J. Quicherat  : Procès de Jeanne d’Arc (1841-1849)

Témoignages : Notice du procès de condamnation

383Notice littéraire du procès de condamnation

384Avis

Cette notice et celle qui la suit, avaient leur place marquée au commencement de l’ouvrage. Le conseil de la Société de l’Histoire de France a décidé qu’elles seraient rejetées ici, par la considération que beaucoup de personnes n’ayant pas été prévenues de tenir leur exemplaire en réserve, ont fait relier déjà les premiers volumes. Les lecteurs voudront donc bien ne pas recourir ailleurs qu’ici pour les renvois à la Préface qui ont été mis dans les notes des tomes précédents.

385I.
Des premières écritures du greffe

Trois notaires d’église, Manchon, Boisguillaume et Taquel furent employés comme greffiers au procès de la Pucelle ; mais Manchon fit presque tout à lui seul. Ses notes revues en commun à la fin de chaque séance195, servirent de base à la rédaction définitive196.

Ce premier travail de Manchon fut produit au procès de réhabilitation197. Il en reconnut l’écriture, sauf pour la première séance d’interrogatoire qui était de la main de Jean Monnet, clerc de l’un des conseillers198. Le tout formait un cahier de papier désigné sous le nom de notula ou minuta processus in gallico199, que nous traduisons par Minute française du procès : française, quoique les choses de procès-verbal y soient en latin ; mais en français sont les interrogatoires qui en forment la partie de beaucoup la plus considérable.

Du moment qu’elle fut produite devant les juges de la réhabilitation, la minute française aurait dû être transcrite 386dans tous les exemplaires de leur procès. Elle ne le fut toutefois que dans un seul, celui de d’Urfé. Nous parlerons plus amplement de ce célèbre manuscrit dans la notice préliminaire des pièces de la réhabilitation. Qu’il suffise de savoir ici qu’il présente plusieurs lacunes, et que l’une de ces lacunes tombe précisément sur la transcription de la minute française. L’absence d’environ deux cahiers fait que ce texte capital commence seulement au milieu de la séance d’interrogatoire du 3 mars 1431, douzième séance du procès.

M. de L’Averdy ayant signalé le premier, bien qu’avec un peu d’hésitation, l’existence de la minute dans le manuscrit de d’Urfé200, M. Le Brun de Charmettes et les autres historiens modernes s’en sont servis, mais sans la faire connaître autrement que par des citations.

On en trouvera le premier texte complet, répandu dans mon premier volume, à partir de la page 95. Il m’a semblé indispensable de le rapprocher de la rédaction définitive parce qu’ayant fourni la matière de cette rédaction, le lecteur n’aura qu’à les conférer ensemble pour juger du degré de bonne foi qui a présidé au dernier travail.

À la minute française lorsqu’elle fut produite, était joint un feuillet des corrections proposées pour les douze articles résumant la doctrine de Jeanne ; corrections qui, parce qu’elles ne furent pas toutes effectuées, fournirent un argument terrible contre les juges de Rouen. Comme ce feuillet était écrit aussi de la main de Manchon et que les personnes qui savent qu’il existe pourraient en chercher la teneur parmi les fragments imprimés de la minute, je dois prévenir que ce n’est pas là qu’on le trouvera. Il a été transcrit par les greffiers de la réhabilitation dans le sixième chapitre du procès, et je l’y ai laissé201.

387II.
De l’instrument du procès

Un certain laps de temps après le supplice de Jeanne202, Thomas de Courcelles, l’un des conseillers du tribunal, assisté de Manchon, donna au procès sa figure authentique. Les interrogatoires consignés sur la minute furent traduits en latin, les procès-verbaux complétés, et le tout rédigé en forme de lettres patentes émanant de Pierre Cauchon et de l’inquisiteur. Ainsi, l’instrument du procès se présente comme un long récit mis dans la bouche des deux juges.

La narration commence au premier jour de la cause et se prolonge au delà du dernier, tant par le compte rendu d’une information qui fut faite le lendemain de la mort de la Pucelle, que par l’insertion d’autres actes postérieurs de plus de deux mois. Toutefois, les attestations finales des greffiers ainsi que les sceaux des juges sont placées immédiatement après la sentence définitive. Cette singulière disposition paraît tenir à ce que Cauchon voulait que l’information posthume entrât dans le procès ; mais Manchon ayant pour sa part refusé de l’attester203, elle fut reléguée par delà les signatures ; et c’est peut-être pour dissimuler son isolement à cette place, qu’on la fit suivre de diverses pièces qui ne tiennent à la cause que par des liens indirects.

Les greffiers délivrèrent cinq expéditions du procès204 dont Manchon à lui seul en écrivit trois de sa main205. Toutes les cinq furent attestées par Manchon, Boisguillaume et Taquel, et munies du sceau des juges. Indépendamment de cette formalité, Boisguillaume en parapha 388tous les feuillets depuis le premier jusqu’à la fin des écritures authentiques206.

Des indices répandus çà et là permettent de suivre à travers les siècles le sort de ces cinq manuscrits. Des trois qu’exécuta Manchon, l’un fut pour le roi d’Angleterre, l’autre pour l’évêque de Beauvais et le troisième pour l’inquisiteur207. Martial d’Auvergne dit qu’il y en eut un d’envoyé à Rome, lorsqu’on sollicita de la cour pontificale l’autorisation de réviser le jugement208. Enfin il est constaté que le 15 décembre 1455, Manchon lui-même remit aux juges de la réhabilitation, en même temps que la minute française, un exemplaire du procès latin, exemplaire qui fut détruit six mois après, attendu que le tribunal en fit arracher les douze articles pour être publiquement lacérés lors du dictum de la sentence209. Reste à quatre dont l’un, égaré aujourd’hui, se trouvait à Orléans en 1475210. Un autre était en la possession de Pierre Grégoire, professeur de droit à Pont-à-Mousson, à la fin du XVIe siècle211, pendant qu’Étienne Pasquier étudiait à loisir celui d’après lequel il a écrit son cinquième chapitre du livre V des Recherches sur la France, sans en indiquer la provenance212. Aujourd’hui il en existe trois à 389Paris, qui n’ont pas été sans passer par bien des mains avant d’entrer dans les dépôts où ils sont placés. On les décrira tout à l’heure en même temps que les nombreuses copies qui en ont été tirées.

III.
De l’édition du procès

La connaissance du procès de condamnation ne transpira que fort tard dans le public, car bien qu’Étienne Pasquier et d’autres auteurs de son siècle en aient donné des sommaires213, les livres qui contiennent ces sommaires étaient de ceux qui n’avaient pour lecteurs que les érudits de profession. En vain Edmond Richer offrit gratuitement son temps et sa peine à qui voudrait se charger des frais d’une édition214 ; personne ne répondit à ce généreux 390appel, et le monument capital de l’histoire de Jeanne continua à défrayer seulement les élucubrations de quelques obscurs compilateurs. La première notice qui pénétra dans le monde est celle qui accompagne l’Histoire de Jeanne Darc, vierge, héroïne et martyre d’État, par l’abbé Lenglet Dufresnoy215. Encouragé par le succès de son livre, l’auteur se proposait d’en donner une seconde édition d’un plus grand format où il aurait joint à son résumé le texte des pièces principales du jugement216 ; la mort l’empêcha de donner suite à son dessein. L’excellente analyse de M. de L’Averdy, que l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres fit imprimer en 1790 dans son recueil des notices et extraits des manuscrits, fit oublier Lenglet Dufresnoy en même temps qu’elle apprit aux historiens à se servir des originaux. Il n’y avait qu’une édition complète qui pût être préférée à ce consciencieux travail, et l’édition s’est fait attendre jusqu’au moment où la Société de l’Histoire de France a bien voulu en couvrir les frais.

Quelques mots sur la disposition de notre texte.

