Tome I : La Pucelle devant l’Église de son temps
La Vraie Jeanne d’Arc, t. I
La Pucelle devant l’Église de son temps
(1890)
Ultro vobis ominamur, ut Deut ipse communibus votif vestris, quæ ad gloriam totius Gallix, atque ad præcipuum urbis Aurelianensis decus spectant, benignus annuat.
Notre pressentiment personnel, c’est que Dieu daignera écouter des vœux qui intéressent la gloire de la France entière, et surtout de la ville d’Orléans.
Je pense qu’on devinera qu’il est ici question de Jeanne d’Arc.
(Léon XIII à Mgr Coullié.)
À la plus méconnue des femmes
Jeanne la Pucelle
Grand pitié, jamais personne ne secourut la France si à propos et si heureusement que cette Pucelle, et jamais mémoire de femme ne fut si déchirée.
(Pasquier, Recherches sur la France, liv. II.)
À l’honneur de sa vraie mère et protectrice
l’Église romaine
Je m’en rapporte à Dieu et à notre Saint-Père le pape.
(Suprême défense de Jeanne.)
Du tombeau de la bergère sainte Germaine Cousin, de Pibrac le 2 septembre 1889.
Jean-Baptiste-Joseph Ayroles,
de la Compagnie de Jésus.
Avant-propos
Approbations
Lettre de Son Éminence le Cardinal Langénieux, archevêque de Reims
Reims, le 8 avril 1890.
Mon Révérend Père,
Vous avez pensé avec raison que votre nouveau travail sur Jeanne d’Arc ne pouvait être que favorablement accueilli par un archevêque de Reims. Je l’ai parcouru avec le plus vif intérêt et je vous félicite de l’avoir si heureusement traité.
Tous vos lecteurs admireront avec moi quelle patience vous avez apportée dans les recherches, quelle sagacité dans le discernement des documents, quelle intelligence dans l’analyse que vous en avez faite.
Grâce à vous, des pièces ignorées de Quicherat et éditées çà et là depuis la publication de sa collection, d’autres encore non moins précieuses dues à vos investigations personnelles, compléteront le dossier de la pieuse héroïne et pourront servir de fondement a une glorification plus haute que celle qu’elle a reçue de la France reconnaissante.
L’Église, qui a déjà réhabilité sa mémoire, lui réserve peut-être prochainement de plus grands honneurs.
Votre travail y aura contribué en fournissant tant de nouvelles preuves, non seulement de son innocence, mais encore de sa mission surnaturelle et de ses héroïques vertus ; et ce sera là pour vous, mon Révérend Père, la plus douce consolation et la meilleure récompense.
Recevez, mon Révérend Père, avec mes félicitations sincères l’assurance de mes meilleurs sentiments.
✝ B.-M. Card. Langénieux,
archevêque de Reims.
Lettre de Sa Grandeur Monseigneur Fulbert Petit, évêque du Puy-en-Velay
Le Puy, 10 avril 1890.
Mon Révérend Père,
Le maître éminent, véritable éducateur chrétien auquel fut confiée ma jeunesse, se plaisait à développer dans le cœur de ses élèves l’amour ardent de toutes les grandeurs de la France ; il créa dans nos cœurs le culte enthousiaste de l’héroïne de Vaucouleurs.
L’un des premiers actes publics de mon épiscopat fut de m’associer à la demande adressée au Souverain Pontife pour solliciter l’introduction de la cause de Jeanne d’Arc.
Vous comprendrez par là qu’il me soit doublement précieux de trouver dans mon diocèse un champion infatigable de notre illustre et sainte Lorraine qui voulut attirer sur son étendard les spéciales bénédictions de Notre-Dame du Puy, aux pieds de laquelle sa mère, pieusement déléguée, vint prier pour le succès de la mission de sa fille Jeanne.
Je suis donc heureux d’approuver et d’encourager les travaux par lesquels vous vous efforcez de venger tout ensemble la foi de la Chrétienne et l’honneur de la Française. C’est rendre un double service à l’Église et à la Patrie.
Pour atteindre ce but digne de votre cœur, vous n’avez négligé aucun moyen d’investigation. Bien des volumes oubliés, bien des écrits ensevelis dans la poussière des bibliothèques, en ont été exhumés par vous avec une patiente intelligence, mis à contribution, et apportés, en témoignage.
Dans l’exposé de vos recherches, vous avez voulu être complet ; vous avez pris votre sujet à l’origine ; vous montrez quels hommes avaient examiné Jeanne à Poitiers ; vous avez traduit les ouvrages théologiques composés pendant sa carrière glorieuse.
La libératrice de la Patrie Française a été étudiée, discutée, jugée par l’élite des théologiens catholiques, de 1429 à 1456. Comment s’expliquer en vérité que leurs traités soient restés jusqu’ici inconnus et que les meilleurs soient demeurés inédits ? On a dit que depuis quatre siècles l’histoire a été une conjuration contre la vérité.
Cela a été particulièrement vrai pour l’histoire de Jeanne la Lorraine.
Après avoir tenté de souiller par la calomnie cette gloire si pure, la conjuration a fait de parti pris l’obscurité sur les hommes éminents qui ont étudié la Vierge guerrière et auraient pu la faire connaître dans sa chaste beauté.
Les Basin, les Bourdeilles, les Bochard, les Bréhal, les Ciboule étaient, à cette date, parmi les illustres dans l’Église de France, ils l’eussent honorée du reste à quelque époque que ce fût de ses annales. Les Lellis, les Pontanus, les d’Estouteville furent à divers titres des autorités de premier ordre dans la cour pontificale, sans parler de Gerson et de Juvénal des Ursins, dont les noms sont plus connus.
Vous avez réuni, mon Révérend Père, sur cette pléiade d’hommes supérieurs qui ont étudié Jeanne, des renseignements pleins d’intérêt qui enchâssent fort bien des documents très précieux, disposés dans l’ordre chronologique pour montrer Jeanne devant l’Église de son temps.
À la double lumière de la théologie et de l’histoire, vous faites apparaître dans son véritable cadre et sous son jour exact la Vraie Jeanne d’Arc. Toute sa vie, mais plus que le reste le grand et douloureux drame de Rouen, en sont spécialement illuminés. La céleste envoyée y apparaît dans la candeur de sa gloire. Tous ces hommes célèbres sont unanimes à reconnaître que, dans cette épopée unique, quelque merveilleuse qu’ait été l’existence de la Pucelle, plus resplendissant encore est le martyre par grande victoire que ses chères saintes lui avaient annoncé. Tous ces grands esprits sont ravis d’admiration et de religieux respect en face de la glorieuse mort qui couronne la merveille d’une telle vie.
Il fallait expliquer la part capitale qui appartient à l’Université de Paris dans l’odieuse condamnation de la libératrice.
Vous l’avez fait en montrant combien ce corps, qui a fourni des noms illustres à l’Église et à l’État, était alors inféodé à l’Anglais, combien il était en révolte contre la Papauté, quels coups funestes il portait à l’autorité pontificale. La Pucelle fut condamnée, à rencontre du sentiment de la Chrétienté en admiration devant l’héroïne, par les hommes qui allaient essayer de rouvrir le grand schisme à Bâle et prononcer contre le pape Eugène XV une condamnation pareille à celle qu’ils avaient infligée à Jeanne.
Vous avez eu soin de dégager les mémoires que vous êtes, si je ne me trompe, le premier à mettre au jour, de surcharges inutiles, de citations sacrées et profanes. En condensant les preuves, vous leur avez donné une vigueur plus grande.
Votre publication manifeste les changements profonds que ces documents nouveaux doivent introduire dans l’étude de cette page de notre histoire nationale, et en résumant à grands traits la trace de l’héroïne à travers les siècles, vous faites ressortir le renouveau d’enthousiasme qu’excite aujourd’hui sa mémoire.
S’il faut dire que l’histoire définitive de Jeanne la Pucelle reste à faire, nul ne devra l’entreprendre sans consulter les documents que vous publiez.
Puisse votre livre, mon Révérend Père, contribuer puissamment, comme vous avez le droit de l’espérer, à rendre plus populaire encore le nom si catholique et si français de Jeanne d’Arc ! Puissent vos laborieuses et savantes recherches hâter le jour ardemment désiré par le patriotisme le plus vrai et la piété la plus vive, où il sera reconnu et proclamé par l’Église que l’humble fille de Domrémy, héroïque dans la pratique des vertus comme dans les ardeurs du combat, fut miraculeusement conduite par Dieu à la victoire et où la libératrice de la France sera enfin placée sur les autels ! Veuillez agréer, mon Révérend Père, avec ma meilleure bénédiction l’assurance de mon affectueux dévouement en N. S.
✝ Fulbert, évêque du Puy.
Lettre de Monseigneur de Cabrières, évêque de Montpellier
Mon Révérend Père,
Vous voilà donc sur le point de présenter au public chrétien la Vraie Jeanne d’Arc ! C’est un acte nécessaire et méritoire, car, depuis plusieurs années, on a essayé de montrer la vierge lorraine, l’envoyée de Dieu, son ambassadrice et sa messagère auprès de notre nation, sous des traits et avec des couleurs qui ne répondaient ni à la vérité de l’histoire ni au caractère prodigieux d’une telle mission.
