Procès de condamnation de Jeanne d’Arc

Séance du 12 mars (matin) (Procès d’office)

Toutes les séances

(Voir le tableau de toutes les séances du procès.)

Résumé : 2e interrogatoire en prison

(Extrait de l’Abrégé du procès de Jean Gratteloup, 2021.)

Prison de Jeanne. — Cauchon, La Fontaine et 5 assesseurs.

Interrogatoire
1. Jeanne est requise par Cauchon de jurer

Elle jure avec ses réserves habituelles puis est interrogée par La Fontaine.

2. Sur le signe donné au roi

Dit que l’ange qui apporta le signe demanda au roi de mettre Jeanne en besogne et annonça que le pays serait aussitôt allégé ; que cet ange est le même que celui qui lui apparut la première fois ; dément qu’il lui ait jamais fait défaut, car si elle fut prise c’est qu’il le plut à Dieu, et dit qu’au contraire l’ange la réconforte.

3. Sur ses voix

Dit que ses saintes viennent tantôt spontanément, tantôt à son appel ; qu’elles n’ont jamais manqué. Interrogée si saint Denis lui était apparu, répond que non, à ce qu’elle sache.

4. Sur sa virginité

Dit qu’elle la promit à ses saintes. Interrogée sur son procès matrimonial à Toul, répond que ce n’est pas elle qui fit citer l’homme, mais lui qui la fit citer ; qu’elle ne s’était pas engagée ; qu’elle avait fait vœu de virginité à treize ans dès sa première vision ; que ses voix l’avaient assurée qu’elle gagnerait son procès de Toul.

5. Sur ses voix

Dit qu’elle n’en parla à personne, pas même à son curé, avant de s’en ouvrir à Baudricourt puis au roi ; qu’elle fit ainsi non par contrainte de ses voix, mais par crainte que les Bourguignons ou son père l’empêchassent de partir.

6. Sur son départ de la maison paternelle

Dit que ce fut la première fois qu’elle désobéit à ses parents, mais qu’ils lui ont pardonné depuis. Interrogée si elle pense avoir péché, répond que puisque Dieu le commandait, il fallait le faire, et qu’elle serait partie même si elle eût eu cent pères et cent mères ou eût été fille de roi ; confesse toutefois que ses voix eussent préféré qu’elle les avertisse.

7. Sur ses saints

Dit faire révérence à saint Michel et aux anges, qui viennent souvent parmi les chrétiens sans qu’ils soient vus. Interrogée si elle reçut lettres d’eux, demande délai pour répondre. Interrogée s’ils l’appelaient : fille de Dieu, fille de l’Église, la fille au grand cœur, répond qu’avant Orléans ils l’ont appelée Jehanne la Pucelle, fille de Dieu. Interrogée pourquoi, si elle est fille de Dieu, refuse-t-elle de dire le Pater noster, répond qu’elle le dirait volontiers, et qu’autrefois, quand elle refusa de le dire, c’était dans l’intention que Mgr de Beauvais la confessât.

Composition du tribunal

(Voir le tableau analytique de tous les juges et assesseurs du procès.)

Accusée

Juge

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