On a tâché de faire que l’édition reproduisît les manuscrits fidèlement, non pas servilement. Ces manuscrits, de même que tous les anciens actes publics, ne présentent à l’œil ni divisions ni alinéa. Le texte y court sans interruption depuis le protocole jusqu’aux signatures de la fin. Un livre ainsi fait eût rebuté les lecteurs. On a dégagé du récit pour les mettre en plus petit caractère, les titres qui précèdent les insertions. En outre, comme des réclames marginales ont été écrites dès l’origine par les greffiers 391eux-mêmes afin de distinguer davantage les périodes successives de la procédure que de simples item séparent dans l’instrument, on a fait aussi de ces réclames autant de têtes de paragraphes, imprimées avec le même caractère que les titres ci-dessus.

Toutes les fois qu’il a été nécessaire, pour plus de clarté ou pour plus de méthode, soit d’amplifier les réclames des manuscrits, soit d’en introduire de nouvelles, on a mis ces additions entre crochets pour qu’on voie sur-le-champ qu’elles appartiennent à l’éditeur. Indépendamment des divisions secondaires qui ont été le plus possible multipliées, on a séparé sous quatre chefs différents les quatre grandes périodes de la cause.

La première que nous appelons exposition et préliminaires (causæ expositio et præparatoria), renferme le protocole de l’acte et toutes les formalités qui constitueraient aujourd’hui l’instruction.

La seconde, que nous intitulons primum judicium, d’après l’autorité du procès de réhabilitation, présente toute la déduction de la cause depuis le moment où le promoteur se charge des poursuites, jusqu’à celui où la Pucelle abjure. C’est bien en effet le premier jugement, le procès d’hérésie proprement dit, à la suite duquel vient le procès de rechute, causa relapsus ; par conséquent secundum judicium. Ce second jugement fait l’objet de la troisième partie.

Dans la quatrième partie se placent les actes extrajudiciaires accomplis après la mort de Jeanne, quædam acta posterius.

Le texte des expéditions authentiques ayant été collationné avec soin par les greffiers se trouve conforme dans tous les manuscrits. Je n’ai pas eu d’autre peine que d’y modifier l’orthographe barbare du latin. J’ai respecté religieusement celle des textes en français.

392Généralement je ne crois pas m’être trompé sur la lecture des noms propres. Cependant, celui du vice-inquisiteur de France, lu Martinus Billormi217, pourrait être aussi bien Martinus Billorini ; et celui d’un conseiller appelé Nicolaus de Venderes que j’ai orthographié Vendères doit avoir l’accent sur la dernière syllabe Venderès, ou Venderez218. La dénomination de seigneur de l’Ours appliquée en français à un maître d’hôtel de Paris219 et que j’avais signalée comme une erreur du greffe, s’est depuis justifiée pour moi par plusieurs exemples analogues prouvant qu’au XVe siècle l’usage était d’appeler seigneurs les maîtres des grands hôtels de Paris220.

J’ai expliqué ci-dessus221 pour quelle raison, au lieu de donner la minute française tout d’une suite, j’en ai disséminé les paragraphes sous les parties correspondantes de la rédaction définitive. La distinction des deux textes est suffisamment établie par la différence du caractère affecté à l’un et à l’autre. Chaque fragment de la minute porte d’ailleurs avec lui l’indication de la place qu’il occupe dans le manuscrit de d’Urfé.

IV.
Description des manuscrits du procès

1.
Bibliothèque de l’Assemblée nationale

Registre en vélin, petit in-folio carré de 32 centimètres, sur 265 millimètres, composé de 120 feuillets, couvert en gros parchemin, marqué B 105 g. tome 570. Exemplaire sorti du 393greffe, le seul en vélin que l’on connaisse. En haut de la première page, en majuscule gothique :

In nomine Domini amen. Incipit processus in causa || fidei contra quondam quamdam mulierem Johannam || vulgariter dictam la Pucelle ;

puis le texte à la ligne :

UNIVERSIS presentes, etc.

Au bas de la même page :

Ego vero Guillermus Colles alias Boscguillaume, etc., etc., affirmo collacionem presentis processus centum et undecim folia continentis debite fuisse factam cum registro originali presentis cause, id circo, etc.222

L’attestation ne constate que cent onze feuillets parce que c’est au 111e que finit la cause, les neuf autres feuillets étant occupés par les appendices dont il a été assez parlé ci-dessus. C’est encore Boisguillaume qui a paraphé le bas de tous les feuillets légalisés par la formule affirmo ut supra. Enfin au verso du feuillet 111 sont les attestations autographes de Boisguillaume, Manchon et Taquel, avec les vestiges de deux sceaux en cire rouge appliqués au-dessous. Les empreintes sont de forme allongée ; celle du sceau de Cauchon beaucoup plus grande que l’autre, a conservé de sa légende le mot belva(censis).

Ce manuscrit doit être un des trois que Manchon dit avoir exécutés, probablement celui qui était destiné au roi d’Angleterre. Dès 1450 il fut employé pour les préliminaires de la réhabilitation. Cela se voit par le mémoire justificatif de Guillaume Bouillé où on lit au début de la discussion sur l’article I :

mulier ipsa erat… etatis decem novem annorum vel eocirca, ut ipsa asseruit in prima sessione, folio processus pergamenei XII223.

Or cette réponse de Jeanne se trouve en effet au fol. 12 du manuscrit de l’Assemblée nationale, qui est bien un processus pergameneus.

Je suppose que le même volume fut dès l’origine déposé 394au parlement de Paris. J’ai pu constater qu’il faisait partie des registres de cette cour au milieu du XVIIe siècle, car la table des archives du parlement par Lenain, offre cette indication :

Procès à la Pucelle en 1430 et 1431… au tome 251 tout entier ;

et sur l’intérieur du parchemin qui fait la couverture de notre manuscrit, on lit d’une écriture de greffe avec paraphe au bout :

Procès criminel, deux cent cinquante-un.

En 1753, le manuscrit du parlement était devenu la propriété d’un des présidents de cette cour, M. de Cotte, qui permit à Lenglet Dufresnoy d’en collationner le texte avec celui des manuscrits du roi224. Il est entré avec les autres manuscrits de M. de Cotte dans la Bibliothèque de la chambre actuelle des Représentants, ci-devant des Députés.

Signalé dans la Bibliothèque historique de la France revue par Fontette, t. II, n° 17204.

2.
Bibliothèque Nationale, n° 5965 latin

Volume en papier petit in-fol. (0,29 cent. sur 0,213) de 169 feuillets, relié en veau brun avec nervures et l’étiquette frappée en or sur le dos :

Process. Ianae Pvellae.

Expédition authentique, attestée au bas de la première page par Boisguillaume, paraphée par le même au recto de chaque feuillet, signée Boisguillaume, Manchon et Taquel au fol. 158, ce qui fait que la formule d’attestation ne porte que sur 158 feuillets (septies viginti et octodecim, sept-vingt et dix-huit). Au même feuillet 158 verso, sous les signatures des greffiers, on aperçoit les traces de deux sceaux jadis appliqués en cire rouge.

En haut de la première page, sans l’invocation du protocole :

Universis presentes litteras, etc.

Marqué autrefois :

Codex Colbertinus 1642, regius 96754.

Décrit par M. de L’Averdy.

395De nombreux grattages prouvent que cet exemplaire a été soigneusement collationné. C’est de lui qu’on s’est servi principalement pour établir le texte de l’édition.

3.
Bibliothèque Nationale, n° 5966 latin

Volume en papier, petit in-fol. (0,285 millim. sur 6,215), de 220 feuillets, cartonné et recouvert d’une peau verte.

Expédition authentique, attestée, paraphée et signée comme la précédente. La légalisation est au 206° feuillet, par conséquent le procès indiqué dans les formules comme contenant 206 feuillets.

En haut de la première page, en gothique moulée, l’invocation :

In nomine Domini, amen. Incipit processus, etc.

Puis le texte en cursive.

Marqué autrefois Cl. Puteani 9675. Il provient donc de Du Puy, et dès lors il est le même dont se servit Edmond Richer qui en parle dans son Histoire de Jeanne d’Arc, comme d’un original scellé225. Pour original, il l’est ; quant aux sceaux, ils sont tombés, mais la place en est encore visible.

