 254, fol. 105 verso.
- [923]
Ibid., fr. 17001, fol. 5 verso.
- [924]
Vers 1433. — Ibid., lat. 17294, fol. 351.
- [925]
Vers 1465. — Bibl. d’Autun, 114 A, fol. 26.
- [926]
Vers 1433. — Bibl. nat., lat. 17294, fol. 41 verso. — Brit. Mus., Harl. Ms. 2278, folios 23, 67.
1436. — Toulouse, Archives du Capitole, Descente de croix.
1437. — Musée de Berlin, Retable de Hans Multscher.
Vers 1440. — Saumur, Église de Notre-Dame de Nantilly, Tapisserie.
1441. — Bibl. nat., fr. 511, fol. 162.
- [927]
1412. — L. de Laborde, Les Ducs de Bourgogne, t. I, nos 219, 224.
1416. — Id., Ibid., n°ˢ 338, 343, 418, 425-427, 432, 434, 436, 437, 439, 444-447, 449-456.
1417. — Brit. Mus., Add. Chart., 2443.
- [928]
Musée du Louvre, Le banquier et sa femme.
- [929]
Monstrelet, Chroniques, t. V., p. 444.
- [930]
D’après l’échelle qui les accompagne, nos patrons (fig. 1 à 33 inclus) sont à la taille d’un homme de 1,68 m.
- [931]
Les fronces sous l’aisselle sont visibles aux manches de robes et de pourpoints dans les documents suivants :
Vers 1410. — Bibl. nat. fr. 2810, fol. 277 verso.
1427. — Bibl. de l’Arsenal, 621, fol. 565.
Vers 1433. — Bibl. nat., lat. 17294, fol. 488 verso.
1441. — Ibid., fr. 511, fol. 162.
- [932]
1394. — Hefner, t. IV, Tombe de Johann. V. Linden, pl. 222.
1400. — Bibl. nat., fr. 335, fol. 13 verso ; fr. 336, folios 5, 51.
- [933]
Vers 1475. — Bibl. nat., fr. 47, fol. 46 verso.
- [934]
Vers 1435. — Ibid., fr. 239, fol. 211 verso.
- [935]
Vers 1425. — Ibid., fr. 20080, fol. 332.
- [936]
Vers 1415. — Bibl. de l’Arsenal, 5193, fol. 220 verso.
- [937]
Musée de Cluny, Tapisserie, Pénitence de David.
- [938]
Bibl. nat., fr. 602, fol. 1. (Cette miniature en fournit un second exemple).
- [939]
Bibl. de l’Arsenal, 5193, fol. 223.
- [940]
Vers 1443. — Bibl. nat., fr. 126, fol. 153.
- [941]
Vers 1405. — Bibl. de Troyes, 179, fol. 255 verso.
1409. — Bibl. nat., fr. 23279, fol. 19.
Vers 1415. — Bibl. de l’Arsenal, 5193, fol. 349 verso. — Bibl. du Vatican, Palat. Lat. 1989, fol. 37.
- [942]
Vers 1415. — Bibl. du Vatican, Palat. Lat., 1989, folios 22, 23, 34 verso.
1425. — Gand, Eglise Saint-Bavon, Hubert et Jean van Eyck, Adoration de l’Agneau.
1433. — Brit. Mus., Harl. MS. 2278, fol. 30.
1448. — Bruxelles, Bibl. roy., 10951, fol. 4.
- [943]
Vers 1440. — Musée de Copenhague, Petrus Christus, Donateur avec saint Antoine.
- [944]
1446. — Bruxelles, Bibl. roy., 9242, fol. 1.
- [945]
1451. —
Pour trois quartiers de drap de layne noir pour estoffer les manches de ladicte robe (de drap de layne noir)…
L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n° 1682.Pour trois quartiers de drap noir employé es manches de ladicte robe (sengle de drap de layne noir)…
(Id. Ibid., n° 1683).Pour six quartiers de drap de layne employés a froncer les manches de deux robes…
(Ibid., n°ˢ 1699, 1701).Pour deux aulnes et ung quartier de drap de layne noir employé a froncer les manches de trois robes de soye…
(Ibid., n° 1704). - [946]
1451. —
Pour cinquante cinq aulnes de drap blanc dont ont esté froncées les manches desdictes robes (cent douze robes de drap de layne noir et gris par moitié)…
(Ibid., nos 1719, 1720).Pour une aulne de blanchet employé a froncer les manches d’icelles robes (deux robes pour les deux clarons de monsr d’Estampes)…
(Ibid., n° 1725). - [947]
1451. —
Pour demie aulne de blanchet employé a froncer les manches desdictes deux robes (l’une a maistre Hance de Lucquembac, canonnier de Luxembourg, et l’autre au clerc de monsr de Charny)…
(Ibid., nos 1728, 1729). - [948]
Vers 1433. — Bibl. nat., lat. 17294, fol. 157 verso.
