Procès de condamnation de Jeanne d’Arc

Séance du 18 avril (Procès ordinaire)

Toutes les séances

(Voir le tableau de toutes les séances du procès.)

Résumé : exhortation charitable

(Extrait de l’Abrégé du procès de Jean Gratteloup, 2021.)

Prison de Jeanne. — Cauchon, Lemaître, 7 assesseurs (dont 1 nouveau).

Suivant l’avis de nombreux docteurs que Jeanne devait être exhortée charitablement et admonestée doucement afin de la ramener dans la voie de la vérité, Cauchon, Lemaître et sept assesseurs se rendent dans son cachot. Ils la trouvent malade.

Interrogatoire
1. Sur sa soumission au jugement des gens d’Église et le péril qu’elle encourt

Après lui avoir souhaité un prompt rétablissement, les juges lui expliquent la raison de leur venue : ses réponses ont été examinées par des théologiens qui y ont détecté de graves erreurs contre la foi, erreurs qu’ils ont toutefois mis sur le compte de son ignorance. Aussi, le tribunal l’exhorte à accepter d’être instruite par des gens d’Église, qu’on lui proposerait ou qu’elle choisirait. Un refus la mettrait en grand péril.

Jeanne les remercie, mais s’inquiète que sa maladie la mette en péril de mort : si telle était la volonté de Dieu, elle requiert d’être entendue en confession et inhumée au cimetière. On le lui promet, si au préalable elle se soumet à l’Église ; ce à quoi Jeanne dit ne pouvoir répondre le moment.

Interrogée sur plusieurs points, elle réitère sa volonté de ne rien soutenir contre la foi chrétienne ; répond que si un chrétien prétendait avoir eu révélation à son sujet, elle saurait par ses voix s’il dit vrai ou non ; admet volontiers que d’autres puissent avoir des révélations de Dieu mais qu’elle ne les croirait pas sans signe ; affirme croire fermement que les saintes Écritures ont été révélées par Dieu.

On la somme d’accepter d’être secondée par un clerc, et l’exhorte de nouveau à se soumettre à l’Église ; elle répond pour la dernière fois : — Quelque chose qui m’en doive advenir, je ne ferai ou ne dirai autre chose que ce que j’ai dit ci-devant au procès.

Les clercs présents tentent plusieurs recours pour l’amener à se soumettre à l’Église, mais, de guerre lasse, l’avisent qu’elle risque de finir abandonnée comme une sarrasine. À quoi Jeanne rétorque qu’elle est bonne chrétienne, bien baptisée, et que bonne chrétienne elle mourrait. On lui rappelle son désir de recevoir la communion et lui promet de la lui donner contre sa soumission ; elle dit qu’elle n’en répondra autrement, qu’elle aime Dieu, le sert, est bonne chrétienne et souhaite soutenir la sainte Église de tout son pouvoir.

2. Sur l’organisation d’une procession pour sa guérison

Répond qu’elle accepte volontiers que l’Église et les catholiques prient pour elle.

Composition du tribunal

(Voir le tableau analytique de tous les juges et assesseurs du procès.)

Accusée

Juges

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