Décrit par M. de L’Averdy.

4.
Bibliothèque Nationale, n° 5967 latin

Volume en papier, petit in-fol. de 267 feuillets cotés ; cartonné et couvert en parchemin avec le titre au dos :

Procez de la Pucelle d’Orléans.

Copie informe en cursive du temps de Charles VIII. Sur la feuille de garde qui précède le premier feuillet coté, est tracée en gothique moulée à l’instar d’un faux titre, l’inscription :

Processus cujusdam mulieris que Johanna la Pucelle fuit nuncupata ;

et en haut du feuillet suivant :

Universis presentes, etc.

Les attestations finales des greffiers n’ont pas été transcrites. 396Sur trois feuillets non cotés qui suivent les écritures du procès, est un index de la même main, ainsi intitulé :

Tabula ad inveniendum omnes et singulas annotationes in hujus libri marginibus contentas.

Marqué anciennement Baluz. 265, puis Regius 96753.

Décrit par M. de L’Averdy.

5.
Bibliothèque Nationale, n° 5968 latin

Volume en papier, petit in-fol., demi-reliure moderne, dos en maroquin rouge au chiffre de Louis-Philippe ; écriture cursive gothique du commencement du XVIe siècle ; copie informe exécutée d’après l’original contenant septies viginti et octodecim folia, qui est le manuscrit n° 2, décrit ci-dessus.

Commençait sur le premier feuillet sans l’invocation ; Baluze l’a ajoutée de sa main :

In nomine Domini, amen. Incipit processus, etc.

397Marqué anciennement au bas de la première page e musæo… le reste raturé ; signé à la fin Jac. Aug. Thuani ; en dernier lieu Cod. Colbert. 1316.

Décrit par M. de L’Averdy.

6.
Bibliothèque Nationale, n° 5969 latin

Volume en papier, petit in-fol. Demi-reliure moderne pareille à celle du n° 5968. Écriture gothique coulée de la fin du XVe siècle ; copie exécutée sur l’original de cent onze feuillets, qui est celui de l’Assemblée nationale.

Commence sur la première page :

In nomine Domini, etc.

Protocole complet. L’u initial de Universis presentes litteras, etc., est une grande lettre ornée dans laquelle est exécuté un petit sujet en miniature. On a voulu représenter une scène du procès. Jeanne en costume de femme est de bout devant un docteur assis dans une chaire.

À la fin de la transcription :

Finis omnium rerum optimus Labor improbus omnia vincit.

Marqué anciennement sur la première garde : Codex D. Antonii Faure, 56. Et depuis, Regius 9675.

Décrit par M. de L’Averdy.

7.
Bibliothèque Nationale, manuscrit de d’Urfé

La description de ce manuscrit sera donnée avec celle des textes de la réhabilitation. Qu’il suffise ici d’indiquer ce qu’il renferme sur la condamnation.

Du fol. marqué 1 jusqu’au bas du verso fol. 16 est une transcription du procès, en gothique coulée, du temps de Louis XII, laquelle transcription se termine dans l’interrogatoire du 3 mars par les mots :

respondi quod ego non deponerem sine licencia Dei,

puis en réclame :

item dit,

et ces deux mots commencent en haut de la page suivante (fol. 17 recto) la suite des interrogatoires en français avec toute la copie de la minute jusqu’à la fin de la cause. Cette copie est d’une très belle écriture gothique du temps de Charles VII ; elle va jusque sur le recto du fol. 34. Au verso de ce feuillet et de la même écriture :

in nomine Domini amen incipit processus, etc.

C’est l’invocation qui précède le protocole dans l’instrument du procès. Après cette invocation, l’attestation suivante de Manchon, qui n’existe dans aucun des originaux connus :

Ego vero Guillermus Manchon, presbiter, rothomagensis diocesis, publicus apostolica et imperiali autoritatibus curieque archiepiscopalis rothomagensis juratus notarius, et in presenti causa cum notariis in fine presentis processus signatis scriba, affirmo collationem debite esse factam de hujusmodi processu cum originali registro ipsius cause. Idcirco singula folia manu propria signavi et cum dictis notariis in fine me subscripsi.

Et immédiatement après cette formule, une nouvelle et complète copie du procès, exécutée toujours de la même main contemporaine de Charles VII. Enfin du fol. 96 verso 398au fol. 100 verso, la transcription de l’instrument de la sentence annoncée par ce titre :

Deinde sequitur tenor sentencie seu sentenciarum contra eamdem Johannam late seu latarum226.

Recourir pour de plus amples renseignements et notamment pour ce qui concerne la minute française, à la Notice préliminaire des pièces de la réhabilitation.

Signalé par M. de L’Averdy.

8.
Bibliothèque Nationale, manuscrit de Saint-Victor, n° 285

Volume billot gr. in-4° de papier entremêlé de parchemin, 572 feuillets, reliure en veau fauve, écriture cursive coulée du temps de Charles VIII.

Outre la copie du procès de condamnation exécutée d’après l’original de 111 feuillets (manuscrit de l’Assemblée nationale), ce volume renferme le texte du Journal du siège d’Orléans, que nous reproduisons dans notre quatrième volume, ainsi qu’une copie du procès de réhabilitation. Ces matières diverses sont longuement indiquées dans une table écrite en tête du volume d’une main contemporaine. Voici comment s’explique cette table à l’égard des deux premiers articles :

Que sequuntur hic habentur :

Compendium quorumdam gestorum in regno Francie temporibus Karoli septimi Francorum regis ; et primo in gallico, civitatis Aurelianensis obsidio ab Anglis facta anno Domini quadringentesimo vigesimo octavo supra mille, mense octobris, hoc agente comite Salseberiense Henrici Anglorum regis locumtenente in regno Francie duceque ac primario totius armatus ipsius. Item Johanne Puelle adventus et causa ipsius adventus in Franciam. Item mirabilis victoria dicte Johanne, qualiter scilicet Aurelianensium obsidionem dissolvens, cesis hostibus, urbem ab Anglis liberavit 399ac Karolum septimum, Francorum regem, more predecessorum suorum sacra unctione liniendum ad Remos potenter perduxit, multaque oppida et loca ab Anglis invasa et rapta, miranda armorum virtute ymo potius, ut dignum est credere, providentia divina et gratia speciali concurrente, potestati Francorum restituit. A fol. 3, usque 70.

Item processus in causa fidei… in civitate Rothomagensi sub D. Petro Cauchon Belvacensi episcopo, assistente eidem in dicto processu F. Johanne Magistri, fidei subinquisitore, contra supradictam Johannam Puellam a Johanne Luxemburgo apud Compendium nuper captam Anglisque venundatam. Quam Puellam Angli odio Franci nominis non modo ut hostem peremerunt, sed tanquam maleficam et hereticam crudeli horrendoque incendio apud Rothomagum suffocari fecerunt, anno Domini 1431, mense mayo ; quod fecisse Anglos compertum est in Francorum ignominiam, precipue scilicet ut regem Francorum, quem speciali titulo christianissimum omnes appellant, a fide catholica aberrasse ostenderent, ideoque eum regno indignum cunctis acclamarent ut pote quia Puellam, quam magam judicabant, ipse dictus rex susceperat verbisque ejus fidem prebuerat. A fol. 72, usque 342.

Voir le reste parmi les notices des manuscrits de la réhabilitation.

Après la table, au verso du premier feuillet :

Iste liber est sancti Victoris parisiensis, quem fecit fieri frater Nicasius de Ulmo abbas hujus ecclesie. Quicumque eum furatus fuerit, vel celaverit, aut titulum istum deleverit, anathema sit.