Parmi les auteurs récents qui ont le mieux parlé de la Pucelle d’Orléans, avec le plus de respect et d’enthousiasme, beaucoup, si ce n’est tous, hésitent à accepter la seule explication plausible du rôle extraordinaire que Jeanne d’Arc a joué dans la délivrance de notre pays et dans le rétablissement de la monarchie. Pour moi ce rôle tient du miracle, et plus j’ai étudié les sources auxquelles on peut demander des informations authentiques sur la vie et la mort de la sainte héroïne, plus je me suis convaincu que le bras de Dieu avait été comme visiblement son appui et son secours. Je considère que Jeanne est, en elle-même et dans l’accomplissement de son œuvre, un miracle si incontestable que, dans mon opinion, ce sera là, un jour, l’un des plus puissants motifs qui détermineront le Saint-Siège à permettre à la France d’honorer d’un culte public et religieux la vaillante guerrière de Domrémy.
Il est donc bien utile et il est louable, mon révérend Père, de publier intégralement les mémoires théologiques, composés au quinzième siècle par les docteurs les plus renommés relativement à la mission de Jeanne d’Arc. C’est faire voir que, en ce temps, s’il y eut des clercs assez aveuglés par le prestige du roi d’Angleterre pour calomnier avec lui le caractère et la vertu de la Pucelle d’Orléans, il y eut aussi dans l’Église des hommes de foi, de science et de courage qui la défendirent contre les accusations ineptes et odieuses dont elle fut l’objet ; c’est répondre à l’instinct unanime qui porte aujourd’hui tous les Français, quelles que soient d’ailleurs leurs croyances ou leurs sympathies politiques, à vouloir honorer Jeanne d’Arc par des hommages exceptionnels.
Il semble que la glorification de la sainte héroïne marquera pour notre patrie bien-aimée l’ouverture d’une ère de paix et de prospérité. Votre compagnie se montre bien française en consacrant tant d’études et d’efforts à répandre de plus en plus la connaissance des merveilles que Jésus-Christ a daigné opérer par ses fidèles servantes, Jeanne d’Arc et la bienheureuse Marguerite-Marie, dans l’intérêt d’une nation si fière, pendant longtemps, d’être appelée la fille aînée de l’Église Romaine
.
Pour moi, mon révérend Père, je suis fidèle à l’une des plus nobles traditions de mes prédécesseurs sur le siège de Maguelone ou de Montpellier, en essayant de promouvoir, dans l’humble mesure où cela m’est permis, la conviction que Jeanne a été suscitée de Dieu pour garder à la France son unité, l’intégrité de son territoire, et pour lui assurer dans l’avenir la possession légitime du rang auquel elle était destinée pour le bien des autres peuples de l’Europe.
Agréez, s’il vous plaît, mon révérend Père, mes dévoués et respectueux hommages.
✝ F. Marie Anatole,
évêque de Montpellier.
Lettre de Monseigneur Bouret, évêque de Rodez
Rodez, le 18 février 1890.
Mon cher Père,
Votre œuvre est une œuvre à la fois de science et d’apologie. L’étude approfondie que vous faites des pièces, les discussions fort judicieuses que vous établissez sur elles et les nouveaux documents que vous produisez, donneront à la jeune Lorraine sa véritable physionomie, et maintiendront sur la tête de la sainte l’auréole que ses ennemis de divers temps et de diverses espèces auraient voulu lui ravir.
Je ne puis donc, mon cher Père, que vous encourager grandement à publier ce savant travail, et je me dis de votre révérence le dévoué serviteur en N. S.
✝ Ernest, évêque de Rodez.
Liste des souscripteurs1
- S. É. Mgr le cardinal Desprez, archevêque de Toulouse ;
- S. G. Mgr Gouthe-Soulard, archevêque d’Aix ;
- S. G. Mgr Coullié, évêque d’Orléans ;
- S. G. Mgr Delannoy, évêque d’Aire ;
- S. G. Mgr Grimardias, évêque de Cahors ;
- S. G. Mgr Marpot, évêque de Saint-Claude ;
- S. G. Mgr Sébaux, évêque d’Angoulême ;
- S. G. Mgr Bourret, évêque de Rodez ;
- S. G. Mgr Pagis, évêque de Verdun ;
- S. G. Mgr de Carrières, évêque de Montpellier.
- Frère Abélien, directeur du Cercle des anciens élèves de Saint-Nicolas, à Paris ;
- Vicomte Pierre d’Adhémar, à Montpellier ;
- M. Jules Aimez, curé de Pouligny (Doubs) ;
- M. E. Albe, au petit séminaire, à Montfaucon (Lot) ;
- Mlle Allart, à Reims ;
- M. Virgile Amiard, à Notre-Dame-du-Rocher (Orne) ;
- Vicomte d’Amphernet, à Versailles (Seine-et-Oise) ;
- Frère Ampliat, directeur de l’École libre, 23, rue de Turenne, à Paris ;
- Frère Anaclétis, directeur de l’Établissement Saint-Nicolas, à Issy (Seine) ;
- Frère Annet, directeur du Pensionnat des frères, à Clermont-Ferrand ;
- R. P. Anselme-Marie, général de l’ordre des Chartreux, à la Grande Chartreuse ;
- Mlle Félicie Arène, à Solliès-Pont (Var) ;
- Frère Argymir, directeur de l’École des Francs-Bourgeois, à Paris ;
- Frère Arsice, directeur de l’École libre, 6, rue Saint-Luc, à Paris ;
- Abbé V. Aubry, à Saint-Quentin, près Château-Gontier (Mayenne) ;
- Frère Auguste, 90 bis, rue Saint-Dominique, à Paris ;
- M. Ayroles, receveur des contributions, à Saint-Porchaire (Charente Inférieure) ;
- Abbé Ayroles, curé de Saint-Urcisse, à Cahors (Lot) ;
- M. Raymond Barbeirathy, à Avignon ;
- Abbé Baron, curé de Moiron (Jura) ;
- Mme Vve Baslez à Nantes ;
- M. de Baudel, à Chaumont (Haute-Marne) ;
- Frère Baudillius, directeur de l’École libre des frères, à Saint-Denis (Seine) ;
- M. J. Baudoux, à Vincennes (Seine) ;
- Comtesse J. de Beauchamp, château de Saint-Julien l’Ars (Vienne) ;
- Abbé J.-B.-P. Bédigie, curé de Vanault-le-Châtel (Marne) ;
- Comte J. de la Bégonière, à Nancy ;
- M. E. Belin, au petit séminaire, à Joigny (Yonne) ;
- Abbé Claude Berjon, curé de Saint-Georges (Lyon) ;
- Mme Emma Bertrand, au Puy ;
- Abbé Besson, curé-archiprêtre d’Yssingeaux (Haute-Loire) ;
- Mme Biauzon, à Paris ;
- M. H. Billion, aux Granges du May (Isère) ;
- R. P. G. Blanchard, S. J., à Toulouse ;
- Mlle E. Bleton, à Valence (Drôme) ;
- M. Augustin Blanchet, château d’Alivet (Lot) ;
- M. Bligny, notaire à Rouen ;
- Vicomte de la Blotais, château du Plessis (Maine-et-Loire) ;
- Abbé Octave Boillot, curé de By (Doubs) ;
- M. le chanoine Bonhomme, doyen du chapitre, au Puy ;
- M. Bonnet, à Roubaix ;
- Mme de Borely, château de Beaumont (Bouches-du-Rhône) ;
- Mlle Aline de Braquilanges, à Tulle ;
- M. M. Bouillon, 20, rue Lacépède, à Aix ;
- Abbé Bouis, curé de Sainte-Croix de Quinvillargues (Hérault) ;
- Comte de Bourbon-Lignières, à Lignières (Cher) ;
- Comte Louis de Bourmont, à Saint-Aubin-sur-Mer (Calvados) ;
- Abbé Boussion, curé de Faussemagne (Dordogne) ;
- M. R. de Boysson, à Cénac (Dordogne) ;
- M. Branchereau, supérieur du grand séminaire, à Orléans ;
- M. le Dr Bosc, à Montoire (Loir-et-Cher) ;
- Baron de Braux, à Bouq (Meurthe-et-Moselle) ;
- Comte Maurice de Bréda, château du Plessis-Brion-Thourotte (Oise) ;
- Abbé Breul, curé de Notre-Dame des Victoires, à Roanne ;
- Abbé Brisset, curé de Saint-Augustin, à Paris ;
- M. R. de Brive, à Bouzols-Coubon (Haute-Loire) ;
