P. Duparc  : Procès en nullité (1977-1988)

Tomes III-IV (FR) : Introduction à la traduction

Tome III

VIIIntroduction à la traduction

Le procès en nullité de la condamnation de Jeanne d’Arc est traduit du latin en français pour répondre à la demande du Conseil de la Société de l’Histoire de France et du Conseil général du département des Vosges. Le texte français se trouve dans les tomes III et IV de la présente publication.

I.
Règles pour l’établissement du texte français

La traduction est faite d’après le procès-verbal latin, établi par nos soins et publié dans les tomes I et II précédant. La concordance avec la tomaison et la pagination du texte latin est mentionnée en bas de page. Le chapitre VIII cependant, qui comprend les mémoires judiciaires et forme la plus grande partie du tome II (p. 33 à 600), n’a pas été traduit. La Société de l’histoire de France a estimé que, si l’importance de ces mémoires doit retenir l’attention des juristes et des théologiens, leur caractère les rend d’accès difficile, et les traduire n’aiderait pas à leur compréhension.

Quelques mots latins n’ont pas été traduits : ce sont des références ou mentions de titres d’ouvrages ; ce sont aussi quelques rares expressions juridiques sans équivalent régulier en français ; tous ces mots apparaissent en italique. Sont de même en italique les mots français du texte original, qui sont conservés VIIIdans leur forme primitive ; quelques-uns ont la valeur insigne d’avoir été prononcés par Jeanne elle-même. Il n’a cependant pas paru nécessaire de donner une deuxième fois la longue déposition, exceptionnellement en français dans l’original, du sire d’Aulon (t. I, p. 474-487), et la lettre également en français du roi d’Angleterre (t. I, p. 503-507). Les mots restitués ou proposés sont entre crochets. Aucune annotation n’est insérée en principe dans le cours de cette traduction, à la différence de ce qui a été fait pour le procès de condamnation. Les caractères particuliers du procès en nullité, les nombreuses citations et références qu’il contient, l’ampleur d’un texte en français par rapport à un texte en latin, enfin et surtout le report obligatoire des notes du chapitre VII, non traduit, s’opposent à cette présentation. L’annotation est donc reportée au dernier tome de l’ouvrage.

II.
Remarques sur la traduction

Le texte authentique en latin du procès en nullité n’est pas, comme celui du procès de condamnation, la mise en latin d’une minute en français. Les actes de procédure, le rescrit au début, la sentence enfin, ont été rédigés directement en latin. Quant aux dépositions des témoins, reçues dans la langue vernaculaire, en français, elles furent traduites en latin par les notaires, au fur et à mesure des comparutions. Il en résulte que certaines parties, actes officiels ou plaidoiries par exemple, sont d’un style voulant s’inspirer du latin classique, avec recherche de phrases longues et de cadences contraignantes. D’autres parties au contraire sont calquées sur la phrase française, IXdans le style du langage courant. Dans ces conditions nous avons essayé de conserver les nuances du texte, en ne brisant les longues cadences que si la clarté l’exigeait, en n’adoptant pas le style direct pour les dépositions, suffisamment claires, des témoins. Le latin des notaires présente souvent certaines ambiguïtés de sens : une mauvaise latinisation de mots ou d’expressions du français engendre une langue parfois assez éloignée du latin classique. C’est le cas pour des termes de droit ou de procédure, comme consilium et conseil ; cette question sera examinée dans l’étude juridique, au dernier tome. C’est le cas pour des latinisations du langage courant de l’époque ; ainsi charmare gallice charmer une blessure (I, p. 395) ; depost fetantes (II, p. 191), de derrière les brebis ; dominus au sens large, qualificatif d’un seigneur, d’un notaire ou d’un clerc (I, p. 53, 72) ; vigilavit se (I, p. 80), s’éveilla ; vos, pluriel de politesse ; et autres mots mentionnés à l’Index rerum. Certains mots au contraire sont employés dans leur acception antique ; ainsi catholicus (I, p. 79, etc.), pour désigner l’union à l’Église universelle ; confessio, reconnaissance plutôt que confession (I, p. 119, etc.) ; Gallici (I, p. 61), les sujets du roi de France ; solemnis (I, p. 1, 2, etc.), habituel, plus souvent que solennel.

La latinisation des noms de personne et de lieu, et, par voie de conséquence, leur rétablissement en français, contiennent des incertitudes et des risques d’erreur particuliers, qui seront exposés dans l’Index du dernier tome. Les dates enfin, dans le texte latin, sont indiquées suivant le comput de l’époque, c’est-à-dire suivant le style de Pâques, l’année commençant alors à cette Xfête ; elles sont ici rétablies suivant l’usage moderne, en nouveau style, indiqué : [n. st.].

Le procès en nullité n’avait pas été traduit intégralement en français. Indiquons seulement, d’inégales importance et valeur, les ouvrages suivants :

  • E. O’Reilly, Les deux procès de condamnation, les enquêtes et la sentence de réhabilitation de Jeanne d’Arc mis pour la première fois intégralement en français d’après les textes latins originaux officiels avec notes, notices, éclaircissements, documents divers et introduction, Paris, 1868, 2 vol. in-8°.
  • Joseph Fabre, Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc, raconté et traduit d’après les textes latins officiels, Paris, 1888, 2 vol. in-12 ; rééd. 1913, 2 fol., in-12.
  • P. Doncœur et Y. Lanhers, La réhabilitation de Jeanne d’Arc. L’enquête du cardinal d’Estouteville en 1452. Texte établi, traduit et annoté (Documents et recherches relatifs à Jeanne la Pucelle, IV), Paris, 1958, in-8°.
  • Raymond Oursel, Le procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc, traduit, présenté et annoté (Club du meilleur livre. Dossiers de l’histoire), Paris, 1954, in-8°. Rééd. Le procès de condamnation et le procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc, traduits, présentés et annotés (L’histoire en appel), Paris, 1959, in-8°.
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