Ainsi le manuscrit de Saint-Victor fut exécuté par les soins de Nicaise Delormé, qui fut abbé de ladite maison de Saint-Victor depuis 1488 jusqu’à 1516. La note ci-dessus mal interprétée, fit croire que Nicaise Delorme avait exécuté de sa main le manuscrit. Le P. Thoulouze, chambrier de Saint-Victor, le rapporta ainsi à Edmond Richer227 400et précisa les faits jusqu’à lui expliquer comme quoi Nicasius de Ulmo avait entrepris ce travail en 1472, pendant qu’il était prieur d’une maison de leur ordre appelée Bussy, à six lieues d’Orléans. Mais fecit fieri n’est pas fecit, et il n’y a pas non plus d’apparence que les originaux des procès, sur lesquels a été fait le manuscrit de Saint-Victor, aient jamais quitté Paris.

Malgré l’absence de tout caractère d’authenticité, ce livre a joui dès l’origine d’une célébrité extrême. Il a eu l’avantage d’être plus que les autres à la portée des littérateurs. Du vivant même de Nicaise Delorme, il fut prêté à l’auteur d’un poème latin sur la Pucelle, Valeran de Varanis, qui remercia l’abbé de Saint-Victor par des vers qu’on trouvera rapportés ci-dessus228. Beaucoup de copies en furent tirées au XVIe siècle. Il servit sous Louis XII à compléter le texte du manuscrit de d’Urfé. Étienne Pasquier le cite encore comme ayant commencé à y faire son instruction sur Jeanne d’Arc229. Enfin sans parler de tous ceux qui s’en servirent dans les temps plus rapprochés de nous230, il a été décrit par Lenglet-Dufresnoy 231 et De L’Averdy232.

Le manuscrit de Saint-Victor fut primitivement marqué LLCI ; il portait le n° 29 au XVIIe siècle, le n° 417 au XVIIIe. Depuis son entrée à la Bibliothèque Nationale, il est le 285e du fonds auquel il appartient.

9.
Bibliothèque Nationale, manuscrit de Brienne, n° 180

401Un vol. in-fol., moyen en papier, doré sur tranche, relié en veau rouge aux armes de Loménie de Brienne sur les plats, et intitulé au dos :

Procès criminel de la Pucelle Jeanne.

Copie de greffe d’après l’original de sept vingt dix-huit feuillets (ms. n° 5965 de la Bibliothèque nationale), en écriture bâtarde du XVIIe siècle, ainsi attestée sur la première feuille de garde :

Paraphé par nous, conseillers du roy en sa cour de Parlement, commissaires en cette partie, suivant notre procès-verbal du quinziesme janvier mil six cens cinquante-deux.

Signé, P. Petau et Pithou.

Après cinq feuillets blancs, on lit en faux titre :

Procès criminel fait à Jeanne d’Arc de Vaucouleur, vulgairement appelée la Pucelle, ès années 1430 et 1431.

Trois autres feuillets blancs conduisent à l’instrument qui commence à un recto coté 1 :

in nomine Domini, amen. Incipit, etc.

Il finit au bas du verso fol. numéroté 445, qui n’est en réalité que le 325e, attendu que par une double erreur de pagination, le scribe a sauté de 209 à 230, puis de 232 à 333.

Signalé par M. de L’Averdy.

10.
Bibliothèque Nationale, manuscrit de Serilly, n° 180

Un vol. in-fol. en papier, relié en veau jaspé, filets, nervures, et au dos le titre :

Procès criminel de la Pucelle d’Orléans.

Copie textuelle du manuscrit de Brienne qui précède.

11.
Bibliothèque Nationale, fonds de St-Germain Harlay, n° 51

Volume in-fol. en papier, relié en basane avec les armes de Harlay sur les plats ; coté autrefois 333. Écriture de greffe du XVIIe siècle.

Copie informe, d’après l’original de 111 feuillets (manuscrit de l’Assemblée nationale). Il commence par l’invocation in nomine Domini, etc.

40212.
Bibliothèque Nationale, Supplément français, n° 350

Volume en papier, format in-fol. moyen, cartonnage moderne à la Bradel, 196 feuillets de diverses écritures.

Les 127 premiers en gothique écrasée de la fin du XVe siècle, contiennent la copie du procès de condamnation d’après un original qui paraîtrait avoir manqué des annexes ordinairement transcrites après les attestations des notaires. Les attestations elles-mêmes ont été omises par l’auteur du manuscrit. Une note postérieure d’au moins vingt ans y a suppléé en ces termes :

Post hoc inseruntur affirmationes notariorum, nempe Guillermi Colles, etc., etc., qui predictam collationem cum originali registro debite factam asserunt.

Il y a au fol. 1 un faux titre :

Processus in causa fidei contra, etc.,

et au-dessous, de la même main à qui est due l’annotation relative aux greffiers :

Le Procès de la Pucelle de France, 1501 ;

enfin ces mots d’une écriture allemande très ancienne :

mein gnadygsten herren undgut.

Signé sur les deux premiers feuillets de divers possesseurs dont voici l’ordre chronologique :

1° Hic liber est Egidii Perrini offic. de … Gerrici ; 2° J. Favier ; 3° Claudius du Han.

On reparlera de Gilles Perrin et Claude du Han dans la notice des textes de la réhabilitation où figurera de nouveau le manuscrit 35011 du Supplément français.

13.
Bibliothèque Nationale, fonds de St-Germain Harlay, n° 35010

Volume en papier, in-fol. moyen, demi-reliure moderne, dos en maroquin rouge, au chiffre de Louis-Philippe. 314 feuillets, d’une écriture cursive ronde et fine, d’environ l’an 1600.

La copie du procès de condamnation occupe les 174 premiers feuillets. Elle a été corrigée et augmentée, tant d’après le manuscrit précédent que d’après l’original de 111 feuillets (ms. de l’Assemblée nationale). Ce qui le 403prouve est une transcription des attestations finales mise sur la première garde du manuscrit, d’une autre main que le texte, et avec cette réclame :

Ce qui suit doit estre adjousté au bout du feuillet cotté cy-après 170, pour avoir esté depuis trouvé en d’autres copies dudit procez.

Et de plus au fol. 170 on lit cette autre addition :

En l’original signé du Han, que j’ay, est escrit ce qui suit : Post hoc inseruntur affirmationes, etc.

Du fol. 170 à 174 sont les annexes du procès terminées par cet explicit :

Hactenus quæ ad Johannæ processum attinent.

On reviendra sur le même manuscrit à propos des textes de la réhabilitation.

14.
Bibliothèque Nationale, Supplément latin, n° 952

Deux volumes en papier grand in-fol., reliure en veau brun. Écriture de la fin du XVIIe siècle.

La copie du procès de condamnation occupe le tome second, composé de 337 feuillets. Elle a été faite sur l’original de sept vingt dix-huit feuillets (n° 5965 de la Bibliothèque nationale).

Faux titre :

Procès criminel fait à Jeanne d’Arc dite la Pucelle d’Orléans, en l’année 1456. Second volume.

Sur le fol. 1 :

In nomine Domini, amen. Incipit processus, etc.

Voir pour le premier volume la description des textes de la réhabilitation.

15.
Bibliothèque Nationale, Supplément français, n° 35012

Volume en papier, in-fol., relié en veau marbré, intitulé au dos :

Procès de Jeanne d’Acq uvlgairement (sic) dite la Pucelle.

Écriture de chancellerie du XVIIe siècle.

Ce n’est pas une copie, mais une traduction en français du procès de condamnation. Elle fourmille de contre-sens. 404Elle a été faite d’après l’original contenant septies viginti et octodecim folia (ms. 5965 de la Bibliothèque nationale) qu’on a rendu par vingt-sept à vingt-huit feuillets.

Sur la première page :

Au nom du Seigneur, amen. Commancement du procès entrepris pour raison de foy contre une femme nommée Jeanne vulgairement ditte la Pucelle.

16.
Bibliothèque de la ville de Paris, manuscrit 183

Volume en papier, in-fol. ; reliure de basane ; 454 feuillets. Écriture de greffe du XVIIe siècle.

Copie informe d’après l’original de sept vingt dix-huit feuillets (ms. 5965 de la Bibliothèque nationale). En faux titre :

Procès criminel fait à la Pucelle d’Orléans en 1430.