- Sœur Marie-Léocadie Broc, supérieure générale de Saint-Joseph, au Puy ;
- Mme de Brugière, à Grenouillier (Dordogne) ;
- M. Constant Buffet, à Alger ;
- Abbé Buteau, curé-archiprêtre, à Mesvres (Saône-et-Loire) ;
- M. Calla, ancien député, à Paris ;
- M. L. Cambon, au petit séminaire, à Carcassonne ;
- M. A. Captier, procureur général de Saint-Sulpice à Rome ;
- Comte Catta, à Nantes ;
- M. J. de Causans, à Brest ;
- Vicomtesse des Cars, à Paris ;
- R. P. Caussèque, S. J., à Paris ;
- B. P. A. Carrère, S. J., à Toulouse ;
- M. Castelly, prêtre lazariste, à Orléans ;
- M. Ch. Cathala, avoué, à Castelnaudary ;
- M. J. Cauvière, ancien magistrat, à Paris ;
- Mlle Rose Cavan, à Trézélan (Côtes-du-Nord) ;
- Mgr Cazet, S. J., Vicaire Apostolique de Madagascar, à Tananarive ;
- Mme Celle, au Puy ;
- Frère Césaire, directeur du pensionnat Saint-Louis, à Saint-Pol ;
- R. P. Chabin, supérieur de l’école libre Saint-François de Sales, à Évreux ;
- M. G. du Chaffaut, à Paris ;
- M. Chagot, château de Galuzot (Saône-et-Loire) ;
- Mme Chagot, château de Galuzot (Saône-et-Loire) ;
- M. E. Chais, à Riez (Basses-Alpes) ;
- Mlle Louise Chamaillard, à Vailly-sur-Sauldre (Cher) ;
- Abbé Chambellan, à Sayvres (Vienne) ;
- Abbé Emmanuel Champd’avoine, à Paris ;
- Comte P. Chandon de Briailles, à Épernay ;
- M. Jean-Marie Chandon, à Épernay ;
- Abbé Ch. Chapelier, curé de Jeanménil (Vosges) ;
- Abbé Charles, à Asnières ;
- M. Augustin Chassaing, juge au tribunal civil, au Puy ;
- M. Auguste de Chassey, à Dole ;
- Marquise Marie du Chastelez, château du Bois-de-Samme (Brabant) ;
- Frère Adolphe Châtelain, prieur de la Grande-Chartreuse, à Sélignac (Ain) ;
- Abbé Jean Clavé, à Nîmes ;
- R. P. E. Clairet, S. J., à Lyon ;
- M. de Chirossel, à Valence (Drôme) ;
- Comte Anselme de Chauvigné, à Paris ;
- Abbé E. Choquet, vicaire, à Péronne (Somme) ;
- Abbé Chevojon, curé de Notre-Dame des Victoires, à Paris ;
- M. Collin, à Orléans ;
- M. Adolphe du Corail, à Riom ;
- Abbé J.-B. Cospin, curé de Seboncourt (Aisne) ;
- Comte du Coetlosquet, à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle) ;
- Comte de Cossé-Brissac, à Paris ;
- Mlle Couart, à Montfort-sur-Mer (Ille-et-Vilaine) ;
- Comte Georges de Couessin de Boisriou, au château de Boisriou (Côtes-du-Nord) ;
- Mme Vve Florine Court, à Vence (Alpes-Maritimes) ;
- Vicomtesse de Cressac, à Châteaubrun (Puy-de-Dôme) ;
- Comte Crotti de Costigliole, au château de Bousserain (Saône-et-Loire) ;
- Marquise de Damas, douairière, à Cirey-sur-Blaise (Haute-Marne) ;
- Abbé Damourette, à Châteauroux (Indre) ;
- M. Anatole Daudié, à Dompierre-en-Santerre (Somme) ;
- M. Gaston David, à Bordeaux ;
- Abbé H. Debout, curé d’Anzin Saint-Aubin ;
- Abbé L. Delhommeau, vicaire, à Château-Gontier ;
- M. Delinotte, supérieur du petit séminaire, à Joigny (Yonne) ;
- Abbé J. Delmas, curé de Puylagarde (Tarn-et-Garonne) ;
- Abbé Delmas, à Paris ;
- R. P. L. Dénoyel, S. J., à Grenoble ;
- M. le général Désandré, commandant la 17° division, à Châteauroux ;
- M. G. Henri Desjardins, à Montréal (Canada) ;
- M. Desnoyers, à Orléans ;
- M. A. Desplagnes, ancien magistrat, à Grenoble ;
- M. Detté, supérieur au séminaire Notre-Dame, à Autrey (Vosges) ;
- Comte Ch. de Divonne, à Arles (Bouches-du-Rhône) ;
- M. Dols, notaire, à Saint-Cirq-la-Popie (Lot) ;
- Mme Eudoxie Domond, à Allègre (Haute-Loire) ;
- B. P. Donat-Vernier, à Zalsoabé (Syrie) ;
- H. P. Dromard, S. J., à Villefranche (Rhône) ;
- M. Joseph Ducruet, à Lyon ;
- M. L. Dufour, à Bordeaux ;
- M. J. Dufrénoy, à Laon ;
- B. P. Dulac, S. J., Saint-Mary’s College, Canterbury (Angleterre) ;
- M. Léon Dumuys, à Orléans ;
- M. J. Dupont, à Marmoutiers (Indre-et-Loire) ;
- Abbé J.-Éd. Duprat, curé de Sainte-Philomène (Canada) ;
- Baronne d’Égkh, au château de Murinais (Isère) ;
- Mlle Charlotte d’Ebbreil, à Montauban ;
- Abbé Eonet, à Le Sourn (Morbihan) ;
- Mlle Esnia Estiévenard, à Toulouse ;
- Frère Eugène-Marie, directeur du pensionnat des frères, à Beauvais ;
- Mme Fernex, née de Saint-Bon, à Thonon (Haute-Savoie) ;
- Mme Georges Flandray, domaine de Charron (Gironde) ;
- Mme Hyacinthe Fleurey, à Neufchâteau (Vosges) ;
- Abbé Flory, à Ardus (Tarn-et-Garonne) ;
- Mlle Marguerite Fonsales, à Sarlat (Dordogne) ;
- Abbé Forget, vicaire à Ménil (Mayenne) ;
- Abbé Forquin, à Neufchâteau (Vosges) ;
- Abbé François, curé de Montigny-le-Chartif (Eure-et-Loir) ;
- M. Freddy de Sainte-Beuve, au Mans ;
- R. P. Fristot, S. J., à Lille ;
- Mlle Olympe Pugin, au Puy ;
- M. A. Gamare, à Rolleville (Seine-Inférieure) ;
- Dr Gandy, à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées) ;
- M. de Gastebois, à Coudat (Gironde) ;
- Abbé Gaultier de Claubry, curé de Saint-Jean Saint-François, à Paris ;
- M. J.-C. Gauthey, à Marseille ;
- M. Armand Gavouyère, avocat, à Angers ;
- R. P. George, rédemptoriste, à Paris ;
- M. le Vice-Amiral Giquel des Touches, à Versailles ;
- M. P. de Girard, à Montpellier ;
- Abbé Glénat, vicaire à la cathédrale de Grenoble ;
- M. J. Godard, au petit séminaire, à Vernoux (Ardèche) ;
- M. Godelle, député de l’Aisne, à Paris ;
- M. Golliot, au petit séminaire, à Boulogne-sur-Mer ;
- M. Henri Gonthier, à Clermont-Ferrand ;
- Abbé Alph. Grados, curé de Pars-les-Romilly (Aube) ;
- R. P. Grandclément, prieur de la Chartreuse de Portes (Ain) ;
- M. E. Grand’homme, supérieur du grand séminaire, à Constantine ;
- Baron de la Grandière, château de la Poindasserie (Maine-et-Loire) ;
- Abbé Granjux, curé de Saint-Paul Saint-Louis, à Paris ;
- Abbé V. Grandrait, curé de Saint-Mard (Seine-et-Marne) ;
- Mme Grellet de la Deyte, à Allègre (Haute-Loire) ;
- Abbé Grégoire, secrétaire de Mgr l’Évêque de Verdun ;
- R. P. Grégoire, carme déchaussé, à Paris ;
- Mme Vve Grenier (sœur Saint-Augustin), à Clermont-Ferrand ;
- Abbé Ch. Grussenmeyer, vicaire général d’Alger ;
- Abbé J.-L. Guenver, à Brest ;
- M. L. Guibert, à Limoges ;
- Mlle Adrienne Guillaud, à Biol (Isère) ;
- Mme Guiraudet, supérieure du Sacré-Cœur, à Saint-Joseph (Bouches-du-Rhône) ;
- M. L. Guizard, ancien magistrat, à Montpellier ;
- M. L. d’Hagerue, à Bergues (Nord) ;
- M. Ch. de Haldat du Lys, à Nancy ;
- M. Hilaire Hamelin, à Saint-Vaast-la-Hougue (Manche) ;
- Mme Hême, à Thoré (Loir-et-Cher) ;
- M. L. C. Hubert, supérieur, Institution Saint-Joseph, à Épinal ;
- T. H. F. Hubert, supérieur général des frères de Saint-Gabriel, à Saint-Laurent-sur-Sèvre ;
- Frère Innocentius, directeur des frères, à Hasparren (Basses-Pyrénées) ;
- R. P. Issoulier, S. J., à Castres ;
- Mlle de Jagonas, au Puy ;
- Abbé Edmond Jaspar, chanoine honoraire, curé doyen de Saint-Jacques, à Douai ;
- Abbé J. Jassoud, aux fabriques du Péage, à Vizille (Isère) ;
- M. Jeanmaire, secrétaire général de l’Évêché de Saint-Dié ;
- M. Janson-Flayelle, à Armentières ;
- Baron de Jerphanion, à Lyon ;
- Mlle Marguerite Jeunehomme, à Paris ;
- M. Jonglez de Ligne, à Lille ;
