Séance du 10 mars (Procès d’office)
Résumé : 1er interrogatoire en prison
(Extrait de l’Abrégé du procès de Jean Gratteloup, 2021.)
- Comparution de Jeanne :
- Serment
- Capture à Compiègne
- Étendard
- Blason
- Richesses
- Signe donné au roi
Prison de Jeanne. — Cauchon, La Fontaine et 4 assesseurs (dont 1 nouveau).
Interrogatoire
1. Jeanne est requise par Cauchon de prêter serment
— Je vous promets que je dirai la vérité sur ce qui touche votre procès ; et plus vous me contraindrez de jurer, plus tard vous la dirai.
La Fontaine commence l’interrogatoire.
2. Sur sa prise à Compiègne
Dit qu’elle venait de Crépy-en-Valois ; qu’elle entra secrètement dans la ville le matin, et fut prise le soir même ; qu’elle ne se souvient pas si lors de sa sortie on sonna les cloches. Interrogée si elle fit cette sortie sur le commandement de sa voix, répond que non, qu’il lui fut seulement révélé, lorsqu’elle était à Melun, qu’elle serait prise avant la Saint-Jean31 et qu’ainsi fallait que fût fait ; qu’elle interrogea ses voix sur l’heure de sa capture et leur demanda la mort plutôt que la prison, mais quelles lui répondirent de prendre tout en gré ; dit que si elle avait su qu’elle serait prise lors de sa sortie elle n’y fût pas allée à moins d’en avoir le commandement, mais que ce jour-là elle n’eut ni révélation de sa capture ni commandement de sortir ; décrit comment elle repoussa les Bourguignons par deux fois et à la troisième fut prise à revers par des Anglais.
3. Sur son étendard
Dit qu’elle n’en eut jamais qu’un, représentant le monde et deux anges ; qu’elle le fit faire sous commandement de ses saintes ; qu’elle devait le porter hardiment ; qu’elle ignore sa signification.
4. Sur son blason
Répond n’en avoir pas eu mais que le roi donna des armes à ses frères : un écu d’azur, deux fleurs de lis d’or et une épée au milieu, don qui fut fait sans sa requête et sans révélation.
5. Sur ses richesses
Répond que lorsqu’elle fut prise, elle était sur l’un de ses chevaux payés avec l’argent du roi. Interrogée si elle reçut d’autre richesse du roi, répond qu’elle ne demandait rien sinon bonnes armes, bons chevaux, et de l’argent pour payer les gens de son hôtel ; a-t-elle un trésor ? répond que ses frères ont 10 ou 12 000 écus du roi, ce qui est peu pour faire la guerre.
6. Sur le signe donné au roi
Répond qu’il est beau et honoré et bien croyable32. Interrogée pourquoi elle refuse de le montrer, alors qu’elle-même demanda un signe à Catherine de La Rochelle, répond que si Catherine avait auparavant montré son signe à notable gens comme elle-même montra le sien à l’archevêque de Reims, Charles de Bourbon, le sire de la Trémouille, le duc d’Alençon, etc., elle n’aurait pas exigé de le voir elle-même, et que d’ailleurs ses voix l’avaient prévenue de la supercherie ; dit que le signe est encore visible, qu’il est au trésor du roi et durera mille ans et plus ; refuse de répondre s’il s’agit d’or, d’argent ou de pierre précieuse, mais que le signe qu’il leur faudrait à eux c’est que Dieu me délivre de vos mains
; que ses voix lui avait promis un signe pour sa rencontre avec le roi ; qu’après qu’il l’eut vu, elle se sentie soulagée et s’agenouilla ; que ce fut un ange qui donna le signe au roi ; que les clercs cessèrent de douter lorsqu’ils eurent su le signe. Interrogée si des gens d’Église ont vu le signe, répond qu’elle sut qu’après avoir quitté le roi plus de trois cents personnes virent ledit signe.
Notes
Composition du tribunal
(Voir le tableau analytique de tous les juges et assesseurs du procès.)
Accusée
- Jeanne d'Arc
- 7e séance sur 27
- 19 ans
Juge
- Pierre Cauchon
- 60 ans
Lire dans les différentes éditions
- Français :
- Brasillach (1932)
- Champion (1921)
- Fabre (1884)
- O’Reilly (1868)
- Vallet de Viriville (1867)
- Le Brun de Charmettes (1817)
- Richer (1630)