Le texte commence au recto fol. 2 :

Incipit processus, etc.

Marqué d’abord 3255 et mentionné sous ce numéro par Haenel. Il provient de l’ancien Châtelet.

17.
Bibliothèque du Vatican, fonds de Christine, n° 948

Volume en papier, petit in-fol., 179 feuillets, dont les 24 premiers sont endommagés par l’humidité.

Écriture de la fin du XVe siècle.

Copie informe, désignée au catalogue par le titre :

Johannæ (Aurelianensis) examen fidei acta in ejus causa exhibens gallice.

Elle commence avec une légère modification dans le protocole :

In nomine Domini, amen. Examen fidei contra quamdam mulierem vulgariter dictam la Pucelle. Nos, Petrus, etc.

À la fin de la transcription, sur le dernier feuillet, on voit un écusson surmonté d’une crosse, écartelé d’un lion et d’un autre écartelé simple de métal et d’émail. J’ignore les couleurs.

Marqué :

Alex. Petavius anno 1647.

18.
Bibliothèque de Genève, manuscrit français, n° 86

405Volume in-fol. en papier, couvert de parchemin ; 176 feuillets à deux colonnes de 37 lignes ; écriture gothique écrasée du temps de Louis XII. Les premières lettres de chaque alinéa sont grossièrement coloriées en rouge ou en jaune ; une grande initiale enluminée sert à distinguer chacune des parties du manuscrit, qui sont au nombre de trois, savoir :

  1. le Journal du siège d’Orléans, dont Senebier a donné le titre au long dans son Catalogue des manuscrits de Genève (p. 360) ;
  2. la copie du procès de condamnation d’après l’original de 111 feuillets (ms. de l’Assemblée nationale) ;
  3. la copie incomplète du procès de réhabilitation, terminée par un renvoi au manuscrit de Saint-Victor :

    Require residuum in bibliotheca Sancti Victoris Parisiensis.

Le manuscrit de Genève est en effet une copie de celui que fit exécuter l’abbé Nicaise Delorme (ci-dessus, n° 8). Peut-être est-il le même que celui dont a voulu parler Fontette dans une note manuscrite qu’on trouve au trente-septième porte feuille (n° 16 ter) de ses papiers à la Bibliothèque nationale. Voici cette note :

M. de Peiresc disoit avoir vu parmi les manuscrits de la bibliothèque de Henri du Bouchet, conseiller au Parlement de Paris, un recueil de tout ce qui avoit été fait pour et contre la Pucelle d’Orléans, lorsqu’on lui fit son procès, et que ce recueil avoit esté fait par ordre de l’abbé de Saint-Victor de ce temps-là.

Quoi qu’il en soit, le manuscrit en question vient de France, et il y était encore au siècle dernier, puisque c’est J.-J. Rousseau qui le donna à la République de Genève. On lit encore sur la garde du volume l’ex dono autographe de cet illustre écrivain :

Pour la Bibliothèque de Genève de la part de Jean-Jacques Rousseau, citoyen.

Le procès de condamnation commence au fol. 27 :

In nomine Domini, amen. Incipit processus, etc.

Il est complet, occupe 101 feuillets, et se termine par la signature paraphée du copiste, nommé Roussel.

406On achèvera cette description dans la notice des textes de la réhabilitation.

19.
Manuscrit de M. Laurent

Volume in-4°, de 115 feuillets de papier et de parchemin entremêlés, originairement relié en bois avec couverture de cuir rouge.

Expédition authentique délivrée en 1475 par Jean Patarin et Hector Touchet, notaires d’église à Orléans, d’après un original en parchemin qui était paraphé de Boisguillaume à chaque feuillet, et signé à la fin par les trois greffiers.

En 1787, M. Laurent, directeur du Vingtième à Orléans, possédait ce manuscrit dont il envoya la notice à M. De L’Averdy233. Il mourut peu de temps après, tout au commencement de la Révolution, et sa bibliothèque fut vendue ; mais au moment de la vente, le manuscrit en question avait déjà été distrait, et toutes les recherches faites dans ce siècle-ci n’ont pas pu en faire retrouver la trace.

Voici les termes de l’attestation par laquelle il se terminait :

In nomine Domini, amen. Tenore hujus præsentis publici instrumenti, cunctis pateat et sit notum, quod anno ejusdem Domini M CCCC LXXV, indictione nona, mensis vero novembris die … pontificatus sanctissimi in Xo patris et domini nostri domini Sixti, divina providentia papæ quarti, anno quinto, in mei, notarii subscripti … præsentem codicem centum quindecim foliola papyri et pergameni continentem, intra duos asseres religatum, corio rubro coopertum, cum quodam alio codice pergameneo, quod in isto describitur ad longum, continente sanctum processum factum per dominum Petrum quondam episcopum Belovacensem, et sanctum inquisitorem fidei, contra Johannam quondam dictam la Pucelle, signato in quolibet folio signo manuali domini Guillelmi Boisguillaume, et in ultimo folio signis et subscriptionibus præfati 407ejusdem Boisguillaume, dominorum Guillelmi Manchon et Nicolai Taquel, notariorum publicorum et curiæ Rothomagensis, duobusque sigillis eidem præfato ultimo foliolo affixis in cera rubra munito, per multas dictas legimus ac perlegimus,et finaliter die præfato opus perficiendo collationavimus ; et quia ipsos in omnibus et per omnia concordare reperimus, idcirco signa nostra manualia in quolibet dictorum foliorum et in ultimo authentica et publica, in testimonium veritatis, apponi duximus. Acta fuerunt hæc Aureliæ, in villa nova, per nos et sub anno, indictione, mense, die, et pontificatu prædictis.

Et quia ego Johannes Patarin, clericus Pictaviensis diœcesis, in artibus magister et in decretis baccalaureus, publicus apostolica et imperiali autoritatibus curiarumque episcopalium Aurelianensis et Pictaviensis notarius juratus, hunc præsentem librum seu codicem, una cum notario subscripto, cum alio volumine authentico, signis publicis trium notariorum publicorum signato, latius in præsenti instrumento descripto, debite collationavi de verbo ad verbum, et ad invicem concordare inveni ; idcirco quod libet folium, cum subscripto notario, sigillo meo manuali signavi, et in majus veritatis robur sigillum meum publicum et consuetum huic præsenti instrumento manu mea scripto, una cum præfato notario, hic me eadem manu subscribendo, apposui, requisitus et rogatus.

Et quia ego Hector Touchet, clericus Carnotensis diœcesis, in legibus baccalaureus licentiatus, publicus apostolica et imperiali autoritatibus curiaeque Aurelianensis notarius juratus, hunc præsentem librum seu codicem, una cum notario suprascripto, cum alio volumine authentico signis publicis trium notariorum publicorum signato, latius in præsenti instrumento descripto, debite cum notario suprascripto collationavi de verbo ad verbum, et ad invicem concordare inveni ; idcirco quodlibet folium cum suprascripto notario signo meo manuali signavi, et in majus veritatis robur, signum meum publicum et assuetum huic præsenti publico instrumento manu notarii suprascripti fideliter scripto, una cum ipso, hic me manu propria subscribendo, apposui, requisitus et rogatus.

Il est à noter que le manuscrit de M. Laurent ne contenait 408pas les pièces postérieures à la condamnation. M. de L’Averdy en a conclu qu’elles manquaient dans l’original copié par les notaires d’Orléans. Rien ne prouve cela ; il a suffi que ces notaires vissent l’absence de légalisation pour s’abstenir de copier les annexes du procès.

20.
Ancienne bibliothèque de Rosny, manuscrit n° 2363

Volume en papier, in-fol., composé de 158 feuillets, relié en peau.

Commence :

Processus in causa fidei contra quondam quamdam mulierem Johannam dictam la Pucelle ;

se termine par les vers français que Martial d’Auvergne a consacrés à l’histoire de Jeanne d’Arc dans les Vigiles de Charles VII.