- Mme J. du Jonchay, château de Torcy-Garnat (Allier) ;
- Frère Joseph, directeur de la Maîtrise, à Reims ;
- Rév. Mère Marie Joule, supérieure générale des sœurs de Saint-Joseph de Cluny, à Paris ;
- M. A. Kieffer, à Paris ;
- M. Aimé Lacombe, au Puy ;
- Abbé A. Lacroix, curé de Gouaix (Seine-et-Marne) ;
- R. P. Lafont, S. J., au Puy ;
- Abbé Marcellin Lagrange, curé de Girac (Lot) ;
- M. Louis Lagrange, à Duravel (Lot) ;
- Comtesse de Laistre, château de Colombelles (Calvados) ;
- Vicomte de Laitre, chef d’escadron, à Limoges ;
- Mme E. Lamy de la Chapelle, à Limoges ;
- Abbé Ch. Lancelot, à Aubin (Aveyron) ;
- M. Pierre Lanéry d’Arc, avocat à la Cour d’appel d’Aix ;
- Frère Lange, directeur du pensionnat des frères, à Béziers ;
- Abbé de Langlade, à la Providence d’Amiens ;
- Abbé J.-F. Langlois, curé de Saint-Bonnet-le-Château ;
- R. P. A. Larousse, S. J., à Laval ;
- Mme de Laroussière, couvent des Ursulines, à Clermont-Ferrand ;
- M. Lassus, Collège catholique, à Montpellier ;
- Mme A. de Latour, à Paris ;
- M. Louis Lauras, ingénieur, à Rouen ;
- M. de Lauzon-Messuin, château de Péré (Deux-Sèvres) ;
- Comtesse Le Bel de Penguilly, à Ménil-Guillaume (Calvados) ;
- M. J. Leclerc, professeur de philosophie, à Paris ;
- Mme Legendre, à Longwy (Meurthe-et-Moselle) ;
- M. Amédée Lemenant des Chesnais, à Saint-Médard-sur-Ille (Ille-et-Vilaine) ;
- Mlle Alexandrine Lemoine, à Paris ;
- M. Lépargneur, à Reims ;
- Abbé Leroux, curé doyen du Neubourg (Eure) ;
- Mlle Leroy, à Paris ;
- M. E.-C. Lesserteur, supérieur du Sanatorium, à Montbeton (Tarn-et-Garonne) ;
- M. Henri de Lestelley, avocat à Grenoble ;
- Vicomte Pierre de Lichy, château de la Lande (Allier) ;
- Abbé P. Limon, chanoine titulaire, à Saint-Brieuc ;
- M. L.-L. Lorin, à Tours ;
- M. B. de Loisy, château d’Épiry (Saône-et-Loire) ;
- R. P. Lorrain, à Saint-Nicolas-du-Port ;
- Baron de Mackau, à Paris ;
- M. J. B. Mainsard, avocat, à Saint-Malo ;
- Mme Luquet, aux Ursulines, à Clermont-Ferrand ;
- Abbé Manceaux, curé de Saint-Mesmes (Marne) ;
- Mlle Manceron, à Bourges ;
- M. L. Mandeville, à Béziers ;
- M. G. Martin, à Antoire (Lot) ;
- Abbé Marquis, curé doyen d’Illiers (Eure-et-Loir) ;
- Baron de Maricourt, château de la Thiéraie (Loir-et-Cher) ;
- Mgr Manuel, chanoine de Lorette, à la Chapelle-en-Serval (Oise) ;
- Mme Emma Massey, à Troyes ;
- Mme Victorine Martin, née Fourgous, à Figeac (Lot) ;
- R. P. J. Mathieu, de l’Oratoire, école Massillon, à Paris ;
- Abbé S. Maudhuit, curé de Saint-Dyé-sur-Loire ;
- M. P. Maufras, à Pons (Charente-Inférieure) ;
- Mme Ménaus, à Dijon ;
- Abbé Mendiboure, à Bidarray (Basses-Pyrénées) ;
- M. Henri Mennesson, à Reims ;
- M. Méout, supérieur du grand séminaire, à Cahors ;
- Mme Anna Méray, à Nuits (Côte-d’Or) ;
- Abbé Edmond Mestivier, curé archiprêtre de Saint-Léonce de Langoireau ;
- Abbé Millaud, curé de Saint-Roch, à Paris ;
- M. Édouard Molin, à Lyon ;
- M. Georges Mollard, directeur au séminaire des Missions étrangères, à Paris ;
- Abbé J. Monnier, curé de Saint-Aubin (Jura) ;
- M. de Monti de Rezé, à Nantes ;
- Mme Vve Morel, à Arras ;
- Sœur A. Morel, à Beaujeu ;
- Marquis de Mortemart, château de Saint-Vrain (Seine-et-Oise) ;
- M. Mouillé, au grand séminaire d’Orléans ;
- Abbé Mourot, curé de Vomecourt-sur-Madon (Vosges) ;
- Baronne Mourre, à Paris ;
- Marquise de Murât de Lestang, château de Moidière (Isère) ;
- Mlle de Nanteuil, à Boulogne-sur-Mer ;
- Mlle Gabrielle Nicollas, à Poitiers ;
- Vicomte de Noailles, à Amiens ;
- R. P. Noury, S. J., à Versailles ;
- R. P. Nouvelle, supérieur de l’École Massillon, à Paris ;
- M. Paul d’Orival, à Besançon ;
- M. Robert Oullion, au Puy ;
- Œuvre Sainte-Catherine, à Paris ;
- R. P. Palmace, à Paris ;
- Abbé Pasteur, curé-doyen de Blamont (Doubs) ;
- M. G. de Pélacot, vicaire général, au Puy ;
- Abbé Peltier aîné, institution du Bienheureux-Pierre-Fourrier, à Lunéville ;
- Abbé Jules Pierre, curé de Marigné-Penton (Mayenne) ;
- M. J. Pinson, ancien notaire, à Dôle de Bretagne (Ille-et-Vilaine) ;
- Vicomtesse de Pitray, née de Ségur, à Paris ;
- M. J. Pitrou, au petit séminaire de Villiers-le-Sec (Calvados) ;
- M. Albert Poisson, maire de Riom-des-Landes (Landes) ;
- Abbé Poissonnier, curé d’Essigny-le-Grand (Aisne) ;
- M. Pomarel, professeur de philosophie, à Montfaucon (Lot) ;
- R. P. Prieur de la Chartreuse de Vedana (Italie) ;
- Abbé Pupier, chanoine d’honneur, curé de Saint-Paul, à Lyon ;
- Marquise de Raigecourt, à Fieurigny (Yonne) ;
- Abbé Raulx, chanoine honoraire, curé-doyen de Vaucouleurs (Meuse) ;
- Mlle de Raymond, à Toulouse ;
- M. A. Raineau, à Paris ;
- M. Z. du Reau, château du Rarot (Maine-et-Loire) ;
- M. A. Rey, à Notre-Dame de Sion (Meurthe-et-Moselle) ;
- M. P. Gaspard de Renepont, maire d’Andelot (Haute-Marne) ;
- Mlle de la Ribière, à Riom ;
- M. Alexandre Ricard, capitaine d’artillerie, à Rourges ;
- M. F. de Richemont, à Paris ;
- Abbé Richond, curé de Saint-Pothin, à Lyon ;
- Abbé J. T. Richy, institution du Bienheureux-Pierre-Fourrier, à Lunéville ;
- Abbé Guillaume de Roaldès, à Cahors ;
- M. Robert, au grand séminaire, à Viviers ;
- Abbé Roblin, curé de Reuxes (Vienne) ;
- Mlle Marthe de Rochetaillée, château d’Echenoz (Haute-Saône) ;
- M. Rochette, directeur de l’école libre Notre-Dame de Bellevue, Iseure (Allier) ;
- M. Joseph Roger, sous-diacre, à Dinan (Côtes-du-Nord) ;
- M. Rolland-Gosselin, à Paris ;
- M. Xavier Rondelet, à Paris ;
- M. Roubln, aumônier de Saint-Joseph, au Puy ;
- R. P. Roulleau, S. J., à Lyon ;
- M. Ruffin, à Vincennes (Seine) ;
- M. Victor Sabrousset, à Neuilly ;
- M. Amédée Salleix, conseiller d’arrondissement, château de la Brangelie (Dordogne) ;
- R. P. Sambin, S. J., à Grenoble ;
- M. Sapelier, supérieur, institution Notre-Dame, à Valenciennes ;
- Abbé M. Sarazin, curé de Jouarre (Seine-et-Marne) ;
- Abbé Sattler, chanoine de la cathédrale, à Strasbourg ;
- M. Henri de Saune, école Saint-Joseph de Tivoli, à Bordeaux ;
- Sœur A. Saunier, religieuse de Notre-Dame, à Boulogne-sur-Mer ;
- Mère Saint-Étienne, supérieure du monastère Notre-Dame, à Beaumont-de-Lomagne (Tarn-et-Garonne) ;
- Mère Saint-Jean, préfète de la congrégation Notre-Dame, à Verdun ;
- Mme Jeanne de Saint-Luc, à Château-Gontier ;
- Comte Max de Saint-Pol, à Paris ;
- Sœur Saint-Stanislas, supérieure du couvent de Sainte-Ursule, à Aix ;
- B. P. Schmeits, S. J., recteur du Collège Oudenbosch (Hollande) ;
- Mme Vve Seive, à Bourg ;
- Mlle E. Sébaux, à Laval ;
- M. Séjourné, vicaire général d’Orléans ;
- Mlle Marie de la Selle, château de la Tremblaye (Maine-et-Loire) ;
- M. J. Servière, à Bordeaux ;
- Mlle Claudie Sigald, à Matour (Saône-et-Loire) ;
- Abbé Simon, curé d’Auzais (Vendée) ;
- Abbé Simonis, à Oberbronn(Alsace) ;
- Vicomtesse Louise de Sinéty, au Puy ;
- Abbé Césaire Sire, au grand séminaire du Puy ;
- M. Auguste Souteyran, au Puy ;
- Mme la Supérieure générale de la congrégation Sainte-Marthe, à Périgueux (Dordogne) ;