- [949]
1445. — Bruxelles, Bibl. roy., 9015, folios 388, 412 verso.
- [950]
L’enluminure du Bréviaire de Salisbury, (Bibl. nat., lat. 17294) est restée inachevée.
- [951]
Vers 1433. — Bibl. nat., lat. 17294, fol. 126 verso.
- [952]
Le haut de la couture doit être fixé a l’entournure du corps de robe sous l’aisselle.
- [953]
L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n° 1053.
- [954]
Vers 1440. — Bibl. nat., fr. 22553, fol. 4.
- [955]
Vers 1500. — Ibid., fr. 53, fol. 1. — Brit. Mus., Harl. MS. 4425, fol. 14 verso. — Bibl. imp. de Vienne, 2637, fol. 11 verso.
1503. — Ibid., fr. 225, folios A verso, 165.
Vers 1503. — Ibid., fr. 955, fol. 2 verso.
1508. — Ibid., lat. 9474, fol. 6.
Vers 1525. — Ibid., fr. 5719, fol. 5 ; lat. 906, fol. 133.
- [956]
Vers 1410. — Ibid., fr. Nouv. Acq. 1255, fol. 12 verso.
- [957]
Vers 1443. — Ibid., fr. 126, fol. 121.
- [958]
Voir la note 950.
- [959]
Chantilly, Musée condé, Calendrier des Très riches Heures, Décembre. — Brit. Mus., Harl. MS. 4431, fol 48.
- [960]
Bibl. nat., fr. 131, fol. 1. — National Gallery, portrait d’Henri V.
- [961]
Bibl. nat., fr. 2675, fol. 100 verso.
- [962]
Ibid., lat. 17294, fol. 174 verso.
- [963]
Ibid., fr. 239, folios 162, 275 verso.
- [964]
Ibid., fr. 764, folios 1, 3 verso, 29 ; fr. 22553, folios 4, 7, 82. Bibl. de l’Arsenal, 5070, folios 25 verso, 359, 168. — Bibl. de Lyon, 1390, fol. 148.
- [965]
L. de Laborde, Les ducs de Bourgogne, t. I, n° 990.
- [966]
Bibl. nat., Est., Oa14, fol. 51.
- [967]
Bibl. nat., fr. 9087, fol. 1.
- [968]
1409. — Bibl. nat., fr. 9610, fol. 81 ; fr. 23279, fol. 53 (dans cette miniature, cinq personnages sur quinze sont revêtus de robes à petites manches).
- [969]
1416. —
… houppelande de meismes (drap gris), a petites manches pour Jehan Dormay qui servy icellui S (le conte de Charrolois) audictes joustes (du 26 juillet, à Lille).
(L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n° 336.)1428. —
Une robe d’un drap de Luque perse de Luque sangle avec petites manches…
(Invent. du chât. des Baux, p. 154, ap. Gay, Gloss. archéol., t. I, p. 581). - [970]
1480. — Brit. mus., Add. MS. 35310, fol. 175 verso.
- [971]
Un verdoyant paysage d’été, dans lequel déambulent deux promeneurs en costumes bordés de fourrure, s’aperçoit à travers les baies de la salle où le chancelier Rolin, revêtu d’une magnifique robe de velours coupé, garnie de martre, est agenouillé devant la Vierge (Musée du Louvre, Jean van Eyck, La Vierge au donateur).
Maintes miniatures nous fournissent d’autres preuves du port des fourrures dans la belle saison.
- [972]
Le 7 février 1433, à Chambéry, au bal des noces du comte de Genève avec Anne de Chypre,
avoient les chevaliers et escuiers leurs robes bordées de martres ; et les dames et damoiselles colliers et bordures de laitiches. Ainsi danssèrent, icelle nuyt, les dessus nommez…
(Chronique de J. Le Fèvre, sgr de Saint-Rémy, t. II, p. 292). - [973]
1416. — L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n°ˢ 427, 450, 453.
1432. — Ibid., n° 1056.
- [974]
1432. — Ibid., n° 1056.
- [975]
1417. — Arch. du Nord, B, 1842-2338, p. 80.
- [976]
1417. — Brit. Mus., Add. Chart., 2443.
1432. — L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n° 1056.
- [977]
1421-22. — Ibid., n° 617.
- [978]
1416. — Ibid., n° 421.
1432. — Ibid., n° 1056.
1433. — Ibid., n° 1072.
- [979]
1416. — Ibid., n° 363.
1432. — Ibid., n° 1056.
1433. — Ibid., nos 1066, 1072.
- [980]
1417. — Brit. Mus., Add. Chart., 2443.