Marqué au commencement et à la fin de la signature de Pithou.

Tous ces renseignements sont tirés du Catalogue qui fut publié en 1837, lorsqu’on vendit la collection formée à Rosny aux frais de la duchesse de Berry. J’ignore quel a été l’acquéreur du n° 2363.

21.
Manuscrits de Meerman à La Haye

Un manuscrit du procès de condamnation, qui existait dans la bibliothèque du Collège des Jésuites de Paris (Louis-le-Grand), a été signalé par le P. Lelong. Lors de la suppression de l’ordre, le célèbre Gérard Meerman, qui se trouvait à Paris, acquit les manuscrits du Collège et les emporta en Hollande. Le comte Jean Meerman, son fils, les légua par testament à la ville de la Haye. Ils sont du domaine public depuis 1815. Celui du procès doit encore en faire partie, et c’est certainement avec son secours que furent composés des mémoires sur la Pucelle trouvés parmi les papiers de Jean Meerman234.

22.
Bibliothèque du Bennett College, à Cambridge

Lenglet Dufresnoy a signalé, dans son histoire de Jeanne d’Arc235, un manuscrit de cette bibliothèque intitulé :

Processus contra Joannam dictam la Puzil.

La forme seule de ce dernier mot indique une copie exécutée au XVe ou au XVIe siècle par un Anglais.

23.
Manuscrits divers signalés par les auteurs

J’ai parlé de celui qu’Étienne Pasquier dit avoir vu dans

la Bibliothèque du grand roy François à Fontainebleau236.

M. de L’Averdy cite en outre deux copies modernes qui se trouvaient de son temps, l’une chez M. de Flandres de Brunville, procureur du roi ; l’autre dans la bibliothèque de M. de Saint-Genis, auditeur des comptes. Elles étaient toutes les deux de format in-folio. La première provenait de la collection du président Duret de Meinières ; la seconde faisait partie des livres jadis rassemblés par Charles du Lys, avocat général de la cour des Aides, descendant du plus jeune frère de la Pucelle. Peut-être ces deux volumes sont ils de ceux que nous avons décrits comme classés dans les Suppléments de la Bibliothèque nationale.

Nous en dirons autant d’une autre copie dont Lenglet Dufresnoy parle en ces termes :

Processus condemnationis Johannæ darc dictæ la Pucelle, grand volume in-fol., du XVe siècle, in bibliotheca regia ; parmi les nouvelles acquisitions et qui doit être un jour inséré dans le supplément de Catalogue imprimé de cette immense bibliothèque237.

Enfin, le président Bouhier possédait une copie du procès de condamnation, marquée A. 22, et signalée par Fevret de Fontette 410comme une copie récente d’après le manuscrit de D’Urfé238. Quoique Haenel ait recueilli à Dijon que ce manuscrit avait été transporté à Paris avec une partie des livres de Bouhier, il n’est jamais entré à la Bibliothèque nationale.

V.
De l’instrument de la sentence

Cette pièce, dont n’a encore parlé aucun auteur, doit avoir sa mention dans la présente notice, quoiqu’elle ne fasse pas partie de notre premier volume. On l’a laissée dans le procès de réhabilitation où elle se trouve pour avoir été produite lors de ce procès239. L’un des interrogatoires de Manchon240 éclaircit la manière dont elle fut exécutée. Là et partout où elle est mentionnée, on l’appelle instrumentum sententiæ. Elle consiste en une notice sommaire du procès, délivrée sous forme de lettres patentes, avec reproduction intégrale des douze articles, de la formule d’abjuration et des deux sentences. À la fin sont les attestations des trois greffiers et l’annonce du sceau des juges. Ainsi l’instrument de la sentence était revêtu de tous les caractères d’authenticité, et destiné à valoir autant que les expéditions complètes du procès. À cause de l’avantage qu’on y trouvait, on dut en expédier un certain nombre d’exemplaires. Il est singulier que l’existence d’aucun n’ait été signalée jusqu’ici.

VI.
De l’abrégé ou sommaire du procès

C’est l’instrument latin transformé en un récit historique où l’on a supprimé les actes du tribunal et autres pièces d’insertion. Ce travail fut fait au moment de la réhabilitation pour la commodité des personnes consultées. 411Il a pour auteur Théodore de Leliis, juge au tribunal de la Rote. Je dis ce qu’il y a à en dire dans la Notice des pièces de la réhabilitation, chap. I, art. 2.

VII.
D’une ancienne traduction du procès

Louis XII, à la suggestion de l’amiral Louis de Graville, voulut que les deux procès de la Pucelle fussent mis en français. L’exécution de cette pensée donna naissance à un ouvrage qui nous est parvenu. C’est moins une traduction qu’une compilation abrégée. On en parle ici, parce que la manière dont y sont rendus les interrogatoires de Jeanne a pu faire croire dans ces derniers temps qu’on avait là un texte complet de la minute française, un texte ayant sur celui du manuscrit de D’Urfé l’avantage de ne pas présenter de lacune. Cette opinion a été vulgarisée par un mémoire de M. Dubois, chanoine d’Orléans, publié d’abord dans la Collection des chroniques nationales de M. Buchon241, réimprimé dans le Panthéon littéraire242, adopté quant à ses conclusions dans la nouvelle Collection des mémoires de MM. Michaud et Poujoulat243. Il importe de la réduire à sa juste valeur.

Qu’on sache d’abord que cet ouvrage du temps de Louis XII existe en manuscrit à la bibliothèque d’Orléans244 ; qu’il se trouve aussi fondu dans de très anciennes rédactions de la chronique de Normandie245 d’où il passa, non sans subir de grandes coupures, dans l’édition publiée à Rouen en 1581246 ; que le manuscrit d’Orléans 412lui-même, mis à contribution dès 1606 pour augmenter la seconde édition du Journal du siège247, a été imprimé (moins ce qui concerne la réhabilitation) dans les deux volumes de M. Buchon précédemment indiqués.

Quant à vouloir que cet ouvrage contienne la minute du procès de condamnation, l’idée n’en est pas neuve. Elle vint, il y a soixante ans, à M. Dauteroche de Talsy, doyen du chapitre d’Orléans, qui se livra à un examen très minutieux du manuscrit en question, et fut frappé du style naturel des interrogatoires. Toutefois ayant conféré son texte français avec une copie de la rédaction latine, il finit par n’y plus voir qu’une espèce de version historique arrangée au gré de l’auteur248.

M. Dubois reprit en dialecticien peu prudent la conjecture abandonnée par M. Dauteroche. Lorsqu’il avait tout au plus le droit de soupçonner que le manuscrit d’Orléans contenait quelque chose de la minute française, il prétendit que le texte complet et correct de cette minute n’était que là, immolant, pour le triomphe de son opinion, le manuscrit de D’Urfé qu’il ne connaissait point non plus qu’aucun des autres originaux du procès.

En deux mots, voici ce qu’il faut penser de cette question littéraire.

L’auteur employé par Louis XII donne lui-même à la première partie de son travail le titre de Déduction du procès, translatée de latin en français249. Quelques lignes auparavant, il mentionne

deux livres esquels est contenu le procès de la condampnation de Jeanne où il y a plusieurs diversités, spécialement ès interrogatoires et en ses responses.

Il a donc eu entre les mains deux 413manuscrits du procès de condamnation, manuscrits offrant entre eux des différences, et dont l’un au moins était en latin, puis qu’il a eu, lui qui parle, à faire œuvre de traducteur.

Que l’un de ces deux manuscrits ait contenu la minute française, cela ne peut guère faire l’objet d’un doute, car en comparant le texte du manuscrit d’Orléans imprimé par M. Buchon avec le texte du manuscrit de D’Urfé, on remarque entre les deux une conformité presque constante. Mais faut-il en conclure que le manuscrit de D’Urfé qui présente une grande lacune, est suppléé par le manuscrit d’Orléans qui n’en présente pas ? Non, car le traducteur a manqué visiblement du texte original des interrogatoires pour tout ce qui précède l’audience du 3 mars, de manière que les probabilités tendent à établir qu’il a fait son travail sur le manuscrit de D’Urfé lui-même, lequel était mutilé dès le temps de Louis XII comme il l’est aujourd’hui250.