- Mme la Supérieure des religieuses de Notre-Dame, à Lunéville ;
- Frère Sylvéris, visiteur des frères, au Puy ;
- M. Tandeau de Marsac, chanoine de Limoges ;
- M. Tartivel, à Bézard (Côtes-du-Nord) ;
- Comte B. de Terves, à Angers ;
- Mme Vve Teysseyre, née Pagès, à Tousac (Lot) ;
- M. Tony Genty, avocat à la Cour d’appel, à Caen ;
- Baron de la Tour du Pin-Chambly, à Nantes ;
- M. Bobert Triger, conseiller d’arrondissement, à Talvassières (Sarthe) ;
- M. du Vachat, magistrat, à Belley ;
- R. P. Vacher, S. J., à Montauban ;
- M. Vacher, secrétaire général de l’évêché, au Puy ;
- Baronne de Valsuzenay, à Paris ;
- M. Varin, avocat à la Cour d’appel, à Paris ;
- Abbé E. Vatinelle, curé de Quend (Somme) ;
- Comte de Vauréal, à Paris ;
- Abbé Verger, aumônier, hospice Saint-Joseph, à Château-Gontier ;
- M. de Vesins, à Montauban ;
- M. Paul Viala, à Castelnaudary ;
- Vicomtesse de Vibraye, à Vendôme ;
- Abbé Vicaihe, curé de Brantigny (Vosges) ;
- Frère Victor, directeur du pensionnat des frères, à Reims ;
- Abbé Vidal, curé doyen de Lempdes (Haute-Loire) ;
- M. E. Vidon, à Annonay (Ardèche) ;
- Abbé Vigier, curé de Saint-Jean de Lagineste (Lot) ;
- R. P. de Villiers, S. J., 14, rue de Madrid, à Paris ;
- Abbé Wirth, curé de Paillencourt.
L’auteur et l’éditeur remercient les souscripteurs du concours qu’ils ont bien voulu donner à leur œuvre chrétienne et patriotique. L’auteur se propose de vulgariser les sources de la céleste histoire dans des volumes qui chacun formeront un tout. L’auteur compte publier assez prochainement la paysanne et l’inspirée d’après ses aveux, les témoins oculaires et la libre-pensée. Le prix de faveur est garanti à tous les souscripteurs, et à ceux qui établiront s’être procuré en librairie la pucelle devant l’église de son temps.
VIntroduction
I
C’est à l’Église Romaine que les annales du genre humain doivent le plus beau de leurs joyaux, Jeanne d’Arc, Jeanne la Pucelle, ou mieux encore sans épithète, la Pucelle. La Pucelle, et dans sa vie mortelle, et dans sa vie historique à travers les âges, est tout entière à l’Église Romaine. L’Église Romaine seule explique les merveilles de cette céleste existence, tout comme, seule, elle en a conservé les irréfragables témoignages.
Le ciel a fait naître Jeanne dans un de ces laboratoires, — il n’en est pas de plus humble, — où, sous le nom de paroisse, l’Église forme les vases de gloire, contre lesquels le temps sera toujours impuissant. Jeanne y grandit, nourrie des sublimes enseignements que l’Église distribue aux plus petits, comme aux plus grands. Elle aima, embrassa les pratiques les plus élevées et les plus simples, par lesquelles cette même Église divinise les âmes de ses enfants, quand elles sont dociles. Préparée, visiblement pour elle, invisiblement pour les autres, à la plus incroyable des missions, par des personnages surnaturels que, seule, l’Église Romaine connaît et révère, loin que la jeune enfant se soit affranchie des pratiques communes aux fidèles vulgaires, elle affirme que ses frères du ciel les lui ont toujours instamment recommandées. Personne ne s’y est plus exactement conformé, durant les jours obscurs de Domrémy.
Ce n’est qu’avec l’autorisation de l’Église Romaine, représentée par ses évêques et par ses docteurs, que Jeanne est entrée dans sa glorieuse carrière. Cette carrière fut interrompue. Elle le fut par des ennemis de l’Église Romaine. Peu d’hommes, s’il en est, ont fait plus de mal à l’Église que les docteurs de Paris qui condamnèrent VIJeanne, et refusèrent de se rendre au cri poussé par la martyre du haut de l’échafaud du cimetière Saint-Ouen, alors qu’à plusieurs reprises elle s’écria :
— De mes dits et de mes faits, je m’en rapporte à Dieu et à notre Saint-Père le pape.
La Papauté entendit ce cri suprême, fit instruire une seconde fois le procès, et assura à l’histoire la plus délicieuse de ses pages, après celles des saints livres.
Si la libératrice s’était retirée, après le sacre de Reims, dans la splendeur de son triomphe, ses exploits eussent été relégués dans le domaine de la fable, comme au-dessus de toute croyance ; ils eussent été indiqués comme un monument de la crédulité des anciens âges. L’effet de la condamnation et du supplice de Rouen fut de rendre son nom au moins suspect aux mieux intentionnés. Les plus fermes, au loin surtout, furent ébranlés. Les ennemis, les chancelants, les demi-croyants, triomphèrent. Les chancelants, les demi-croyants furent toujours nombreux. Le surnaturel pèse à la pauvre nature humaine ; car il ne va pas sans des obligations, sans des conséquences qu’elle redoute, et qui sont lourdes pour sa lâcheté.
Nous trouvons un exemple de ce revirement d’opinion dans les écrits d’un docte dominicain de l’époque, l’allemand Jean Nider. Après avoir dit que la Pucelle avait jeté la Chrétienté dans la stupeur, il conclut cependant qu’elle était conduite par l’esprit de mensonge.
Rien d’étonnant dans ce changement, et tout l’explique.
Le tribunal qui condamna Jeanne jouissait d’une immense autorité. C’était l’Université de Paris. L’orgueilleuse corporation ne se posait pas seulement en rivale de la Papauté ; elle voulait en être l’inspiratrice et la régulatrice. Or, dans le drame de Rouen, tout se fait au nom de l’Université de Paris. Luxembourg et Philippe de Bourgogne ne livrent leur prisonnière que sur les sommations réitérées de l’Université de Paris. L’Université de Paris se plaint de la lenteur que l’on met à juger la captive ; elle se propose elle-même pour instruire la cause ; les plus éminents de ses membres dirigent les interrogatoires à Rouen ; c’est à son jugement que sont déférés les prétendus aveux de l’accusée. Le jugement des bourreaux s’appuie sur les qualifications et l’avis doctrinal de l’Université de Paris ; l’Université de Paris est constamment mise en avant dans le récit menteur des scènes de Rouen, dont la cour d’Angleterre inonda les cours de l’Europe. Comment n’être pas trompé ? que dire quand le coupable avoue son crime ? Or des lettres écrites au nom du roi d’Angleterre VIIattestaient à l’Europe qu’à deux reprises, dans les moments les plus solennels, Jeanne s’était rétractée.
Imposture sans doute. Comment croire qu’un corps tel que l’Université de Paris, que la plus puissante cour de l’Europe avaient pu ourdir et débiter les fables qui forment le fond des missives royales dont nous possédons le texte ? Les fables tombent en face des interrogatoires et des réponses de l’accusée ; mais les actes entiers du procès n’étaient entre les mains que d’un fort petit nombre ; et l’on réprimait avec une rigueur barbare toute parole favorable à la martyre.
Ce fut au lendemain du bûcher de Rouen, comme au lendemain du crucifiement du Golgotha. La Chrétienté éprouva vis-à-vis de la suppliciée les sentiments des disciples d’Emmaüs vis-à-vis du Sauveur : Nous espérions, nous avions cru.