1432. — L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, nos 1056, 1072.
1433. — Ibid., n° 1076.
- [981]
La fourrure, appelée vair du latin varius, était un composé de dos et de ventres de gris, rangés symétriquement en échiquier.
- [982]
1429. — Quicherat, Procès, t. V, p. 259.
1448. — Cptes de Gilles Le Tailleur dans Bullet. archéol. du comité des trav. histor., 1891, p. 64, 65.
- [983]
1416. — L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, nos 413, 425, 428, 439.
1448. — Cptes de Gilles le Tailleur, p. 64.
- [984]
1448. — Ibid., p. 60, 63, 64. Le tiercelin était une sorte de taffetas.
- [985]
1416. — L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n° 434.
1417. — Brit. Mus., Add. Chart., 2443.
1432. — L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, nos 983, 985, 988, 990, 993, 997-999.
1448. — Cptes de Gilles le Tailleur, p. 57, 59, 60, 64, 65, 68, 71.
- [986]
1435. — Archives du Nord, B. 1842-2338, p. 130.
- [987]
1428. — Invent. du Chât. des Baux, p. 154, ap. Gay, Gloss. archéol., t. I, p. 581.
- [988]
1448. — Cptes de Gilles le Tailleur, p. 64.
- [989]
1448. — Ibid., p. 60, 64.
- [990]
Douët d’Arcq, Choix des pièces inédites relatives au règne de Charles VI, t. I, p. 103.
- [991]
Bruxelles, Bibl. roy., 9243, fol. 286 v°.
- [992]
Vers 1430. — Bibl. nat., fr. 2675, fol. 11 ; fr. 602, fol. 1.
Vers 1443. — Ibid., fr. 126, fol. 121.
Vers 1480. — Ibid., fr. 8266, fol. 393, verso ; lat. 8408, fol. 1.
Vers 1490. — Ibid., fr. 55, fol. 6.
- [993]
Vers 1445 : Tapisserie d’une collection privée ayant figuré à l’Exposition des Primitifs français de 1904, à Paris.
- [994]
Camille Enlart, Manuel d’archéologie française, t. III, figures 290 à 297.
- [995]
A Hermant Ruissel, pour avoir fait et forgié la ferreure d’une ceinture pour le roy NS. C’est assavoir blouque et mordant et cinq fermeures ou il a en chascune 4 esmaulx de la devise dud. Sgr, blanc, noir, vert et vermeil, et en chief une fermeure, haichié le mot du roy JAMES et la chappe de la blouque haichié de branches, fleurs et cosses de genestes, et ou milieu du mordant a un tigre d’or…
(10e compte ordinaire de Charles Poupart, fol. 42, ap. Gay, Glossaire archéologique, t. I, p. 292). - [996]
Bruxelles, Bibl. roy., 9967, fol. 71.
- [997]
Van Eyck, La Vierge au donateur.
- [998]
Vers 1415. — Bibl. de l’Arsenal, 5193, fol. 198.
- [999]
Vers 1410. — Bibl. nat., fr. 2810, folios 12, 14 verso, 182.
Vers 1415. — Bibl. de l’Arsenal, 5193, folios 198, 223, 371.
1431. — Église de Margate (Kent), Église funéraire de Nicolas Canteys.
Vers 1433. — Bibl. nat., lat. 17294, fol. 26.
- [1000]
Vers 1425. — Ibid., fr. 20087, fol. 146. On trouve d’autres exemples de ces ceintures à long pendant aux folios 27 verso du lat. 1158 de la Bibl. nat., et 96 du MS. Add. 18850 du Brit. Mus.
- [1001]
Vers 1420. — Ibid., fr. 2664, fol. 1.
Vers 1425. — Ibid., lat. 1158, fol. 27 verso.
Vers 1433. — Ibid., lat. 17294, folios 26, 357 verso.
- [1002]
Le mot moderne de sabretache est un souvenir de cette dernière dénomination.
- [1003]
Vers 1433. — Bibl. nat., lat. 17294, fol. 27 verso.
- [1004]
Vers 1430. — Bruxelles, Bibl. roy., 11187, fol. 1.
Vers 1400. — Bibl. nat., fr. 166, fol. 24.
1431. — Église de Margate (Comté de Kent), Effigie funéraire de Nicholas Canteys.
1449. — Cologne, Collect. Oppenheim, Petrus Christus, Légende de Saint Éloi.
Vers 1450. — Amsterdam, Musée des Beaux-Arts, Statuette du Dam.
1470. — Bruxelles, Bibl. roy., 8, fol. 326.
- [1005]
Vers 1360. — Bibl. nat., fr. 4274, fol. 2 verso.
1408. — Église d’Hildersham (Comté de Cambridge), Tombe de Robert Parys.