Le fait que je viens d’avancer demande quelque démonstration.

Tant que dure la lacune du manuscrit de D’Urfé, le traducteur français ne met pas dans les réponses de la Pucelle ce naturel qu’avait remarqué M. Dauteroche, qui a séduit M. Dubois. Il ne fait, au contraire, qu’alourdir la phrase latine ou même en corrompre le sens.

Exemple tiré de l’audience du 21 février (premier interrogatoire) :

Tunc autem diximus (c’est Pierre Cauchon qui parle) quod libenter sibi traderemus unum aut duos notabiles viros de lingua gallicana coram quibus ipsa diceret Pater noster. Ad quod respondit ipsa Johanna quod non diceret eis nisi eam audiant in confessione.

414Ce passage de la rédaction latine est ainsi rendu par le traducteur :

Et adonc ledit évesque dit : Je vous ordonneray un ou deux notables personnages de ceste compagnie auquel vous direz Pater noster et Ave Maria. A quoy elle respondit : Je ne le diray point se ils ne me oyent de confession.

Un ou deux notables de ceste compagnie est un contre-bon sens, attendu que de lingua gallicana signifie de la langue de France, c’est-à-dire de l’obédience de Charles VII.

Exemple tiré de l’audience du 22 février (deuxième interrogatoire).

Interrogata utrum in juventute didicerit aliquam artem : dixit quod sic, ad suendum pannos lineos et nendum, nec timebat mulierem Rothomagensem de nendo et suendo.

Interrogée si elle avait appris aucun art ou mestier : dit que oui, et que sa mère lui avoit appris à coudre ; et qu’elle ne cuidoit point qu’il y eust femme dedans Rouen qui lui en sceust apprendre aucune chose.

Art ou mestier, hésitation du traducteur ; à coudre ne rend pas ad suendum pannos lineos ; elle ne cuidoit point qu’il y eust femme, etc., lourde paraphrase de non timebat mulierem Rothomagensem ; elle ne doutait femme de Rouen à filer ou à coudre.

Même audience :

Ulterius confessa fuit quod, propter timorem Burgundorum recessit a domo patris et ivit ad villam de Novocastro in Lotharingia, penes quamdam mulierem cogno minatam La Rousse ubi stetit quasi per quindecim dies : addens ulterius quod dum esset in domo patris, vacabat circa negotia familiaria domus nec ibat ad campos cum ovibus et aliis animalibus.

Dit outre qu’elle avoit laissé la maison de son père en partie pour doubte des Bourguignons, et qu’elle se estoit allée au Neuf-Chastel avec une femme nommée 415La Rousse, où elle demeura par quinze jours ; en laquelle maison elle faisait les négoces de ladite maison, et ne alloit point aux champs garder les brebis ne autres bestes.

Ici sont accumulés tous les défauts d’une mauvaise traduction : contre-sens, omission, platitude ; tout cela si saillant qu’il serait superflu d’en faire la démonstration.

Après ces citations, la question serait vidée s’il ne restait un passage assez spécieux que M. Dubois a cité, comme une preuve irréfragable de l’emploi de la minute française pour la partie qui fait défaut dans le manuscrit de D’Urfé.

Ce passage se trouve encore dans la séance du 22 février.

Le voici tel que l’a imprimé M. Buchon :

Interroguée qui lui conseilla de prendre habit d’homme. A laquelle interrogation j’ay trouvé en un livre que ses voix lui avoient commandé qu’elle prinst habit d’homme ; et en l’autre j’ay trouvé que, combien qu’elle en fust plusieurs fois interroguée, toutes fois elle n’en fist point de response fors : Je ne charge homme. Et ay trouvé audit livre que plusieurs fois varia en cette interrogation.

Des deux témoignages mis en contradiction dans ce paragraphe, le dernier n’est rien autre chose que la traduction de l’instrument du procès :

Item requisita ut diceret cujus consilio ipsa cepit habitum virilem : ad hoc respondere pluries recusavit. Finaliter dixit quod de hoc non dabat onus cuiquam homini ; et pluries variavit.

Quant à l’autre réponse par laquelle Jeanne aurait reconnu avoir pris l’habit d’homme pour obéir à ses voix, de quel texte la supposer tirée, sinon de la minute française ?

Ainsi raisonne M. Dubois ; mais avec plus de précipitation que de rigueur. La suite du procès telle qu’elle résulte à la fois de l’instrument latin et des fragments non contestés de la minute française, prouve un fait : c’est que, harcelée 416jusqu’à la veille de sa mort pour être réduite à convenir que son changement de costume lui avait été imposé par ses voix, Jeanne ne cessa de se tenir à couvert sous des réponses évasives. L’aurait-on pressée si longtemps, si dès le second jour elle avait fait l’aveu consigné par le traducteur ? Du moment que la question revient et qu’elle est toujours éludée, on a la preuve qu’il n’y a jamais eu de réponse positive. Les consulteurs de la réhabilitation l’ont compris de la sorte, et l’un d’eux s’est livré à une discussion lumineuse pour détourner de Jeanne les soupçons qu’une telle réserve aurait pu faire naître contre sa bonne foi251.

Ainsi ce n’est pas la minute que l’auteur du temps de Louis XII a citée en opposition avec l’instrument latin. C’est un autre texte du procès, et nous pouvons ajouter, un texte inexact ; et il reste enfin établi que le commencement du manuscrit d’Orléans ne supplée pas ce qui manque aujourd’hui, ce qui manquait dès le temps de Louis XII au manuscrit de D’Urfé.

Mais après l’aveu du traducteur rapporté ci-dessus, qu’il n’avait fait usage que de deux livres, comment arriver, pour dernière conclusion, à prononcer qu’il a connu trois textes, savoir : le texte tronqué de la minute, celui de l’instrument latin, et celui d’un autre manuscrit fautif ? Cela n’est pas une difficulté. J’ai dit que le manuscrit de D’Urfé contient en même temps que la copie tronquée de la minute, celle de l’instrument latin tout entier252. Revenons à la supposition déjà faite, que notre auteur eut ce manuscrit entre les mains ; joignons-y avec une autre copie non authentique de l’instrument : voilà les trois textes ne formant que deux livres.

417Je vais encore plus loin, et j’affirme que la copie fautive qui a causé la perplexité du traducteur sur la prise d’habit de Jeanne, est le manuscrit de Saint-Victor253.

Qu’on prenne le procès-verbal de la séance du 22 février254. À la suite de l’interrogation rapportée ci-dessus Item requisita ut diceret, etc., on voit Jeanne se jeter dans une longue digression, puis revenir à son costume disant qu’il lui avait fallu le changer, et qu’elle croyait bien donné le conseil qu’elle en avait reçu.

Dixit præterea quod oportuerat eam mutare habitum suum in habitum virilem. Item etiam credit quod consilium bene sibi dixit.

Ainsi est conçu le texte authentique. Mais le manuscrit de Saint-Victor255, par une erreur de copie, présente l’interpolation de suum entre quod et consilium ; or Jeanne appelait souvent ses voix son conseil ; l’addition du pronom personnel restreint par conséquent à cette acception particulière le sens de consilium, qui dans la réponse telle que la constatent les originaux, est pris au contraire d’une manière générale pour signifier le conseil quel qu’il fût qui avait suggéré à la Pucelle de s’habiller en homme.

L’assertion de notre auteur ne peut pas avoir d’autre source ; car pour supposer, comme il le donne à entendre, qu’il a eu sous les yeux des textes très différents l’un de l’autre, il faudrait que son propre travail présentât plus de faits en opposition avec les faits connus par les originaux : or abstraction faite de ses contre-sens, il n’a montré de désaccord entre ses deux livres que sur le point qui vient d’être discuté. C’est dire qu’il a articulé le fait de la dissemblance des textes non pas d’après sa propre critique, mais d’après l’opinion commune à son siècle, 418que les écritures du procès de la Pucelle avaient subi de nombreuses altérations.