Il fallait une résurrection, résurrection éclatante, unique, indéniable pour la suite des âges. Rome seule pouvait l’opérer ; elle l’opéra. Ainsi que le disait en 1844 le jeune prêtre qui devait être le grand évêque de Poitiers, le cardinal Pie :
Chose admirable et providentielle. L’événement le plus extraordinaire, le plus surnaturel qui figure dans les annales humaines est en même temps le plus authentique et le plus incontestable. Ce n’est pas seulement la certitude historique, c’est la certitude juridique qui garantit jusqu’aux moindres détails de cette vie merveilleuse.
Ce sont plus de 120 témoins qui déposent non pas de ce qu’ils ont ouï dire, la plupart s’arrêtent quand ils ne pourraient répondre que par cette voie, mais de ce qu’ils ont vu de leurs yeux, entendu de leurs oreilles ; les regards les plus pénétrants étudient de plus près possible cette vie si en dehors de toute vie humaine. Quelle entrée dans l’histoire et la postérité ! où trouver pareil granit ?
À qui tout cela est-il dû ? à l’Église Romaine. Ceux qu’elle investit de son autorité, pour procéder en son nom, accomplirent grandement leur œuvre. Ils n’avaient qu’à se prononcer sur le procès et la sentence de condamnation. Pour en voir les innombrables vices, il n’était pas nécessaire de provoquer l’immense enquête à laquelle ils se sont livrés ; ils voulurent mettre leur décision à l’abri de toute contestation possible. Ils ne se proposaient pas de nous donner l’histoire de la victime ; ils étaient chargés de juger de l’équité ou de l’iniquité de la sentence rendue contre elle, non de raconter son histoire. VIIIEn fait, ils nous l’ont donnée, telle qu’aucun personnage historique n’en possède de pareille. Les réponses de Jeanne aux tortionnaires de Rouen, écrites par les ennemis mêmes de l’accusée, les cent-vingt témoins qui déposent à la réhabilitation sous la foi du serment, voilà les incomparables sources de l’histoire de l’héroïne.
Même le procès de condamnation a été fort probablement conservé par l’Église Romaine. Sans la sentence de réhabilitation, il fût resté enseveli, comme la mémoire de Jeanne elle-même, dans un de ces monceaux d’actes judiciaires, dont les érudits n’arrachent que quelques rares lambeaux, au milieu de l’indifférence générale.
Reprocher aux juges de la réhabilitation de n’avoir pas entendu tous les témoins qu’ils auraient pu convoquer, de n’avoir pas fait venir le vieil évêque de Digne, Turelure, de n’avoir pas ouvert une enquête à Lagny, à Compiègne, c’est reprocher à ceux qui ont donné beaucoup plus qu’ils ne devaient, de n’avoir pas donné encore davantage ; c’est parti pris de dénigrer tout ce qui vient de Rome. On est peiné d’avoir à relever de ces écarts, chez des écrivains qui par ailleurs ont bien mérité des amis de Jeanne.
Les délégués de Calixte III ne nous ont pas seulement donné les faits : ils ont conservé, provoqué les seules explications vraies, les seules admissibles, les explications théologiques. Ce furent les théologiens, les canonistes les plus distingués de la catholicité, qui furent consultés pour la réhabilitation de la victime. Neuf de leurs traités ont trouvé place dans l’instrument du procès réparateur ; c’est là qu’il faut chercher le flambeau qui illumine l’histoire de la libératrice.
Ensemble radieux ! à travers les vicissitudes de la plus extraordinaire des existences, c’est la même physionomie que l’on voit constamment. Celle dont les paysans de Domrémy ont admiré la douce piété, l’activité à remplir tous les devoirs de la jeune paysanne, est bien celle que les Dunois, les Gaucourt, les d’Aulon ont admirée dans ses incroyables triomphes ; que les témoins de Rouen ont vue dans sa passion et sur son calvaire ; c’est bien celle dont les greffiers du sanhédrin de Rouen ont inscrit les réponses, si pleines de candeur, de justesse, de simplicité, d’inspiration ; c’est bien celle que décrivent cent documents parallèles qui se fussent noyés dans l’océan du passé, si le procès de réhabilitation ne leur eût communiqué de son inébranlable solidité. Rome a conservé l’histoire de Jeanne. N’est-ce pas pour n’avoir pas à glorifier Rome, qu’on a trop peu puisé aux sources IXhistoriques ouvertes par Rome, et que la véritable histoire de Jeanne est peut-être encore à composer ?
Remarque douloureuse ! le procès de réhabilitation fut écrit l’année même de l’invention de l’imprimerie, 1456. Rien de plus authentique ; chaque feuillet de l’instrument porte la signature des greffiers officiels, Ferrebouc et le Comte ; et après neuf demi-siècles, l’imprimerie n’a pas encore reproduit intégralement une pièce historique de si haute valeur ! Ce n’est pas que les exemplaires en fussent inconnus. Tous les historiens sérieux de Jeanne les ont consultés, en ont cité quelques passages. Personne encore n’a honoré l’art typographique par la reproduction de l’œuvre entière. Comment expliquer pareil oubli ?
Les pseudo-théologiens qui condamnèrent Jeanne restèrent puissants et laissèrent des héritiers de leurs théories subversives ; ces héritiers s’efforcèrent de céler la honte de leurs pères. Jeanne était suscitée pour confondre le naturalisme. Le naturalisme, malgré quelques arrêts partiels, et grâce surtout à l’école qui condamna la Pucelle, n’a pas cessé de grandir dans les sphères politiques et littéraires. L’on n’a pas voulu voir dans son immense ampleur le résumé vivant du surnaturel qui est la Pucelle ; on a relégué dans l’ombre les traités qui la montraient sous cet aspect.
II
Vers 1840, la Société de l’Histoire de France, à laquelle nos annales sont redevables de tant de précieuses exhumations, eut la pensée de réparer cet oubli : elle confia à l’un de ses membres, Jules Quicherat, le soin d’éditer le double procès de condamnation et de réhabilitation. Au point de vue paléographique le choix était excellent. Jules Quicherat était le directeur honoré de l’École des chartes. L’Église n’a rien à redouter des documents du passé, publiés sans parti pris et dans leur intégrité. La célèbre école de paléographie française lui a rendu et lui rend tous les jours de signalés services en restant impartiale, et en mettant simplement au jour des pièces ensevelies dans la poussière des dépôts publics et privés. Que de préjugés, d’opinions fausses, mis en circulation par le protestantisme, le jansénisme, le gallicanisme, et le produit de toutes ces erreurs, le Xphilosophisme, ont disparu devant tant de flambeaux de toute grandeur, rallumés par des mains honnêtes !
Quicherat se mit à l’œuvre. Il publia successivement de 1840 à 1849 cinq volumes sous le titre de Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d’Arc : précieuse collection, indispensable à quiconque veut étudier sérieusement Jeanne d’Arc. Les trois premiers volumes seulement sont consacrés au double procès ; dans les deux autres se trouvent rassemblées toutes les pièces que Quicherat regardait comme formant les sources de l’histoire de la Pucelle.
Quicherat eut une mauvaise inspiration, dont il nous rend compte en ces termes :
Le vœu de la Société de l’Histoire de France était de publier intégralement le procès de réhabilitation. Sans la faire manquer au but qu’elle voulait atteindre, j’ai cru pouvoir lui conseiller une réduction notable, à l’égard des mémoires consultatifs, ainsi que de la récollection de Jean Bréhal ; ces ouvrages en effet n’ont rien d’historique. On ne fait qu’y discuter l’orthodoxie de Jeanne ou la légalité de sa condamnation, d’après les circonstances consignées au procès. Ouvrages de jurisprudence ou de théologie, ces mémoires auraient grossi mal à propos, d’un volume, la présente édition ; joint à cela qu’ils sont si mal rédigés la plupart, qu’Edmond Richer, tout théologien qu’il était, avait prononcé leur exclusion, lorsqu’il projetait la publication du procès2.
Quicherat s’est contenté d’en citer quelques lambeaux qui n’en donnent pas une idée ; de fournir sur leurs auteurs quelques notes fort incomplètes, et parfois peu bienveillantes.
C’est une très grande lacune3. Les mémoires dédaignés ne méritent pas le mépris dont ils sont l’objet. Ils jettent le plus grand jour sur la figure de Jeanne, parce qu’ils la montrent dans sa vraie lumière, le surnaturel. Vouloir écarter ce soleil, c’est vouloir, par une journée de brouillards, contempler la chaîne des Alpes ou des Pyrénées par les fentes d’une obscure caverne. L’école naturaliste, en face de la Pucelle, est condamnée à semblable posture, et par suite, au délire.
XILes traités théologiques composés sur Jeanne sont indispensables à quiconque veut étudier, ou simplement raconter l’histoire de la libératrice. Ils font plus que fournir de nouveaux faits ; ils font comprendre ceux qui, faute de ces données, restent travestis dans les histoires, même les moins mauvaises. Les traités furent composés par des hommes fort éminents en savoir, revêtus souvent des plus hautes dignités de l’Église et de l’État ; mêlés fort activement aux plus grands événements de leur temps.
