Séance du 13 mars (Procès d’office)
Résumé : le vicaire de l’inquisiteur se joint à la cause ; 4e interrogatoire en prison
(Extrait de l’Abrégé du procès de Jean Gratteloup, 2021.)
- Comparution de Jeanne :
- Signe donné au roi
- Prêtre concubinaire et tasse perdue
- Dernières campagnes
Prison de Jeanne. — Cauchon, Lemaître, La Fontaine et 4 assesseurs.
Le vice-inquisiteur Lemaître, muni de ses lettres patentes s’adjoint officiellement au procès. Il confirme Jean d’Estivet promoteur, John Grey et John Berwoit gardiens, Jean Massieu exécuteur, lesquels lui prêtent serment.
Annexes
1. Lettre du vice-inquisiteur pour Jean d’Estivet (Rouen, le 13 mars 1431)
Confirmation de Jean d’Estivet promoteur et récapitulatif de ses fonctions.
2. Lettre du vice-inquisiteur pour Jean Massieu (Rouen, le 13 mars 1431)
Confirmation de Jean Massieu exécuteur et récapitulatif de ses fonctions.
Interrogatoire
Jeanne est désormais interrogée par Lemaître.
1. Sur le signe donné au roi
Refuse de répondre ; elle a juré de ne pas le dire et se parlant à elle-même : — Je promets que je n’en parlerai plus à aucun homme
; dit que le signe fut que l’ange confirmait son roi en lui apportant la couronne et lui promettait qu’il recouvrerait son royaume à l’aide de Dieu, et au moyen du labeur de Jeanne et qu’il la mit en besogne, c’est assavoir qu’il lui baillât des gens d’armes, autrement il ne serait pas de si tôt couronné et sacré ; répond avoir entendu ses voix depuis la veille ; dit que ladite couronne fut donnée à l’archevêque de Reims qui la remit au roi et qu’elle est depuis conservée en son trésor ; que tout s’est passé en sa présence, dans la chambre du roi à Chinon, après Pâques il lui semble ; que le roi et Jeanne virent le signe en même temps ; que la couronne était très riche, et signifiait le recouvrement du royaume ; que l’ange vint d’en haut par le commandement de Dieu, qu’il entra par la porte, marcha jusqu’au roi, lui fit révérence, évoqua ses tribulations, et à la fin s’en alla par la porte ; qu’elle avait suivi l’ange et qu’elle dit au roi : — Sire, voilà votre signe, prenez-le
; qu’elle était en prière chez une bonne femme près du château de Chinon pour demander un signe pour le roi lorsque vint l’ange ; qu’ils allèrent ensemble trouver le roi, escortés d’autres anges que d’autres personnes purent voir, comme d’Alençon, La Trémoille ou Charles de Bourbon ; quant à la couronne, plusieurs gens d’Église et autres la virent, qui ne virent pas l’ange ; qu’elle répondra le lendemain sur la figure et la taille de l’ange ; que parmi les autres anges, certains se ressemblaient d’autres non, certains étaient ailés et couronnés ; que ses saintes étaient également dans la chambre du roi ; que l’ange se départit de moi dans une petite chapelle et je fus bien courroucée de son départ et pleurai, et m’en fusse volontiers allée avec lui, c’est assavoir mon âme
; qu’elle espéra ensuite que le roi crut au signe et lui donna une armée pour délivrer Orléans.
Interrogée pourquoi Dieu l’a choisie elle plutôt qu’un autre, répond : — Il plut à Dieu ainsi faire par une simple pucelle
; dit ignorer la provenance de la couronne apportée par l’ange, ne pas se souvenir de son odeur ou de son lustre, mais qu’elle sent bon et sentira pourvu qu’elle soit bien gardée. Interrogée si l’ange lui avait écrit des lettres, répond que non ; répond que le roi et son entourage furent convaincus qu’il s’agissait d’un ange par la confirmation des gens d’Église présents et par la couronne ; que ceux-ci le surent par leur science.
2. Sur un prêtre concubinaire et une tasse perdue
Répond n’en avoir jamais entendu parler.
3. Sur ses dernières campagnes
Répond qu’elle n’alla point assaillir Paris, ni la Charité, par révélation mais à la requête des gentils hommes et gens d’armes, comme elle l’a déjà déclaré. Interrogée sur Pont-l’Évêque, répond que depuis qu’elle eut révélation à Melun qu’elle serait prise, elle s’en rapporta le plus souvent à la volonté des capitaines au fait de la guerre. Interrogée sur son assaut de Paris le jour de la Nativité de Notre Dame, répond qu’il est bien de garder les fêtes de Notre Dame ; nie avoir dit devant Paris : Rendez la ville de par Jésus
mais : Rendez-la au roi de France
.
Composition du tribunal
(Voir le tableau analytique de tous les juges et assesseurs du procès.)
Accusée
- Jeanne d'Arc
- 10e séance sur 27
- 19 ans
Juges
- Pierre Cauchon
- 60 ans
- Jean Lemaître
Lire dans les différentes éditions
- Français :
- Brasillach (1932)
- Champion (1921)
- Fabre (1884)
- O’Reilly (1868)
- Vallet de Viriville (1867)
- Le Brun de Charmettes (1817)
- Richer (1630)