J’ai insisté sur le manuscrit d’Orléans pour que les personnes qui s’attendent à trouver ici tous les documents du procès sachent pourquoi je n’ai pas admis celui-là, et pour qu’elles conviennent qu’il ne devait pas figurer dans une édition où on n’a voulu réunir que les sources. D’après ce système, le même manuscrit débutant par une préface historique qui offre quelques traits originaux, j’ai introduit des fragments de cette préface dans mon quatrième volume (p. 256).

Notes

  1. [195]

    Tome III, p. 160.

  2. [196]

    Tome II, p. 156.

  3. [197]

    Tome II, p. 156 et tome III, p. 135.

  4. [198]

    Tome III, p. 63.

  5. [199]

    Tome II, p. 156 ; tome III, p. 135 et 376.

  6. [200]

    Notices et extraits des Manuscrits, tome III, p. 238.

  7. [201]

    Voyez le tome III, p. 238.

  8. [202]

    Tome III, p. 196.

  9. [203]

    Tome II, p. 14.

  10. [204]

    Tome III, p. 160.

  11. [205]

    Tome III, p. 135.

  12. [206]

    Tome I, p. 3, note 4.

  13. [207]

    Tome III, p. 135.

  14. [208]

    Ci-dessus, p. 77.

  15. [209]

    Tome III, p. 360.

  16. [210]

    Voyez ci-après, n° 19 de la Notice des manuscrits.

  17. [211]

    Habeoque penes me processum judicialem ab Anglis contra illam factum sententiamque authentice descriptam. — (De republica, lib. VII, c. XI, tit. 45.)

  18. [212]

    J’ay veu autresfois la copie de son procez en la librairie de Sainct-Victor, puis en celle du grand roy François à Fontainebleau ; et depuis ay eu en ma possession l’espace de quatre ans entiers le procez originaire, auquel tous les actes, lettres patentes du roy Henry, advis de l’Université, interrogatoires faits à la Pucelle estoient tout au long copiez, et au bout de chaque feuillet y avoit escrit Affirmo ut supra, Bosquille (c’estoit le greffier), et à la fin du registre estoient les seings et seaux de l’évesque de Beauvais et de l’inquisiteur de la foy, ensemble celuy du greffier. — (Recherches sur la France, col. 536.)

  19. [213]

    Par exemple, l’éditeur de la Description du pays et duché de Normandie, in-8°, imprimé à Rouen en 1581, par Martin le Mégissier, ouvrage suivi d’un appendice intitulé :

    Ensuit le livre de la Pucelle, natifve de Lorraine qui réduit France entre les mains du roy, ensemble le jugement et comme elle fut bruslée au Vieil Marché à Rouen.

    Cet appendice ne donne que les trois premières séances du procès.

    Jean Hordal, dans son livre intitulé : Heroinæ nobilissimæ Joannæ Darc Lotharingæ, vulgo Aurelianensis puellæ, historia, in-4°, Pont-à-Mousson, 1612.

    Les éditions du Journal du siège d’Orléans, depuis la seconde imprimée à Orléans, en 1606, par Olivier Boynard, in-8°.

    Jean Masson, auteur de l’Histoire mémorable de Jeanne d’Arc, appelée la Pucelle, extraite du procès de sa condamnation et des dépositions des témoins ouïs pour sa justification en 1445. Paris, 1612, in-8°.

    Symphorien Guyon, dans son Histoire de l’église et de la ville d’Orléans. Ce qui concerne Jeanne d’Arc a été imprimé à part à Orléans en 1654, sous le titre de La Parthénie orléanoise.

    Le père Ignace (Jacques Samson) dans son Histoire généalogique des comtes de Ponthieu et maieurs d’Abbeville, in-fol. 1657, etc., etc.

  20. [214]

    Vrayment, il seroit à desirer que pour conserver ces pièces originales, j’enten le procez et la revision d’icelluy, que quelqu’un en fist imprimer cent ou six vingts exemplaires en un beau caractère pour les mettre en diverses bibliothèques, affin de les conserver et transmettre fidèlement à la postérité ; car autrement elles se perdront par l’injure du temps. Pour mon reguard, j’offrirois volontiers ma peine et mon travail à reveoir et conférer les copies et impressions sur les originaux. — (Histoire de Jeanne d’Arc, Advertissement au lecteur, manuscrit Fontanieu, P. 285, à la Bibl. Nat.)

  21. [215]

    Trois vol. in-8°. Orléans et Paris, 1753 et 1754.

  22. [216]

    Le prospectus de cette nouvelle édition qui devait paraître chez Guillyn et Pissot fut émis en 1754. Il forme une demi-feuille in-4°.

  23. [217]

    Tome I, p. 3.

  24. [218]

    Je dois cette rectification à M. Chéruel, professeur d’histoire à Rouen.

  25. [219]

    Tome I, p. 158.

  26. [220]

    Colin, seigneur du Boisseau à la porte du Temple, dans l’Histoire de Charles VI, par Jouvenel des Ursins à l’an 14 15. Le seigneur de l’Ours lui même est nommé dans le Journal de Paris à l’an 1412 ; dans Monstrelet, en 1417, l. I, ch, 162 ; dans le roman du Petit Jehan de Saintré.

  27. [221]

    Voyez p. 386.

  28. [222]

    Voyez le reste de la formule, tome I, p. 4.

  29. [223]

    Bibliothèque Nationale, manuscrit 5970, fol. 162 recto

  30. [224]

    Histoire de Jeanne Darc, préface, p. XXV.

  31. [225]

    Dans son Advertisement au lecteur, p. 285. Fontanieu.

  32. [226]

    Voyez ci-après, p. 410.

  33. [227]

    Histoire manuscrite de la Pucelle à la Bibl. Nat., ms. Fontanieu, p. 285.

  34. [228]

    Page 89.

  35. [229]

    Voyez ci-dessus, p.388, note 7.

  36. [230]

    Ci-après, p. 405, 417, et dans la Notice préliminaire des pièces de la réhabilitation.

  37. [231]

    Histoire de Jeanne Darc, 2e part., p. 193.

  38. [232]

    Notices des Manuscrits, t. III, p. 176 et 184.

  39. [233]

    Notices des Manuscrits, t. III, p.220.

  40. [234]

    Biographie universelle, art. Meerman.

  41. [235]

    Troisième partie, p. 294.

  42. [236]

    Ci-dessus page 388.

  43. [237]

    Histoire de Jeanne Darc, 2 partie, p. 188.

  44. [238]

    Bibliothèque historique de la France, t. II, n° 17208.

  45. [239]

    Voy. t. III, p.377.

  46. [240]

    T. III, p. 145.

  47. [241]

    T. IX de Monstrelet, p.191.

  48. [242]

    Volume de Matthieu de Coussy et de la Pucelle, Préliminaires, p. XXVII.

  49. [243]

    T. III, première série.

  50. [244]

    N° 411, provenant de l’ancien chapitre de la cathédrale.

  51. [245]

    L’une, entre autres, compilée au commencement du règne de François Ier, n° 1488 des manuscrits de Saint-Germain, à la Bibliothèque Nationale.

  52. [246]

    Voyez ci-dessus, p. 389 note 1, et notre t. IV, p.254.

  53. [247]

    Imprimée par Boynard et Nyon.

  54. [248]

    De L’Averdy, Notice des Manuscrits, t. III, p. 227.

  55. [249]

    Voyez notre t. IV, p. 226.

  56. [250]

    Voyez ci-après, description du manuscrit de D’Urfé, p. 415.

  57. [251]

    Voyez le mémoire de Théodore de Leliis, t. II, p. 30.

  58. [252]

    Ci-dessus, p. 397.

  59. [253]

    Décrit ci-dessus, n° 8.

  60. [254]

    Tome I, p. 54.

  61. [255]

    Fol. 98 verso.

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