1429. — Munich, Mus. nat. bavar., Retable de Bamberg.
1446. — Bruxelles, Bibl. roy., 9242, fol. 1.
- [1006]
Florence, Palais Riccardi, B. Gozzoli, Cortège des rois Mages.
- [1007]
Gries (Tyrol). Bibl. du couvent des Bénédictins, Speculum humanæ salvationis, ceintures des rois de Judas, David et Manassé, et de deux rois Mages.
- [1008]
Munich, Mus. nat., bavar. Retable de Bamberg.
- [1009]
Bibl. de Carlsruhe, MS XXVII, fol. 217.
- [1010]
Bibl. nat., fr. 2675, folios 60, 66 verso. — Musée de Hambourg, Mᵉ Francke, Retable de saint Thomas de Cantorbéry.
- [1011]
Brit. Mus., Harl. MS. 2278, folios 11 verso, 18 verso, 27. — Madrid, Musée du Prado, Copie d’après van Eyck, La Fontaine de Vie.
- [1012]
Bibl. de l’Arsenal, 5070, fol. 29 verso. — Bibl. du Louvre, Album de Jacopo Bellini, saint Hubert. — Bibl. d’Amiens, 483, fol. 115.
- [1013]
Bibl. nat., fr. 9742, fol. 13.
- [1014]
1400. — Bibl. nat., fr. 336, fol. 5.
Vers 1415. — Bibl. de l’Arsenal, 5193, fol. 22.
- [1015]
Ordonnance des rois, t. VIII, p. 301 (Voir plus haut, p. 136).
- [1016]
1416. —
… pour avoir fait pour MdS une chainture pour chaindre par le faux du corps, boucle, mordant et sept fermeures…
(L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n° 245). - [1017]
Vers 1430. — Musée du Louvre, Jean van Eyck, la Vierge au donateur, personnages du second plan.
- [1018]
Bibl. nat., fr. 9106, folios 243 v°, 244.
- [1019]
Voir plus haut la note 7 de la page 119.
- [1020]
Vers 1460. — Bibl. de Genève, fr. 160, fol. 82.
- [1021]
Vers 1470. — Bruxelles, Bibl. roy., 9241, fol. 210.
- [1022]
Bibl. nat., fr. 5365, fol. 132 verso.
- [1023]
Mathieu d’Escouchy, t. II, p. 130, 131.
- [1024]
1412. — L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n° 224.
- [1025]
1387. — Douet d’Arcq, Nouv. Cpte de l’Argnt., p. 247.
- [1026]
1390. — Brit. Mus., Add. Chart., 2060.
- [1027]
Gay, Glossaire archéologique, p.375, 576.
- [1028]
Quicherat, Procès, t. I, p. 220, 221.
- [1029]
1375. — Brit. Mus., Add. Chart., 2037.
1386. — Douet d’Arcq, Nouv. Cpte de l’Argent., p. 119.
1387. — Id., Ibid., p. 127, 162, 173, 291.
1395-96. — Les La Trémoille pendant cinq siècles, t. I, p. 37.
On retrouve la traduction littérale de l’expression cotte a chevaucher dans le mot anglais riding coat, d’où provient le français redingote.
- [1030]
1384. — Brit. Mus., Add. Chart., 2012.
1386. — Douet d’Arcq, Nouv. Cptes de l’Argent., p. 121.
1387. — Id. Ibid., p. 126, 127, 141, 144.
1389. — Prost, Invent. des Ducs de Bourg., t. II, n°ˢ 3175, 3250, 3545, 3546, 3550, 3581, 3583, 3584.
1390. — Id. Ibid., nos 3375, 3550.
1402. — Brit. Mus. Add. Chart., 2396.
1408. — Vallet de Viriville, J. Chartier, Chron. de Charles VII, t. III, p. 264-266.
- [1031]
1411-12. — L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, nos 153, 156.
1416. — Id. Ibid., n° 362.
1419. — Brit. Mus., Add. Chart., 2446.
1432-33. — L. de Laborde, Les Ducs de Bourg., t. I, n° 986.
- [1032]
Vers 1433. — Bibl. nat., lat. 17294, fol. 433 verso.
- [1033]
Le greffier de la Rochelle et Mathieu Thomassin.
- [1034]
Vers 1425 : Bibl. nat., lat. 1158, fol. 80 ; fr. 20087, fol. 32 verso. Brit. Mus., Add. MS. 18850, fol. 75. Bibl. imp. de Vienne, 1855, fol. 70 v°.
- [1035]
En 1429, Isabelle de Vouthon, la mère de notre héroïne, entreprend le lointain pèlerinage de Domrémy à Notre-Dame du Puy en Velay. Antérieurement elle aurait effectué celui beaucoup plus important de Rome, comme semble l’indiquer son surnom de Romée.