Leurs auteurs appartiennent au monde ecclésiastique. Le monde ecclésiastique a fait la France qui a duré ; il est partout dans ses annales, au premier rang. L’impiété rationaliste fait depuis deux siècles de gigantesques efforts pour l’en éliminer ; elle tait son action ; quand elle ne peut pas la passer sous silence, elle la dénigre ; elle s’approprie impudemment ce qui appartient à l’Église ; amplifie, outre, vulgarise les fautes et les vices d’ecclésiastiques, coupables parce qu’ils étaient hommes, et imbus souvent des idées chères au rationalisme, et nullement parce qu’ils étaient ecclésiastiques.
Il faut refouler les expressions qui se présentent d’elles-mêmes, quand on voit la légèreté avec laquelle nos sophistes contemporains traitent des géants de savoir, et dans leur rachitisme et leur atrophie se redressent contre ces scolastiques, à la stature si ferme et si solide. Ayant des connaissances, et souvent nul savoir réel, ces sophistes font l’effet du singe qui opposerait ses griffes et ses gambades à la démarche assurée, mais plus lente, d’un vigoureux athlète. Quoi de plus semblable à des grimaces simiesques que les fades ricanements que se transmettent leurs clichés ? Quoi de plus semblable aux perfides blessures que fait le repoussant animal, que les traits venimeux qu’ils lancent contre ce qui est catholique romain ? Je ne nomme personne ; mais bien des noms se pressent dans mon souvenir.
N’aurions-nous pas le droit de dire les noms, nous, dont on outrage les pères ? Il serait temps du moins que, dans cette galerie de l’histoire, les catholiques redressassent sur leur piédestal tant de figures reléguées dans l’ombre. L’on verra quels hommes ont écrit sur Jeanne d’Arc. Pour les faire connaître, tous les livres que l’auteur a pu se procurer dans des excursions réitérées ont été mis à profit. Ce qu’il en dira donnera peut-être à quelqu’ami sincère du passé la pensée d’examiner de plus près un Pierre de Versailles, un Élie XIIde Bourdeilles, un Jean Bréhal, un Jacques Gelu, ou quelqu’autre des nombreux personnages, grands dans l’Église, grands dans l’État, qui ont étudié Jeanne, et nous ont laissé des traités théologiques sur la Pucelle.
Les mémoires composés pour la réhabilitation forment le plus riche fond du présent volume. Ils ne sont pas les seuls. La théologie dirigea ses télescopes sur la radieuse apparition, dès qu’elle se manifesta à la France et à la Chrétienté ; elle continua à l’observer durant toute la période glorieuse ; on écrivit sur la Pucelle en France, en Italie, en Allemagne. Faire connaître les auteurs et leurs traités, c’est le premier livre de cet ouvrage.
Le naturalisme a été assez puissant pour faire de la Pucelle une objection contre la véritable Église, dont la vierge guerrière est une des gloires les plus pures. Il a exécuté ce mouvement tournant, en reléguant dans l’ombre les apologistes catholiques et leurs œuvres ; en présentant comme l’Église l’Université de Paris et les ecclésiastiques qui ont condamné Jeanne. Rien n’est plus injuste. Le coup mortel porté à Jeanne par l’Université de Paris, la corporation trop vantée le donnait à la même époque à l’Église de Jésus-Christ, si contre l’épouse de Jésus-Christ des coups pouvaient être mortels. L’Église en fût morte, si elle pouvait mourir ; elle en a reçu une blessure qui saigne encore. Les déchirements des derniers siècles sont venus à la suite du grand schisme d’Occident, des perturbations qu’il a introduites dans l’ordre ecclésiastique et civil, des néfastes doctrines qui en naquirent. Schisme, doctrines, bouleversements disciplinaires, la responsabilité en pèse sur l’Université de Paris, plus que sur tout autre. Rien n’est plus nécessaire que de mettre hors de contestation un point qu’établissent une suite de faits qui ont duré plus de deux tiers de siècle. De là, la nécessité de dire rapidement ce que fut l’Université de Paris durant les cinquante ans qui précédèrent la venue de Jeanne, et même durant les vingt ans qui suivirent. Ce point de vue a été négligé jusqu’à ce jour ; il est pourtant impossible de se rendre compte du drame de Rouen, de dire sur qui l’odieux doit en retomber, de faire cesser une injuste et funeste équivoque, si l’on n’est pas entièrement fixé sur cette lamentable histoire. Il faut d’ailleurs, pour comprendre les mémoires de la réhabilitation, se former une idée du procès de Rouen.
Le second livre est consacré aux pseudo-théologiens bourreaux de XIIIJeanne. Il expose ce qu’ils furent dans l’Église et dans l’État, comment ils procédèrent vis-à-vis de la libératrice. Je me suis efforcé de condenser des faits qui demanderaient des volumes. Si le lecteur me trouvait long, il est prié de se rappeler l’importance capitale de la question, pour l’histoire de Jeanne, et pour l’Église entière. Je n’explorerai pas toute la veine. Il en est peu qui offrent matière à de plus profondes considérations.
Les quatre livres qui suivent sont consacrés à la réhabilitation. Le troisième fait connaître les débuts, les premiers ouvriers, les premiers travaux ; le quatrième est réservé aux mémoires de quelques évêques justement célèbres, que l’on trouve dans l’instrument du procès de réhabilitation ; le cinquième, à la récapitulation que fit Bréhal des nombreuses consultations écrites ou orales, qu’il avait pour la plupart provoquées. Le sixième présente l’histoire du procès de réhabilitation ; il dit ce que furent les délégués de Calixte III, leurs travaux, le sommaire de la procédure ; il relate la sentence, et tire pour l’histoire de Jeanne quelques conclusions qui semblent acquises par les travaux précédents.
Un rapide coup d’œil sur Jeanne devant l’Église depuis la réhabilitation, surtout de nos jours, termine le volume.
III
Ce n’est pas sans un dessein particulier de la Providence, que non seulement la France, mais l’Église entière, le monde civilisé s’occupent de la libératrice. Pas de nom plus populaire, plus sympathique. Il est d’une importance capitale de montrer la Pucelle telle qu’elle est, c’est-à-dire comme un défi jeté au naturalisme de tout degré. C’est l’objet des traités qui composent ce livre. L’auteur dans un volume précédent : Jeanne d’Arc sur les autels et la régénération de la France, a déjà essayé de montrer les aspects surnaturels de cette céleste histoire. L’accueil que lui a fait le public montre que, grâce au ciel, il reste encore bien des cœurs capables de s’élever dans ces régions.
Le sujet a valu au livre des éloges que l’auteur aurait tort de s’attribuer. L’espérance de voir Jeanne sur les autels inspirait certainement les prélats qui l’ont honoré de lettres aussi chaleureuses XIVque celles de Nosseigneurs de Montpellier et de Rodez ; les publicistes qui dans l’Univers, dans le journal la Croix, la Gazette de France, le Messager du cœur de Jésus, les Institutions de droit de Grenoble, et généralement dans toute la presse catholique, lui ont consacré des articles, des études, où l’on sentait tout ce que dit à une âme chrétienne et française le seul nom de Jeanne la Pucelle. Les lettres intimes n’étaient pas moins expressives ; et les invitations à continuer ne lui ont pas fait défaut.
Il ne connaissait pas alors les traités qu’il a étudiés depuis. S’il a eu la joie de voir qu’il était en plein accord avec les théologiens du XVe siècle, il pense cependant que la publication de leurs mémoires ne fait pas double emploi. L’on ne compte pas les paysages que dore le soleil ; l’on ne compte pas davantage les riches aspects qu’il est permis d’entrevoir, à la lumière de la Pucelle. En étudiant Jeanne d’Arc sur les autels au point de vue de la régénération de notre malheureux pays, l’auteur n’a abordé qu’en passant ce que les grands théologiens du XVe siècle ont creusé profondément, avec une autorité à laquelle il ne saurait prétendre. Les deux volumes se confirment et se complètent l’un l’autre.
Rien de plus fécond, de plus urgent que de vulgariser tout ce qui fait ressortir le surnaturel de la Vierge guerrière. Donner les mémoires théologiques du XVe siècle dans leur texte original, c’eût été ne les publier que pour un nombre fort restreint de lecteurs. Même parmi ceux qui sont en état de lire le latin, beaucoup redoutent le léger effort qu’il y a à faire pour soutenir l’attention. Ce n’était pas la belle époque de la scolastique. Dans certains mémoires, la phrase est lourde, pénible ; l’expression vulgaire ; les auteurs écrivaient pour des savants comme eux, qui cherchaient des raisons, et étaient incapables de se contenter de mots et de phrases sonores.
Ils établissent longuement leur thèse, ou majeure ; accumulent les autorités sacrées et profanes. Ce ne sont pas seulement les textes des Écritures ; ce sont les passages des Pères, des docteurs scolastiques, qui se mêlent aux citations du Corpus juris, des Pandectes, des Canonistes, de Sénèque, d’Aristote ou de Cicéron. Les renvois sont fidèlement indiqués. Cette marche solide, je le veux bien, mais pesante, est peu de notre goût. J’ai tâché de l’alléger en supprimant les renvois, et grand nombre de ces citations ; en ne donnant que la substance des preuves qui établissent le principe. Je me suis XVappliqué à reproduire exactement la pensée et le fond des arguments.
J’ai traduit, quoique non servilement et en écolier, l’application qui en est faite à la Pucelle, ou, comme on dirait en dialectique, les mineures. Sans m’interdire de condenser la pensée parfois délayée, je ne me suis pas sciemment écarté du sens de l’auteur. J’ai tâché de le rendre tel qu’il l’aurait fait, s’il écrivait de nos jours. Les raisons données sont de tous les temps. J’indique exactement, tantôt en termes exprès, tantôt par des signes orthographiques, quand je traduis, ou quand je me contente d’analyser.
Le sujet était le même pour les auteurs des mémoires composés pour la réhabilitation : montrer les vices du procès de Rouen. L’on admirera peut-être comment un seul et même thème a fourni matière à des considérations variées, aboutissant à une même conclusion : Procès et sentence sont nuls, un vrai brigandage.
Parmi les nombreuses questions à traiter, il en est qui sont capitales pour l’histoire de Jeanne, et pour juger de la sentence rendue contre elle. Telle la question qui les renferme toutes : celle des révélations faites à la jeune fille, et le jugement qu’il faut en porter. Elle est traitée à fond dans tous les mémoires. Je n’ai pas craint les redites ; l’on verra les raisons qui les ont fait paraître divines aux éminents théologiens du XVe siècle.
La libre-pensée ose bien présenter Jeanne comme un adepte du sens privé. À cette allégation si injurieuse, l’on ne saurait trop opposer ce qu’en ont pensé les juges vraiment compétents, les Lellis, les Ciboule, les Bréhal, auxquels la martyre a paru particulièrement inspirée dans les réponses qu’elle a faites sur sa soumission à l’Église.
Les coupures ont été pratiquées sur les questions qui sont plus simples, telles que le port de vêtements virils, la fuite de la maison paternelle, etc. Elles sont toujours indiquées.
Le texte a été pris sur le manuscrit n° 5790, fonds latin, de la Bibliothèque nationale. Il est ainsi décrit par Quicherat :
Volume très grand in-folio, en vélin, de 526 millimètres de haut sur 323 de large, doré sur tranche, relié en maroquin rouge aux armes de France sur les plats… Il est composé de 207 feuillets, dont les 204 premiers seulement sont cotés en chiffres romains. Belle cursive gothique du temps de Charles VII… 70 lignes à la page ; 85 lettres à la ligne. Des deux copies authentiques, c’est de beaucoup la plus belle.
XVIQuicherat pense que ce manuscrit provient du trésor des chartes ; que ce fut l’exemplaire de la réhabilitation destiné à Charles VII, que ce prince l’aurait fait remettre à la chambre des comptes, d’où Louis XI le fit déposer au trésor des chartes4. Les folios traduits ou analysés seront fidèlement indiqués. Il en sera de même des sources où sont puisés les documents nombreux, qui ne se trouvent pas dans le procès de réhabilitation.
Malgré ces renvois, et la raison que je viens de donner : vulgariser ce qui fait connaître Jeanne sous son vrai jour ; la haute érudition m’improuvera de donner la traduction de textes encore inédits. Ces reproches ne sont pas pour me déplaire, s’ils amènent la réalisation de ce qui serait pour Jeanne le plus beau des monuments, pour la France le plus bel armoriai. Je veux dire : la publication des vraies sources de l’histoire de la Pucelle.
La collection de Quicherat est incomplète à bien des titres. Il a eu le tort d’y laisser les lacunes très importantes que ce volume comblera partiellement. Il a rejeté, contre la tradition, comme œuvre de seconde main, la Chronique de la Pucelle, dont un de ses collègues, Vallet de Viriville, a démontré la haute valeur, puisqu’il faut l’attribuer à un des secrétaires de Charles VII, Cousinot de Montreuil. Depuis, bien des documents importants ont été et sont tous les jours découverts ; tous confirment la céleste merveille. Quicherat lui-même a publié la charmante plaquette du greffier de La Rochelle. Les chroniques de Belgique présentent sur la Grande Française des passages inconnus, lorsque Quicherat donnait sa collection. Inconnues alors aussi les oraisons composées pour la délivrance de la Pucelle. Le comte Hugo Balzani a découvert, dans un manuscrit du Vatican, sur Jeanne, des pages délicieuses dont le digne directeur de la Bibliothèque nationale, M. Léopold Delisle, s’est hâté de faire jouir le public français. Elles sont, ainsi que les oraisons mentionnées, reproduites dans ce volume.
Il m’est donné d’apporter aussi mon petit contingent de pages non seulement inédites, mais complètement inconnues. Ce sont plusieurs lettres de l’un des plus grands personnages du temps, de Jacques Gelu, archevêque d’Embrun, à Charles VII, et à d’autres personnages de la cour du monarque, au sujet de la Pucelle. Cette correspondance, XVIIqui a son intérêt, se trouve reproduite ou analysée sur pièces dans un ouvrage que je suis heureux de signaler : l’Histoire des Alpes maritimes par le père Marcellin Fournier, Jésuite, qui écrivait vers 1640, sur les pièces mêmes. M. l’abbé Guillaume, archiviste de Gap, prépare en ce moment l’édition du manuscrit, qui est une des richesses du dépôt qui lui est confié. L’impression en est commencée. L’œuvre, comme on pourra le voir par les extraits qui en seront donnés, se recommande au point de vue littéraire, non moins qu’au point de vue de l’histoire particulière et générale. Si ces lignes pouvaient valoir quelque sympathie effective à l’Histoire des Alpes maritimes, ce ne serait qu’un faible témoignage de la gratitude que je dois à M. l’abbé Guillaume pour l’empressement désintéressé qu’il a mis à me communiquer des pages jusqu’ici inconnues. Je dois associer à ma reconnaissance le nom de l’un de mes frères en religion, le R. P. Charrier. Prié par moi de faire quelques recherches dans la bibliothèque de Grenoble sur Jacques Gelu, il a profité d’une excursion apostolique à Gap, pour découvrir et me signaler son heureuse trouvaille. Elle n’est pas la seule que je dois à la charité de mes frères. Un texte précieux, confirmant les rapports de l’église du Puy et de celle de Toul, et fournissant une preuve de plus du pèlerinage de la mère de Jeanne au grand sanctuaire national de Notre-Dame, m’a été montré par le R. P. Brucker, dans un nécrologe de Toul, datant du XVe siècle5. Les histoires inédites de Jeanne d’Arc, de l’Université de Paris par Richer, m’ont fourni des détails, qu’à ma connaissance personne n’a signalés, quoiqu’ils servent beaucoup à expliquer la conduite de l’Université vis-à-vis de la Pucelle.
Bien d’autres choses encore, inconnues à Quicherat, devraient trouver place dans le monument qui aurait pour titre : les Sources de l’histoire de Jeanne d’Arc.
L’art typographique ne saurait y déployer trop de richesses. Il devrait se surpasser lui-même pour n’être pas indigne du sujet. Sous ce rapport encore la collection de Quicherat n’a rien de monumental.
Celui qui élèvera le monument que j’indique devrait joindre à la sagacité du paléographe le savoir du théologien et du canoniste, être parfaitement versé dans l’histoire religieuse et politique du XVe siècle, pour enrichir les documents de notes sobres, mais substantielles et XVIIIorthodoxes. Ce ne serait pas trop de longues années consacrées à un travail si glorieux. Cette dernière raison suffirait pour me détourner d’y songer, et il en est d’autres. Puissent les blâmes des délicats en matière d’érudition susciter l’ouvrier que la publication des textes latins retarderait.
La Vraie Jeanne d’Arc, titre premier du présent volume, se retrouvera dans d’autres volumes qui ne tarderont pas à paraître, si les circonstances n’y mettent pas obstacle. Le but serait de permettre à quiconque sait lire d’aborder toutes les sources de la plus patriotique des histoires. Chaque volume devant former un tout, il était inutile de mettre un numéro d’ordre ; et le mot de tome I, II, III eût été impropre.
On verra avec quel soin les auteurs des traités sur la Pucelle soumettent leurs écrits au Saint-Siège. Les décrets d’Urbain VIII ne devaient cependant paraître que bien plus tard. Je fais miennes les déclarations de ces grands théologiens ; je professe pleine obéissance aux lois d’Urbain VIII, et à toutes celles de la Chaire Apostolique ; ainsi que le doit tout écrivain catholique, et plus spécialement tout religieux de l’Ordre auquel j’ai l’honneur d’appartenir.
Notes
- [1]
La généreuse chrétienne du Puy-en-Velay qui a couvert une partie notable des frais de l’édition ne veut pas être connue.
- [2]
Procès, t. V, p. 469.
- [3]
M. Pierre Lanéry d’Arc vient d’essayer de la combler. Le présent volume était non seulement composé, mais depuis plusieurs semaines entre les mains de l’éditeur, lorsqu’ont paru les Mémoires et consultations en faveur de Jeanne d’Arc, par les juges du procès de réhabilitation, d’après les manuscrits authentiques, Paris, Alphonse Picard.
- [4]
Procès, t. V, p. 447.
- [5]
Ce texte se trouve reproduit dans l’ouvrage : L’Alsace et l’Église au temps de saint Léon IX, par le R. P. Pierre Brucker, Rétaux-Bray, 2 vol. in-8, en ce moment sous presse.